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Presstalis le pluralisme en danger

par Le SNJ-CGT

Publie le vendredi 5 octobre 2012 par Le SNJ-CGT - Open-Publishing

ADRESSE AU PREMIER MINISTRE

Le SNJ CGT lance un appel urgent au gouvernement de Jean-Marc Ayrault afin qu’il prenne en compte la situation extrêmement préoccupante de PRESSTALIS et ses implications sur le pluralisme et la démocratie.

La mise en cause de l’avenir de cette entreprise, conséquence d’une politique patronale néo-libérale pratiquée par les grands groupes de presse, va conduire, si rien n’est fait, à l’asphyxie pure et simple de la distribution de la presse sur une base coopérative. Donc à la mort programmée du pluralisme implicitement induite par les Etats généraux de la Presse écrite du gouvernement Fillon et de Nicolas Sarkozy.

Aujourd’hui, les pouvoirs publics doivent empêcher le massacre de Presstalis (ex NMPP) qui, via la loi Bichet, a assuré jusqu’à présent la distribution des titres en France, indépendamment de leur tirage et de leurs rentrées publicitaires, permettant au citoyen d’avoir accès en tout point du territoire au quotidien de son choix.

Pour le SNJ-CGT, il en va de l’avenir de nombreux quotidiens d’information générale pour qui l’absence d’un tel système coopératif signifierait une liquidation brutale des rédactions et la mise au chômage de centaines de journalistes.

Seuls les mastodontes de l’information prête à penser résisteraient à cette atomisation du pluralisme des idées et de la pensée.

Nous, journalistes CGT, ne pouvons accepter la liquidation programmée par une partie du patronat de la presse qui veut dans la foulée idéologique du Medef privatiser la distribution de la presse à son profit et liquider 1000 emplois dans ce secteur. A qui le tour ?

Après les 1600 licenciements de la Comareg, les centaines de suppressions d’emplois dans les rédactions, tous médias confondus, la précarisation galopante, les pigistes pressés comme des citrons que l’on jette une fois vidés de leur jus.

M. Ayrault, il en va ici de l’avenir de la démocratie, car pour nous la presse n’est pas une marchandise, mais un bien culturel, social et politique qui contribue à la formation de l’opinion publique et au civisme indispensables à toute démocratie, n’en déplaise aux Dassault, Bolloré, Pigasse, Arnault, Amaury, Hersant, Bouygues ou autres Lagardère, mais aussi les Lucas du Crédit Mutuel etc.

Ceux là même qui disent que les journalistes coutent trop chers, que Presstalis est trop onéreux.

Mais ces banquiers, ces capitaines de l’industrie du luxe ou de l’armement qui crient haro sur les emplois et les syndicats, doivent-ils continuer à bénéficier du milliard d’euros d’aides annuelles de l’Etat versées sous forme de TVA réduite, de tarifs postaux ou SNCF préférentiels etc. ?

Nous demandons au Premier ministre d’ouvrir d’urgence une table ronde avec les parties prenantes au conflit de Presstalis pour débattre des solutions capables de faire vivre un système coopératif de distribution des titres respectueux du pluralisme et des salariés qui y participent.

Il y a urgence.

Montreuil, le 4 octobre 2012