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Le cadre de l’usine de PSA à Aulnay a été libéré
par Cyrille Pluyette
Publie le jeudi 18 octobre 2012 par Cyrille Pluyette - Open-Publishing4 commentaires
Un cadre de l’usine de PSA, qui doit fermer en 2014, était retenu par des salariés depuis mercredi matin. Il a été libéré peu avant 22 heures.
Séquestré depuis 11 heures ce matin, le cadre de PSA a été libéré peu avant 22 heures, a annoncé la direction du site. « Il a été libéré. Il est parti avec les pompiers, un médecin et une psychologue. Il a l’air d’aller bien », a indiqué une porte-parole de la direction de cette usine de PSA Peugeot Citroën en Seine-Saint-Denis qui doit fermer en 2014.
Le cadre était retenu par une centaine de salariés, parmi lesquels des responsables du syndicat Sud et de la CGT. Les manifestants souhaitent « l’arrêt des retraits sur salaire pour les salariés qui interrompent leur travail pour discuter avec des délégués syndicaux », selon Mohamed Khenniche, représentant Sud. Des négociations concernant cette séquestration étaient en cours depuis 17 heures, entre la direction des ressources humaines du groupe et les représentants de la plupart des syndicats à l’usine de Poissy.
Mardi, une dizaine de personnes avait déjà fait irruption dans les locaux de la direction, après avoir cassé une porte et saccagé les lieux, selon un témoin. Le téléphone portable du directeur a été volé, de même que du matériel, selon un membre du personnel de l’usine, qui indique qu’un cadre a reçu un coup de poing en tentant de protéger le directeur. Ces salariés ont obligé le directeur de l’usine à signer un accord pour mettre fin à ces retenues.
Une minorité de salariés
Après ces faits, « Denis Martin, le directeur industriel du groupe, a fait savoir que ce document n’avait aucune valeur », car « il a été obtenu sous la contrainte », a souligné un porte-parole du constructeur. « Cette attitude n’est pas acceptable, mais il s’agit d’une poignée de personnes qui n’est pas représentative des salariés », a-t-il ajouté. L’usine d’Aulnay compte 3000 salariés.
« On ne résout rien avec la violence. En faisant cela, on donne des arguments à la direction, cela joue en notre défaveur », a réagi Tania Sussest, la représentante du SIA, le syndicat majoritaire à l’usine, qui juge cette action « contre-productive ».
« Une centaine de salariés manifestent environ une fois par mois sur le site, mais c’est la première fois que de tels dérapages se produisent », indique la porte-parole de l’usine, selon laquelle de nombreux salariés sont choqués. Les salariés ont séquestré ce cadre ce matin, alors qu’il organisait l’évacuation des bureaux de la direction, après les événements de la veille.
Alors que se multiplient les plans de suppressions d’emplois, ces premiers débordements constituent un signal inquiétant. Le 9 octobre, déjà, la manifestation organisée par la CGT devant le Mondial de l’automobile, pour défendre notamment les salariés de PSA, avait fait l’objet d’incidents. Plusieurs dizaines de manifestants avaient jeté des fusées d’alerte, des morceaux de pavés et des grilles d’arbres sur les forces de l’ordre qui leur refusaient l’entrée du salon. Les CRS avaient riposté avec des tirs de gaz lacrymogène avant de se réfugier derrière les grilles. Quatre gendarmes mobiles avaient été légèrement blessés selon la Police.





Messages
1. Le cadre de l’usine de PSA à Aulnay a été libéré, 18 octobre 2012, 12:47, par Josip
Le SIA ne doit pas être étranger aux provocations de la direction afin d’anesthésier le mouvement revendicatif, de développer le fatalisme tout en attisant les divisions.
J’admire les Camarades de la CGT qui arrivent à garder leur sang-froid dans ce nid de guêpes.
1. Le cadre de l’usine de PSA à Aulnay a été libéré, 18 octobre 2012, 16:48
Euh... C’est quoi le SIA ? tout le monde connaît ?
2. Le cadre de l’usine de PSA à Aulnay a été libéré, 18 octobre 2012, 17:19
Syndicat d’origine patronale, héritier de la sinistre CFT
3. Le cadre de l’usine de PSA à Aulnay a été libéré, 18 octobre 2012, 18:22, par Paco NPA
Il semblerait que suite à des négociations tenues hier soir, la direction aurait acté de ne pas prendre de sanctions contre les travailleurs qui ont bloqué le "cadre" et d’ouvrir d’autres "négociations" sur les retenues de salaire pour discussion avec les délégués syndicaux ainsi que sur l’heure d’information syndicale (qui est pourtant de droit).
Du coup, le cadre a été relâché vers 22h.
Petites bonnes nouvelles... Je ne parle pas, bien sur, du "cadre" dont le sort m’indiffère totalement...
Pour le reste, le SIA est bien le descendant des nervis de la CFT, devenus CSL puis SIA.
En raison de leur "image" et des risques de dissolution (rappelons qu’à Rennes dans les années 70, ça s’était parfois fini à la barre de fer et cokes avec le SO de la Ligue, que lors de la grève de Poissy les nervis voulaient lyncher les grévistes... Et ce n’était pas des mots mais des attaques "militaires" )
Une partie a muté en CSL, SIA...
L’autre s’est recyclée à FO.
Le SIA n’est pas majoritaire à Aulnay mais il est le 1er (40% aux elecs profs), à Poissy c’est... FO...
C’est un des éléments de la complexité du rapport des forces dans la lutte.
D’autant plus que le SIA a "tourné" en Juillet, entérine le plan de licenciement et la fermeture du site (pas une surprise) et "négocie les "reclassements" à Poissy.
Du coup, il est revenu totalement à son comportement classique : garde chiourme du patronat faisant jouer à l’encadrement (où il est très majoritaire et hégémonique si on ajoute FO et la CGC) le rôle de briseur de lutte en combinant provocations et chantage au reclassement (tu la fermes ou tu ne feras pas partie des "reclassés").
Pas facile... Il n’en demeure pas moins et c’est même urgent que la succession actuelles de fermetures de boites pose la question d’une initiative nationale contre les fermeture et pour l’interdiction des licenciements.
Faute de quoi ce serait une nouvelle défaite sur la question de l’emploi.
Il est temps de prendre l’initiative car elle ne viendra pas des directions syndicales (même s’il n’est pas inutile de les interpeller).