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Crise financière : Les modalités de son règlement par Michel Camdessus

jeudi 23 octobre 2008 - Contacter l'auteur - 3 coms

de Slovar

Le système bancaire étant au bord permanent de l’explosion ou de l’implosion (choisir son mot préféré), notre Président de la République, de l’Europe (qu’il refuse de céder) et grand organisateur de G 1, 2 , 3 ... jusqu’à 20 a pris des mesures en ce qui concerne la France.

Si on a entendu annoncer tellement de milliards ces derniers jours que plus personne n’est capable de donner le moindre chiffre, il en est un qui a marqué les esprits : 320 milliards d’€

Si la très grande majorité des français n’ont toujours pas compris la différence entre la virtualité de la somme et la réalité de son paiement en cas de krach final, on sait enfin depuis ce matin qui va s’en occuper : La société française de financement de l’économie

Qui est-elle et que va t-elle faire ?

La Société française de financement de l’économie, l’un des deux piliers du plan de soutien de l’Etat au système bancaire, est prête à accorder ses premiers prêts dès la semaine prochaine, déclare son président, Michel Camdessus. Mise en place vendredi dernier par la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, la SFFE est détenue à 66% par six grandes banques (BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale, les Caisses d’épargne, les Banques populaires, le Crédit Mutuel et HSBC France) et à 34% par l’Etat.

Cette Société Française de financement de l’économie ou SFFE a été présentée par Madame Lagarde (la lou ravi de l’économie libérale) le 20 octobre.

Extraits

Le système financier est aujourd’hui « grippé ». Quand les banques ont du mal à se financer, c’est toute l’économie qui est en danger ; c’est un risque pour l’activité, pour l’investissement et pour l’emploi.C’est un fait : les banques sont les poumons de l’économie. Aujourd’hui l’oxygène n’y circule plus.Si rien n’est fait, c’est tout le corps qui risque de souffrir. Il fallait réagir avec détermination.

Le plan du Gouvernement, c’est une thérapie de choc. Jamais un Gouvernement ne s’était mobilisé avec une telle rapidité : ce plan qui a pris la forme d’une loi de finances rectificative, a été préparé le week-end dernier en concertation avec nos partenaires européens. Il a été examiné par le Conseil d’Etat dimanche. Nous l’avons adopté en Conseil des ministres lundi dernier. Il a été voté par les deux assemblées mardi et mercredi et la loi a été publiée de matin Journal Officiel avec entrée en vigueur immédiate aujourd’hui ... - Source PubliNews

Mais où va t-il trouver cet argent ?

Simple : Cette société lèvera des financements sur les marchés grâce à la garantie de l’État. En utilisant ces ressources, elle permettra aux banques de disposer des emprunts à moyen et long terme qui sont nécessaires pour développer le crédit aux ménages, aux professionnels, aux entreprises notamment PME et aux collectivités locales. Les premiers emprunts seront disponibles dès cette semaine. Christine Lagarde a annoncé que la Société de prise de participation de l’État (SPPE) - c’’est-à-dire l’État - était prête à souscrire pour un montant de 10,5 Md € à des émissions de dette subordonnée effectuées par les établissements de crédit. Cette souscription interviendrait à des conditions financières tenant compte des références de marché disponibles pour les établissements concernés. Source Le Point

Traduction : Le marché déborde de liquidités qui ne bougent plus. Les Etats (du moins les plus riches au sens de richesse nationale) étant les meilleurs garants d’un remboursement, celles-ci vont affluer. Cet argent sera ensuite prêté à des banques qui ne se font plus confiance entre elles afin qu’elle le restituent en crédit à la consommation ou aux entreprises.

En gros, plus personne ne sait où il en est et on sera vraiment fixé sur la solidité des banques et compagnies d’assurances lorsqu’elles publieront leurs résultats officiels. Il paraît donc normal aux yeux de nos dirigeants de se servir de la garantie de la nation française pour permettre à la nation française de continuer à consommer et travailler.

Chapeau bas !!!

Jusqu’à quel montant la SFFE va t-elle engager l’Etat ?

Elle va solliciter les marchés pour un montant maximum de 320 milliards d’euros.

Pourtant François FILLON déclarait : "Je dirige un pays au bord de la faillite"

"C’est une sottise de dire que la France est en faillite. Si la France était en faillite, ça se saurait ! La France est endettée, trop à mon avis, mais elle n’est pas en faillite. Déclarait ce matin Michel Camdessus le Président de la SFFE.

Donc bonnet d’âne pour le Premier Ministre. Qui si l’on en juge par le ton péremptoire de Monsieur Camdessus est ... parfaitement mérité !!!

Alors, la "plus grave crise économico financière jamais vue" pourrait être résolue simplement par la mise en place et le travail de la SFFE ?

Selon Michel Camdessus, la France devrait sortir de la récession économique au dernier trimestre 2009, si les différents plans de sauvetage mis en place au niveau mondial sont efficaces . Avant d’ajouter : "Nous sommes au bord de la récession" Je n’exclurais pas que l’on passe par un ou deux trimestres négatifs. Ce que je pense, c’est que, si tout ceci fonctionne - et tout a été fait pour que tout ceci fonctionne - le 4e trimestre de l’année prochaine devrait être positif de l’ordre de 0,8% pour la France par rapport au 4e trimestre de cette année".

Nous ajouterons que si la France se trouvait isolée dans une bulle hermétique et bien entendu coupée de la mondialisation, ça pourrait le faire. Mais lorsqu’on apprend qu’aux Etats Unis :

"Lundi 20 octobre, l’Etat américain a mis en ligne les formulaires que les banques doivent remplir pour bénéficier du plan d’investissement public. Neuf grandes institutions se partageront la moitié des 250 milliards de dollars (188 milliards d’euros) alloués. Jusqu’à 200 autres banques pourraient souscrire ce programme de recapitalisation. Le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, souhaite que ces fonds servent à "renforcer leur aide aux propriétaires en difficulté pour qu’ils évitent la saisie" de leur appartement.

En janvier, une garantie de 60 milliards de dollars de la Réserve fédérale (Fed) était apportée aux organismes de crédit sur leur dette d’emprunt. Cette somme avait été portée à 150 milliards en mai, auxquels s’est ajoutée une garantie de 100 milliards pour les banques de dépôt. Puis la Fed a avancé 29 milliards à JP Morgan pour le rachat de la banque d’affaires Bear Stearns. En septembre, l’Etat a apporté 200 milliards pour éviter la faillite de Fannie Mae et Freddie Mac ; puis 85 plus 30 milliards pour éviter pareille mésaventure à l’assureur AIG.

Ensuite, le cataclysme est arrivé. La garantie sur les emprunts immobiliers est passée à 250 milliards de dollars début octobre. Le Trésor en a garanti 9 milliards pour la recapitalisation de Morgan Stanley. Puis il en a libéré 700, dont 250 à injecter directement dans les banques ; et annoncé une garantie à hauteur de 1 500 milliards sur les dettes bancaires, puis une autre de 500 milliards sur les comptes des épargnants. Enfin, le 27 octobre, la Fed deviendra l’acquéreur en dernier ressort de titres de dettes non sécurisés, pour un montant pouvant aller jusqu’à 1 600 milliards. Cela nous amène à 4 400 milliards ... / ...

Le FBI, la police fédérale, dit manquer d’équipes qualifiées pour mener ses enquêtes. La lutte contre la "criminalité en col blanc" n’y occupe plus que 1 097 agents (1 722 il y a sept ans). Or le nombre de plaintes contre des institutions financières sur lequel il enquêtait, qui était en chute libre, rebondit de manière exponentielle.

Se pose aussi la question du contrôle que l’Etat est amené à exercer sur les montants alloués. M. Paulson s’est entouré de cadres compétents, beaucoup issus de Goldman Sachs, dont il fut PDG. Mais sans personnel adéquat... / ... En 1992, il employait 20 000 fonctionnaires dans la "régulation financière". Ils ne sont plus que 14 000. Directeur d’International Strategy and Investment Group, Tom Gallagher explique que la haute fonction publique, "démonisée" sous l’administration Bush, a perdu ses cadres de qualité. Il pense qu’il manque "plus de 1 000" fonctionnaires compétents au Trésor pour assurer le suivi de son plan ... / ... Source Le Monde

En bref les enfants, attendez-vous au pire, surtout si le gouvernement s’acharne à continuer ses réformes néo libérales particulièrement bien adaptées ... à une forte période de croissance. Jusque là, comme dit la publicité, "Sortez couvert"et faites des provisions ...

Slovar les Nouvelles

http://slovar.blogspot.com

Autres Sources

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Burki (24Heures)

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Sarkostique

Mots clés : Commerce-Indus.-Bourse / Dazibao / Economie-budget / Slovar /

Messages

  • RIEN NE VA PLUS ,malgré le sommet de Pekin, c’est un vendredi noir

    alors faire des provisions OK, mais en plus sortir le maximum de nos sous des griffes des banquiers,tant qu’on peut....

  • En attendant, les petits malins qui ne perdent pas le nord :

    Le patron d’Axa vend des actions de son groupe à Wall Street.....

    Quand ?
    et ben le 26 septembre..... avant de dire le 30 septembre : « Dans des moments comme ceux-ci, qui sont des moments tendus, il ne faut pas paniquer. Il y a un pilote, il y a des pilotes dans l’avion »

    Des plumes et du goudron....vite !

  • "Se pose aussi la question du contrôle que l’Etat est amené à exercer sur les montants alloués"

    Le Monde fut un grand journal dont les journalistes se faisaient le devoir de cultiver l’irrespect. Le seul qui ait encore une Société des Rédacteurs qui a un pouvoir. La preuve, elle a viré Minc, le golem des banques.

    Mais aujourd’hui, c’est plutôt service serpillère. C’est pas "aussi" qu’il faut écrire mais d’abord.
    N’importe âne doté de logique comprend qu’il faut encadrer, conditionner ces versements d’argent, POUR QUE LES CHOSES NE RECOMMENCENT PAS. On a quatre krach en dix ans.

    Combien faut-il de krachs pour que les politiciens "actionnés" secouent leur chaînes et disent "ok, on arrête avec la Bourse" ?!

    Aujourd’hui, "M. Paulson s’est entouré de cadres compétents, beaucoup issus de Goldman Sachs, dont il fut PDG". Non mais, de qui on se fout là ?..Ce sont les banques qui font les hedges funds les plus nombreux et les plus rapaces, les produits dérivés les plus compliqués, risqués et qui poussent à s’endetter, à faire circuler, titriser, etc.. Alors LES INCENDIAIRES, Mr PAULSON, SERAIENT LES MEILLEURS POMPIERS !!?...

    "la SFFE est détenue à 66% par six grandes banques"...

    Même constat : on embauche les malfaiteurs pour gérer les conséquences de leur crime.

    Y en a ras-le-bol des ces pourris de politique, toujours dans les mêmes ornières, à nous mentir, à servir toujours la soupe à la racaille qui nous ruine, putain !!!

    Soleil Sombre

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