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AU NOM DE LA LIBERTE !

Publie le samedi 6 décembre 2008 par Open-Publishing

Il était une fois le roi Salocin 1°. Celui-ci était très épris de liberté et s’adressa ainsi à son peuple :

AU NOM DE LA LIBERTE !

 AU NOM DE LA LIBERTE, nous n’avons pas le droit d’empêcher queqlqu’un qui le désire de travailler jusqu’à sa mort (et même après)

 AU NOM DE LA LIBERTE, nous n’avons pas le droit d’empêcher de travailler un enfant de 8 ans qui souhaite aider ses parents, ou être plus indépendant de ceux-ci.

 AU NOM DE LA LIBERTE, nous n’avons pas le droit d’obliger les enfants qui ne le désirent pas à aller à l’école. Ceux qui le désirent feront preuve de leur motivation par une contribution financière sans laquelle il n’y a point de progrès, ainsi que nous l’enseigne la psychanalyse.

 AU NOM DE LA LIBERTE, nous n’avons pas le droit d’obliger les personnes qui ne le désirent pas à se soigner. Ceux qui le désirent feront preuve de leur motivation par une contribution financière sans laquelle il n’y a point de progrès, ainsi que nous l’enseigne la psychanalyse.

 AU NOM DE LA LIBERTE, nous n’avons pas le droit d’obliger les citoyens qui ont choisi de ne pas travailler à le faire.

 AU NOM DE LA LIBERTE, nous n’avons pas le droit d’obliger les citoyens qui ont choisi le chômage à avoir les mêmes revenus que s’il travaillaient, en leur versant des indemnités.

 AU NOM DE LA LIBERTE, nous n’avons pas le droit d’empêcher une personne qui l’a librement choisi d’acheter de la drogue à la mafia

 AU NOM DE LA LIBERTE, nous n’avons pas le droit d’empêcher une personne qui l’a librement choisi de mourir, et de la manière de son libre choix.

 AU NOM DE LA LIBERTE, quel que soit le domaine concerné, nous n’avons pas le droit d’empêcher le plus fort de gagner et son adversaire de reconnaître humblement cette victoire.

 AU NOM DE LA LIBERTE, nous n’avons pas le droit d’obliger les non-fumeurs de tabac à respirer une seule molécule de fumée, toxique pour leurs spermatzoïdes qui plus est (c’est marqué sur les paquets, pourtant). Au nom de la Liberté, il convient donc d’interdire de fumer partout et en tout lieu.

 AU NOM DE LA LIBERTE, nous n’avons pas le droit de ne pas nous soucier de ceux qui riqueraient de mettre en danger la liberté de leurs concitoyens. Ils seront donc génétiquement dépistés et soignés dès la naissance.

 AU NOM DE LA LIBERTE, nous n’avons pas le droit de ne pas nous soucier des individus, génétiquement inférieurs, étrangers à notre beau pays. Ils seront donc renvoyés dans le pays de leurs semblables où, s’ils le veulent, et le démontrent par leur contribution financière, nos scientifiques royaux de pointe les aideront à améliorer progressivement leurs gènes.

 AU NOM DE LA LIBERTE, nous devons encourager et largement financer la pratique des religions librement choisies, car elles enseignent aux enfants et à leurs familles les principes d’une saine moralité. Nous devons rendre obligatoire le choix de l’une d’elles parmi celles du catalogue du royaume.

 AU NOM DE LA LIBERTE, nous devons encourager et largement financer la pratique et la culture du sport, afin que chacun ait un corps sain, et soit ainsi libre, s’il le désire, de s’inscrire dans les milices de surveillances du royaume, dès l’âge de 8 ans.

 AU NOM DE LA LIBERTE, enfin, nous devons préserver de toutes nos forces cette liberté des dangers extérieurs, et consacrer une grande partie de nos forces à l’acquisition d’armes de destruction massive, afin d’éliminer ceux qui pourraient mettre en danger LA LIBERTE

*

En ce temps là, n’existait pas encore une transmission fidèle des discours royaux, et, selon ma grand’mère, qui tenait elle-même ce récit de sa mère. ceci ne représente qu’une infîme partie des réformes merveilleuses que le bon Roi Salocin 1° mit en oeuvre pour le bonheur de son peuple.

Tous ceux qui ont eu connaissance de ce conte sont invités à combler les lacunes qu’ a laissées la mémoire de ma grand’mère dans ce discours (qui surpasse largement ceux du surfait Victor Hugo, dont le nom indigne devra être effacé des rues, des avenues, des boulevards, des centres culturels et des lycées, collèges et universités - où il sera remplacé par celui du bon roi SALOCIN 1° - des dictionnaires, et des mémoires).