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CHRONIQUE DE COPENHAGUE - II

lundi 14 décembre 2009 - Contacter l'auteur - 1 com

« Un enfant de cinq ans comprendrait cela. Qu’on aille me chercher un enfant de cinq ans. » (Groucho Marx).

Le résumé du chapitre du rapport du GIEC consacré au forçage radiatif anthropique, moteur du réchauffement attribué à l’homme, affirme que vraisemblablement, le forçage radiatif anthropique est bien supérieur au forçage naturel. Or cette affirmation est en contradiction flagrante avec l’analyse des courbes d’anomalie de température officielles.

Dans ma première chronique [1], je rapportais la « Lettre ouverte au secrétaire général des Nations Unies » signée par 141 chercheurs de haut niveau "qualifiés dans des disciplines scientifiques liées au climat http://skyfal.free.fr/?cat=3.

Mais « Le doute est l’oreiller du savant » et Descartes nous a gratifié du doute méthodique [2].

Aussi me suis-je reporté à la source incontournable de la vérité climatique : le rapport du GIEC. J’ai commencé par le rapport (996 p) du groupe de travail I et le chapitre 2 consacré au « forçage radiatif » (FR) [3].

Ce sujet est fondamental, car le FR est le moteur du réchauffement anthropique.

Voici ce qu’énonce le troisième paragraphe du résumé cadre du chapitre :

« This RF [forçage radiatif anthropique] estimate is likely to be at least five times greater than that due to solar irradiance changes. For the period 1950 to 2005, it is exceptionally unlikely that the combined natural RF (solar irradiance plus volcanic aerosol) has had a warming influence comparable to that of the combined anthropogenic RF. »

Ce qui peut se traduire dans la langue de Voltaire (qui est fort heureusement est également la mienne…) par :

D’après le GIEC : « Cette estimation du forçage radiatif [il s’agit de la part anthropique du forçage due aux rejets des différents gaz à effet de serre d’origine humaine] est vraisemblablement au moins cinq fois plus élevée que celle due aux variations de l’irradiance solaire. De 1950 à 2005, il est extrêmement invraisemblable que le forçage radiatif naturel combiné (irradiance solaire et aérosols volcaniques) ait eu une influence sur le réchauffement comparable à celle du FR anthropique combiné. »

Les termes en italiques sont soulignés de la même façon dans le texte original en anglais.

Dont acte.

Mais alors, je ne comprend plus rien. Si l’influence humaine (les gaz à effet de serre d’origine anthropique) sur le réchauffement est donc dominante, il va falloir m’expliquer comment il se fait que [4] (Schéma [5])

« De 1850 à 2008, la température a progressé de 0,72°C et, de façon constante, d’environ 0,42 - 0,44°C par siècle.

A cette progression moyenne se superposent des oscillations d’une période de l’ordre de 60 ans qui se traduisent par les valeurs extrêmes suivantes autour de la moyenne :

(1878 : +0,38°C)

(1911 : -0,33°C)

(1944 : +0,2 °C)

(1976 : -0,28°C)

(1998 : +0,39°C)

(2008 : +0,14°C)

Soit :

Refroidissement global de 0,71 deg C de 1878 à 1911, soit 33 ans
Réchauffement global de 0,53 deg C de 1911 à 1944, soit 33 ans
Refroidissement global de 0,48 deg C de 1944 à 1976, soit 32 ans
Réchauffement global de 0,67 deg C de 1976 à 1998, soit 22 ans. »

Les deux dernières phase sont très comparables en durée, en forme et en amplitude aux deux premières.

Par conséquent : s’il « est extrêmement invraisemblable que le forçage radiatif naturel combiné (irradiance solaire et aérosols volcaniques) ait eu une influence sur le réchauffement comparable à celle du FR anthropique combiné, » alors je souhaiterais que quelqu’un m’explique comment il se fait que « les influences non comparables » par leur effet aient pu provoquer la phase de refroidissement global de 1944 à 1996 et de réchauffement de 1976 à 1998, alors que dans le même temps, la production de gaz à effet de serre anthropique a suivi une augmentation continue ?

A propos du Cliamtegate, le New Zealand Tribune du samedi 28 novembre notait : "Les experts climatologues de plusieurs pays tentent de limiter les dégats, en soulignant que si les e-mails en questions sont embarrassants pour trois ou quatre scientifiques, ils ne remettent absolument pas en question la réalité de l’impact humain sur le réchauffement climatique signalée par des centaines de scientifiques de haut niveau depuis des années."

En effet, il n’y a nul besoin du Climategate (fort éclairant au demeurant) pour cela, le rapport du GIEC y pourvoit largement par lui-même.

Il ne s’agit d’ailleurs pas de dénigrer le travail remarquable des milliers de chercheurs, sur lequel s’appuie les travaux du GIEC. Par contre celui des "relecteurs" de ce résumé laisse peut être à désirer.

Peut être la relecture a-t-elle été trop politique, mais à vouloir trop prouver...

Je continue la passionnante lecture des quatre tomes du rapport du GIEC.

Je vous tiendrai, chers lecteur, bien évidemment informé de mes découvertes dans cette "bible" climatique dont l’exégèse s’annonce d’ores et déjà passionnante...

[1] http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...

[2] « Comme nous avons été enfants avant que d’être hommes et que nous avons jugé tantôt bien et tantôt mal des choses qui se sont présentées à nos sens lorsque nous n’avions pas encore l’usage entier de notre raison, plusieurs jugements ainsi précipités nous empêchent de parvenir à la connaissance de la vérité, et nous préviennent de telle sorte qu’il n’y a point d’apparence que nous puissions nous en délivrer, si nous n’entreprenons de douter une fois en notre vie de toutes les choses où nous trouverons le moindre soupçon d’incertitude. » (Principes de la philosophie, 1) (Wikipedia).

[3] Facilement disponible en quatre tomes téléchargeables sur le site de l’IPCC (GIEC en français) http://www.ipcc.ch/publications_and...

[4] Désolé de me citer : http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...

[5] http://skyfal.free.fr/?m=200911 en bas de page

Mots clés : Environnement /

Messages

  • Climat : le spectre d’un échec plane sur Copenhague

    COPENHAGUE - Le spectre d’un échec planait lundi sur la conférence climat de Copenhague, où les pays africains ont brièvement suspendu leur participation aux travaux, la Chine durcissant de son côté le ton vis-à-vis des pays industrialisés.

    Les délégués de 193 pays - dont plus de 110 chefs d’Etat attendus en sommet vendredi - doivent décider de la meilleure façon de limiter le réchauffement à 2°C au plus au-dessus des niveaux pré-industriels pour éviter le chaos climatique.

    Depuis Sydney, le Premier ministre australien Kevin Rudd, attendu jeudi, a exhorté chacun à davantage de flexibilité : "Pour parvenir à un accord fort, il va falloir plus de compromis, de toutes parts. Et il y a toujours un risque d’échec", a-t-il déclaré à la chaîne Sky News.

    A Bruxelles, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a fait part de son inquiétude.

    "De quoi aurons-nous l’air vendredi ou samedi s’il y a plus de 100 chefs d’Etat et de gouvernement venus du monde entier et que nous disons au monde qu’il n’a pas été possible de se mettre d’accord ?", s’est-il interrogé. "Je crois que c’est impensable".

    Les pays africains ont manifesté leur colère en suspendant pendant quelques heures leur participation aux groupes de travail pour protester contre le manque d’attention portée à l’avenir du Protocole de Kyoto, qui seul impose des contraintes aux pays développés.

    "On est passé en alerte rouge", estimait Victor Ayodeji Fodeke, chef de la délégation nigériane. "On est à un carrefour : soit on envoie un message d’espoir pour l’Afrique, soit c’est la fin des espoirs à Hopenhague", surnom de la capitale danoise en référence au mot anglais hope (espoir).

    Les blocages récurrents entre pays en développement et pays industrialisés, en particulier les Etats-Unis, sur le partage des responsabilités, avaient monopolisé la réunion ministérielle restreinte convoquée dimanche, ravivant les tensions.

    Les Etats-Unis considèrent, sans le rejeter, que le premier projet d’accord mis vendredi sur la table par les responsables des négociations avantage les pays en développement - et surtout la Chine.

    Ils insistent en particulier sur l’adoption de mécanismes internationaux de vérification des engagements, qui s’appliqueraient indifféremment aux riches et aux autres.

    D’avance, la Chine a exclu toute responsabilité dans un éventuel échec.

    "Je sais que certains diront que c’est la faute de la Chine s’il n’y pas d’accord. C’est une ruse des pays développés. Qu’ils considèrent leurs propres positions sans utiliser la Chine comme prétexte", a lancé le vice-ministre des Affaires étrangères He Yafei, dans une interview au Financial Times à Copenhague.

    Mais les pays en développement attendent des pays industrialisés signataires de Kyoto qu’ils renouvellent leurs engagements à partir de 2013. "Sinon, nous allons tout perdre", a insisté Kemal Djemouia, responsable des négociations pour l’Algérie.

    L’articulation entre le travail des négociateurs, des ministres puis des chefs d’Etat dans les jours à venir ajoute à l’incertitude.

    "De nombreuses questions sont à résoudre dans les prochains jours", a prévenu le ministre britannique du Climat Ed Miliband. "Les dirigeants sont pratiquement en route. Leur rôle est important, mais les négociateurs et les ministres ne peuvent pas tout leur laisser" à trancher, a-t-il mis en garde.

    "On a tous dans la tête le scénario affreux de la Haye (en 2000, qui s’était soldée par un échec) où le président de la conférence avait fait le pari que tous les problèmes difficiles pouvaient être résolus par les politiques", commentait une négociatrice occidentale de haut niveau. "Cela crée un sentiment de tension, d’incertitude, et les gens bloquent".

    Japon et Australie pour leur part ont refusé de discuter d’une deuxième période d’engagements tant que les discussions ne progressent pas sur ceux des Etats-Unis et des grands pays émergents.

    Pour sortir de l’impasse, la présidente danoise de la conférence, Connie Hedegaard, pourrait être tentée de sortir un nouveau projet d’accord d’ici mercredi, selon une source diplomatique allemande.

    Dans le centre de Copenhague, plus d’un millier de jeunes ont manifesté sous très haute surveillance policière en scandant des slogans hostiles aux mécanismes de marché dans la lutte contre le réchauffement : "Notre climat, pas vos affaires !". Une quinzaine de personnes ont été interpellées.

    14 décembre 2009 16h43

    http://www.romandie.com/infos/News2/091214154325.6tyizuir.asp

    Climat : l’UE presse Jakarta d’agir auprès des pays émergents

    BRUXELLES - Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a exhorté lundi l’Indonésie à agir auprès des pays émergents comme la Chine ou l’Inde pour obtenir un accord au sommet mondial sur le climat de Copenhague.

    "Je pense que si nous travaillons ensemble, l’Union européenne et l’Indonésie peuvent apporter une importante contribution à une issue positive à Copenhague", a affirmé M. Barroso lors d’une conférence de presse conjointe avec le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono.

    "Je pense que l’Indonésie peut dire aux autres pays en développement, y compris les grands pays en développement... qu’ils doivent faire quelque chose de plus", a ajouté M. Barroso, faisant implicitement référence à la Chine et l’Inde.

    "Nous allons dire la même chose aux pays développés", a dit M. Barroso faisant cette fois implicitement référence aux Etats-Unis et au Canada.

    Le chef de l’exécutif européen a jugé "impensable" que les chefs d’Etat et de gouvernement, qui se retrouveront en fin de semaine à Copenhague, ne parviennent pas à un accord. Il faut "demander à chacun de faire un effort supplémentaire pour aller à l’extrême limite de leurs possibilités", a-t-il dit.

    "Tout le monde a la responsabilité de sauver la seule planète que nous avons", a convenu le président indonésien. Mais, a-t-il ajouté, "les pays développés devraient, selon moi, donner l’exemple et donner aux pays en développement les ressources nécessaires" pour les aider à lutter contre le réchauffement.

    L’UE s’est engagée à réduire les émissions de CO2 de 20% par rapport au niveau de 1990 d’ici à 2020. Jakarta s’est engagé de son côté à une réduction de 26% d’ici à 2020, mais par rapport à 2005.

    L’UE et l’Indonésie ont toutes deux déclaré qu’elles étaient prêtes à aller plus loin, mais sous certaines conditions.

    L’Indonésie est considérée comme un acteur majeur dans la lutte contre le changement climatique après être devenue, à cause essentiellement de la déforestation, le troisième principal pays émetteur de gaz à effet de serre.

    Cet immense archipel de 17.000 îles est considéré comme l’un des pays les plus menacés par le réchauffement, notamment par la montée du niveau de la mer.

    14 décembre 2009 16h53

    http://www.romandie.com/infos/News2/091214155329.8jmin4od.asp

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