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William Bourdon, Birmanie : la mise en quarantaine peut être un remède pire que le mal

vendredi 28 septembre 2007 - Contacter l'auteur - 1 com

Samedi 29 Septembre 2007 à partir de 14h00
Parvis des Droits de l’Homme du Trocadéro, Paris
Métro : Trocadéro

L’avocat William Bourdon, spécialiste des droits de l’Homme à l’origine d’une plainte visant les activités de Total en Birmanie qui a abouti à une transaction, estime que "la mise en quarantaine d’un régime asphyxie les populations et peut être un remède pire que le mal".

Q : Doit-t-on boycotter entièrement la Birmanie ?

R : C’est une question très compliquée. La conséquence de l’exploitation naturelle de certaines ressources c’est parfois que soient pérennisés des régimes qui oppressent en leur donnant les moyens de subsister.

Mais le régime birman est très autarcique et a une très faible réactivité à la pression internationale. Si l’on coupe toute les vannes, qui peut garantir qu’il va mettre un terme à la répression des bonzes et des populations de Rangoon ?

Quand on interroge les opposants, beaucoup disent que la mise en quarantaine est souvent un remède pire que le mal car c’est la population qui paye le prix le plus fort. La présence de groupes étrangers peut aussi être un moyen de faire circuler l’information et d’avoir une porte entrebâillée sur l’extérieur.

Il n’y a pas d’exemple historique d’un régime tombé comme un fruit mur en raison de sa mise en quarantaine, parce qu’elle n’est jamais entièrement appliquée. Il y a toujours des failles. En Birmanie, le départ de grands groupes occidentaux peut favoriser des groupes chinois, malais ou de Singapour qui n’ont aucun état d’âme pour pratiquer le dumping social. C’est l’effet le plus pervers de la mondialisation.

Q : Alors comment faire pression ?

R : Les grands groupes occidentaux pétroliers ou d’une autre nature qui investissent dans les pays d’oppression s’obligent de plus en plus à communiquer éthiquement auprès d’actionnaires et consommateurs de leurs pays d’origine. C’est nouveau : ce n’était pas le cas il y a dix ou quinze ans. Ils ont aussi compris qu’ils devaient tenter de réduire l’écart entre leurs engagements éthiques au siège social et ce qui se passe à 10.000 km. Il faut donc à tout prix responsabiliser ces investisseurs étrangers en les obligeant à humaniser leur comportement, à peser sur ces régimes publiquement, même et surtout si les marges de manoeuvre sont faibles. Il faut profiter de leur présence pour favoriser un rapport de force supplémentaire avec les régimes en place.

Q : L’association Sherpa, que vous avez fondée, promeut la responsabilité sociale des entreprises ?

R : Oui, il faut tenter de se servir de tous les effets de levier que représente la présence de ces investisseurs qui ne doivent plus simplement se payer de mots et prétendre la main sur le coeur être les alliés de l’humanité et du patrimoine mondial. Les engagements éthiques qu’ils prennent ne peuvent plus l’être sans contrepartie. Nous développons avec des ONG européennes et anglo-saxonnes une stratégie qui aboutira dans les années à venir à faire en sorte que ces engagements deviennent des bases juridiques nouvelles, permettant de demander des comptes, y compris judiciairement, aux entreprises.

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Mots clés : Armes - Armée / Dazibao / Gouvernements / Guerres-Conflits / International / William Bourdon /

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  • BIRMANIE

    Samedi 29 Septembre 2007 à partir de 14h00

    Parvis des Droits de l’Homme du Trocadéro, Paris

    Métro : Trocadéro

    En présence du Premier ministre birman en exil, Dr Sein Win, et des exilés birmans

    Nous condamnons une nouvelle répression sanglante

    Le Conseil de sécurité des Nations unies doit agir d’urgence

    Pour des sanctions effectives contre le régime militaire

    Pour la libération immédiate et inconditionnelle de Aung San Suu Kyi et de tous les prisonniers politiques

    Mobilisation internationale
    La Birmanie est à un tournant. Les Birmans osent défier la junte militaire comme jamais depuis 20 ans. La situation à Rangoun est dramatique. Les moines et les citoyens ont manifesté en masse : 100.000 lundi et 150.000 mardi. Mercredi 26 septembre, la junte a commencé à réprimer les manifestations, comme en 1988 quand les généraux avaient massacré plus 3000 étudiants, moines et citoyens.

    Les Birmans ont besoin de notre soutien. Les manifestations sont une opportunité unique pour la liberté dans ce pays qui est un symbole dans toute l’Asie pour la résistance non-violente.

    Si nous ne soutenons pas les Birmans aujourd’hui, une répression encore plus féroce risque de s’abattre dans les prochaines semaines. Les journées qui viennent sont donc cruciales. Soyons nombreux à nous mobiliser pour la Birmanie démocratique.

    A l’appel de : Alliance des Femmes pour la Démocratie, Alliance Birmanie Démocratie, Collectif "Stoppons le TOTALitarisme en Birmanie", Europe Solidaire sans Frontières (ESSF), Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), Info Birmanie, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Parti Communiste Français, Reporters sans frontières (RSF), Les Verts, Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Ligue des droits de l’Homme et du citoyen (LDH)...

    Dossier FIDH
    sur >>
    La Birmanie / Aung San Suu Kyi / TOTAL

    http://20six.fr/basta/art/29723823/MANIFESTER_POUR_ARRETER_LE_MASSACRE

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