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Instrument de précarité : le portage salarial

jeudi 24 mars 2005 - Contacter l'auteur - 2 coms

Le portage salarial est à la fois une technique qui permet de transformer des honoraires virtuels en salaire, d’un indépendant virtuel en salarié et une nouvelle organisation du travail.

Un individu, le porté, propose à un employeur, spécialiste du portage, de le salarier pour qu’il effectue la mission dont il a déjà négocié le contenu et le coût avec le client.

Cette organisation du travail est apparue au début des années 1980 et s’est développée dans les années 90. Elle constituait pour le patronat la réponse à l’amendement Delalande et aux pratiques des entreprises qui externalisaient les compétences.
(...)


Le gouvernement envisage de "réformer" le code du travail. La légalisation du "portage salarial", instrument de précarité, pourrait être l’un des effets néfastes du "toilettage canin" par le gouvernement.

Les Coopératives Activité Emploi (CAE) proposées par la CGT, procèderaient d’une autre logique de sécurité du salarié.

Patrice Bardet, délégué syndical Ufict-CGT

site de l’Union Générale des Ingénieurs Cadres et Techniciens CGT

extrait du n° 597 de Cadre Info

Mots clés : Emploi-chômage / Patrice Bardet / Pauvreté-Précarité /

Messages

  • Que vaut il mieux un emploi précaire et rémunératuer ou devenir un instrument diabolisé par les syndicats politique de gauche comme de droite qui joue à la baballe avec les chomeurs afin d’assouvir leurs ambitions de position dominant. A plus de 50 ans sans diplôme sans aide de quiconque et en rejetant toute forme de syndicalisme et d’embrigadement. Je suis aujourd’hui à la tête de 2 sociétés de portage et aucun de mes salariés n’ont l’impression d’être exploité d’une quelconque façon. Certains étaient au RMI d’autres veulent valider leur projets professionnels et d’autres être à leur compte sans en avoir les inconvénients. Je crois simplement qu’au lieu de vouloir absolument tout faire entrer dans un carcan réglementaire où il devient impossible de faire respecter le droit du travail, il vaut mieux oser des aventures individuels. A titre d’info je ne prends que 2000 Euros de salaire c’est dire que beaucoup de mes salariés ont un niveau de vie supérieur au mien. Mais j’ai vraiment l’impression d’avancer.
    Michel ROZAIS

  • bonjour, je suis également gérant d’une structure locale de portage salarial, et plusieurs thématiques me surprennent :

    - Emploi sénior, delalandre... :

    les entreprises n’ont pas attendu de connaitre le portage salarial pour engranger des "bennes" de séniors vers l’Assedic. Il faut saisir le portage salarial comme une possiblité d’avoir une seconde vie professionnelle. La création d’entreprise n’est pas innée, avec toute la bonne volonté et l’accompagnement que l’on pourra imaginer, certaines personnes ne seront jamais des profils d’entrepreneurs, beaucoup d’ailleurs n’en ont pas envie. Le portage permet de compenser cette limite.

    - Enrichissement sans cause :

    Rédaction des contrats de travail, des payes, des facturations, des contrats de prestation, assistance juridique, stratégie de rémunération, formation, aide à la création d’entreprise... qui ose parler de non causes ? Est ce qu’on accuse son comptable d’enrichissement sans cause ? Comme lui, les structures de portage salarial offre un service de gestion. Cela me parait une cause suffisante pour facturer des honoraires qui sont souvent peu en relation avec le risque réel supporté par la structure de portage ( non paiement, accident du travail...)

    - Flexibilité :

    Bien entendu le portage offre de la flexibilité, mais pas dans le sens que vous supposez. Les entreprises qui utillisent les prestations fournies par un porté ont d’abord comme premiere demarche l’externalisation d’une prestation. Elle peut etre donc confier cette prestation à un indépendant, une entreprise, ou à un porté. Le portage n’existe pas pour remplacer les emplois qui font le coeur de métier de l’entreprise utilisatrice. Le portage est un outil d’externalisation.

    - Accompagnement :

    la plupart des structures de portage livrent un réel accompagnement au porté. Elles aident par exemple à fixer le prix des prestations en fonction du marché, de maniere à ce que le porté ne soit pas abusé par ses donneurs d’ordres ou au-delà des prix de marché. Elle aide à identifier des débouchés, fait profiter d’un reseau...

    Question : pourquoi ne fait-on pas de proces d’intention aux sociétés de conseil qui fonctionnent en régie et marge à 200 % sur le salaire de l’intervenant envoyé et pourquoi est ce qu’on s’acharne a vouloir diaboliser les structures de portage qui assurent un vrai service et permettent au porté de bénéficier de 90% de son chiffre d’affaire ?

    L’alternative sous forme coopérative CAE est effectivement une solution interessante dans l’esprit d’une gouvernance partagée, d’un transfert de connaissances entre les membres... mais il existe aussi certaines limites : les CAE doivent être sectorisées pour éviter les soucis d’assurances en RC, les CAE doivent reussir à s’autofinancer à court terme car les pouvoirs publics ne financeront pas à fond perdu l’économie sociale et solidaire, et je vous propose d’étudier en détail les pratiques réelles des CAE, certaines fonctionnent en société de portage...par le biais de contrats CAPE. Et on parle de sécurité ?

    Quelles chances d’emploi aujourd’hui pour un quinqua qui connait un accident de parcours ? Aucune. Le portage est une alternative, un support, un soutien, une opportunité de rebondir... Rappelons nous que les portés ne sont pas "forcés" à utiliser ce dispositif. Ils sont volontaires dans l’idée d’échapper à une situation de non activité : l’entreprise de portage est un outil qui va dans ce sens !

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