Archives : IT | EN | ES

Les articles depuis 2022

A chacun sa bombe ou désarmer l’impérialisme ?

lundi 24 avril 2006 - Contacter l'auteur - 2 coms

de Paolo Gilardi

C’est depuis le Pakistan et l’Inde où il se trouvait il y a quelques semaines en visite officielle que le président des Etats-Unis s’est permis une fois encore de tancer l’Iran et ses velléités de se doter de la bombe atomique. Autrement dit, c’est depuis les capitales de deux pays qui, en violation flagrante de tous les traités internationaux, ont l’arme atomique que le président de la seule puissance qui a eu recours à cette arme s’inquiète des dangers que représenterait l’hypothétique bombe nucléaire iranienne !

La future et hypothétique bombe iranienne serait-elle plus dangereuse que celles, bien réelles, que détiennent Inde et Pakistan, mais aussi les membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU ou encore Israël ? A moins de penser que le fond du problème ne serait pas celui de la bombe mais celui de qui la possède...

Dignes d’atomique donc les gouvernements de Grande Bretagne et des USA, ceux qui ont déclenché la guerre contre l’Irak ; dignes aussi ceux de France et Russie aux multiples exploits en Afrique pour les uns et en Tchétchénie pour les autres. Dignes d’atomique aussi Israël, le champion toutes catégories de la violation de la légalité internationale et, depuis peu, dignes aussi le Pakistan et l’Inde ! Mais pas l’Iran !

Ce constat n’autorise pas pour autant à invoquer le droit de chaque pays à se doter de l’arme atomique. Au contraire, l’exigence iranienne ne pourra être combattue que selon la méthode qui fut celle du mouvement contre l’installation des euromissiles au début des années 1980, à savoir, le désarmement atomique unilatéral. C’est la destruction des arsenaux nucléaires existants qui peut, seule, priver de légitimité l’exigence iranienne.

La relance d’une campagne pour le désarmement nucléaire redevient ainsi de première importance. Elle le devient d’autant plus que le recours à des « bombes atomiques tactiques », à savoir utilisables sans avoir à craindre les « dégâts collatéraux » qui furent ceux de Hiroshima et Nagasaki est de plus en plus ouvertement évoqué par la doctrine militaire étasunienne.

La fabrication de ce type armes viendrait étoffer l’arsenal des Etats-Unis -dont les dépenses militaires représentent plus de la moitié des dépenses militaires mondiales- dans la perspective de grosses crises régionales.

Elle s’ajouterait à la multiplication de leurs bases militaires dans le monde. A la veille de la guerre contre l’Irak, les Etats-Unis en avaient dans une soixantaine de pays distincts. Avec celles installées depuis à Barhein, au Quatar, à Oman et, désormais, en Irak, ce nombre a encore augmenté.

La construction en cours d‘une nouvelle base au Paraguay en dit long sur leur fonction. C‘est au moment même où les salarié.e.s et les opprimé.e.s de la Bolivie voisine -l’un des pays les plus pauvres du monde- commencent à prendre leur avenir en main, en empêchant la privatisation de l’eau, en exigeant la nationalisation des hydrocarbures, que le gouvernement des Etats-Unis fait construire des pistes d’aviation permettant le décollage et l’atterrissage des bombardiers B52.

C’est pourquoi l’impérialisme doit être désarmé : en l’obligeant à quitter l’Irak, en relançant la lutte pour le désarmement atomique, en organisant de larges campagnes pour le démantèlement de ses bases militaires et de l’OTAN.

http://www.labreche.ch/index.htm

Mots clés : Dazibao / Guerres-Conflits / International / Nucléaire / Paolo Gilardi / USA /

Messages

  • La guerre a sévi dans des zones peuplées par des peuples faibles et arriérés ; elle a abouti à la participation de l’Afrique, de la Polynésie et de l’Asie, et ouvert la voie à la guerre actuelle. Mais, comme aucune guerre n’a éclaté en Europe depuis 1871, quoiqu’il y ait eu des conflits limités mais aigus, les petits bourgeois se sont bercés d’une douce illusion : l’existence et le renforcement continuel d’une armée nationale garantissaient la paix et permettraient un jour l’adoption d’un nouveau droit international. Les gouvernements capitalistes et le grand capital ne se sont évidemment pas opposés à cette interprétation « pacifiste » du militarisme. Pendant ce temps-là, les préparatifs du conflit mondial battaient leur plein, et bientôt la catastrophe se produirait.

    Léon Trotsky

    Le pacifisme, supplétif de l’impérialisme

    juin 1917


    che

  • quand le vrai problème est posé comme c’en est le cas ici, les ou la solution apparaît d’elle-même à l’évidence ; ne pas oublier également que le TNP prône ,à part la non-prolifération , le désarmement nucléaire général et complet ; personne ne le rappelle en Occident " !

Derniers articles sur Bellaciao :