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L’avenir des cinémas publics ne réside t-il pas dans le positionnement des spectateurs ?

mardi 27 janvier 2004

Débat public organisé par l’association
Cinéma Public le vendredi 6 février au
cinéma Le Luxy à 18h30

"L’avenir des cinémas publics ne
réside t-il pas dans le positionnement
des spectateurs ?"



La conscience critique reste le meilleur moyen de lutter contre l’asphyxie provoquée
par les multiplex.

Trop longtemps le combat des cinémas publics a été celui des professionnels,
des directeurs de
cinéma, des « gens de la profession ». Difficile pour le spectateur de s’intéresser à ses
mobilisations éphémères, ses combats qui s’apparentent à une lutte de corporation.
Mais les choses ont changé, une véritable révolution s’est mise en place avec
l’apparition du
spectateur-acteur. Acteur de la vie de la cité et à fortiori des équipements
culturels d’une ville.

Ces
spectateurs réclament plus qu’un simple lieu de projection de films mais aussi
un véritable lieu de vie.
Cette défense des cinémas de proximité que l’on retrouve dans le foisonnement
d’associations de
spectateurs montre que le combat pour la diversité culturelle fait plus que jamais
sens. Car l’heure est
grave et ce n’est pas par hasard si ce sont les spectateurs qui ont repris « le
flambeau de la lutte » face à une profession qui à largement baissé les bras.
Le public n’est pas dupe, il n’entre pas forcément dans les cadres et le formatage
que veulent leur imposer les grandes multinationales de la culture. On parle
trop souvent de la mondialisation comme d’un pygmalion en oubliant d’en dénoncer
les
effets. Pourtant les spectateurs, en subissent sans arrêt les contraintes.

Qui peut encore aujourd’hui
payer sa place de cinéma 8, 60 euros (prix d’une place dans un multiplex) alors
qu’elle coûte moitié moins chère dans une salle de cinéma public ?. Savez-vous
que bien souvent vous ne pouvez plus voir
votre film préféré car celui-ci est produit, distribué et exploité sur les écrans
de cinéma par la même
société. : en remontant l’ensemble de la filière, parfois même jusqu’à la diffusion
sur les écrans de
télévision, les grandes multinationales de la culture et des loisirs finissent
par avoir une mainmise
totale sur l’accès aux films et la circulation de copies, créant, par la même
occasion, l’exclusion d’une
partie de la population. Phénomène d’exclusion par l’argent, contrôle de la liberté des
spectateurs
dans l’accès aux films et au final dans l’accès à la culture.

Tous ces phénomènes ne sont pas liés au hasard et servent à faire du spectateur
un
consommateur avant tout.
Les produits dérivés de la marchandisation du cinéma sont autant de phénomènes
sensibles
d’un processus beaucoup plus vaste de contrôle des consciences. Car les films,
c’est aussi un autre regard sur le monde, un moyen d’éveiller les consciences,
source de
savoir-être, de savoir-faire, pour au final, se situer dans ce monde et atteindre
sa condition de citoyen.
L’éveil des consciences, voilà tout l’enjeu du cinéma art et essai. La conscience
critique reste le
meilleur moyen de lutter contre l’asphyxie des multiplex et la marchandisation
de la culture.
Un cinéma public doit être à contre courant du marché, proposer des films qui
n’entrent pas
habituellement dans les plans de développement des grands distributeurs et des
exploitants. Un
cinéma doit sélectionner ses films faire un travail de « sape », donner une véritable
unité à sa
programmation, un sens esthétique.

Ce travail de sélection dans un paysage de plus en plus sensible
où l’offre de films devient exponentielle nécessite le travail d’un programmateur.
Mais ce travail, il ne le fait pas tout seul et surtout, il ne le fait pas sans
un rapport étroit avec le public. Réussir à créer ce lien, ouvrir sa salle, en
faire un véritable lieu de rencontre et d’échange inséré dans une ville. Trop
longtemps les salles de cinéma ont négligé le rapport au public. Pourtant, tous
les exemples
nous montrent que lorsqu’un cinéma est menacé par un multiplex, c’est par la
mobilisation des spectateurs ou des associations de spectateurs que celui-ci
sera sauvé. Phénomène nouveau, le rapport de la salle avec son public montre
que les citoyens sont capables de se mobiliser pour défendre un équipement culturel.

A Corbeil-Essonnes, au cinéma Le Rodin ou encore à Pontoise et St Ouen
l’Aumône… autant d’exemples qui rappellent que les spectateurs sont aussi des
acteurs et réclament
plus qu’un simple lieu de projection mais un véritable lieu de vie.
L’avenir des cinémas publics ne réside t-il pas dans le positionnement des spectateurs
 ?

Voilà le thème du débat que l’association cinéma public vous proposera le vendredi
6 février 2004 à 18H30 au cinéma Le Luxy pendant les Journées Cinéphiles du festival
Ciné junior.
Nous espérons
que vous viendrez nombreux pour discuter ensemble de l’avenir des cinémas publics.

Dominique Moussard Président de Cinéma Public

Le Luxy / 77 av. George Gosnat 94200 Ivry-sur-Seine / T. 01 46 71 02 54 /
M° Ligne 7, Mairie d’Ivry / RER C : Gare d’Ivry-sur-Seine / Bus : 125, 322 et
325

Association Cinéma Public / 52, rue Joseph de Maistre 75018 Paris / T. 01 42
26 02 06

27.01.2004
Collectif Bellaciao

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