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MARCHE pour la DECROISSANCE

jeudi 9 juin 2005

En marche pour une alternative au développement :
les dés sont jetés pour 2007

- La saison des vacances approche, les hommes politiques sont groggys, les militants eux, aspirent au repos avant une nouvelle tempête à la rentrée(des mouvements sociaux ?).
Le tourisme responsable fait des adeptes, les randonneurs suivent des pistes nouvelles, en quête d’air frais après cette campagne qui laisse des traces(à gôche)et des courbatures...

- Dans les chantiers post-référendum du Non, la perspective de l’après 29 Mai interpelle les milieux « décroissants » et écologistes autour de la question démocratique et de l’investissement durable dans le champ politique. Des groupes dont les Alternatifs se sont engagés sur cette voie avec l’espoir de mettre la question environnementale(largement occultée pendant la campagne référendaire)sur la place publique. Les gros médias poursuivent leur entreprise d’intoxication télévisuelle (mais qui est donc la nouvelle ministre de l’écologie ? -Nelly Olin qui sort de l’exclusion-) ; la campagne du « défi pour la Terre » de N.Hulot soutenue par les grands industriels pollueurs nous interpelle et nous conduit à une extrême vigilance quant aux mythes de la croissance et du développement durable. Sur les chemins de France et Navarre, on entend parler de la candidature J.Bové comme candidat rassembleur de la « vraie » gauche en 2007... car comme dirait le grand Nicolas, l’heure est aux actes politiques et à la responsabilité citoyenne ! La France a soif (aujourd’hui le pétrole est bleu), l’incendie du tunnel de Fréjus ramènera-t-il un peu de débat public dans la promotion de transports moins polluants ? Combien de catastrophes encore avant l’avènement du ferroutage et du « mer-outage » ?


Etats généraux de la « décroissance équitable » en octobre 2005 à Lyon


- Un appel pour construire des candidatures communes « pour une décroissance équitable » est lancé pour les élections présidentielles et législatives de 2007, comme en 1974, prolongeant en 2005 le débat sur limites et des dangers du productivisme et les initiatives politiques, sociales et culturelles pendant neuf mois.
En 2005, on privilégie une « alternative-décroissance » ancrée dans les luttes et les expérimentations concrètes de tous ceux qui résistent à la folie du système et veulent rompre avec le productivisme et l’économisme dominants, et le développementalisme.

Extraits de l’appel :

ce système conduit à quatre grandes impasses historiques :

Une impasse écologique (pollutions, changement climatique, épuisement des ressources naturelles, réduction de la biodiversité), une impasse sociale (explosion des inégalités entre les peuples et les individus, insécurité sociale), une impasse humaine (développement du mal être et de ses pathologies, « crétinisation » de masse, destruction de la diversité des cultures), une impasse politique (crise de la démocratie, renforcement du contrôle social et de la répression).
- Des solutions passent par le partage des richesses avec la nécessité de travailler à l’articulation de ces trois moments de la résistance : individuelle, collective et politique. Enfin il s’agit d’offrir aux objecteurs de croissance, aux militants qui combattent la « malbouffe », l’agression publicitaire, l’exploitation économique, l’insécurité sociale, les multiples formes de domination (sexisme, racisme, racisme anti-jeune ou anti-vieux), le démantèlement des services publics, un réel débouché politique.
- La « décroissance équitable (d.é) » constitue un mouvement diversifié dont la grande nouveauté est d’accorder la même importance aux questions sociales, environnementales et politiques. Nous nous inscrivons dans la transmission des valeurs humanistes, émancipatrices et démocratiques. Mais nous voulons introduire une véritable rupture face à l’aveuglement des politiques traditionnelles de droite ou de gauche enfermées dans l’idée d’un monde sans limites. Nous n’entendons pas substituer à l’idéologie de la croissance un contre-système idéologique mais d’abord rétablir l’esprit critique face aux impasses de la société de croissance. Nous voulons réintroduire un véritable dissensus au sein des discours politiques, dissensus qui est la condition même d’un fonctionnement réellement démocratique de nos sociétés. La décroissance est aussi un moyen de conquête de la démocratie.
1) L’état écologique de la planète rend plus nécessaire que jamais une rupture avec le système. Mais ben que tous nos adversaires pratiquent un véritable autisme par rapport aux enjeux planétaires, nous ne devons pas succomber à une vision cauchemardesque totalement démobilisatrice. Nous devons rappeler que même en l’absence de blocage de notre civilisation par des contraintes naturelles, le passage à une société de « d.é » serait humainement souhaitable.
2) La « d.é » parce qu’elle suppose de faire mondialement mieux avec moins impose comme fondamental le choix de produire d’autres biens socialement plus utiles. La « d.é » n’est donc pas la décroissance de tout et pour tous. Les pauvres (pays ou personnes) sont les premières victimes de la crise actuelle (et des catastrophes à venir) et, à ce titre, sont aussi les premiers intéressés à une politique de la d.é. L’alternative n’est pas pour eux entre croissance et décroissance mais entre récession et décroissance.
3) La « d.é » est inséparable de l’invention d’autres pratiques politiques : parce quelle repose sur un autre partage d’autres richesses elle place la politique au sommet. La « d.é » est inséparable de la reconquête du politique et de la démocratie. Nous ne sommes pas porteur d’une vision passéiste ou nostalgique : nul n’âge d’or n’est derrière nous, même si nous remettons en cause la vision linéaire du « développement » et du « progrès ».
dans le rejet du productivisme et de la société de consommation, un rendez-vous est donné à Lyon à l’automne 2005 pour ériger cette ville en capitale de la Résistance contre l’idéologie « développementaliste » en y tenant les Etats généraux de la « d.é » avec l’ensemble des mouvements, réseaux et individus signataires.
Au menu en octobre, dix thématiques de réflexion : nourrir, habiter, soigner, transmettre, informer, fabriquer, partager, désarmer, décider, réenchanter...


Marche pour la décroissance du 7 juin (Lyon) au 3 juillet 2005 (Magny-Cours)


Dans la tradition des grandes marches non-violentes, une marche pour la décroissance se déroule au mois de juin 2005 et s’achève à Nevers. Une grande marche ouverte à tous ceux qui résistent à cette société de consommation, de gaspillage et de croissance dont seules la technique et la science seraient les remèdes, à tous ceux qui comprennent que pour transformer ce monde, il faut aussi transformer son mode de vie, et en finir avec l’idéologie publicitaire, une marche conviviale sur les chemins, sans aucun moteur, en prenant le temps de discuter et d’échanger...

Construisons la résistance active contre la pensée unique !
« Nous demandons la suppression immédiate du Grand prix de Formule 1, paroxysme de la pollution et du gaspillage des ressources naturelles. Nous voulons la fin de ce loisir anachronique réservé à une vingtaine de gosses de riches, alors que le déclin de l’extraction du pétrole est pour aujourd’hui et que le climat se dérègle dangereusement. [...] Nous exigeons que les hommes et femmes politiques mettent un terme aujourd’hui à ce scandale, afin d’être à la hauteur de leurs responsabilités face aux limites de la planète et à notre devoir de solidarité »

François Schneider poursuit ce périple collectif avec son ânesse*, pas à pas « parce que notre économie est une grande tumeur » et qu’il faut relancer les dés..."La décroissance n’est pas l’idéalisation du passé, dit Paul Ariès. Elle n’est pas non plus la décroissance de tout pour tous : elle concerne d’abord les sociétés opulentes et les gens opulents. Ainsi, elle pose la question du partage, donc de la démocratie."

*Jujubé et ses fidèles

Sources : journal la décroissance
http://www.appel-2007.org
http://www.decroissance.org
http://www.casseursdepub.org

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