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FORD : aprés le salon, le baton
par monachicchio
Publie le vendredi 12 octobre 2012 par monachicchio - Open-Publishing5 commentaires
Journal de la CGT-Ford n° 195 (vendredi 12 octobre 2012)
Une chose est sûre : Ford n’a pas aimé la
manifestation du 29 septembre au Mondial de
l’auto, vraiment pas aimé !
Il a fallu 10 jours quand même pour que la
multinationale ponde un courrier de menace
contre les 3 syndicats organisateurs de l’action.
10 jours pour envoyer des lettres recommandées à
5 syndicalistes sanctionnant d’un avertissement
pour « déloyauté » envers
le patron Ford.
Ford se plaint que
l’invasion du stand ait
touché l’image de l’entreprise.
Effectivement, notre action a été largement
relayée par les médias et a permis de faire
entendre les inquiétudes des salariés de l’usine
FAI et plus généralement le mécontentement face
aux suppressions d’emplois et aux fermetures
d’usines qui se multiplient.
Oui, nous avons tenu à rappeler que Ford
tout en faisant des bénéfices continue sa politique
de suppressions d’emplois et que l’avenir de notre
usine reste largement menacé, que tous nos emplois
sont loin d’être assurés.
Le Mondial de l’auto c’est la vitrine des
constructeurs, c’est le moment où les dirigeants
présentent fièrement « leurs » nouveaux modèles
équipés des dernières technologies.
En occupant le stand Ford et en refaisant sa
déco, c’était le moyen de rappeler que ce sont des
salariés qui produisent ces « richesses », que ce
sont ces mêmes salariés qui subissent la crise
avec des conditions de vie et de travail
qui se dégradent.
Il fallait rappeler que derrière la façade
brillante il y a encore l’exploitation
des salariés, le chômage partiel,
la peur du lendemain, la souffrance au travail.
Les dirigeants qui se pavanent dans ces moments
là n’apprécient pas que les « invisibles » se
montrent et relèvent la tête. Pour eux c’est la vitrine,
pour nous c’est l’usine. Et nous n’aurions
qu’à nous tenir tranquille, qu’à attendre qu’ils
tiennent leurs promesses. Sinon ils s’énervent et
sanctionnent pour intimider, pour nous faire
taire.
Notre bataille continuera pour sauver
l’usine et les emplois de tous.
Ford y va fort dans son courrier, daté du 9 octobre,
envoyé à l’ensemble des salariés.
Ça commence bien : « Notre société respecte depuis
toujours les libertés d’expression et d’action des syndicats
». Sans blague ? Combien de collègues ont reçu
des pressions à l’occasion de chaque action ? Combien
ont été convoqués suite à un débrayage ? Combien
ont entendu le chantage sous forme d’avertissement du
style « attention à la promo ! » Non il n’y a jamais eu
de respect de la liberté d’expression. Ford l’a toujours
joué au rapport de force, à l’intimidation.
Ça a enchainé avec un « le déroulement de la manifestation
du samedi 29 septembre, dans l’enceinte du
Mondial … n’est pas acceptable dans un pays démocratique
». Ford aurait-elle préféré que les CRS viennent
nous gazer pour nous empêcher de rentrer ce jour-là ?
Ce que dit Ford est inquiétant. Ça sonne comme un
regret que les organisateurs nous aient laissés rentrer.
Effectivement, le directeur du Salon est venu nous voir
en personne et s’est assuré que nous rentrions ensemble,
pas en « ordre dispersé ». Le Service d’ordre
du Salon et les RG ont suivi notre cortège, l’ont guidé
par là où nous voulions passer et ce jusqu’au stand
Ford où ils sont restés à surveiller notre action.
A aucun moment ils ne sont intervenus car à aucun
moment nous n’avons dépassé les limites. En fait,
comme les années précédentes (2008, 2010), notre
manifestation dans les allées du Salon et dans le stand
Ford s’est déroulée comme prévu, comme nous l’avions
annoncé, comme s’y attendait les responsables du salon.
Ford s’insurge hypocritement.
Ford s’indigne et s’émeut pour les conditions de
travail des salariés sur le stand. Le courrier dit « nous
ne pouvons accepter ces dérives qui ont … affecté les
équipes de FMC travaillant ce jour là ». Notre arrivée
sur le stand s’est déroulée comme d’habitude, dans la
bonne humeur, pacifiquement avec pour seule arme,
des confettis et des autocollants. De plus, nous avons
comme les années précédentes discuté avec quelques
uns des salariés, y compris des responsables qui ont pu
exprimé bienveillance et compréhension.
En réalité, Ford conteste notre droit à résister, à
exercer notre pression collectivement, à défendre
nos intérêts tout simplement. Continuons le combat.





Messages
1. FORD : aprés le salon, le baton, 12 octobre 2012, 10:45, par La Louve
Est-il possible d’avoir une copie de la lettre et de l’afficher là ?
Merci.
2. FORD : aprés le salon, le baton, 12 octobre 2012, 10:46, par La Louve
Moralité : avec les tauliers, quitte à les mordre , autant les mordre TRÈS FORT car de toute façon quand ils veulent notre peau ils cherchent la petite bête.
Solidarité avec les camarades sanctionnés !
Faisons entrer la liberté d’expression partout dans les entreprises !
LL
1. FORD : aprés le salon, le baton, 12 octobre 2012, 14:22
tu as raison L.L. pour celà il aurait fallu une action coordonnée au moins à l’échelle de l’auto. Tout le monde n’en faisait visiblement sa priorité mais peut-être n’est-il pas trop tard ?
3. FORD : aprés le salon, le baton, 12 octobre 2012, 14:39
Oui... solidarité avec les camarades sanctionnés... Belle démonstration des Ford au Salon de l’auto....
http://www.dailymotion.com/video/xu0uli_ford-blanquefort-au-salon-de-l-auto-2012_news?start=1
et manifestation très combative avec les PSA, Renault, Ford etc. la semaine dernière... ce qui prouve bien que la classe ouvrière n’est pas amorphe comme certains le disent.....
Reste plus qu’à appliquer le "Tous ensemble".... ça va venir...
4. FORD : aprés le salon, le baton, 12 octobre 2012, 21:01, par Cops
La feuille de la CGT Ford
Le site cgt ford
pour les lettres recommandées... voir si ils souhaitent les rendre publiques.
J’en profite pour indiquer qu’un sous-traitant de PSA et Ford, Mécaplast qui fait des éléments de plasturgie interne et externe pour les autos est en train de se faire dépecer à Monaco, avec 136 licenciements, dont 71 secs. Essentiellement des ouvriers italiens "pendulaires" (qui habitent en Italie et viennent chaque jour bosser).
La qualité et les secteurs menacés de la boite interrogent sur la survie du reste l’usine.