Accueil > les soldats et le très grand Crime (3ème partie)

les soldats et le très grand Crime (3ème partie)

par Jean-Yves Peillard

Publie le samedi 12 janvier 2013 par Jean-Yves Peillard - Open-Publishing

 Quoi de plus normal de faire le lien entre les victimes du nucléaire et celles des catastrophes chimiques, des guerres chimiques, bactériologiques car les causes et conséquences sont identiques, elles durent toujours et sont complètement impunis.

Dans le flot de l’actualité, on saisi facilement des exemples de ces liens mortels :

- Vietnam Agent orange à nos jours

«  Le 30 novembre 1961, le président John F. Kennedy donne le feu vert à des actions aériennes en vue de défolier la forêt vietnamienne. Quelques mois plus tard, il signe l’ordre d’utiliser les mêmes moyens pour détruire les récoltes agricoles. L’opération "Ranch Hand" est lancée. Le 12 janvier 1962, un bimoteur Hercules C-123 décolle pour la première mission de la plus grande guerre chimique jamais menée dans l’histoire de l’humanité. »

Enfants horifiés fuyant les soldats de Monsanto Dow Chemical

Décembre 2005
« Liên, Hông et Nga. Trois Vietnamiennes qui ne prononceront jamais leur nom. Pas davantage que leurs frères, Hung et Manh. Tous les cinq sont nés entre 1971 et 1985. Tous les cinq sont congénitalement sourds-muets et frappés de déficiences mentales. Long, leur mère, et But, leur père, étaient des combattants pendant la guerre. Elle désamorçait les mines. Il faisait partie d’une unité régulière. Tous deux ont été exposés aux herbicides déversés par l’aviation américaine.
A l’hôpital Tu Du d’Ho Chi Minh Ville, depuis 1988, 30 % des nouveaux nés souffrent de malformations : bras ou jambes atrophiés ou déformés, palais fendu, spina bifida, enfants trisomiques. 1988, 17 ans après l’arrêt des largages de défoliants, les substances toxiques se retrouvent désormais dans les fruits et les légumes cultivés dans des sols gorgés de la dioxine produite chez Monsanto. Une deuxième génération née après la guerre est victime des armes chimiques utilisées par les Américains. « Ce ne sont pas des bébés qui naissent, ce sont des monstres » s’indigne le Dr Le Diem Huong après avoir donné naissance à un garçon dont les organes génitaux émergent du visage. »R. M. JENNAR
http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=21124

http://www.youtube.com/watch?v=ClisbjLfMss&list=PLXLvo-fYZAMj-QWuaeBSl03BjgxeLkks2&index=7

Janvier 2006
«  Pour la première fois des juges établissent une "relation épidémiologique entre le défoliant et les maladies". Car n’oublions pas que des vétérans américains ont reçu un "dédommagement de 180 millions de dollars en 1984 par 7 compagnies chimiques américaines pour ne pas qu’ils déposent une plainte devant des tribunaux ! Quand on pense que ce sont 4,2 millions de combattants américains qui ont été exposés aux défoliants de leur propre armée, non seulement le "dédommagement" est obcène mais l’affaire va certainement rebondir avec la décision de la Haute Cour de Séoul. » http://bellaciao.org/fr/spip.php?article22679

Juin 2010
« À l’image du Tribunal international d’opinion qui s’est tenu en 2009 à Paris, ce livre a pour but d’informer le public, premier pas d’une prise de conscience sur la route de la réparation des torts et des souffrances, car il existe aussi un espoir…
Un document bouleversant, comme l’histoire officielle ne la raconte jamais, pour comprendre l’ampleur de la tragédie que vivent au quotidien une multitude des victimes de l’Agent Orange. »
https://bellaciao.org/fr/spip.php?article103057

Décembre 2011
« Nguyen – Vu Thi Xuan Phuong Petit bout de femme vietnamienne est partie. »
http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article123591

Mai 2012
« L’utilisation expérimentale de l’Agent Orange à Okinawa et son stockage clandestin pour la guerre du Viêt Nam ne fait plus guère de doute. Okinawa viendra s’ajouter à la centaine de lieux répertoriés dans le monde où furent fabriqués, expérimentés, stockés, et utilisés les défoliants de la guerre du Viêt Nam. » http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article127906

Août 2012
« Les États-Unis tergiversent, refusant de reconnaître leur responsabilité dans le crime de l’Agent Orange. Il y a plusieurs années, ils évoquèrent l’étude d’un projet visant à dépolluer « leur » ancienne base de Danang. À l’été 2011, des accords de décontamination de la dioxine furent entérinés pour ce qui concerne une partie de cette ancienne base US. Hier, veille de ce 51ème anniversaire du premier épandage, s’est déroulé l’inauguration du début des travaux dont nous devons nous réjouir. Cependant, ce chantier est entrepris prioritairement là où les étasuniens pourraient revenir, Danang étant le seul port en eaux profondes du Viêt Nam où les bâtiments de l’US Navy peuvent s’ancrer durablement. Le temps qui s’écoule joue en faveur des USA. Non seulement les victimes de l’Agent Orange passent, mais le contexte géopolitique renforce leurs projets géostratégiques, complétant celui militaro-stratégique global, l’expansionnisme de la Chine servant de justification. »
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article129399

Septembre 2012
« Et quand David Shear dit que le lien entre l’exposition à l’Agent Orange et les maladies qui en découlent est « incertain », phrase reprise à l’unisson par les médias, l’ambassadeur applique à la lettre la conduite dictée par Washington qui consiste à ne pas reconnaître sa responsabilité dans cet effroyable crime, tandis que son Académie nationale des Sciences a établi les liens de cause à effet entre l’Agent Orange et des dizaines de pathologies (très graves et/ou mortelles) et de malformations congénitales, parfois monstrueuses. Cette liste est remise à jour tous les 2 ans, et s’allonge au fil du temps. Causalités qui ne valent visiblement que pour les vétérans étasuniens, mais pas pour les victimes vietnamiennes, laotiennes, et cambodgiennes qui n’en sont pourtant pas moins humaines. »
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article129838

Octobre 2012
« Le ministère vietnamien des Ressources naturelles et de l’Environnement dirigera le projet financé par le PNUD avec une organisation indépendante, la Global Environment Facility.

L’an dernier, un responsable vietnamien avait indiqué qu’Hanoï avait déjà dépensé cinq millions de dollars pour la décontamination de Bien Hoa. Nettoyer les trois anciennes bases américaines pourrait coûter jusqu’à 60 millions de dollars, avait-il ajouté.

Les États-Unis se concentrent sur le site de Danang, où la décontamination devrait commencer en 2011, a indiqué en mai un responsable américain.

Á cette époque, au-delà de ces déclarations, nous savions déjà que les sommes annoncées étaient non seulement insuffisantes mais ridicules. Une façon d’amorcer la pompe dirons-nous.

À cette même date, une étude d’endocrinologues associés de l’Université Buffalo de New York (Dr Toufic Abdo, David Kasinski, Amy O’Donnell, et Stephen Spaulding) portant sur 224 048 vétérans montrait que les anciens combattants ayant été en contact de l’Agent Orange (23 939) développaient plus souvent la maladie de Basedow (maladie auto-immune de la thyroïde) que ceux qui n’avaient pas été au contact du poison (200 109) : “Nos résultats montrent que les anciens combattants du Viêt Nam en contact avec l’agent Orange sont plus susceptibles de développer la maladie de Basedow que ceux qui n’y ont pas été exposés. » explique le Dr Ajay Varanasi. Et ajoute : “La maladie auto-immune a été trois fois plus fréquente chez les anciens combattants qui ont rencontré la substance chimique contenant des dioxines. » » http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article130495

janvier 2013
« Cette arme chimique puissante, plus connue sous le nom d’Agent Orange produite par la multinationale Monsanto, a pris possession de la terre, des eaux, de la végétation vietnamienne. En s’infiltrant dans les sols, les rivières, elle touche la chaîne alimentaire.

Des millions de Vietnamiens, victimes de la dioxine sont atteints de lourdes malformations et de cancers. Quarante ans après les derniers épandages, la dioxine continue de faire des ravages. Comment qualifier cette catastrophe humaine et écologique que vivent le Vietnam et sa population ? Au-delà du cas vietnamien, quelle est la responsabilité des Etats dans le choix des armes et de leur utilisation en cas de conflit armé ? Quelles sont les réparations possibles envers les victimes et les pays dévastés ?

Le film “Vietnam : dioxine, une bombe à retardement” aborde ces questions à travers des témoignages et l’analyse donnée par des scientifiques et historiens rencontrés au Vietnam, en France et aux Etats-unis. »
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article132598

 http://www.editionsdemilune.com/agent-orange-apocalypse-viet-nam-p-33.html
 http://www.alexisduclos.com/reportage_agentorange_img4.php

 http://www.youtube.com/watch?v=GJxb7CY13uc

les « bocaux » d’Ho Chi Minh Ville sont les même qu’à Sémipalatinsk, Tchernobyl, Fallouja etc : http://www.youtube.com/watch?v=GXu2KmzAX-A

- Bhopal à nos jours, Dow Chemical a racheté Union Carbide

Juin 2010
« Depuis la semaine dernière, des manifestations s’organisent en Inde et dans le monde entier pour commémorer le 25ème anniversaire de la catastrophe de Bhopal qui avait provoqué la mort de milliers de personnes. Aujourd’hui, alors que le site n’est toujours pas décontaminé, de nouvelles victimes apparaissent. Avec des milliers d’autres femmes indiennes Rashida Bi demande inlassablement réparation à Dow Chemical.

Bhopal. Le nom de cette ville du centre de l’Inde reste attaché à la plus grande catastrophe industrielle chimique du siècle dernier. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984 en effet, une fuite de gaz causée par l’explosion d’une cuve de pesticides produits dans une usine d’Union Carbide (rachetée en 2001 par Dow Chemical) cause la mort de 8 000 à 25 000 personnes -selon les sources- et en blesse des centaines de milliers d’autres. 25 ans plus tard, les 30 000 personnes qui vivent autour du site, souvent dans des conditions extrêmement modestes, continuent d’en payer le prix. Car aujourd’hui encore, 5 000 tonnes de déchets restent enterrés au cœur du site, polluant les nappes phréatiques qui alimentent le quartier en eau. « Selon des experts, cette eau est tellement impropre qu’il ne faudrait même pas se laver les mains avec. Or, les gens la boivent tous les jours ! Environ 100 000 personnes souffrent de cancers, de tuberculose et d’autres maladies mais c’est la « deuxième génération » de survivants qui est aujourd’hui la plus affectée. De nombreux enfants sont en effet atteints de malformations très graves et de lésions cérébrales. »
[...]
« Dow Chemical déclare toujours n’être « en rien responsable du drame de Bhopal » sachant qu’elle n’a « jamais possédé ou même exploité l’usine ». Et renvoie de fait à Union Carbide qui, en 1989, a indemnisé les victimes à hauteur de 470 millions de dollars, soit près de 6 fois moins que la compensation nécessaire estimée. Il y a « deux poids, deux mesures », estime Rashida Bi. Car Dow a en revanche pris la responsabilité d’Union Carbide dans l’affaire de l’amiante et une autre fuite de gaz aux Etats-Unis. « Une vie américaine semble plus précieuse qu’une vie indienne », dénonce Rashida. »http://www.novethic.fr/novethic/entreprise/impact_local/sites_et_riverains/bhopal_25_ans_apres/122499.jsp

Bhopal 25ans

 « Après 25 ans, le nombre des victimes augmente »
Brûlures des poumons, cancers, stérilité, malformations, maladies mentales, maux de têtes... Les gaz auront affecté 350 000 personnes.
L’usine n’a jamais été démantelée et ses 450 tonnes de déchets, parfois toxiques, ont contaminé l’eau de la région, empoisonnant les habitants. Le docteur Gamra explique :

« On pourrait croire que notre nombre de patients baisse, après vingt cinq ans, mais il augmente à cause des naissances d’enfants malformés et de la contamination par l’eau. » (Voir la vidéo « Paroles de médecins », en anglais sous-titré)

Le verdict sur la responsabilité pénale des dirigeants de la filiale indienne de Union Carbide est tombé le 7 juin 2010 : deux ans de prison et l’équivalent de 2 000 dollars d’amende pour huit responsables indiens de Union Carbide. L’un d’entre est déjà mort, et les responsables américains sont hors d’atteinte.
« Nous aurions préféré mourir le jour de la catastrophe »
Un verdict « bon pour un accident de voiture », estime Eman, qui travaille avec une ONG locale, « alors qu’il s’agit d’un massacre. »
http://www.rue89.com/2010/06/13/bhopal-apres-25-ans-le-nombre-des-victimes-augmente-154696

 http://www.dailymotion.com/video/xdmdp0_bhopal-26-ans-apres-paroles-de-mede_news#.UOrygqzwvZI

 http://www.dailymotion.com/video/xdmdko_bhopal-26-ans-apres-le-verdict_news#from=embediframe

 Photo Bhopal Micha Patault
http://picturetank.com/___/series/464053fc9963c6b164af0ca75b9d3046/fr/o/PAM_Bhopal_Nouvelle_Generation.html

Mai 2011 photos
http://www.indianmuslimobserver.com/2011/05/cancer-kidney-failure-bhopal-gas.html

Bhopal 27ans

Juin 2012
« Des victimes de l’accident industriel de Bhopal ont demandé cette semaine, au ministre de l’Intérieur indien, que le site de l’usine de pesticides soit enfin définitivement nettoyé des déchets toxiques laissés à ciel ouvert depuis... 28 ans. »
[...]
Plusieurs milliers de personnes moururent par suffocation le jour même et, par la suite, des centaines de milliers de personnes furent victimes de graves pathologies générées par la contamination des sols et des nappes phréatiques avoisinantes : problèmes ophtalmologiques et cécité, troubles et insuffisances respiratoires chroniques, troubles neurologiques, troubles gynécologiques, cancers, enfants souffrant de troubles psychomoteurs quand leur mère était enceinte au moment de la catastrophe, nourrissons contaminés par le lait maternel (vecteur de métaux lourds), enfants souffrant de malformations congénitales et augmentation de 300% des enfants mort-nés.
Ces victimes, très pauvres, avaient afflué autour de l’usine qui constituait alors une réserve d’emplois. En raison de ces problèmes de santé dus à l’exposition aux produits toxiques, des milliers de personnes perdirent leur travail, furent frappées d’ostracisme social (stigmatisation, impossibilité pour les femmes célibataires malades de prétendre au mariage). Presque toutes s’enfoncèrent dans la misère malgré les indemnisations versées par l’entreprise, insuffisantes selon elles, et difficiles à obtenir.
Aussi ces condamnations, honteusement légères voire symboliques en regard de la gravité de l’accident et de ses conséquences, provoquèrent la colère des associations de victimes compte tenu de la négligence manifeste dont avaient fait preuve les responsables de l’usine. »
http://voyageforum.com/forum/bhopal_manifestation_victimes_catastrophe_demander_retrait_dechets_toxiques_D5281988

Portfolio