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Il était une fois dans Paris Est.

dimanche 23 mai 2021, par jy.D

C’est la ligne Paris vers Tournan en Brie.

C’est à dire rien, nul part, une destination totalement sans intérêt.

Mais il était une fois dans la gare Paris-Est, un bar absolument quelconque où un type commande une bière citron.

Alors cela a été ma première leçon de parisianisme.

Il est évident qu’avec, c’était un sandwich jambon beurre, mais sans beurre, avec plutôt du coulommiers.

La tronche du serveur qui vient de repérer un emmerdeur catégorie 1, mais service, il obtient sa bière citronnée et sa demi baguette avec jambon et Brie (petite vengeance du serveur qui sait que le client ne fera pas la différence).

Moi c’est une pression.

Juste une pression car mon train part dans 13 minutes.

Dans 13 minutes alors qu’on était en décembre 1995.

Je me rappelle pas bien, sauf que Chirac était le chef de l’armée, et que le plan vigie-pirate avait été activé depuis l’explosion station Saint-Michel Ligne C en juillet 1995.

Et donc, de jeunes militaires patrouillaient dans la zone où je terminais mon premier verre, lorsque soudain, un drame survenu.

Dans une foule très dense et une indifférence si typique de Paris.

Oui parce-que c’est ça Paris : Une ville où les gens passent devant le cadavre d’un clochard, sans s’arrêter, mais qui ne tolèrent pas une crotte de chien sur le trottoir du boulevard Sébastopol.

Encore un autre jeune issu des citées défavorisées qui tentait de s’opposer à la police (et non pas aux militaires, dont l’unique mission semblait être de faire acte de présence avec un Famas pointé vers le bas), et qui employait des termes envers les forces de l’ordre qui auraient choqué même le plus mesuré des lecteurs du Figaro.

Le jeune de banlieue a été embarqué, évidemment, et évidemment, après avoir subit l’humiliation d’une garde à vue (état d’urgence oblige), et a de nouveau utilisé le réseau RATP pour retourner chez lui, sans se faire prendre cette fois car il était passé 19 heures.

Quelle histoire très intéressante, me direz vous.

Non, bien sûr, mais une histoire que j’ai vu et qui m’a fait comprendre le sentiment Palestinien.

Tu fermes ta gueule, tu attend des heures qu’un fonctionnaire prenne ton cas en compte, et ensuite, il faut que tu sois très fort pour ne pas sombrer dans la haine.

Oui effectivement cette histoire n’était pas aussi passionnante que la conquête de l’ouest, aux USA comme au canada (dans ce cas, il s’agit plutôt de la conquête du nord)

Mais comme ces histoires ne seront jamais écrites, et comme les grands hommes peuvent verser leurs larmes dans les médias dès qu’ils se font gauler, je veux juste dire, que jamais un notable n’a été mis à terre par une milice d’état ou privée.

La police nationale française peut très bien s’indigner du meurtre d’un des leurs.

Mais je ne comprend pas leur silence quand un fonctionnaire de police tue et que jamais, non seulement l’auteur du meurtre soit menacé d’une incarcération, mais en plus, que ce meurtre ne fasse pas la une des journaux, tout au plus trois lignes dans les pages faits divers.

De quel ordre êtes vous ?

De celui qui considère qu’un simple rappel à l’ordre est suffisant,

ou bien de cet ordre qui au nom de Dieu et de la France un flic peut dégainer son flingue, et tirer, dans l’indifférence générale, et c’est sur ce point que je me questionne sur la différence entre une dictature et la démocratie française.