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Le pétrole de l’Irak : l’histoire d’un vol inimaginable

vendredi 9 septembre 2011 , par via µarc - Contacter l'auteur - 1 com

En Irak, les chiffres des ventes de pétrole sont trompeurs. Alors qu’ils ont atteint des records inégalables, le citoyen irakien est hélas celui qui en profite le moins. Les premiers profiteurs sont bien entendu les Américains, suivis par des parties irakiennes corrompues, de main avec les envahisseurs.

L’ex-ministre irakien de pétrole, Issam Tchalabi a dit que les ventes de pétrole durant les 8 dernières années ont dépassé de loin ses ventes tout au long de 80 ans, avec un montant de 289 milliards de dollars, n’incluant pas les comptes gelés de l’ex-président irakien Saddam Hussein.

Durant leur invasion de l’Irak, les Américains ont détruits totalement ou partiellement presque toutes les institutions étatiques irakiennes, à l’exception du ministère du pétrole. Bien au contraire, une unité des Marines a été chargée de le surveiller et d’empêcher les Irakiens de s’en approcher. « Sacro-saint » l’ont alors appelé les Irakiens.

Dans un premier temps, les américains profitèrent de l’absence de compteurs dans les ports pétroliers situés au sud du pays pour imposer leurs estimations du pétrole exporté. Aucun responsable irakien ne s’étant chargé de s’informer si ces compteurs ont été arrachés avant ou après l’invasion...

Selon des experts, le vol de pétrole se faisait via trois moyens :

En manipulant les chiffres des exportations de la part des fonctionnaires américains eux-mêmes, et sous la supervision des autorités militaires et civiles de l’occupation

En doublant le coût des opérations de réinstauration ou de réparation des installations pétrolières irakiennes prise en charge par les sociétés américaines.

En faisant payer aux Irakiens les prix exorbitants des produits manufacturés que les occupants importaient du Koweït

Le montant des fonds irakiens dérobés par les forces de l’occupation est astronomique. Comme en témoignent les propos d’un enquêteur américain chargé d’enquêter sur cette affaire, lequel signale que dans une seule affaire parmi tant d’autres « 7 milliards de dollars des rentrées pétrolières consacrées à la reconstruction ont été dérobés ». Les Américains expliquent l’inefficacité de leurs efforts pour les retrouver par « l’hésitation des Irakiens à collaborer avec la commission d’enquête ». Laissant entendre que des parties irakiennes sont impliquées avec des parties américaines dans le partage du montant de ces vols, qualifiés par l’inspecteur général américain pour le programme de reconstruction de l’Irak, Stuart Boyne, comme « l’un des crimes financiers les importants dans l’histoire des Etats-Unis ».

Dans des rapports américains, il est écrit que les petits voleurs américains parmi les entrepreneurs et les hommes politiques hauts placés, « se sont emparés de dizaines de millions de dollars via les pots de vin et les transactions illicites durant les jours chaotiques qui suivirent l’invasion, tout en prétendant que ce sont des responsables irakiens qui s’accaparaient la part la plus importante de ces sommes ».

Personne ne sait jusqu’à présent comment les gouvernements irakiens qui se sont succédé dépensent les rentrées pétrolières. Personne ne sait à quel point ils sont libres de les utiliser.
Sachant que depuis l’embargo imposé contre l’Irak, et qui n’a pas encore été suspendu, et depuis la chute de Saddam, les accords onusiens contraignent l’Irak à placer ses rentrées pétrolières dans une caisse spéciale, « la caisse de développement de l’Irak », c’est-à-dire dans la Banque fédérale de New York.

Il découle l’Irak n’a aucune souveraineté sur ces fonds, d’autant plus il est sous le coup du septième chapitre des Nations Unies....

A SUIVRE

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=29916&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=29&s1=1

Mots clés : Energie / Proche & Moyen Orient /

Messages

  • Saddam Hussein venait juste de signer des accords de partenariat avec la Russie et la Chine pour l’exploitation du plus grand gisement pétrolier non encore exploité et, étrange coïncidence, moins d’une semaine plus tard, c’était l’invasion de l’Irak . Le président russe s’était déplacé en Chine accompagné du PDG de la Lukoil deux ou trois jours avant le déplacement du président chinois en Irak . Je suppose que ces accords n’ont pas été respectés par les occupants de l’Irak .

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