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CONSEIL DISCIPLINAIRE LE 29 JUIN AU MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE

Publie le mercredi 23 juin 2004 par Open-Publishing

DEUX ETUDIANTS DE NANTES ACCUSES D’AVOIR SERPENTILLONE
LE DIRECTEUR DE CABINET DU PRESIDENT DE L’UNIVERSITE

Rassemblement à 9H30 devant le 101 rue de Grenelle (métro Solférino)

Nous sommes tous des serpentilloneurs nantais !
Solidarité avec les étudiants de Nantes !

Ces deux étudiants ont déjà été jugés en première instance au mois de
septembre. L’une avait été relaxée, le second condamné à un blâme (ainsi
qu’à une amende de 385 euros devant le tribunal de police). Le président de
l’université de Nantes a fait appel de la décision de la section
disciplinaire. Les deux étudiants sont convoqués le 29 juin devant la
commission d’instruction du CNESER (Conseil National de l’Enseignement
Supérieur et de la Recherche).

TOUS AU MINISTERE LE 29 JUIN !!!

Ci-dessous le tract diffusé en mai 2003.


LES VESSIES NE SONT PAS DES LANTERNES
LES SERPENTINS NE SONT PAS DU GAZ LACRYMOGENE.

Si l’on se réfère donc au Presse Océan du 22 mai 2003, un responsable de
l’université de Nantes se serait fait agresser à coup de tête et de gaz
lacrymo lors de la grande manif du 13 mai 2003. Or en cette période de
lutte, alors que nos avenirs à tous sont en train de se décider, il nous
semble bon de relativiser cette affaire. Il s’agit de remettre au centre des
préoccupations les vraies sujets, qui ont tendance depuis quelques temps à
être occultés par « la passion du fait divers » (rappelez-vous de la
dernière campagne électorale). Vous me direz que nous autres auteurs de ce
papier avons tout intérêt à relativiser l’affaire puisque nous sommes les
désignés coupable de cet acte. Pourtant nous espérons qu’après notre vision
des faits, vous comprendrez ce qu’il y a de choquant derrière ce pataquès
qui entraîne une centrale syndicale (UNSA) et la présidence de l’université
à aller devant les tribunaux.

D’abord sur les faits même, il faut dire qu’il y a bel et bien eu une
agression. Seulement, à la place de cet horrible gaz qu’aime tant utiliser
nos chères forces de l’ordre, notre gazeuse contenait des . serpentins ! En
vente dans tous les magasins de farces et attrapes, cette arme est réputée
ne laisser aucune tâche (on vous les conseille pour fêter notre éventuelle
victoire face à Fillon-Ferry .). Malheureusement, le pompeux cornichon visé
par notre action était protégé par un service d’ordre qui contre les
serpentins ne connaissait que le coup de poing. Résultat, une arcade abîmée
et un appareil photo cassé dans nos rang. Suite à cela, notre ridicule
encotilloné se précipite, prêt à frapper sur le sniper qui a envoyé les
serpentins. C’est là qu’un des nôtres s’interpose et commet l’erreur de
frapper le premier. Et nous voilà coursé par le S.O, jusqu’à ce que des
manifestants s’interposent. Pour prouver notre version, nous avons de
nombreux témoignages ainsi que des photos aussi comiques qu’éloquentes.

Reste donc deux questions auxquelles ce développement ne répond pas :

 Premièrement, qu’est-ce qui peut justifier cette attaque personnelle aux
serpentins ?
 Deuxièmement, pourquoi notre victime a-t-elle réagit aussi violemment ?

Pour répondre à la première question, nous allons procéder à une comparaison
d’actualité. Il se trouve que depuis quelques années, à la fac de Nantes, ce
pauvre petit serpentilloné est en quelque sorte notre François Chérèque à
nous. Faire fît des décisions collectives, copiner avec les parties
adverses, mépriser les mouvements issus de la base, . : voilà sa façon de
faire du syndicalisme, briser des grèves. Il n’y a donc rien de surprenant
que des individus n’ayant ni bureaucratie ni tribune médiatique décident d’
utiliser la blague, histoire de rappeler que les gentils petits étudiants
ont aussi une mémoire et des désaccords.

Quant à la deuxième question, la comparaison encore une fois vous permettra
de saisir la situation. Car notre rigolo petit fayot se targue aussi de
posséder une pédanterie qui le hisse au rang de Bernard-Henri Lévi local.
Tout le monde à vu comment BHL a réagit quand une tarte à la crème est venu
entacher son narcissisme démesuré, et bien à Nantes, le 13 mai, c’était la
même. A la différence qu’en encotilloneurs, débutant(e)s que nous sommes,
nous n’avons pas su encaisser les coups sans broncher.

Mise à part l’anecdote et la nécessité de rétablir la vérité, nous espérons
par ce « droit de réponse » vous montrer comment l’égocentrisme des
puissants et des petits chefs peut amener à des situations aussi ridicules
que dangereuses. Car sans être très nombreux, nous représentons une
tendance politique de la jeunesse prête à s’engager pour peu que nos actes
ne soient pas criminalisés tout de suite.

Les ami(e)s du serpentin enragé

Contact : soutienetudiantsenlutte@no-log.org

Suite : de nouveaux éléments nous sont parvenus aujourd’hui, la répression
qui répond à l’action semble prendre des proportions exagérées. D’une part,
une plainte est belle et bien déposée auprès du procureur de la république,
la personne ayant « serpentilloné » devant être entendue au commissariat
mardi 10 juin 2003. D’autre part, la serpentilloneuse et la personne qui
s’est interposée sont convoquées devant la commission disciplinaire de l’
Université afin de décider des éventuelles sanctions.

Nous tenons tout particulièrement à insister sur le ridicule de l’action (le
fait d’envoyer des serpentins sur quelqu’un se pratique dans n’importe quel
carnaval qui se respecte), et sur le fait que nous n’avons fait que nous
défendre car l’encotilloné, lui, n’aurait pas hésité à cogner. Enfin, nous
nous interrogeons sur les proportions grotesques que prennent cette
histoire, ainsi que sur le fait que la principale témoin citée dans le
dossier soit une militante du PS (Mme Padovani, adjointe à la petite
enfance), l’autre témoin principal étant un militant de l’UNEF. Nous savons
qu’il ne s’agit pas ici d’une simple plainte pour coups et blessures, mais
bien d’un acte politique (PS/UNEF) visant à nous écarter du milieu militant
de l’université, à nous faire taire pour de bon.