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Après l’Europe, le rude atterrissage de Sarkozy
Publie le mercredi 17 décembre 2008 par Open-Publishing3 commentaires
Réformes en panne, crise économique et grogne sociale : le président effectue sa rentrée intérieure dans un contexte tendu.
Sylvain Besson, Paris
Mercredi 17 décembre 2008
Il est devenu, selon un proche, « l’un des deux ou trois hommes qui comptent le plus au monde ». Mais Nicolas Sarkozy s’apprête à quitter son poste de patron de l’Europe pour retrouver celui, plus ingrat, de président des Français. Le contexte pourrait difficilement être pire : l’économie a détruit 60000 emplois en six mois, les annonces de licenciements se multiplient et, fait nouveau, le pouvoir donne des signes d’hésitation, voire de faiblesse.
Le report de la réforme du lycée, qui devait être présentée mardi, est à cet égard révélateur. Le ministre de l’Education Xavier Darcos, un favori du chef de l’Etat, jugeait ce projet consensuel et nécessaire pour réduire l’échec scolaire - il s’agissait, entre autres, de permettre aux élèves de changer d’option en cours d’année.
Manifestations
Mais la réforme ne figurait pas dans le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy. Son utilité n’a jamais été expliquée au grand public, et son urgence n’avait rien d’évident. Il a suffi de quelques manifestations émaillées d’incidents - une proviseure poussée contre une grille à Nîmes, une route bloquée à Aix-en-Provence - pour que le ministre recule, à la demande du chef de l’Etat.
Au printemps dernier, pourtant, un autre mouvement lycéen s’était achevé dans l’indifférence et l’ennui - Xavier Darcos l’avait même décrit comme une « bouffonnerie ». Mais, depuis, la crise est passée par là. Et les émeutes d’Athènes sont dans toutes les têtes. « Au nom du symbole, les Français peuvent renverser le pays. Vous avez vu ce qui se passe en Grèce », lançait, la semaine dernière, Nicolas Sarkozy aux parlementaires de sa majorité.
D’autres projets sont en difficulté. L’assouplissement du travail du dimanche a été édulcoré à cause des réticences de la majorité. La suppression de la publicité à la télévision publique se heurte à des tentatives d’obstruction au parlement. La gauche se sent désormais « en capacité de faire reculer la droite », expliquait hier le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon.
Plus inquiétant pour Nicolas Sarkozy : sa gestion de crise spectaculaire des derniers mois - l’accord de cessez-le-feu en Géorgie, la mobilisation européenne face à la crise financière, la mise en place d’un plan de relance en France - a occulté une perte sensible d’élan réformateur.
Ainsi, la dernière mesure structurelle en faveur des entreprises, la suspension de la taxe professionnelle, date de fin septembre. Insuffisant pour la commission Attali, nommée par le chef de l’Etat pour faire des propositions de réforme. Selon elle, « la compétitivité industrielle de la France est menacée [...], avec le risque d’une désindustrialisation accélérée ».
Certes, de nouvelles réformes sont prévues pour les prochains mois. Mais elles portent sur des sujets à la fois techniques et anxiogènes : l’assainissement financier des hôpitaux et la simplification des collectivités locales, deux thèmes qui ont le potentiel de pousser des milliers de fonctionnaires dans la rue.
Stature d’homme d’Etat
Malgré ces embûches, l’entourage présidentiel demeure confiant. Nicolas Sarkozy « a acquis une vraie stature d’homme d’Etat, une solidité sur son aspect présidentiel, grâce aux épreuves qu’il vient de traverser », estime Manuel Aeschlimann, spécialiste de l’opinion et député du parti majoritaire UMP.
Même analyse chez Pierre Giacometti, conseiller en communication proche de l’Elysée. « Aujourd’hui, les Français ont l’impression qu’il incarne l’Etat protecteur : à chaque fois qu’on parle d’Etat, d’intervention, de protection, son niveau de confiance se situe entre 50 et 55%, soit environ 5 points au-dessus de sa cote de popularité. »
Grâce à des mesures sociales comme la remise d’un chèque de 200 euros à 3,6 millions de foyers modestes, Nicolas Sarkozy a en outre entamé une « lente reconquête » de la partie gauche de l’opinion. « Armé de ces nouveaux soutiens, il est plutôt dans une position forte pour aborder cette période qui est effectivement à hauts risques, car l’opinion n’a pas encore intégré les conséquences brutales de la crise économique », conclut Pierre Giacometti.
Au-delà de la conjoncture, le président reste obsédé par ce qu’il considère comme l’échec de ses prédécesseurs. François Mitterrand et Jacques Chirac avaient vu leurs grands desseins s’effondrer en quelques mois, devant les réalités économiques ou les réticences de la société. Nicolas Sarkozy s’est juré de ne pas suivre ce chemin. « Il est toujours là où on ne l’attend pas, il a toujours une anticipation d’avance », assure un proche. En sera-t-il de même en 2009 ?





Messages
1. Après l’Europe, le rude atterrissage de Sarkozy , 17 décembre 2008, 11:35
200€, que le nain de jardin est bon.
Dieu le lui rendras à coups de tatanes dans le chetron.
hyoo
1. Après l’Europe, le rude atterrissage de Sarkozy , 17 décembre 2008, 12:35
les 200 euros ne sont pas donné aux gens touchant l’AAH (juste pour les rmistes)
2. Après l’Europe, le rude atterrissage de Sarkozy , 17 décembre 2008, 22:26, par St LAURENT
Bon sang , on n’a vraiment pas de bol , l’aurait pu atterrir ailleurs , y a d’la place !!