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Bachelot confie la santé à un chasseur de têtes
Publie le mardi 13 janvier 2009 par Open-Publishing2 commentaires
Bachelot confie la santé à un chasseur de têtes
François Krug | Eco89 | 13/01/2009 | 10H19
C’est une offre d’emploi d’apparence anodine : on cherche un "manager de haut niveau" pour "un projet innovant et d’envergure". Sauf qu’elle émane du ministère de la Santé, qui a confié le recrutement de hauts fonctionnaires à un cabinet privé. Et le poste -directeur d’une Agence régionale de santé- n’existe pas encore : Roselyne Bachelot doit encore obtenir l’accord du Parlement.
L’offre a été publiée dans Le Monde daté de ce lundi, mais aussi sur le site Cadremploi. Une petite annonce pour une grande réforme : l’unification de tous les acteurs locaux de la santé publique sous une autorité commune. Les 26 Agences régionales de santé (ARS) contrôleront notamment les hôpitaux publics, les Ddass et l’assurance-maladie.
Des candidats venus du public comme du privé
Le directeur général d’une ARS devra donc être à la fois "stratège", "créateur de liens et négociateur" et "pilote et organisateur du changement", explique l’annonce. Mais il devra aussi se soumettre à un mode de recrutement inédit. Plus besoin de sortir de l’ENA ou de passer un concours spécifique, comme celui réservé aux futurs directeurs d’hôpitaux.
L’appel d’offres du ministère de la Santé a été publié discrètement, en novembre. Son objet ? "Organisation d’un appel à candidatures, constitution d’un vivier et évaluation et gestion des candidatures." Pour constituer ce "vivier", l’Etat a retenu le cabinet Eric Salmon & Partners, spécialisé dans la recherche de cadres dirigeants pour la finance ou l’industrie.
Le mélange public-privé ne s’arrête pas là. Les candidats pourront être aussi bien des fonctionnaires que des cadres du privé, souligne-t-on chez Eric Salmon & Partners. Ils devront simplement disposer d’au moins quinze ans d’expérience du management à un haut niveau, pas forcément dans le domaine de la santé.
Une "short list" de trois noms
Qu’ils soient issus du public ou du privé, les candidats devront tous se soumettre aux entretiens et aux tests du chasseur de têtes. Comme le préconisait un rapport remis en janvier 2008 à Roselyne Bachelot, le cabinet fournira au ministère une "short list" de trois noms pour chaque poste à pourvoir.
Les méthodes publiques reprendront ensuite le dessus : les directeurs seront nommés au conseil des ministres. Avec un même titre, mais des statuts différents. Les directeurs issus du privé ne deviendront pas fonctionnaires, mais simples "contractuels", liés à l’Etat le temps de leur mission.
Bénéficieront-ils aussi d’une rémunération différente ? Chez Eric Salmon & Partners, on se refuse à aborder la question. Eco89 a aussi contacté le cabinet de Roselyne Bachelot, sans réponse pour l’instant.
Autre inconnue : quand les ARS verront-elles le jour ? Dévoilé cet automne par Roselyne Bachelot, le projet de loi n’a pas encore été soumis aux parlementaires. La petite annonce de la ministre invite donc les candidats à la patience, en les avertissant que "les nominations auront lieu au printemps". Si le Parlement le veut bien.
► A lire aussi : l’article de Jean Matouk sur la réforme de l’hôpital
Photo : manifestation des internes hospitaliers contre les réductions budgétaires le 21 mars 1997 (Regis Duvignau/Reuters), Annonce de recrutement des directeurs généraux de santé parue dans Le Monde.
http://eco.rue89.com/2009/01/13/bachelot-confie-la-sante-a-un-chasseur-de-tetes-0





Messages
1. Bachelot confie la santé à un chasseur de têtes, 13 janvier 2009, 13:59, par Pedrox
Toujours du mauvais esprit.
Pourquoi pas des cabinets privés pour recruter ?
Quand c’est le MEDEF qui fait ses choix, on n’en fait pas autant dans la presse.
1. Bachelot confie la santé à un chasseur de têtes, 13 janvier 2009, 18:55, par clo
Mais voyons !!,mais c’est rien ça,allez vous balader sur le site de l’IFRAP
14 mars 2008
Réforme des hôpitaux publics
L’hospitalisation dans son ensemble représente 50 % des dépenses de santé soit plus de 60 milliards dans le PLFSS 2006. Sur ces 60 milliards d’euros, 50 sont consommés par l’hôpital public et 10 environ par l’hospitalisation privée alors que les cliniques font aujourd’hui 50 % des actes hospitaliers pour des tarifs 40 % moins chers que l’hôpital.
En Suède, en Allemagne, les chaînes de cliniques ou les cliniques sont amenées sur appels d’offre à participer à la réforme des hôpitaux publics et même des CHU. Chez tous nos voisins européens, les hôpitaux privés se révèlent moins chers et plus efficaces que les hôpitaux publics. Il serait suicidaire pour les comptes de la sécurité sociale de vouloir réduire le nombre de patients soignés dans les cliniques et le nombre de cliniques dans l’espoir de remplir les hôpitaux qui se vident de leurs patients.
Nous proposons les réformes suivantes :
Expérimentation de grande ampleur qui consisterait à confier, avec une délégation de service public et une charte de déontologie stricte, les hôpitaux publics d’une région soit à une chaîne d’hôpitaux mutualistes soit à une chaîne de cliniques comme cela se fait en ce moment au Royaume-Uni, Allemagne et comme cela s’est fait dès 2000 à Stockholm. La mission des gestionnaires serait de restructurer l’offre de soins publics avec des plateaux techniques performants et de reconvertir les hôpitaux qui n’opèrent plus et sont devenus dangereux comme cela s’est fait depuis 1999 dans les cliniques privées dont 300 ont été fermées.
Réalisation en 2009 de la T2A et de la convergence des tarifs hôpitaux/hôpitaux et hôpitaux/cliniques, sans transferts artificiels des déficits vers les MIGAC
Externalisation des fonctions de support : restauration, blanchisserie, nettoyage, bâtiment, gardiennage, informatique, télécommunications…
Publication sur un site dédié des indicateurs de qualité (plus complets et plus officiels que ne le font Le Point et L’Express) et un classement officiel des hôpitaux publics et privés par pathologie.
En rendant les hôpitaux publics performants et en rassurant les hôpitaux privés sur le fait qu’ils ne sont pas indésirables en France, la qualité des soins suivra, la maîtrise des dépenses aussi.