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Faudra serrer les cuisses, ou comment on Vire une maternité

par Journal Racailles (Caen)

Publie le lundi 15 octobre 2012 par Journal Racailles (Caen) - Open-Publishing

ARTICLE PUBLIE DANS RACAILLES n°64 (Caen - oct-nov 2012)

Quand vous voulez vous débarrasser d’un truc sain, il faut commencer par le rendre malade, ou en tout cas faire croire qu’il l’est. A Vire (60km de Caen) on voit le coup venir depuis des années. A force de discréditer les services du Centre Hospitalier (CH), l’Etat et son Agence Régionale de Santé (ARS) va bien finir par faire appliquer son organisation comptable du territoire de santé. Et tant pis si personne, ni même lui, n’a à y gagner.

Ce n’est pas une nouveauté : il y aurait toujours trop de maternités en France. Pourquoi s’encombrer de ces services coûteux alors qu’il suffit de serrer les cuisses dans une voiture pendant ¾ d’heure et le tour est joué ?! Cette absurdité s’applique depuis des années. Depuis 1976, deux maternités sur trois ont disparu de notre territoire. Mais il semble qu’il en reste encore trop, notamment des petits services dits de « niveau 1 ». C’est le cas de Vire qui se bat depuis trois ans pour que les parturientes du bocage envisagent l’accouchement sereinement et puissent donner la vie en toute sécurité.

Trois ans d’assauts
Le combat débute en 2008. Suite à la sortie du rapport LARCHER, une possibilité de fermeture de la maternité de Vire est envisagée par la directrice du CH, affirmant que le personnel serait
alors reclassé. L’annonce fait l’effet d’une bombe et une association « Touche pas à ma santé, à mon hosto » est créé par des syndicats, partis politiques et associations. L’objectif est à la fois de défendre le service public de santé de proximité, mais aussi dénoncer et combattre les multiples lois de démentellement de la santé, l’hôpital et l’Assurance Maladie. Durant toute l’année 2009, l’association mobilise et milite par le biais de soirées, projections, débats, manifestations, etc.

C’est à partir de juillet 2010 que la mater’ de Vire commence à tomber malade suite au départ d’un praticien (pour convenance personnelle). Il ne reste plus qu’un seul gynécologue à temps plein et quelques gynécos remplaçants. Situation rêvée pour l’ARS qui décide brusquement que cet état de fait ne peut perdurer et prévoit une fermeture imminente du service. Une lutte active est alors relancée, passant par exemple par la diffusion d’une pétition qui rassemble 16 000 signatures durant l’été. Des rassemblements hebdomadaires sont organisés devant l’hôpital. Parallèlement 26 municipalités du canton adoptent une motion de soutien pour la défense de l’hôpital. L’un des gynécos venant régulièrement est alors recruté. L’activité reprend de manière satisfaisante, mais fait toujours l’objet d’attaques insidieuses de professionnels d’établissements voisins, de l’ARS ou de la direction du CH qui oeuvrent toujours pour la fermeture, le but étant de mettre le discrédit sur le service, les médecins, et faire peur à la population. Ils tentent également par tous les moyens de désorganiser le service et décourager les professionnels. Face à ces attaques, le front de défense se maintien.
A la rentrée 2011 nouvelles attaques des autorités. La maternité n’est pas incluse dans le Schéma Régional d’Organisation des Soins (SROS). Puis en février dernier, en pleine crise interne suite au suicide d’un agent urgentiste, un troisème gynéco est recruté ; mais son collègue arrivé en 2010 décide de s’installer en libéral dans la clinique de Vire. Les autorités profitent de ces agitations pour animer une campagne médiatique particulièrement malsaine. Il est alors urgent de recruter un troisième gynéco pour conforter ce service ainsi que le bloc opératoire, et surtout, une véritable volonté des autorités de faire fonctionner ces...
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