Archives : IT | EN | ES

Les articles depuis 2022

8 mars à Ciudad Juarez, Mexique, État de Chihuahua, à la frontière avec les États-Unis

jeudi 6 mars 2008 - Contacter l'auteur - 9 coms

de Roberto Ferrarlo

A Ciudad Juarez depuis 1993, plus de 500 cadavres ont été retrouvés dans des décharges et dans les zones désertes, la plupart des femmes jeunes voire adolescentes, étudiantes, ouvrières de nuit dans les usines, femmes de chambres, petites employées.

Beaucoup vivent dans des conditions très précaires avec parfois des enfants à élever. Elles ont été enlevées, détenues en captivité, victimes de tortures et de graves violences sexuelles avant d’être assassinées à coups de couteau ou étranglées. Leurs corps sans vie ont été abandonnés dans les terrains vagues aux confins de la ville ou dans le désert, depuis, le sable n’a cessé de faire remonter des cadavres à la surface, recrachant avec eux de pauvres vestiges de vêtements féminins : chaussures, sac à main, jupe…

Dans quelques cas, ils sont retrouvés dans les jours qui suivent, mais ils mettent parfois des années à ressurgir, des mois à être identifiés. Des centaines de familles attendent toujours que soit résolue la disparition de leur fille, mais bien des cas resteront à jamais sans réponse.

Pourtant, après la découverte du corps de la première victime, et malgré l’arrestation de près de vingt suspects, les autorités n’ont toujours pas identifié les responsables de ces meurtres.
La chose aurait dû faire grand bruit, mais qui s’intéresse au sort de malheureuses travailleuses vivant en plein désert dans une poubelle ignorée des touristes ?

Pis encore, les crimes continuent au rythme infernal, et Ciudad Juárez est aujourd’hui considérée comme la capitale mondiale du « féminicide », au cours des années, et selon des chiffres officiels, on a déclaré prés des 5.000 femmes disparues, disparues dans le vide. Pour moins d’un cas sur dix, elles ont été retrouvées, recouvertes par le sable du désert.

En janvier 2004, le gouvernement de Vincente Fox a nommé une Procureure fédérale spéciale pour coordonner les enquêtes locales et fédérales.

Celle-ci a ordonné une révision complète des investigations menées par la juridiction régionale (État de Chihuahua) se saisissant du dossier de 24 d’homicides.
Dans son rapport, publié en février 2006, elle mettait en cause 177 fonctionnaires soupçonnés de négligence et d’omission lors du déroulement des enquêtes, pourtant aucun n’a été déféré devant la justice.

A la frontière avec les Etats-Unis

« A la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis », écrit Elena Poniatowska, « il y a peu de blessures qui cicatrisent ; au contraire, la plupart s’infectent et contaminent l’organisme. Là, dans ces zone de contagion, on voit bouillir à la plus haute température pouvoir politique, trafic de drogue, violence et avidité. C’est une zone gangrenée ».

Le triangle formé par les villes de Juárez (Chihuahua), El Paso (Texas) et Sun Land Park (Nouveau Mexique) forme aujourd’hui la zone métropolitaine frontalière la plus étendue du monde. Elle est aussi la principale région d’échanges commerciaux du bloc économique uni par l’accord NAFTA (North American Free Trade Agreement). Ce dernier, adopté en 1994, a favorisé l’exode massif d’usines états-uniennes sur le territoire mexicain, entre autres : Ford, Johnson & Johnson, Siemens, Chrysler.

Dans les années 60, les « maquiladoras » (usines d’assemblage de matériel électro-domestique) commencèrent à fleurir à Juárez.

En 2000 cette industrie atteignit son apogée. Aujourd’hui, la ville s’enorgueillit de sa position de leader mondial dans ce domaine. A Juárez, un téléviseur est fabriqué toutes les trois secondes, un ordinateur toutes les sept, à l’issue d’un travail à la chaîne réalisé par les ouvriers des quelques centaines d’usines d’exportation, en majorité de femmes , jeunes de préférence, sous payées et non syndiquées.

Quelqu’un a fait remarquer que si les maquiladoras, ces dernières années, s’étaient chargées de l’accompagnement des ouvrières chez elles après le travail, les homicides auraient diminué de moitié. Mais les maquiladoras ne collaborent même pas avec les enquêtes et ne fournissent en principe aucune donnée sur leurs ouvrières.

Pourquoi les usines comptent-elles plus de femmes que d’hommes ?

Certains avancent que les femmes sont plus consciencieuses dans le travail, mais on peut imaginer que c’est, en réalité, parce qu’il est plus facile de les discipliner par des pressions de toutes sortes : harcèlement sexuel, tests de grossesse obligatoires, chantage au licenciement, interdiction de se syndiquer. Les « maquiladoras » sont de hauts lieux d’exploitation, les ouvriers y touchent 4 dollars par jour, mais puisqu’elles apportent à la ville devises et emplois, toute critique est étouffée dans l’œuf.

A la pression économique, morale et sexuelle exercée sur les ouvrières, il faut ajouter pour comprendre le contexte dans lequel se perpétuent les assassinats, un climat général de violence, en grande partie dû à la véritable mafia de narcotrafiquants qui s’est installée au bord de la frontière. A l’époque où les meurtres ont commencé, 60% de la cocaïne consommée aux Etats-Unis passait par Juarez.

Nombre d’analyses concordent pour désigner le fonctionnement pernicieux des « maquiladoras » et la violence induite par le trafic de drogue comme ayant prédisposé aux centaines d’assassinats. Ce n’est, du reste, pas un hasard si nombre des femmes assassinées avaient en commun de travailler dans ces usines. Les tours de travail amènent leurs ouvrières à regagner leur domicile tard dans la nuit ou à se rendre à l’usine au petit matin. Certaines femmes sont mortes pour avoir échangé leur tour avec une collègue et être rentrées seules chez elles, d’autres pour avoir voulu économiser le prix d’un billet de bus et avoir marché non accompagnées dans les rues.

Pendant ce temps, dans l’état de Chihuahua, on vend des porte-clé avec des breloques en plastique imitant un mamelon de femme. Les maris coléreux menacent leur femme en leur disant maintenant :

« Si tu me fais chier, je te jette dans le désert ! ».

A Ciudad Juarez, où fleurissent les bordels pour gringos et où on découvre périodiquement de nouvelles narcofosses, les cimetières clandestins des narcotrafiquants, la police se borne à regarder.

Et les assassins marchent librement, protégés par l’impunité et la corruption.


Señorita extraviada

de Lourdes Portillo

Lourdes Portillo par le biais de son documentaire Señorita extraviada tourné en 2000, signe un acte d’accusation honnête et courageux contre l’indifférence institutionnelle qui a réduit au fait divers un véritable scandale, une faillite de la justice et, avec elle, de la démocratie mexicaine.

Elle analyse la progression des meurtres, la reliant au système des « maquiladoras » et au trafic de drogue. Señorita extraviada brosse des portraits de jeunes filles à peine adolescentes, obligées de travailler dans les chaînes des usines, exposées au risque des rues mal éclairées, vivant dans la peur, risquant leur vie pour quelques dizaines de pesos journaliers.

Que faisaient ces jeunes filles dans la rue ?

« Elles n’allaient pas précisément à la messe » répond un gouverneur du parti politique de droite PAN. Cela semble être également l’avis du sous-procureur de justice de l’état zone nord qui, dans son Rapport sur les assassinats de femmes à Ciudad Juárez Chihuahua 1993-2001, écrit : « il est important de noter que quelques-unes des victimes ont des attitudes et des conduites qui ne sont pas conformes à l’ordre moral, lorsqu’elles se rendent, avec une fréquence anormale et très tard dans la nuit, dans des lieux de divertissements qui souvent ne conviennent pas à leur âge ».

Ce ne sont pas seulement « quelques-unes » des victimes mais un grand nombre d’entre elles qui a été ainsi taxé de prostitution ou de vie dissolue. Pour ces raisons, leurs enfants ont été privés de toute aide de l’état.

La diffamation systématique des victimes par les autorités a conduit à minimiser l’importance de leur mort, à négliger les enquêtes, et finalement à légitimer leurs assassinats. « Toutes sont des putes », ou des femmes à la moralité douteuse, qui ne comprennent pas que les gens décents se promènent le jour et que les indécents, qui le font la nuit, s’exposent à tous les malheurs.

Ces crimes, semblables entre eux, accompagnés d’actes de torture et de barbarie, conduits avec préméditation et acharnement, sont le produit d’une véritable haine des femmes qui s’étend jusqu’aux hautes sphères du pouvoir. Misogynie institutionnalisée donc, qui s’empare des valeurs spirituelles et morales pour se justifier.

http://www.lourdesportillo.com/

http://www.lourdesportillo.com/seno...


Les Oubliées de Juarez

de Gregory Nava cinéaste militant

« Je vous demande de regarder ce film les yeux bien ouverts, car tout ce que vous voyez est vraiment arrivé », implore Marisela Ortiz Rivera, co-fondatrice d’une association de victimes, un film grand public qui nous plonge au cœur de ce drame, tourné avec un petit budget, raconte l’enquête de deux journalistes.

Lauren (Jennifer Lopez) journaliste américaine du Chicago Sentinel, se rend à Juarez, décidée à faire éclater la vérité et pour enquêter sur les violences dont sont victimes les ouvrières des fameuses « maquilladoras » et un journaliste Mexicain (Antonio Banderas) bien décidés à éclaircir les meurtres et disparitions en série.

Alors que les mères des victimes creusent le désert à la recherche des cadavres de leurs filles et les autorités s’efforcent d’enterrer cette affaire, une miraculée (Maya Zapata) sort vivante des mains des criminels et décide de témoigner au péril de sa vie, tant il est évident que tout se déroule sur fond de police et de magistrature corrompues.

Les deux journalistes et la « miraculée » n’auront pour appui qu’une militante des droits de l’homme (Sonia Braga) et le directeur du journal local (Martin Sheen).

Réalisation : Gregory Nava
Scénario : Gregory Nava
Production : Mobius Entertainment
Cie : MGM Studios - SND groupe M6
Musique : Graeme Revell
Costumes : Fran Allgood & Dorothy Baca
Durée : 01 H 55

Avec : Jennifer Lopez, Antonio Banderas, Martin Sheen, Kate del Castillo, Teresa Ruiz, Maya Zapata & John Norman.


Les oubliées de Juarez




Border Town


La ville qui tue les femmes : Enquête à Ciudad Juarez

Ce livre est le résultat de 2 ans d’enquête et de 3 voyages sur place. Dès le départ, l’idée d’un complément de type webdocumentaire a été intégrée au projet. Ce livre est publié chez Hachette Littératures, sous la direction de Denis Pingaud.
Marc Fernandez et Jean-Christophe Rampal ont mené l’enquête au c¿ur de cette ville qui tue, à la rencontre des principaux protagonistes de l’affaire - flics douteux, avocats téméraires, boucs émissaires torturés pour avouer des crimes qu’ils n’ont pas commis, familles de victimes et femmes d’honneur....

Ils reviennent sur les différentes pistes, des plus folles aux plus scientifiques, d’un dossier hélas loin d’être fermé. Car si aujourd’hui les criminels restent introuvables, une chose est certaine : les assassinats de Ciudad Juárez rendent compte de la perversité de cette ville-frontière, royaume de la drogue et de la corruption, véritable laboratoire de la mondialisation sauvage.

Juárez est de ces lieux de la planète où le tiers-monde cohabite avec ce que le premier produit de pire. La globalisation effrenée, charriant ses rêves d’expansion économique, ses illusions de vie meilleure, n’apporte en réalité qu’une régression sociale et humaine. Ces zones frontalières sont des espaces hybrides et transitoires qu’on peut pénétrer le temps de se livrer, sans conséquence, à tout ce qu’on n’ose pas faire dans l’espace domestiqué de sa propre ville puis quitter sans se soucier de savoir ce qu’on laisse derrière soi. L’histoire de Juárez montre comment l’acculturation d’un espace peut nourrir la barbarie. Elle met aussi en lumière un système judiciaire qui méprise ceux qui n’ont pas les moyens de l’acheter, qui fait peu de cas des gens simples surtout s’ils sont du sexe féminin.

Sur les poteaux télégraphiques de Juárez, une croix noire sur fond rose est peinte chaque fois qu’une nouvelle femme est retrouvée morte, seul moyen pour les familles d’imprimer à la ville la marque de ce massacre et de susciter un devoir de mémoire. En attendant que les autorités de Juárez finissent de négliger ces centaines d’assassinats, les croix roses continuent d’apparaître sur les poteaux télégraphiques.

http://www.lacitedesmortes.net/



La strage di donne a Ciudad Juárez




Raul Martell_Muertas de Ciudad Juarez


Une guerre contre les femmes ?

Ciudad Juarez et Chihuahua : Fémicide et Impunité

En solidarité contre la répression au mexique

Acteal, 10 ans de lutte contre l’impunité

Une guerre contre les femmes ?

Mexique : Femmes perdues dans l’arrière-cour de Satan

La cite des mortes

Croix noire sur fond rose

Mots clés : Amérique Latine / Sud / Dazibao / Femmes-Féminisme / Justice-Droit / Roberto Ferrario /

Messages

  • Un très long article sur ce sujet est paru dans l’HUMA en 2004 ou 2005 signé par C LANCHAT prof d’espagnol à la fac de GRENOBLE.

    L. BOURSON

    • En réalité en 2003...
      ciao
      RF


      Article paru le 15 août 2003

      Jeunes femmes assassinées

      par Charles Lancha, professeur émérite de littérature et civilisation latino-américaine à l’université Stendhal de Grenoble.

      C’est en janvier 1993 que Ciudad Juarez, ville mexicaine d’un million trois cent mille habitants, à la frontière avec les États-Unis, a commencé à défrayer la chronique des affaires criminelles. Une jeune fille y fut découverte assassinée. Elle avait été violée, torturée, mutilée, avant d’être étranglée. L’identité de la victime est restée inconnue à ce jour. Le meurtrier n’a jamais été arrêté. Depuis, des centaines de jeunes femmes ont perdu la vie dans des conditions similaires. On ignore leur nombre exact. Il avoisinerait ou dépasserait les trois cents. Par ailleurs, plus de cinq cents femmes ont " disparu ". Les autorités se sont montrées incapables de mettre un terme à cette forme de criminalité, à ce " féminicide ". Leur incapacité à chiffrer avec précision le nombre des victimes traduit d’emblée la négligence dont ont fait preuve pendant de nombreuses années la police et la justice de l’État de Chihuahua, dont relève Ciudad Juarez. Pourtant, d’après une enquête de 2001 sur l’insécurité au Mexique - la première du genre - on enregistrait à Ciudad Juarez cinq fois plus d’homicides que dans l’ensemble du pays.

      Pour nombre de commentateurs, une telle incurie n’est pas innocente. Elle est notamment liée à la personnalité des victimes. Pour la plupart, celles-ci sont de jeunes ouvrières venues du sud du Mexique - souvent d’origine indienne - en quête d’un emploi dans les maquiladoras, ces grandes entreprises d’assemblage, en majorité nord-américaines, installées à la frontière. Ce sont dans bien des cas des femmes seules, vulnérables. Le gouverneur de l’État de l’époque, Francisco Barrio Terrazas et le procureur se sont d’autant moins souciés de leur sort qu’ils ont eu tendance, plusieurs années durant, à culpabiliser les victimes.

      Selon eux, celles-ci auraient mis leurs vies en danger par des mours dissolues ou, tout simplement, en s’habillant de façon provocante. Elles étaient donc considérées comme des prostituées qui avaient subi les risques du métier.

      En fait, dans l’immense majorité des cas, il ne s’agissait pas de péripatéticiennes mais de jeunes employées des maquilas. Comme ces entreprises fonctionnent en continu, les équipes alternent toutes les huit heures ; les ouvrières qui commencent ou terminent leur travail en pleine nuit doivent parcourir de longues distances, sans éclairage ni surveillance, avant d’emprunter leurs cars. C’est au cours de ce trajet que de nombreux crimes ont été commis.

      Après l’arrestation d’un Égyptien de nationalité nord-américaine, Abdel Latif Sharif - en 1995 -, et d’un groupe de délinquants, " les Rebelles ", le gouverneur Barrio Terraza considère que le problème est réglé. Les assassinats continuent mais il n’en a cure.

      Son opinion ne convainc personne et, depuis que des témoins ont été exécutés, c’est la loi de l’omerta qui prévaut. Les enquêtes, menées en dépit du bon sens, n’aboutissent en général à rien.

      Les 6 et 7 novembre 2001, huit nouveaux corps martyrisés sont découverts. Cette escalade dans la monstruosité conduit le président de la République, Vicente Fox, a réagir. Il ordonne au parquet de Mexico de s’impliquer activement dans l’enquête criminelle, domaine exclusif jusqu’alors du parquet de Chihuahua. L’opinion publique n’admet plus les satisfecit que s’accorde l’administration judiciaire locale.

      Le 17 décembre 2001, des milliers de personnes se rendent sur les lieux mêmes des crimes, un cierge allumé à la main, pour prier et réclamer justice. Pour la première fois, une ONG émet une hypothèse nouvelle sur les coupables de tant de viols et de meurtres. Jusqu’alors, ils avaient été liés au trafic de drogue - l’importance considérable du cartel de Ciudad Juarez, est bien connue - à l’insécurité engendrée par l’afflux permanent de migrants, à la présence de centaines de bandes de délinquants, au trafic d’organes ou au tournage de snuff movies. Cette fois-ci, l’hypothèse avancée est plus explosive. Les auteurs des homicides seraient " une ou plusieurs personnes haut placées de la société, suffisamment riches pour se faire livrer leurs victimes par des gens appointés " (quotidien la Jornada, 17-12-2001).

      Même s’il donne satisfaction aux organisations féministes, l’engagement du président Fox est loin de les rassurer. C’est ainsi que, le 14 décembre 2001, 98 d’entre elles engagent la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) à enquêter sur la situation à Ciudad Juarez et à faire pression sur le gouvernement mexicain pour que cesse enfin l’impunité.

      En février 2002, Martha Altolaguirre, la chargée de mission de la CIDH, dresse un constat " désespérant " : réponse insignifiante de l’État au défi de la criminalité, depuis 1993 ; règne de l’impunité ; culpabilisation des victimes par les autorités ; mépris affiché à l’égard de leurs familles. Martha Altolaguirre relève la méfiance généralisée de la population vis-à-vis de la justice, à Ciudad Juarez. Elle observe que, d’après la rumeur publique, les aveux de présumés coupables ont été extorqués par la torture.

      En mars, des ONG mexicaines et latino-américaines, fortes du soutien de l’ONU, développent une campagne de sensibilisation : " Halte à l’impunité, plus une morte. " Le 25 mars, journée internationale pour la non-violence envers les femmes et les enfants, une importante manifestation se déroule au cour de Mexico, à la mémoire des victimes de Ciudad Juarez. En avril, la Chambre des députés désigne une commission destinée à suivre les enquêtes en cours dans l’État de Chihuahua.

      Le 8 avril, à Genève, un rapporteur spécial de l’ONU, Dato’ Param Coomaraswamy, soumet à la commission des droits de l’homme des informations accablantes sur le féminicide à Ciudad Juarez. Il met en exergue " l’absolue inefficacité, l’incompétence, l’indifférence, l’insensibilité et la négligence de la police en charge des investigations ". En juillet, c’est au tour de Mary Robinson, haut commissaire aux droits de l’homme à l’ONU, d’intervenir auprès de Vicente Fox.

      Pour nombre d’analystes, l’impunité s’explique par l’existence d’une police corrompue, de mèche avec le crime organisé, phénomène courant au Mexique. Depuis 2000, 1 200 fonctionnaires ont été arrêtés ou poursuivis pour corruption, cent en janvier dernier.

      Le journaliste Sergio Rodriguez a fait sienne une hypothèse déjà avancée par d’autres. Selon lui, certains policiers couvrent les agissements criminels d’une mafia de riches chefs d’entreprises. Dans un livre au titre emblématique, Ossements dans le désert, paru en 2002, il porte cette terrible accusation : " D’après des sources de la sécurité fédérale, il s’agit de six chefs d’entreprises de premier plan de El Paso, Texas, de Ciudad Juarez et de Tijuana qui patronnent et assistent aux actes commis par leurs hommes de main : des enlèvements, des viols, des mutilations et des assassinats de femmes. " Leur profil criminologique se rapprocherait de ce que Robert K. Ressler a dénommé des " assassins fêtards " (spree murders). " Les autorités mexicaines au plus haut niveau sont au courant de tels agissements, depuis longtemps, mais se sont refusées à intervenir. " En dépit de l’hostilité des autorités à l’égard des associations des familles de disparues ou des journalistes dont les investigations dérangent, l’exigence de justice n’a pas faibli. Le 25 novembre 2002, ce sont six mille personnes qui ont manifesté à Mexico pour que les assassins de Ciudad Juarez soient enfin mis hors d’état de nuire. Ce même jour, l’épouse du président de la République, Marta Sahagun, s’est unie à leur appel et s’est indignée qu’au Mexique, selon des chiffres officiels, les femmes soient l’objet de violences, dans un foyer sur trois. En janvier dernier, un forum, sur le thème " Violence et mort à Ciudad Juarez ", s’est tenu à l’Institut de recherches juridiques de l’UNAM (université nationale autonome de Mexico). L’occasion, pour d’éminents spécialistes, de stigmatiser à nouveau certaines autorités locales et fédérales comme responsables du féminicide de Ciudad Juarez.

      Alors que de nouveaux cadavres de femmes continuent d’être découverts, semaine après semaine, à Ciudad Juarez, le gouverneur Patricio Martinez s’obstine à affirmer que l’affaire est close. La célèbre écrivaine mexicaine Elena Poniatowska rappelle que, lors du séisme de 1985, à Mexico, ce furent les couturières des usines de San Antonio Abad que l’on sauva en dernier. Parce que c’étaient des femmes et que, travailleuses clandestines, elles n’avaient droit à aucune considération. Son opinion est que les mortes de Ciudad Juarez illustrent une semblable misogynie. Le statut d’êtres humains leur est refusé. Peu importe qu’on les assassine, dans un luxe de barbarie.

      http://www.humanite.fr/2003-08-15_T...

    • Cest tellement horrible qu’on a du mal à croire que cela puisse se passer à notre époque...et pourtant..!

      Merci Roberto

      François Pellarin

  • d’accord pour certaines assassinées par les narcos mais la plus part sont le fait de politiques mexicains et surtout americains senateurs deputes et tous les chefs d’entreprises de L’ALENA et les européens jouent un rôle important dans ce massacres de milliers de femmes ou de jeunes filles alors oui la police laisse puisqu’elle se fait graisser la patte par toute cette vermine des multinationales et politiques

    IL faudarit former un groupe de FAnTOMES afin de supprimer toute cette racaille politicienne et policiere corrompue et ça avec des COUILLES on sait le faire on est capable D’EXFILTRE des individus donc on est aussi capables de supprimes des saloperies

  • Je suis tellement choquée que j’en tremble de tout mon corps. Comment peut-on faire et laisser faire de telles atrocités ? Tout cela semble irréel tellement c’est horrible. Comment pourrions-nous agir pour aider les femmes de Juarez ? Depuis que j’ai appris ces horreurs, je n’arrête pas de penser à ces pauvres victimes. Que faire ? Prier pour que tout cela s’arrête.

  • je suis triste pour c est femme qui son fait tue et violé c est vraiment degeulase de faire sa

Derniers articles sur Bellaciao :