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Gare du Nord, Gare aux Noirs : Les politiques mettraient-ils la démocratie en insécurité ?

jeudi 5 avril 2007 - Contacter l'auteur - 2 coms

La campagne pour les élections présidentielles françaises a pris un tour sécuritaire abrupte à la faveur de plusieurs incidents survenus en mars 2007-provoqués ?-, les rafles policières de sans-papiers en cette période sensible, l’exploitation politicienne particulièrement habile [et sans réelle opposition] des porte-croix de la république sécuritaire, monoethnique.

Les questions anxiogènes pour les Français comme le travail, les délocalisations, les retraites, le rapport à l’Europe ont été ravalées au second plan faute de propositions sérieuses autres que la météo instable de la croissance, et le retour de l’imaginaire charrié de l’insécurité, de l’identité nationale, thèmes complaisamment repris par les médias, s’est avéré payant pour les sondages UMP et FN.

Peu de réelles interrogations, indignations, sur les manipulations honteuses des chiffres du chômage qui au lieu de traduire la vulnérabilité croissante de millions de travailleurs, de jeunes, de mal formés, est devenu un indicateur de la faculté gouvernementale à faire dire aux chiffres plus ou moins arbitraires, ce que veulent les dirigeants, le candidat de la majorité. Les statistiques européennes classent la France au dernier rang de l’Union en termes de chômage, la communication gouvernementale affiche les meilleurs chiffres nationaux depuis des décennies. L’institution officielle chargée de fabriquer et valider les chiffres, l’Insee doute à haute voix de ses propres chiffres -un précédent-… lorsqu’ils ne correspondent pas vraiment au tableau flatteur qu’en donne les gouvernants sortants aspirant à rempiler. Des manipulations qui se font sur le dos des souffrances réelles des millions de Français qui espéraient pouvoir trouver dans le débat électoral des raisons d’espérer.

En fait d’espoir, d’utopie créatrice, d’imaginaire politique, sont servis aux électeurs inquiets de la soudaine vulnérabilité des sécurités d’antan, sécurité sociale, travail, repères identitaires entre Europe, mondialisations, altérités, des Noirs, des « bandes ethniques », des jeunes de banlieues, des envahisseurs quasi coloniaux de gares de transports en commun. Sur le fond un mensonge, une stratégie et une programmation de l’opinion travestissant chaque jour un peu plus la politique et les expressions populaires, en jouant des sondages en partie biaisés -on dit redressés en langage technique- qui utilisent en amont des thèmes présents dans l’opinion pour surenchérir en aval en les reformulant au rythme effréné de messages politiques tournant en boucle. Résultat les sondages disent ce que les sondages disent, et ceux qui le disent le plus forts sont confortés par les … sondages. Et comme les citoyens se déterminent en partie en fonction … des sondages, ne serait-ce que pour « voter utile », l’espace de la campagne électoral s’anime et s’agite à vide. Au final, sans trop comprendre comment ni pourquoi, il y aura eu une élection, une présidente ou un président.

De tels processus, dominés par les politiques et les industries qui s’agglomèrent sur les cycles électoraux -communication, sondages d’opinion, …- saturent progressivement l’intérêt des citoyens pour la politique et menacent la démocratie puisque l’impression qu’il n’y a rien à attendre des politiques pourrait bien s’installer durablement.

En 2006 le nombre d’électeurs a pourtant bondi de 4% par rapport à l’année précédente, 8% par rapport à la précédente présidentielle. Au delà d’une hausse traditionnelle pour les présidentielles, se dégage une demande populaire pour plus de politique, et pas vraiment pour plus de communication. Les techniques de persuasion clandestines marcheront encore à mesure qu’elles corrompront la démocratie comme régime. Jusqu’à l’abâtardir ? Il faut espérer que le surcroît d’électeurs qui viennent principalement d’Outre-Mer [Mayotte, Guyane, la Réunion], de la région parisienne et en particulier des banlieues, saura demander des comptes au procès permanent de leur francité instruit par une classe politique ivre de son art consommé d’une xénophobie (thématique) calculée.

Pierre Kassenti
www.afrikara.com

Mots clés : Emploi-chômage / Gouvernements / Police - Répression / Présidentielle 2007 /

Messages

  • Arrêt sur images :

    Je suis un esprit de gauche et je suis inquiet. Les récents évenements de violence à Gare du Nord vont servir de base argumentaire à la droite, c’est du tout cuit. Cependant le positionnement de la Gauche vis à vis de la violence dans cette affiare et plus généralement dans les quartiers me laisse perplexe, je ne le comprends pas.

    Quand j’entends Besancenot ou Bové, leurs discours semble minimiser ou affirmer que tout ça n’existe pas, que toutes ces violences sont des inventions de la Droite, qu’il ne s’est rien passé ou que la seule violence qui existe est celle de la Police. Pourquoi ce silence ou ce dénie ?
    Pourquoi ne pas prendre les choses comme des faits sociaux avérés, réfléchir sur les causes et chercher des solutions de gauche, autres que les matraques droitières ? pour ne pas reconnaitre ces faits réels de manière claire et réfléchir à une issue possible ?

    A force de nier la délinquance, la crainte et la solitude des gens qui la subissent dans les cités, les trains, les hôpitaux, etc...c’est la droite qui va engranger des voix.

    Tony

  • Conclusion Faut arreter Sarko et le seul moyen est de faire passser Bayrou au second tour. DONC VOTEZ BAYROU AU PREMIER POUR STOPPER LE PLUS COUPABLE : SARKO

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