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les soldats et le très grand Crime (5ème partie)

par Jean-Yves Peillard

Publie le samedi 12 janvier 2013 par Jean-Yves Peillard - Open-Publishing

Le point nodal de ces crimes qui ne finiront jamais se trouve dans ce documentaire « La face cachée de Hiroshima à ...Fukushima »
http://www.youtube.com/watch?v=z4eP-ocVDBo

Dans ce document vidéo des soldats d’État parlent de « ce mal nécessaire » du projet Manhattan et l’on voit encore les éloges pour les industriels qui l’ont conçu : Carbide, Dupont, Kellog et... Monsanto. L’enfant chérie des États-Unis. On voit les « études » du Colonel-Dr Stafford L. Warren puis la réalité de l’ABCC dont les archives ont été ouvertes en 1975. « L’atome pacifique » est alors l’oxymore le plus monstrueux jamais employé depuis l’origine du langage.

« Le plan des bombes sales, des armements à gaz toxique radioactif de l’UA, des missiles et des balles sales, était contenu dans une note déclassée datée du 30 octobre 1943. Elle était adressée au général Leslie Groves, qui dirigeait le Projet Manhattan, la tentative US pour construire des bombes atomiques durant la Deuxième Guerre Mondiale.
La note de Groves indique clairement qu’en 1943, les scientifiques US recommandaient l’usage d’armes à gaz toxiques radioactifs [NDLR : en réponse à une utilisation éventuelle par les allemands...] afin de souiller l’air, l’eau, le sol, la nourriture, l’environnement et le sang des populations exposées. La contamination à long terme est permanente, puisque l’uranium-238 a une demi vie de 4,5 milliards d’années, rendant les régions souillées inhabitables pour l’éternité.[...]

Pour les populations qui doivent continuer à vivre dans les zones contaminées, les effets à long terme sont la maladie chronique et la détérioration de leur ADN. La contamination par l’UA largement répandue dans les populations a comme effet la dégradation potentielle de l’ADN des futures générations. [...]Non seulement les soldats US et alliés sont exposés et les populations civiles sont la cible d’un génocide, mais la contamination par l’UA est maintenant mondiale . En réalité, nous sommes tous des vétérans de la Guerre du Golfe. »http://www.alterinfo.net/D-Hiroshima-a-l-Irak,-61-ans-de-guerre-suicidaire-a-l-uranium,-de-genocide,-de-ligne-de-conduite-omnicide_a9275.html?print=1
(note de Groves : http://www.mindfully.org/Nucs/Groves-Memo-Manhattan30oct43a.htm)

En 1947 l’AEC, la commission américaine de l’énergie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_de_l%27%C3%A9nergie_atomique_des_%C3%89tats-Unis
devient le premier ancêtre étasunien de l’AIEA (1957) et organise et perpétue la censure et la propagande depuis le 6 Août 1945 sur « l’innocuité » du nucléaire mais c’est la même crime contre l’humanité que l’arme chimique, bactériologique.

- Quoi de plus normal de faire le lien avec le travail incroyable des multiples acteurs du désabrutissement médiatique issus de la société civile. La mutation par contamination radioactive est semblable à la mutation par contamination chimique et OGM.
Ce sont les mêmes firmes et organismes qui en sont les vecteurs, et l’origine est toujours la même : le soldat. Bien sûr la cupidité et la volonté de puissance sont toujours mises en avant pour tenter d’expliquer cette folie. Mais c’est bien le soldat, le problème essentiel. Sans soldat, tout cet « empire du moindre mal » s’écroule comme un château de cartes.

Qu’on ne s’y trompe pas, ces photos récentes d’enfants de Sémipalatinsk sont les mêmes qu’à Tchernobyl, Fallouja, etc et tous les sites contaminés, qu’ils soient d’origine civil ou militaire ; il n’y a pas de frontière entre les deux. Il n’y a même pas de frontière entre les contaminations radioactives et chimiques car ces photos sont les mêmes que les enfants de l’agent orange au Vietnam ou de Bhopal en Inde etc. C’est la même barbarie, le même crime contre l’humanité. Et aucun lien n’est fait, aucun gouvernement ne lève le petit doigt.

- Quoi de plus normal de faire le lien entre OGM chimie nucléaire quand il y a volonté de briser la recherche indépendante, toujours par les mêmes soldats.
On a déjà parlé du cas « brevetage OGM »
(http://rebellyon.info/Le-ras-le-bol-du-rat.html)

Quoi de plus normal de faire le lien entre les petits d’homme et tous les autres êtres vivants.
(http://blogs.mediapart.fr/edition/nucleaire-lenjeu-en-vaut-il-la-chandelle-pour-lhumanite/article/220812/l-extinction-des
(http://www.enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php?id=base_documentaire:liste_par_auteur)

Retour à Fukushima depuis Hiroshima, la boucle est bouclée.

 Quoi de plus normal de faire des contre-conférences, des contre-sommets.

En 1996 à Vienne en Autriche, la conférence organisée par le lobby atomique AIEA a étouffé les conséquences sanitaires de Tchernobyl (dont la présidente était la physicienne Angela Merkel, aussi fille de pasteur parait-il, encore une chrétienne... http://bellaciao.org/fr/spip.php?article96904). alors que juste en face, de l’autre côté du Danube se trouvait la contre-conférence intitulée « Tribunal permanent des Peuples » qui a donné sa sentence (en italien sur http://www.internazionaleleliobasso.it/?p=80 ) et dont le déroulement a été retranscrit dans un livre du même nom. http://www.dissident-media.org/infonucleaire/solange_fernex.html
disponible sur http://libre-infos.eklablog.com/-a46203294

Au Japon aujourd’hui , les conséquences sanitaires de Fukushima, sont étouffées toujours de la même manière sur ordre du lobby atomique, les soldats semblent toujours aussi obéissants.
En Décembre 2012, la conférence de l’AIEA, ce déni institutionnel, a aussi eu lieu en face de
la contre conférence organisé elle, par la société civile ; (collectif Nuclear Free Now http://npfree.jp/english.html voir http://sayonara-nukes.org/2012/11/nfn121215/)
(à Koriyama puis à Tokyo)

Dans son rapport http://independentwho.org/fr/2013/01/09/contre-forum-japon/
Christophe Elain décrit bien la situation :
«  Le vendredi 14 décembre, avec le groupe des européens venus pour ce contre-forum, nous sommes allés pour la journée dans la zone particulièrement contaminée. Le long du trajet, nous avons vu des ouvriers en train de décontaminer au karcher le toit de maisons et en divers endroits, des terrains ou champs, desquels la terre de surface a été enlevée. Contaminée, elle est entreposée dans de gros sacs. »[...]
« Ce matin là, Maria Neira, directrice du département Santé et environnement à l’OMS, a fait une présentation du rôle de l’OMS et du travail réalisé. Une présentation faite a un rythme soutenu, avec une longue liste des collaborations en place à l’OMS et des réponses apportées dès le début de la catastrophe. Bref, une OMS présente et efficace. Et bien sûr, nous avons eu droit aux inévitables problèmes psychologiques dont souffre la population, la radiophobie en particulier qu’il importe de soigner, entre autres soins (!), par une communication appropriée. Les premiers résultats préoccupants d’une étude menée par l’université médicale de la préfecture de Fukushima à propos de la thyroïde des enfants n’ont pas été évoqués ! L’étude n’a malheureusement pas dû arriver à temps à l’OMS ou elle s’est égarée malencontreusement dans les spams. Un bilan rassurant donc que confirme ensuite Mr Weiss de l’UNSCEAR. Il nous a assuré que pas un des travailleurs décédés dans l’année qui a suivie l’accident, n’était mort à cause des radiations et que celles-ci n’avaient causé aucun effet sur les travailleurs et les populations. Ouf.

Il est intéressant de noter que, concernant la santé, certains problèmes ou questions n’ont pas été forcément niés mais ont tous suscité les hypocrites précautions suivantes : Les recherches n’ont pas permis jusqu’à présent de tirer de conclusions – Elles n’ont pas permis de dégager des conséquences significatives – Nous devons continuer à travailler sur ces questions .

Ils ne nient plus forcément l’évidence mais ils repoussent au maximum le moment où ils devront tirer les conclusions qui s’imposent. »

En plus du déni du lobby « habituel » et immonde, il y a le même phénomène dérisoire d’enlever des centimètres de terre contaminées ou de lessiver les sols ou les toits, c’est la même chose qu’à Tchernobyl ou au Vietnam ou à Bhopal etc il est impossible de décontaminer une terre imprégnée et l’eau des nappes phréatiques incontrôlables, comme le mouvement des poussières dans l’air. C’est un rocher de Sisyphe radioactif saturé de dioxines et d’OGM que des générations de corps malades s’évertueront à remonter si personne ne fait rien pour limiter les dégâts en arrêtant cette « méga-machine ».

- Mais comment va Mr Yoshida ? Il faut sauver la conscience du soldat Yoshida

Au sujet du nombre de victimes à Fukushima on avait eu droit à un aperçu de l’enfumage permanent : (http://bellaciao.org/fr/spip.php?article126026) (http://bellaciao.org/fr/spip.php?article126039)

Voir la photo de Masao Yoshida, directeur de la centrale, le 30 mai 2011.

Soldat Yoshida Mai 2011

Novembre 2011« Masao Yoshida, 56 ans, a dû quitter pour raison de santé le poste qu’il n’avait pas quitté depuis la catastrophe du 11 mars. Il sera remplacé dès le 1er décembre par Takashi Takahashi...
...
Le 12 novembre, lors de la première visite du site autorisé pour la presse, il avait déclaré qu’"au cours de la première semaine, j’ai crû à plusieurs reprises que j’allais mourir"....

OFFICIELLEMENT, L’ACCIDENT NUCLÉAIRE N’A PAS FAIT DE MORTS

L’annonce de son départ et le silence sur son état de santé rappellent qu’officiellement, il n’y a pas eu de morts directement provoquées par l’accident nucléaire de Fukushima. Deux techniciens de la centrale ont perdu la vie au moment du tsunami. Un troisième a été victime d’un arrêt cardiaque en mai. Le 30 août, un ouvrier de 46 ans est décédé d’une leucémie aigüe mais Tepco a exclu tout lien avec son activité à la centrale. Au moment du décès début octobre d’un employé d’une cinquantaine d’années, l’entreprise avait évoqué, comme pour M. Yoshida, le respect de la vie privée pour refuser de divulguer la cause de la mort.
Hors les employés de Tepco, un journaliste japonais de 24 ans qui résidait dans la préfecture de Fukushima et consommait des produits locaux a perdu la vie le 16 septembre, lui aussi à cause d’une leucémie aigüe, une maladie également diagnostiquée chez le présentateur Otsuka Norikazu, 63 ans, qui, depuis le mois de mars, "soutenait Fukushima en mangeant ses produits".
Philippe Mesmer - De notre correspondant à Tokyo »
(http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/30/fukushima-l-hospitalisation-du-directeur-de-la-centrale-reste-inexpliquee_1611038_3244.html)

Décembre 2011«  L’ex-directeur souffre d’un cancer- déc.11, 2011 in Japon

L’ex-directeur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, Masao Yoshida, qui a quitté ses fonctions récemment pour raison de santé, est atteint d’un cancer de l’œsophage. La maladie n’a toutefois aucun lien avec les radiations, selon la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco).

M. Yoshida avait officiellement abandonné ses fonctions le 1er décembre, après deux semaines d’absence, pour cause de maladie. Dans un premier temps, Tepco avait décidé de ne pas divulguer le mal dont il souffrait, pour cause de protection de la vie privée, tout en affirmant que sa maladie ne semblait pas liée à l’exposition aux rayonnements. [...]
Tepco a précisé que M. Yoshida avait reçu en huit mois une dose « d’environ 70 millisieverts », inférieure à la limite annuelle exceptionnelle de 100 ou 250 millisieverts autorisée pour le personnel des centrales nucléaires en cas de crise. »
(http://nouvelles.cytalk.com/2011/12/lex-directeur-souffre-dun-cancer/)

Août 2012« Masao Yoshida, ancien Directeur de Fukushima-Daiichi brise enfin le radio-silence - Masao Yoshida, ancien Directeur de Fukushima-Daiichi déclare : « nous avons besoin d’une aide internationale » Publié le 13 août 2012  »
http://gen4.fr/2012/08/masao-yoshida-aide-internationale.html
voir sa photo

Soldat Yoshida Aout 2012

9 Janvier 2013« Il y a eu 3 139 séismes en 2012 au Japon. 1 868 d’entre eux étaient des répliques du séismes du 11 mars 2011. C’est environ 60%. Une réplique d’une magnitude 8 est encore possible. On en est à 9 357 répliques depuis le 11 mars 2011.
L’activité sismique est cependant à la baisse. Il y a eu 10 487 séismes en 2011. Le record est de 52 957 en 1966.
Le séisme du 11 mars 2011 s’est produit sur une faille considérée jusqu’alors comme à faible risque... »
source ACRO http://www.acro.eu.org/

Peut-être que Mr Yoshida sera décédé au moment où ces lignes seront lus, peut-être aura-il le temps de se rappeler qu’il meurt de la contamination radioactive et de la folie des hommes qui l’a provoqué. Il doit le dire, l’écrire et le crier avant que ses anciens amis soldats ne l’étouffent. Il doit le faire pour son peuple, c’est son devoir. « Nul n’est une île » mais il y a qu’une seule île qui s’appelle Japon.

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