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Audience "Gérard Bernard contre "L’Humanité"—T.G.I. de Lori

mardi 17 juin 2003 - Contacter l'auteur

Gérard Bernard contre "L’Humanité" : audience correctionnelle à Lorient.
Communiqué de presse de la Coordination Anti-Répressive de Bretagne.

Messieurs Patrick Le Hyaric, directeur de publication du quotidien français
 ? L.Humanité ›, et Cyril Petit, journaliste, auraient du comparaître ce
jour devant le Tribunal Correctionnel de Lorient, respectivement pour ?
diffamation publique envers un particulier › et ? complicité de diffamation
publique envers un particulier › en raison d.un article publié le 6 août
2002 en page 6 de leur journal.

Ils étaient représentés par un avocat, utilisant ainsi la possibilité que
leur laisse la loi. Cette procédure fait suite à la plainte en diffamation
déposée par Monsieur Gérard Bernard, militant d.Emgann (gauche
indépendantiste bretonne) et ancien membre actif du Comité C.G.T. de
Chômeurs du Pays de Lorient, resté en détention ? provisoire › pendant deux
ans, onze mois et vingt jours.

Soutenu par Maître Georges Bénabès, du Barreau de Lorient, Gérard Bernard a
demandé 8 000 euros de dommages et intérêts, 1500 euros au titre de
l.article 475-1 du Code de Procédure Pénale et la publication par extraits
significatifs du jugement dans les quotidiens ? Ouest-France ›, ? Le
Télégramme › et ? L.Humanité ›.

L.avocat des prévenus a demandé leur relaxe, notamment au motif que le
rédacteur de l.article était un ? journaliste stagiaire › qui avait eu à
rédiger un article sur les journées Internationales de Corti/Corte (Corse),
et ce sans bouger de la rédaction de ? L.Humanité › à Montreuil, en région
parisienne, en se basant essentiellement sur des dépêches d.agences de
presse.

S.en prendre à la réputation d.un détenu n.assure donc pas forcément
l.impunité.
Ce n.était pas la première fois que ? L.Humanité ›, journal largement
subventionné par le gouvernement français de la ? gauche plurielle › dont
il a été pendant cinq ans un porte-parole officiel, puis par son
successeur,s.en prenait à un militant breton.

Déjà, le 6 avril 2001, ce quotidien progouvernemental nous rappelait sa
vision de l.information équilibrée :
 ? Bretons. Deux militants indépendantistes ont été libérés et placés sous
contrôle judiciaire. Ils avaient été arrêtés dans le cadre de l’enquête sur
l’attentat de Quévert. › En fait, si on compare avec la même information
traitée par ? Le Télégramme › (5 avril 2001),
quotidien morlaisien qui manque pourtant parfois de nuance, on apprend que
 ? deux militants indépendantistes bretons ont été libérés lundi et placés
sous contrôle judiciaire ›(.) ›P. J. et P. S. (note C.A.R.B. : inutile de
citer les noms en entier) étaient incarcérés depuis octobre 2000 dans le
cadre d’enquêtes sur des attentats ou des tentatives d’attentats en
Bretagne. P. J. est soupçonné d’avoir participé à la tentative d’attentat
de 1994 contre la perception de Saint-Brice-en-Coglès (35), P. S. à
l’attentat de 1996 contre la perception de Combourg (35). ›
Toujours avec le même sens de l.objectivité et de l.équilibre, on trouve
ceci sous la plume de Jacques Moran dans ? L.Humanité ›, 11 août 2001 :

 ? Et un jour d’avril 2000, un militant breton pose une bombe meurtrière au
McDonald de Quévert › (chargé du dossier, le juge d.instruction Gilbert
Thiel aurait bien fait de lire ? L.Humanité › et d.envoyer les
fonctionnaires de la Division Nationale Anti-Terroriste
dès l.aube chez Monsieur Moran, ça lui aurait permis peut-être de faire
avancer ce dossier qui n.apporte visiblement rien de probant.et cela aurait
permis à Monsieur Moran d.effectuer un reportage vivant sur le déroulement
très spécial d.une garde à vue de 96 heures).
Ce qui n.empêcha pas Monsieur Cyril Petit, en page 6 de ? L.Humanité ›
du mardi 6 août 2002, de nous asséner la propagande habituelle :
 ? Sept membres de l.Armée révolutionnaire bretonne (dont la vitrine légale
est l.organisation Emgann) sont actuellement incarcérés, accusés d.avoir
commis plusieurs attentats, dont celui perpétré, il y a un peu plus de deux
ans, contre le McDonald.s de Quévert, près de Dinan. Le 19 avril 2000, une
explosion avait coûté la vie à une employée de vingt-sept ans ›.

Plusieurs infractions commises par voie de presse ont déjà été
sanctionnées depuis les événements de Plevin et Quévert.
Ainsi, en octobre 2001, le Tribunal de Grande Instance de
Montroulez/Morlaix avaient jugé que le journal ? Aujourd.hui en France ›
appartenant à la Société en Nom Collectif ? Le Parisien Libéré › sous la
signature de Monsieur Frédéric Vezard, journaliste, avait porté gravement
atteinte à la présomption d.innocence de deux militants indépendantistes
bretons,
présomption d.innocence qui est protégée notamment par l.article 9-1 du
Code Civil, l.article 9 de la Déclaration des Droits de l.Homme et du
Citoyen, l.article 6, paragraphe 2, de la Convention Européenne des Droits
de l.Homme et l.article 14, paragraphe 2, du Pacte International relatif
aux Droits Civils et Politiques.
En juin 2002, c.est un article paru dans ? Le Point › qui amenait la
condamnation de son auteur et du directeur de la publication par le
Tribunal Correctionnel de Lorient. En août 2002, un jugement du Tribunal de
Morlaix estimait que la présomption d.innocence de plusieurs personnes
poursuivies avait été violée par un dossier publié le 15 juillet 2002 par ?
Le Télégramme ›.
Ce même journal avait été condamné à Kemper/Quimper en février 2002 pour ?
atteinte à l.intimité de la vie privée › : il avait publié sans vergogne la
photo du domicile de l.épouse et des deux enfants mineurs d.un militant
poursuivi.
A Nantes, en décembre 2001, c.était un article diffamatoire paru dans ?
L.Express › qui avait amené deux condamnations.
A plusieurs reprises, de très hautes autorités de l.Etat Français comme
Monsieur Jean-Pierre Chevènement, alors Ministre de l.Intérieur, et Madame
Marylise Lebranchu, ancienne Ministre de la Justice, ont délibérément violé
la présomption d.innocence de militants
bretons ; aucun parquet, de Strasbourg à Nouméa, n.avait à l.époque trouvé
à y redire, alors que l.actuel Ministre de la Justice s.affirme choqué par
les violations du secret de l.instruction dans l.affaire ? Patrice Alègre
et autres ›.

Pour la Coordination Anti-Répressive de Bretagne,
Le porte-parole,
Claude Le Duigou

Mots clés : Justice-Droit / Presse écrite /
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