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Nous portons un contre-projet de société

vendredi 3 novembre 2006

Yves Salesse est le président de la Fondation Copernic, un contre think-thank qui regroupe chercheurs et militants pour « remettre à l’endroit tout ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers ». Il a été l’un des principaux artisans du rapprochement des différentes tendances qui font la gauche de la gauche et propose aujourd’hui sa candidature pour défendre le projet antilibéral à l’élection présidentielle.

Votre document programme est-il un projet de société capitaliste teinté de keynésianisme ?

Yves Salesse : Il s’agit avant tout d’un projet de transformation sociale. Le programme se confronte à la logique du capitalisme libéralisé en proposant un contre-projet de société point par point. A la concurrence, nous opposons la coopération et la solidarité. A la recherche du profit, nous proposons la satisfaction des besoins de la société. A la privatisation de la protection sociale, nous proposons une protection sociale dite socialisée. Nous opposons le maintien des services publics à leur privatisation.

S’agit-il d’un débouché politique du mouvement altermondialiste ?

Ce projet politique ne se contente pas de reprendre telles quelles les idées que le courant altermondialiste a développées. Nous proposons un ensemble de mesures qui a vocation à être mis en œuvre par une nouvelle force politique qui entend être majoritaire à gauche dans le pays. Je suis très attaché à l’idée que d’autres forces politiques participent à l’élaboration d’un projet politique. Les organisations sociales, associatives, syndicales doivent devenir un relais politique. Elles ont un rôle propre à poursuivre de mise en perspective de revendication et de contestation.

Au risque d’avoir un gouvernement qui ne serait que le relais des mouvements sociaux ?

Une majorité politique doit prendre en compte ce que porte le mouvement social. Mais le mouvement social ne doit pas devenir la courroie de transmission du gouvernement. Si demain une association de défense des mal-logés devait réduire son activisme à cause d’un renouvellement politique, cette association perdrait sa fonction.

Vous êtes vous-même candidat, quel processus de désignation souhaitez vous pour une candidature unitaire ?

Je partage l’idée d’un double consensus : à la fois que le nom qui se dégage fasse accord avec les sensibilités diverses du collectif et que soit également partagé et porté par les organisations. C’est la condition pour y arriver. Plusieurs questions se posent : un porte-parole d’une force politique peut-il apparaître comme autre chose qu’un porte-parole de son parti ? Par ailleurs, je ne crois pas qu’un processus de vote soit une bonne solution. Nous devons chercher le consensus.

Messages

  • Proposition : ouvrir sur les sites Internet proches de notre sensibilité une consultation Internet pour le choix du nom sur le bulletin de vote. J’ai bien dit une consultation : ce n’est ni un sondage, ni un vote. Et ça ne vous engage à rien.
    Mais ça me semble INDISPENSABLE. Parce que les divisions actuelles du reassemblement "unitaire" sont catastrophiques. Il me semble indispensable d’aider ainsi les "sécessionistes" d’une part, et les "autoproclamés" d’autre part, à remettre les pieds sur terre. J’aimerais bien qu’ils y arrivent vite, car trop de temps a déjà été perdu.

    Je n’ai qu’une atout pour convaincre, et je le dégainerai en 2007 : les reponsables d’un échec programmé n’auront jamais mon vote !!!

    Minga
    "Parce que le vrai courage est de faire ce qui est juste"

  • NON ! ASSEZ AVEC LA CANDIDATURE !

    Combien de "4 pages" avec le projet avez-vous commandé ?
    Combien comptez-vous en diffuser ?
    Quelles initiatives comptez-vous prendre pour faire connaître le projet ?
    Y a-t-il un comité unitaire dans votre environnement proche ? Sinon, comptez-vous en susciter un ?

    Voilà ce qui a de l’importance maintenant !

    NOSE DE CHAMPAGNE

  • Le terme relais (lien organique ?) concernant le rôle des syndicats me semble mal choisi, cela dit je suis pour une relation décomplexée des syndicats vis-à-vis du champ politique et réciproquement.

    Le terme contre-projet de société a le défaut d’engendrer l’idée d’un fossé entre le réel et le potentiel qui nous renvoie à l’utopie et par là peut-être à l’impuissance. L’essentiel est une visée (utopie ?désir ?) et un programme qui exprime une puissance sur la vie sociale après avoir connu plus d’un quart de siècle d’impuissance relative.

    Le SMIC à 1500 euros bruts tout de suite. Suffira-t-il d’un décret pour qu’il rentre dans la vie ? Possible à l’échelle macro-économique mais à l’échelle micro-économique ça se complique mais c’est encore possible (relation donneurs d’ordre/sous-traitant, crédit).

    Je crois qu’on n’image pas les forces sociales imaginatives à mettre en jeu pour gagner cette affaire comme toutes les autres.

    Je fais un rêve modeste. Une gauche majoritaire qui change la vie avec et pour des millions d’hommes et de femmes vers plus de bonheur, de bien-être et qui donne envie de faire de la politique, de se syndiquer partout et de reconduire cette majorité dans une nouvelle république.

    Claude de Massy (millitant du PCF)