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Le Parti communiste et le gouvernement : un jeu de dupes pour les travailleurs

samedi 22 septembre 2012 , par Charles - Contacter l'auteur - 8 coms

Le Parti communiste et le gouvernement : un jeu de dupes pour les travailleurs

Malgré tous ceux qui rêvent d’enterrer le Parti communiste français, la fête de L’Humanité reste une grande fête populaire, le plus grand rassemblement politique et militant du pays, qui mobilise, bénévolement, des milliers de militants et de sympathisants du PCF.

Au fil des ans, la fête de l’Humanité est aussi devenue le passage obligé pour les ténors du Parti socialiste à la recherche des voix des classes populaires. L’année dernière, Royal, Aubry et Montebourg, candidats à la primaire du PS, s’y étaient bousculés. Cette année, rien de tel. Le PS s’est fait discret et aucun « poids lourd » du gouvernement n’a fait le déplacement. Montebourg, qui avait été chaleureusement accueilli l’année dernière, s’est bien gardé d’y mettre un pied. De peur sans doute qu’on ne lui demande des comptes sur les licenciements et les fermetures d’entreprises qu’il cautionne.

Que le PS au gouvernement n’ait envoyé que trois seconds rôles à la fête de l’Humanité, alors que onze ministres de premier plan s’étaient déplacés à l’université d’été du Medef, est révélateur. Si Hollande doit aussi son élection aux quatre millions d’électeurs du Front de gauche, venus s’ajouter au deuxième tour à ceux du PS, ce n’est pas à eux qu’il se sent lié et ce n’est pas vis-à-vis d’eux qu’il se sent engagé, mais vis-à-vis du patronat.

Mélenchon, qui se pose en « ayant-droit de la victoire », en est d’autant plus ridicule. Le seul « ayant-droit » de la victoire est Hollande et il ne gouvernera pas sous la pression de l’électorat de Mélenchon mais sous les recommandations, voire sous les ordres, du grand patronat et des financiers. Avec l’annonce du plan d’austérité sans précédent de la semaine dernière, le message du gouvernement est clair, mais il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Et la direction du Parti communiste joue au sourd quand elle choisit de faire partie de la majorité présidentielle.

Les dirigeants du PCF « veulent croire » à la réussite de la gauche et ils affirment qu’ils auront une attitude constructive. Si le gouvernement socialiste venait à prendre des mesures un tant soit peu favorables aux travailleurs, rien n’empêcherait de les soutenir. Mais où sont donc ces mesures ?

Il n’y a aucune raison de faire crédit à un gouvernement alors qu’il n’annonce que des sacrifices aux classes populaires ! Ce n’est pas parce que le gouvernement est estampillé « de gauche » qu’il faut se laisser faire sans réagir !

La pire des choses serait que les militants du Parti communiste, en particulier les militants ouvriers, croient et fassent croire autour d’eux que nous avons des alliés au gouvernement. Ce serait une façon de démobiliser, de désarmer les travailleurs, et ce fut le cas sous les gouvernements Mitterrand et Jospin avec des militants qui sont restés l’arme au pied. Les travailleurs doivent savoir qu’il n’y a qu’eux qui peuvent changer le rapport de forces avec le grand patronat, par leur lutte. Au lieu de cela, la direction du PCF continue de les bercer d’illusions.

La direction du PCF a choisi de faire du combat contre le traité budgétaire européen, le combat de la rentrée. Mais si elle a choisi ce terrain, c’est justement parce que c’est celui qui gêne le moins le gouvernement : les premiers visés sont l’Europe et Merkel, et l’attention des travailleurs est ainsi détournée vers un faux combat.

Au lieu de proposer aux travailleurs des objectifs pour défendre leur emploi et leur salaire, la direction du PCF leur demande de se mobiliser pour un référendum... contre ce traité budgétaire européen ! Se battre pour demander un référendum est ridicule ! En 2005, un référendum a eu lieu, le « Non » a gagné, et le pouvoir s’est assis dessus.

Quant au traité, c’est un chiffon de papier car aucun gouvernement n’a attendu ce traité pour imposer l’austérité aux travailleurs et ce n’est pas ce traité qui oblige les patrons à licencier, à bloquer les salaires et à aggraver l’exploitation.

Une mobilisation, même victorieuse, contre ce traité ne ferait pas avancer d’un pouce les revendications vitales du monde du travail.

Alors, les travailleurs ont mieux à faire. Ils doivent se défendre contre les licenciements, en imposant leur interdiction et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Et ils doivent se battre avec leurs propres armes que sont les grèves et les manifestations. C’est de cette lutte que leur vie dépend. Le reste est de la diversion.

Éditorial des bulletins d’entreprise du 17 septembre ...LO

Mots clés : Communisme : le débat / Gouvernements / Partis politiques /

Messages

  • Que veux-tu faire avec ton augmentation de salaire,participer à la croissance tout azimuth (gauche et droite réunies avec les syndicats) pour nous "ruiner" à acheter et racheter des produits obsolescents jusqu’à ce que tout à coup nos bras et notre coeur expirent.Si tel est ton voeu n’attends pas Charles fais un crédit les banquiers ont le vent en poupe,la gauche ou la droite continueront à privatiser les gains et socialiser les pertes de leurs amis et maîtres.

    • Transmis à ceux qui ne savent même plus ceque veut dire"survivre" quand arrive le 5 du mois:avec le RSA, ou un SMIC !
      chapeau ton ricanement de bobo qui bouffe à sa faim

      nous la décroissance, ça fait un bail qu’on subit : tu te dis communiste, toi ?

    • Effectivement, les partisans de la "décroissance" doivent être satisfaits de cette nouvelle crise capitaliste qui bloque la production de richesses, qui jette les travailleurs à la rue et permet aux bourgeois de faire payer leur crise aux plus pauvres....
      Oui, les travailleurs doivent se battrent, se mobiliser pour sauver leur peau, leur boulot ....et ils doivent affronter le capitalisme briseur de croissance et tous ses larbins du gouvernement..
      Siles "décroissants" peuvent faire la fine bouche sur les questions de salaires, de pouvoir d’achat, de consommation...ce n’est pas le cas de la classe ouvrière et de tous les exploités...

    • touchant le minimum vieillesse 765 euros mensuel depuis 4 ans la sécu me donnait une prime de 250 euros pour m’aider à payer ma mutuelle qui est de 90 euros les soins dentaires et lunettes exclus
      aujourd’hui la prime est de 150 euros . au téléphone la sécu me dit que la raison de cette baisse est que nous sommes de plus en plus nombreux et qu’il faut partager
      le nouveau gouvernement appelle cela faire payer les riches tant qu’aux bénéfices des labos pharmaceutiques motus et bouches cousues
      quand allons nous virer tout ce ramassis de traites et descendre par millions dans la rue pour virer cette racaille seule façon de changer les choses fw

    • Beaucoup de travailleurs ont encore des illusions sur ce que pourrait être une "gauche de gouvernement" vraiment de gauche, comme disent certains politiciens....
      Evidemment, ce sont encore déceptions, désillusions et peut-être démoralisation qui les attendent une nouvelle fois...
      C’est le système capitalisme qui est pourri du sol au plafond, qui fait crever les travailleurs mais aussi, au final, l’immense majorité de la population...
      C’est ce système qu’il faut se préparer à abattre....et le plus tôt sera le mieux....

    • @ wasselin

      Bien parlé camarade.

      Je te suis à 100% même si je ne suis pas aussi en bas que toi mais guère au dessus.

      On est des millions à la retraite, qui n’avons plus rien à foutre que tenter de survivre en attendant que cette racaillel nous assassine en plein.

      On a tout en nous :

      L’expérience des luttes, la capacité de rassembler ; et LE TEMPS. Puisque on n’a pas à aller pointer ou aller sucer un patron pour vivre.

      Alors on a aussi un rôle à jouer. On peut faire tout ce que les salariés exploités ne peuvent faire en raison des crédits, des gosses du chômage, et du travail forcé.

      On peut tout bloquer si on veut. Et en s’amusant en plus.

      Tout bloquer, tout.

      l’Internet, le téléphone, les transports, les routes, les avions et toute l’économie.

      On peut le faire soft. Suffit de mettre 20 mn de plus à la caisse du supermarché, 10 mn de plus au péage, refuser les caisses automatiques, réclamer dix fois par jour à l’EDF, aux Impôts, aux guichets de la Poste, ou de la SNCF, rouler 10 km/h en dessous de la vitesse autorisée.

      Et si les "pressés" de l’accélérateur klaxonnent tu t’en branles et même tu ralentis... Etc.

      Et si on t’insulte ou te menace tu vas porter plainte ou déposer une main courante à la Gendarmerie ou au Commissariat.

      Tout gentiment et en douceur.

      Et qui va te dire quelque chose ? Si on te moleste tu gueules "à l’assassin" et tu prends à témoin les gens autour comme quoi on moleste un senior. Et si t’es bien organisé et que vous êtes plusieurs sur place tu déclenches une mini-émeute avec les pompiers, le SAMU, etc...

      Et ça peut aussi se faire en groupe avec un pique-nique à l’arrivée. ((- :

      Suffit qu’on s’entende, et le Net c’est le top pour ça. On peut faire comme pour les Rave Parties des d’jeuns. Il se retrouvent 10000 jeunes pour rien au bout on peut bien se retrouver quelques centaines pour emmerder ceux qui nous tuent. Non ?

      Des actions informelles mais "organisées", par petits groupes et dans tous les domaines publics, (Lambiner à la caisse ou au guichet ou au péage on peut rien te dire - Et j’ai déjà testé pour voir ; et si on te dis quelque chose, "Aïe mon coeur, mon foie, mon poumon !!!" ((- :).

      Faut toujours avoir un certificat médical sur soi, ça peut servir.

      Et on peut transmettre par téléphone ou SMS pour ceux qui n’ont pas le Web.

      En bref, mettre le bordel maximum.

      Dans d’autres pays les seniors n’ont rien pour vivre mais nous pour l’instant, même pour ceux qui ont le minimum vieillesse, on a encore un peu pour survivre.

      ET SURTOUT ON A TOUT LE TEMPS que les autres n’ont pas.

      Ca serait peut être le moment de montrer qu’on est peut être "vieux" mais qu’on est encore féroces et qu’on peut aussi être utiles à ceux qui sont écrasés chaque jour par la machine capitaliste.

      Et en plus qu’est ce qu’on risque ?

      On ne sera pas licenciés, on ne nous prendra pas nos revenus puisque de toute façon ils nous sont dus, (Pour l’instant), on sera pas plus malades, et même si on devait en mourir on perdra plus grand chose de notre vie à venir.

      Et c’est mieux qu’écouter les conneries de la télé.

      Il y a en France quelques millions de retraités qui peuvent encore marquer l’Histoire des luttes et montrer à leurs enfants qu’ils sont encore capables de les aider quand eux-mêmes sont écrasés par le Système.

      Mais je sens que ça va venir. Je dois pas être le seul à y penser.

      Faut juste faire la jonction localement, puis ensuite...

      Et en plus, comme je l’ai dit, on peut aussi tester à titre individuel.

      Vous verrez, ça marche au poil.

      G.L.

    • Attention surtout de ne pas nous faire diviser par la bourgeoisie et son état ....qui attaquent un jour les retraités en les faisant passer pour des privilégiés, le lendemain les privés d’emploi, les fonctionnaires, ensuite les travailleurs qui osent faire grève, les travailleurs immigrés....
      Ce n’est que tous ensemble que nous pourrons faire changer la peur de camp et reprendre l’offensive....
      Et bien sûr les travailleurs retraités ont toute leur place dans les combats à venir...militer dans les syndicats, renforcer le mouvement ouvrier, discuter autour d’eux, s’adresser aux jeunes , militer politiquement en transmettant leur culture et leurs expériences....

    • Il ne s’agit pas de ’se diviser", mais de se partager les tâches.

      Et il y a de choses que peuvent faire les retraités que ne peuvent plus faire les actifs qui sont dépassés par le poids de la survie économique.

      Je répète que les retraités ne subissent pas les pressions de la même façon que ceux qui sont assujettis à la sauvegarde d’un emploi.

      Dans bien des cas ils aident les plus jeunes à faire face, mais c’est un rôle à deux tranchants car ça aide aussi à faire passer les mauvais coups en amortissant leur impact sur la vie quotidienne des jeunes qui en sont victimes.

      Je pense qu’il est temps pour nous de nous souvenir que dans la société ou nous vivons les "vieux" ne sont pas uniquement là pour mettre des emplâtres sur les jambes de bois, mais aussi pour empêcher qu’on les coupes ces jambes.

      E qu’on n’est pas là que pour remplir le rôle des nounous que les jeunes ne peuvent plus payer.

      Quant aux "syndicats" que tu cites, ainsi qu’aux "partis" en question, pour avoir été militant, et longtemps, dans une et l’autre de ces structures je peux te dire qu’aujourd’hui va falloir "penser" autrement et se réinventer des moyens d’action et des structures plus décentralisées et surtout bien moins alignées sur les stratégies de la Bourgeoisie.

      On ne fait pas la guerre en suivant les règles imposées par l"ennemi. Du moins la guerre révolutionnaire. (Les guerres inter-bourgeoises c’est une autre histoire).

      La première des choses à faire c’est la désobeissance civile soft. D’abord. Et plus hard ensuite si nécesaire. Et qui le sera certainement.

      Ce qui permettra de remettre les pendules à l’heure avec les masses en leur montrant leur force à travers la notre et notre capacité d’organisation.

      Ensuite on pourra montrer à travers ça des buts et un avenir qui ne sont plus aujourd’hui clairement définis "grâce" à la démission et à l’arrivisme des directions politiques et syndicales.

      Buts et avenir qui restent à redéfinir et populariser en commun.

      Et les "anciens" on a TOUT le savoir faire pour ça.

      Y compris le fait qu’on n’a plus rien à perdre nous, et tout à gagner pour nos jeunes.

      Et qu’en plus on n’a même pas d’ambition personnelle qui pourrait tout fausser, sinon la volonté de déclencher l’étincelle du Mouvement.

      Les syndicats et partis et ceux qui les cornaquent crèvent de peur de tout çà.

      Parce qu’on n’a plus besoin d’eux même si nous on a besoin de nouvelles structures, de formes, et surtout de types d’organisation, différents.

      Laisser de côté cette puissance de frappe que sont les retraités, une force capable, expérimentée, disponible, et plus ou moins auto-financée, une force qui est en ce moment sur la sellette et qui se sent flouée par le Pouvoir en place, et vouloir la mettre à la remorque des forces en activité qui ont prouvé depuis longtemps qu’elles n’avaient plus de marge de maneouvre face à la pression du pouvoir, c’est faire preuve d’incompétence...

      Et je pèse mes mots.

      G.L.

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