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L’après Arafat : la carte Barghuti

jeudi 18 novembre 2004


La femme du leader de l’Intifada : sont en cours des contacts entre Marwan
et
al-Fatah, mon mari est le candidat idéal. Abu Ala : les présidentielles d’ici
le 9 janvier. Pas encore de réponse d’Israël sur les garanties pour le déroulement
du vote.


de MICHELE GIORGIO

On l’a déjà nommé "l’option Mandela" mais la candidature à la présidence de l’Anp
du secrétaire général de Al-Fatah et "commandant de l’Intifada" , Marwan Barghuti,
en prison à Israël, devrait rapidement se révéler un peu plus qu’une phrase à usage
des médias. Cela pourrait en outre créer une pagaille dans les jeux politiques
de la transition de l’après-Arafat. "Mon mari serait le candidat en meilleur
position", a affirmé Fadwa Barghuti, la femme du représentant palestinien, considéré comme
le personnage le plus populaire dans les Territoires occupés maintenant qu’Arafat
n’est plus là.

Fadwa Barghuti a rapporté que des contacts avec Al-Fatah sont en cours dans le but d’examiner l’hypothèse de cette candidature. "Nous saurons d’ici deux semaines si la personne choisie par Al-Fatah est Marwan" a-t-elle ajouté. Barghuti s’il devait sortir vainqueur du vote verrait automatiquement s’accroître ses chances de quitter la prison (où il purge une peine de différentes condamnations à perpétuité) avant l’heure et de redevenir un cas international avec, pour Israël, un grand embarras en prévision. Sa candidature qui ne déplairait pas à la majorité des Palestiniens pourrait créer au sein de Al-Fatah et à l’Anp un certain nombre de problèmes. Différents analystes considèrent qu’Abu Mazen est actuellement favori pour la présidence. Pour la vieille garde de Al-Fatah ce serait le président idéal pour mener à bien une politique très modérée qui puisse d’un côté rouvrir le dialogue avec Israël et les Etats-Unis et de l’autre ne pas toucher aux positions de pouvoir immuables depuis des années.

Barghuti au contraire, après la mort de Arafat, s’est prononcé pour une poursuite de la deuxième Intifada. Des paroles qui ont plu aux militants de base de Al-Fatah (où Abu Mazen compte peu de soutiens) et sont soutenues, dans certaines limites, par la nouvelle génération du mouvement politique représentée par Qaddura Fares, Hathem Abdel Qader et Mohammed Hurani (qui se battent aussi contre la corruption et pour une plus grande transparence dans les institutions palestiniennes). Fadwa Barghuti a tenté hier de clarifier la pensée de son mari pour rassurer les secteurs les plus modérés de Al-Fatah. "Marwan a un programme clair pour aller de l’Intifada à la paix, sur la base d’une coexistence entre deux Etats". Un sondage récent indique Barghuti comme leader palestinien le plus populaire après Arafat, avec 12% de consensus.

Abu Mazen et le premier ministre Abu Ala n’avaient que 1%. Mais tous les deux semblent aujourd’hui avoir le plein soutien de Mohammed Dahlan, l’"homme fort" de Gaza. Dans une interview Dahlan s’est dit convaincu qu’Abu Mazen gagnerait "avec 65% des votes". "C’est nous qui l’aiderons", a-t-il promis. En attendant Abu Ala a prévu que les présidentielles devraient se dérouler avant le 9 janvier. [...] "Notre priorité principale, ce sont à présent les élections", a ajouté Nabil Abu Rudeina, ex conseiller principal d’Arafat. Les dirigeants palestiniens demandent qu’Israël relâche la pression militaire sur les Territoires occupés pour permettre un déroulement normal des opérations électorales. Sharon n’a pas encore répondu.

Traduit de l’italien par Karl & Rosa de Bellaciao

http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/14-Novembre-2004/art31.html

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