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Construisons l’alternative plutôt que l’alternance (video)

mardi 16 octobre 2007 - Contacter l'auteur - 10 coms

de Patrick Braouezec, député PCF de Seine-Saint-Denis

Rénover, refonder à la gauche du PS, c’est une idée en gestation depuis plus de vingt ans. Elle a accompagné les crises identitaires du Parti communiste dans les années 1980 et elle a mûri au gré de ses soubresauts. De textes à foison, en appels à répétition, de forums en réunions, rien n’a émergé de façon pérenne.

Seuls des espoirs temporaires, mais finalement sans lendemain comme la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne, ont constitué des éclaircies dans ce ciel bouché. Des milliers de citoyens observent avec perplexité ces balbutiements de l’offre politique de la gauche radicale émiettée. Des militants du PC, des Verts, de la LCR, du PS, du MRC, du PRG... se demandent comment sortir du labyrinthe.

L’impatience est palpable. Le découragement aussi.

La droite a gagné les dernières élections parce qu’elle avait un projet, séquencé dans un programme. La gauche a perdu parce qu’elle était dépourvue d’une visée claire et audible, mais aussi parce que sa division, dans sa frange réformiste et plus encore dans sa partie radicale, était au moins aussi tangible que ses lacunes de contenu.

Sarkozy est désormais aux manettes. Il agit en homme orchestre, prince et factotum à la fois. Il secoue le shaker des réformes libérales, il flatte les adeptes du tout-sécuritaire en accommodant à la sauce moderne, comme pour les tests ADN sur les immigrés, des pratiques qui rappellent des heures sombres de l’Histoire. Il fait plaisir au Medef et aux catégories les plus aisées de la population, il désigne des boucs émissaires et s’attaque à des acquis sociaux de plus de cinquante ans...

Mais pour le reste ? Quid des attentes de l’électorat, notamment populaire, qui l’a porté au pouvoir ? Pouvoir d’achat, emploi, croissance, logement... Les résultats annoncés avec force roulements de tambour ne sont pas au rendez-vous, pire vont se retourner contre le peuple. De ce point de vue, le président dégage, en creux, des perspectives pour une alternative politique. C’est au contour et au contenu de celle-ci qu’il est urgent de travailler. Depuis cet été, des textes circulent, des appels fleurissent. Chacun y va de sa petite musique, dans son coin.

Et les partis politiques de la gauche historique programment leur nécessaire rénovation à l’aune de l’échéance de leurs calendriers. Il faut attendre, toujours attendre que les congrès se tiennent... fin 2008 ! D’ici là, d’autres textes paraîtront, d’autres voix s’élèveront pour déplorer que les organisations campent sur leurs grands soirs partisans.

LA CHARRUE AVANT LES BoeUFS

Alors, que faire ? Attendre ces grandes messes ? S’échiner chacun dans son coin ou se bouger ensemble ? Et si, pour une fois, nous choisissions la deuxième solution ? Et si nous mettions de côté les problématiques de chapelle, et que nous travaillions à l’unité des petits conglomérats qui prônent la transformation sociale ? Et si la somme des micro-planètes de la galaxie gauche de gauche s’évertuait à la mise en commun, non pas pour collationner un catalogue, mais pour valider des contenus sur les enjeux sociaux, économiques, écologiques et sociétaux ?

Et si, cette fois, pour parvenir à cette mise en commun des contenus nous mettions la charrue avant les boeufs en menant ce travail à partir d’une organisation structurée et revendiquée comme telle, ce que, pour des raisons diverses, nous avons toujours refusé de faire ? Et si nous osions, enfin, créer une coordination, un réseau ayant pignon sur rue, statuts et porte- parole, qui permettrait aux citoyens sans carte comme aux militants encartés mais désireux de réfléchir pour agir, de pouvoir le faire au grand jour ?

Et si, cette fois, nous ouvrions en grand les portes et les fenêtres pour donner de l’air à celles et ceux qui ne désespèrent pas de donner du muscle au courant de la gauche de transformation sociale ? C’est le sens de cette sollicitation publique qui a pour vocation à devenir la propriété commune de tous ceux qui ne se satisfont pas de l’éclatement du courant de pensée qui prône l’alternative plutôt que l’alternance.

http://www.lemonde.fr/web/article/0...

Mots clés : Communisme : le débat / Dazibao / Partis politiques /

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Messages

  • Quelle belle énumération de groupes qui se situeraient selon P. Braouezec à la gauche du PS ?

    Nous ne sommes pas tous en accord avec cette belle analyse, pour exemple : ceux des verts qui majoritairement dans leur parti, ont appelé à voter oui au référendum, seraient ainsi des boute-feu et de vrais radicaux !

    Les opportunistes avançant sous telle ou telle dénomination seraient des radicaux ?

    Personnellement je ne suis pas pour un parti radical dont l’épicentre est à droite du PS historiquement.

    Le Parti communiste pour sa part n’est pas un parti radical (un monsieur plus uniquement contestataire et revendicatif) mais un parti révolutionnaire au sens où il recherche une issue, une sortie du système et non une accomodation, un ajustement.

    C’est bien le sens de ce qui sépare les mutants et autres "liquide à toute heure" d’une part et les communistes d’autre part, c’est le contenu, la différence de projet. D’une part ceux qui voudraient revenir sur le congrès de Tours, persuadés d’assurer leur avenir personnel, de l’autre ceux qui pensent que ce système d’exploitation plus fértoce encore qu’avant doit être mis aux poubelles de l’Histoire, et que le socialisme peut et doit fleurir pour tous demain.

    Finalement, c’est la différence entre un social-démocrate (parfois gauchiste) et un révolutionnaire.

    Le travail de congrès d’un communiste où "d’AG extra" est de rechercher quels seront les éléments de rupture, (le seuil de différenciation à atteindre au plan économique) d’avec le capitalisme et les moyens d’y parvenir ; et non pas de quelles alliances électorales, certains auraient individuellement besoin.

    Ne nous trompons pas quand les bobos disent se reconnaître plus dans un écolo, ou un Bové, que dans un camarade, bientôt, il se reconnaîtront dans les idées éclairées d’un financier libéral.

    L’évolution du PCI devenu "démocrates de gauche" puis "démocrates tout court", avec abandon de toute référence au socialisme est bien la voie proposée par ses liquidateurs.

    Salut fraternel à tous. Vive le centralisme démocratique et non pas la caricature de celui-ci.

    Le Renard Rouge

    • Ce dont parle braouzec est ce dont nous avons urgemment besoin. Il faut que cessent les discours de division des monsieurs propres de la révolution et du communisme. Le problème urgent est de créer un débouché politique possible aux luttes qui ne vont pas manquer d’éclater dans les semaines et mois qui viennent. Que l’on cesse de distribuer les bons et mauvais points que l’on s’attache à trouver les points de convergence pour pouvoir avancer dans la voie d’une gauche franchement anti-libérale en sachant que c’est à gagner et non pas fait d’avance.

      L’urgence est d’avoir prise sur le réel pour commencer à le changer ce qui nous montrera comment avancer et vers quoi. Ceux qui veulent avoir une politique toute ficelée d’avance n’avanceront pas et resteront seuls dans la posture de l’homme pur aux mains pures de la pureté révolutionnaire ne faisant que rêver les révolutions.

      Electeur de toujours du Pcf, ancien adhérent, militant syndical, je sais qu’une nouvelle maison à gauche est à construire : chacun avec ce qu’il est, pourvu d’une volonté réelle de tranformation sociale doit s’en faire le bâtisseur sans prétendre savoir et dire à l’avance quelle architecture elle aura.

      Il faut que les proffessionnels du "j’ai toujours raison contre les autres qui ne pensent qu’à trahir" se regardent en face et réfléchissent à leur responsabilité personnelle au regard de la misère actuelle du peuple et des coups présents et à venir qui l’attende.

      L’union des forces qui veulent changer ce vieux monde est une urgence historique qu’il faut mesurer.

      Gilles.

    • Le message de Gilles date d’octobre 2006 ? Parce qu’il s’est passé des choses, depuis, alors faut peut-être ne pas emprunter la même route, vu qu’elle ne mène nulle part...
      C.

  • quel beau discours !!!
    Dans ma ville, l’ex candidat aux élections législatives sous l’étiquette "volée" Alternative à gauche n’a de cesse depuis quelques semaines de créer une liste indépendante pour les prochaines municipales....Pas question d’union de tentative de discussion avec le PC par exemple, c’est bien connu ici, il l’a en horreur...... Libertaire, Bovéiste pdt les présidentielles, il pronait :"élection, piège à cons ""....pour le retrouver candidat un mois plus tard sans même la validation des alternatifs !!!....
    Oui patrick, d’accord dans l’ensemble mais il ne faut pas se voiler la face..les réalités sont là.

  • Nicolas Sarkozy met en place une dictature au sens littéral du terme. Plus que des querelles de clocher, légitimes peut-être au plan local, c’est un front démocrate qu’il faut constituer, le plus large possible. Au delà de la gauche et de la droite, il y a pour ou contre Sarkozy. Nicolas Sarkozy, le petit dictateur.

  • Monsieur BRAOUEZEC,

    Etes-vous communiste ? je vous pose la question car à aucun moment vous ne faites référence à votre appartenance à un parti politique.

    Moi je suis communiste,fier de l’etre,et de le crier vers le panier à crabes que vous nous proposez de rejoindre.Si vous ne savez pas,ou plus,vous situer sur des positions de classe,demandez à SARKOSY,lui,la classe des exploiteurs,il sait en défendre les privilèges.

    Mais vous,au moment ou les exploités de ce pays,entrent dans des luttes qui seront longues et difficiles,d’ailleurs dans votre intervention pas un mot sur ces luttes,en particulier le 18,vous ne voulez pas vexer vos amis socialistes ? Il est vrai que leur premier secrétaire ne "souhaite pas de mouvements sociaux."

    Après la gauche plurielle avec ses privatisations,ses scandales ect...voilà la gauche de la gauche comme solution miracle et on recommence avec les memes,pour arriver enfin,à détruire le PCF.

    Je remarque,également que dans cette gauche de la gauche la lutte anticapitaliste s’est évaporée.

    Pourtant c’est l’identité du PCF,sa raison d’etre,vous l’avez oublié ? Ha !j’oubliais vous n’etes peut-etre pas communiste,

    De votre salade electoraliste,donc mercantile,je n’en veux pas, et beaucoup de mes Cdes méridionnaux,aussi .

    Sachez que nous ne laisserons personne massacrer notre parti.

    LE REBOURSIER

    • Tu as raison,on ne peut s’asseoir sur la disparition du PCF .Ce parti est plus nécessaire que jamais et il n’aurait jamais dû se restreindre et s’étioler par la faute de directions successives en panne de stratégies gagnantes depuis les années 70.Cette alliance Mitterrandienne a été pour nous la cause essentielle du déclin électoral et non pas la chûte de l’URSS.Ce rêve de nos anciens dirigeants d’unir toute la famille socialiste a été un échec dramatique pour le peuple car le PS est tombé depuis longtemps aux mains de la bourgeoisie.Le bourgeois ne met jamais ses oeufs dans le même panier..Nous le voyons encore aujourd’hui avec la pseudo opposition des Bayrou-Villepin ,les dirigeants du PS de leur côté cherchent une voie oppositionnelle de gauche pour nous empêcher de retrouver de l’influence dans le corps électoral .Ces manoeuvres sautent aux yeux de tous les militants et il faut donc nous unir solidement dans un parti communiste offensif et créatif sur tous les sujets.Notre tâche principale c’est d’abattre définitivement le capitalisme ,y compris par des moyens dit "illègaux" .L’illusion électorale pour prendre le pouvoir est une utopie sans mouvement de masse de plusieurs millions de personnes en révolte,ce qui ne peut manquer d’arriver avec la politique thatchérienne de Sarko et de sa bande de malfrats .

      Les communistes qui doutent de notre capacité à rebondir doivent comprendre que c’est le peuple qui fait l’histoire et que c’est lui seul qui décide du moment où il veut changer les choses.L’idéologie dominante bourgeoise est en crise accélèrée avec la mondialisation financière du capital et il nous faut la combattre sans trève sur les valeurs qui sont les notres.Le Communisme n’est pas ringard ,au contraire il est plus nécessaire que jamais dans ce mouvement historique qui entraîne les peuples vers le rejet du capitalisme .....

      L’alternative,prônée par Braouezec,est dans la construction de la socièté communiste le plus vite possible et non dans une alliance "bobos" à la Delanoë ........Les classes populaires n’attendent plus rien du capitalisme,ils attendent tout de nous et ils ont raison.Mais il faut leur dire que nous ferons tout avec eux car ce sont ces classes populaires qui construiront cette nouvelle socièté en alliance avec tous les intellectuels-scientifiques qui mettront leurs connaissances au service de ces classes populaires

      Le PCF peut et doit encore servir pour cette noble cause ...Avis à tous les amateurs .........

      bernard SARTON,section d’Aubagne

  • Encore un qui veut donner les clesfs de la maison en espérant qu’on lui trouvera une place au coi du feu.

  • Ce n’est pas en regroupant quelques groupuscules et personnalités en déshérence que l’on construira une organisation ou un mouvement porteur d’une alternative révolutionnaire.
    Ce n’est pas additionnant des faiblesses organisationnelles, politiques, théoriques, idéologiques que l’on peut présenter une autre politique que celle qui est commune en définitive à l’UMP et au PS.

    ZERO+ZERO+ZERO=ZERO.

    Ce n’est pas parce qu’on est en période de reflux révolutionnaire, ce n’est parce que la France s’est droitisée et ce, depuis longtemps,(ça ne date pas de 2007) qu’il faut capituler en rase campagne.

    On ne perd que les batailles que l’on ne mène pas.

    Il faut continuer le Parti Communiste en restant fidèles, sinon à la lettre, du moins aux principes qui ont présidé à sa création.

    Travaillons à la renaissance du Parti Communiste.

    Gilbeert de Charente-Maritime

  • Pas de grand discours.

    Moi je vois que de reniement en reniement cela aiguise l’appétit de nos pseudo alliés. Camarade Braouzec, tu vois je veux bien essayer encore de te donner du camarade, c’est avec des discours comme le tien, que Dominique Voynet se frotte les mains et souhaite "garder" la ville que tu as longtemps dirigé.

    Elle qui n’a pas réussi a se faire élire dans son département d’origine prétend gagner une ville a gauche en s’attaquant à....une ville de gauche. La droite peut dormir tranquille avec de telles initiative de ses soit disants opposants.

    Encore un effort et elle sera au gouvernement, elle aussi, a obéir à Sarko.

    L’ouverture ce n’est pas de devenir des gamellards au service du capital.
    D’ailleurs l’ouverture çà veut dire quoi ?

    Bon j’arrête, je vais finir par voir....rouge !

    Salut et fraternité
    Christian PALLATIER

    Section de Vincennes/Saint-Mandé

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