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Christophe de Ponfilly s’en est allé rejoindre Massoud

samedi 27 mai 2006 - Contacter l'auteur - 8 coms

de Eric Colonna

Grand reporter, écrivain, journaliste, réalisateur et producteur. En France, le nom de Christophe était lié à celui de Massoud qu’il avait rencontré et cotoyé lors de ses pérégrinations en Afghanistan ; s’en était suivi une profonde amitié entre les deux hommes et un attachement à un peuple et une région qu’il aimait et voulait faire connaitre aux Français.

De ses expériences, en étaient sorties de
formidables documentaires, "Massoud l’Afghan" (rediffusé ce soir sur Arte à 22h15), "Poussières de Guerre", Vies clandestines, nos années afghanes".

Christophe parcourait le monde à la rencontre, à l’écoute de l’autre avec beaucoup d’humilité à la manière d’un Nicolas Bouvier, loin des clichés et des préjugés.

Homme de conviction, sans compromis, ni détour, journaliste à contre courant du grand cirque médiatique dont il critiquait le fonctionnement, il venait de laisser le documentaire pour son premier film de fiction
"l’étoile du soldat" ( http://cinema.telerama.fr/edito.asp... ) qui devrait sortir en automne 2006, un livre est déjà sorti en librairie début mai.

Personnellement, j’admirais son travail et son engagement, j’aimais beaucoup l’homme, son état d’esprit et sa manière d’aborder le monde, j’ai le sentiment d’avoir perdu un ami, il va nous manquer. il nous reste ses films et ses livres, généreux, ouverts et empreints de tolérance.

Bon vent Christophe.

Eric Colonna

"Aller sur le terrain à la rencontre des êtres humains. C’est ce que beaucoup d’analystes ne font pas. Aujourd’hui, on aborde surtout la réalité par le biais de sondages. Ceux ci donnent à croire que les foules ont des visages, des couleurs, des odeurs, des intentions de vote, des goûts pour tel ou tel programme politique ou de télévision. Le surcroît d’informations finit par semer la confusion. On est entré dans une dimension virtuelle où quelques dirigeants prennent leurs rêves pour des réalités et ou d’autres bégaient avec leurs illusions.
A voyager, avec ma caméra, j’ai appris que la valeur des hommes dépend du coeur, de leur lucidité à se savoir mortels et donc généreux. Je sais que les lieux de misère sont souvent peuplés d’amour et de générosité, alors que trop de riches, devenus arrogants, prétentieux et cyniques, ont oublié la pesanteur et l’humilité pour bâtir de l’inutile avec du vent..."
Christophe de Ponfilly
extrait de "Femmes d’Asie Centrale"

© Cyril Le Tourneur d’Ison / Interscoop
Christophe de Ponfilly : son attachement au pays est ancré dans ses souvenirs de la résistance afghane

Quelques liens sur Christophe de Ponfilly, sa bibliographie sa filmographie et des messages à sa mémoire
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Christ...

Mots clés : Cinéma-vidéo / Dazibao / Eric Colonna / Médias-Presse-Sondages /

Messages

  • Sur une cime, deux Amis se sont retrouvés.

    Au revoir et Merci

    Nicole

  • Chez Mermet un ami à lui a dit qu’il était mort au Pakistan .

  • y en a marre de la mort elle prend tous ne laisse rien et dire qu’ils en as qui font du frique avec me fais gerber ! dommage que se sont les réveurs qui en font les frais ! paix a lui et aux autres.des fleures contre des balles.et que l’ont viennent pas nous dire que dieux existe par ce que aujourd’hui aucune religions ne la prouvées ... "materiellement" !

  • non, il est mort en France
    ci dessous le superbe hommage d’Isabelle Rabineau la rédactrice en chef de Topolivres
    Eric

    Adieu l’ami
    On apprend la mort de Christophe de Ponfilly, et c’est pour tous ceux qui l’aimaient une violence sans espoir d’apaisement. La voix de Christophe de Ponfilly était aussi rare qu’elle était subtile, diffractée entre des forces contraires qu’il ne chercha jamais à rassembler artificiellement. Cette voix accompagnait presque tous ses films, selon un rythme et un débit singulier, entre le doute constant et la force de conviction. Christophe de Ponfilly était un ami pour la vie. Cette amitié qu’il portait haut tenue, élevée et digne, il la donna à certains êtres avec lesquels il travaillait, qu’il filmait ou dont il partageait les combats. Ce don inespéré sous nos latitudes était sa marque et aussi l’un de ses engagements. Christophe de Ponfilly surprenait par la lucidité dont il savait faire preuve, alors que l’on décelait chez lui, dans le même temps, toute l’enfance et la candeur dont il était capable. Ce marcheur infatigable, cet arpenteur des psychologies humaines ressentait fréquemment la nécessité de s’échapper. Frondeur et rieur, il cernait parfaitement les menteurs, les ingrats, ceux qui n’allaient pas au bout de leur passion et bien souvent, il eut du mal à revenir sur le revirement circonstanciel de l’un ou l’autre de ses contemporains. Non pas qu’il jugeât. Il reprenait son amitié, triste et déçu. Son amitié réchauffait comme l’amour, la perdre créait un vertige. Christophe de Ponfilly ne fut pas seulement le chroniqueur des années Massoud, qu’il accompagna de son regard plus de vingt années, c’était aussi un contemplatif extraordinairement actif derrière sa caméra, un écrivain dont nous attendions beaucoup. Un être poétique, un honnête homme auquel le temps au passé sied vraiment mal.

    Isabelle Rabineau rédactrice en chef de Topolivres
    http://blog.topolivres.com/blogtopolivres/

  • MON POTE "MEME" EST MORT !

    Il était militant CGT à l’EDF et il fut durant 15 ans, trésorier de la section du PCF.
    Quand son chef l’envoyait couper le compteur à une pauvre famille endettée, il faisait son possible pour différer le mauvais coup ;de même il nous prévenait quand l’expulsion menaçait et qu’il fallait venir l’empêcher en renfort... Sa pince, son tournevis et ses gants n’ont jamais fait de mal à personne.

    Il a fait çà pendant des décennies, Mémé. Il l’a fait sans la publicité des radios, des journaux, des médailles de ceci ou de cela. Humble parmi les humbles, il rendait possible encore la vie des plus déshérités, des exclus comme on dit aujourd’hui...

    Jamais il n’a pris les armes et descendu d’hélicoptère soviétique, américain ou taliban, Mémé !
    Il est mort et j’ai plus de regret de son départ que de celui de Massoud ou de Pontfily... Alors, vous qui ne connaissiez pas Mémé, vous penserez que Pontfily, c’est une perte immense avec celle de Massoud... Et moi, je continuerais de croire que c’est Mémé qui a le plus fait pour l’humanité !

    Mémé, ta montagne à toi c’est le petit monticule au fond du cimetière à gauche. Mais c’est aussi le souvenir que tu as laissé dans nos coeurs. Y a pas eu de communiqué pour toi, Mémé... Eh ben, voilà, c’est fait !

    NOSE DE CHAMPAGNE

  • J’ai entendu sur Culture ou Inter qu’il s’était suicidé. Fallait-il qu’il soit écoeuré de ce monde pour en partir malgré ses enfants et ses amis.

  • Prenez un peu de recul, quand même. On peut éprouver de la sympathie pour une figure romantique et engagée, mais les hagiographes sacrifient et charcutent beaucoup trop la vérité. Sa vision de Massoud est très tendancieuse.

    • Avez-vous rencontré Massoud pour dire que le travail de Ponfilly était tendancieux ??

      Sans doute non. Certainement non. Comme beaucoup qui dirent n’importe quoi sur le travail de Christophe. Comme beaucoup qui disent n’importe quoi sur Massoud. Ils sont morts tous les deux. Rassurez-vous !

      J’ai connu les deux, deux hommes intègres ont disparu.

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