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Quand Fillon revient de WE en falcon (et d’Angers)
Publie le mercredi 1er octobre 2008 par Open-Publishing2 commentaires
30.09.2008
Un abus (cf libre belgique)
Avez-vous remarqué comme, depuis l’éclatement de la crise financière internationale, le vocabulaire le plus dramatique est utilisé ? Comme si la situation n’était pas déjà sufisamment inquiétante et qu’il fallait encore en rajouter dans l’anxiogène.
On avait déjà eu droit au « Les Français ont peur » de Nicolas Sarkozy, qui rappelle le légendaire, et si critiqué à l’époque, « La France a peur » de Roger Gicquel - en 1976, au 20 Heures de TF1. On nous asséna ensuite que le monde était passé « à deux doigts de la catastrophe », que la planète était « au bord du gouffre », et que la finance mondiale était « dans la tourmente ». Autant de termes qui, si on prend un peu le temps de s’attacher au poids des mots, ne signifient tout de même pas rien. Ce matin, on a lu un commentaire parlant carrément d’« apocalypse ».
Pour mesurer l’abus de langage, il suffit d’ouvrir le « Robert ». Apocalpyse ? « Fin du monde », rien de moins. Apocalyptique ? « Qui évoque la fin du monde, de terribles catastrophes ». Un paysage d’apocalypse ? Un paysage « grandiose et terrifiant ». Sans paraître idiotement lénifiant et dédramatisant, devant un telle avalanche de termes lexicalement si contestables, on était plutôt d’accord avec Christian Noyer en l’entendant à la radio ce matin. Le gouverneur de la Banque de France estimait que la situation était assez grave pour encore en rajouter et demandait que l’on « arrête de se faire peur collectivement ».
Avez-vous remarqué comme, lorsqu’ils sont confrontés à une abondance de nouvelles préoccupantes, les médias, bons princes, aiment donner un peu de répit à leur public en accordant une large attention aux actualités les plus heureuses ? On l’a encore vu hier, avec cette histoire d’accident d’avion manqué « d’extrême justesse » dimanche par le Premier ministre François Fillon. C’est une si merveilleuse histoire. A l’approche de l’aéroport militaire de Villacoublay, en banlieue parisienne, le Falcon 900 du chef de gouvernement a quasi miraculeusement échappé à une collision avec un petit Cessna égaré, qui s’était retrouvé à 60 mètres à peine de son appareil. En entendant ce modeste incident répété en boucle et à longueur de journées, les Français ont dû se dire que, tout de même, le monde n’allait pas si mal que cela puisqu’il y avait un pilote dans l’avion.
Avez-vous remarqué comme, dans cette dernière affaire, on a peu relevé une info collatérale révélée par cet incident ? A savoir que, pour rentrer de week-end de son fief sarthois, le chef de gouvernement utilise donc l’avion. Alors qu’entre Angers et Paris le dimanche soir, il doit bien y avoir deux TGV par heure et que le trajet doit prendre à tout casser même pas deux heures. Ce choix de l’avion plutôt que du TGV, c’est pour éviter de devoir déranger les clients de la SNCF avec de fastidieuses et interminables opérations de déminage des trains, argumentait Matignon ce matin, sentant poindre un début de polémique sur ce recours abusif (environnementalement, en tout cas) au transport aérien.
Mais un commentateur peu charitable rappelait derechef que, pour l’inauguration du TGV-Est déjà, François Fillon avait couvert l’événement en avion. Alors que le train utilisé pour les cérémonies officielles avait évidemment été entièrement sécurisé et que donc son excuse favorite du déminage ne tenait pas le moins du monde





Messages
1. quand Fillon revient de WE en falcon (et d’Angers), 1er octobre 2008, 18:47, par biker
J’ajoute que la maison de Mr Fillon est plus près du Mans que d’Angers et que Paris - Le Mans se fait en 1h00 de TGV et en 2 h00 d’auto sans Gyrophare ni Motard.
L’exemplarité des Politiques Français de tout poils pourrait se résumer ainsi : faites ce que je dis,pas ce que je fais.
La couardise des médias à dénoncer leurs pratiques douteuses est tout aussi nauséeuse, et l’impunité qui prévaut en tout état de cause est digne de nos plus bananières et néo-coloniales Républiques Africaines.
A quand un État modeste et des responsables politiques idoines.
c’est à pleurer !
2. quand Fillon revient de WE en falcon (et d’Angers), 1er octobre 2008, 20:32
Ahhh mais de toutes facons, qu’est-ce que c’est ces 6000 euros compares au 3 milliards qui vont partir pour Dexia, dont le pdg va toucher 3 millions d’indemnites....hein ??