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Bellaciao
FNSEA et pesticides : « La science, c’est quand ça les arrange »
Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, appelle à s’appuyer sur la science pour justifier l’abattage total face à la dermatose nodulaire contagieuse. Mais il refuse d’entendre les scientifiques sur les dangers des pesticides.
15 1 2026
par Sophie Chapelle
Photo ; La Confédération paysanne de Savoie et de Haute-Savoie bloque, depuis le 8 janvier, le dépôt pétrolier d’Albens. Elle dénonce fermement la « politique sanitaire inhumaine d’abattage total » à la suite d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse.
« Ce qui compte aujourd’hui, c’est l’avis scientifique. La science, toute la science, rien que la science. » Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, martèle cet argument dans tous les médias pour justifier la position de son syndicat sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
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Alors que des agriculteurs et agricultrices multiplient les points de blocage pour s’opposer à l’abattage total systématique, la FNSEA soutient la stratégie sanitaire du gouvernement en faveur de l’abattage du troupeau sitôt qu’un seul cas de dermatose est détecté. Depuis l’apparition du premier foyer de DNC le 29 juin, plus de 4000 vaches ont été abattues dans une centaine de fermes.
Dans la presse locale, le sénateur LR Laurent Duplomb, lui-même éleveur (et auteur de la très contestée loi éponyme), se dit favorable à l’abattage total et estime que « l’émotionnel a pris le pas sur la raison ». En réponse, Loïc Caillens, éleveur et membre de la Confédération paysanne, syndicat qui considère que l’abattage total n’est pas l’unique solution, cingle : « Ceux qui disent cela sont les mêmes qui n’écoutent pas la science quand il s’agit de la loi Duplomb. La science c’est quand ça les arrange. »
Consensus scientifique
Sur d’autres sujets, Laurent Duplomb et la FNSEA cèdent-ils le pas à l’émotionnel ? Quand, par exemple, ils défendent la réintroduction en France de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes, au mépris de ce que dit la science. Cette mesure avait été censurée le 7 août dernier par le Conseil constitutionnel, qui a motivé sa décision sur la base de la Charte de l’environnement, qui indique dans son article 1 que « chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ».
Précisément, le consensus est « total » dans la communauté scientifique, concernant la toxicité pour l’environnement de l’acétamipride, rappelle Philippe Grandcolas, directeur de recherche au CNRS. « L’impact des pesticides sur le vivant n’est plus à démontrer » alertent également 1200 médecins et chercheurs.
Il n’y a pas de controverse scientifique au sujet de l’acétamipride, souligne la toxicologue Laurence Huc dans Mediapart : « Toutes les études vont dans le même sens, de toxicité en général et neurotoxicité en particulier. » Dire le contraire aujourd’hui, c’est de l’« anti-science », et « cette anti-science s’observe dans les plus hautes sphères de l’État ».
Science contre compétitivité
Sur la question des pesticides, le sénateur Duplomb fait ainsi fi de la science, tout comme le syndicat FNSEA. « L’enjeu pour moi, c’est évidemment d’assurer la santé, mais c’est aussi de faire en sorte que je continue à produire une alimentation au profit des Français », affirmait ainsi Arnaud Rousseau l’été dernier, dénonçant une « hystérie » du débat. Les paysans, riverains et enfants malades des pesticides apprécieront. À la suite de la censure partielle de la loi Duplomb, la FNSEA réclame désormais un projet de loi, avec un article unique, pour rouvrir la voie au retour de l’acétamipride.
Revenons à la dermatose nodulaire contagieuse. Est-ce vraiment la science qui prime dans la position de la FNSEA, ou des considérations davantage économiques ? Si la FNSEA est contre une vaccination généralisée, c’est parce qu’elle présente un « risque d’effondrement des exportations et des prix », reconnaît Arnaud Rousseau. Car les éleveuses et éleveurs qui doivent vacciner leurs animaux ne peuvent plus, temporairement, exporter. Sur les pesticides comme sur l’abattage total, pour ces représentants de l’agro-industrie, ce n’est pas la science qui l’emporte ni l’émotionnel, mais l’appât du gain.
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Quelques Rappels ;
A https://grain.org/fr/article/7195-le-cout-de-la-viande-industrielle-expulsions-conflits-et-desastres-environnementaux
Le coût de la viande industrielle : expulsions, conflits et désastres environnementaux
B
https://grain.org/fr/article/6428-l-elevage-industriel-sous-l-emprise-des-pandemies-en-serie
L’élevage industriel sous l’emprise des pandémies en série
C
https://bernard-gensane.over-blog.com/2025/12/au-volant-de-son-tracteur.html
25 décembre 2025
Au volant de son tracteur ?
Arnaud Rousseau, patron de la FNSEA, préside le groupe Avril, ex-Sofiprotéol, spécialisé dans l’alimentation humaine, animale, ainsi que dans l’énergie et la chimie renouvelable.
Ce groupe pèse 7,7 milliards d’euros. Les marques Lesieur, Puget ou Diester parmi beaucoup d’autres) lui appartiennent.
Le groupe aime jongler. La Cour des comptes estime dans son rapport public annuel de 2002 que les cotisations volontaires obligatoires « constituent un dispositif original de prélèvement obligatoire créé par la loi du 10 juillet 1975 relative aux organisations interprofessionnelles agricoles », et rappelle que ces cotisations ne sont portées à la connaissance ni du Parlement, ni de la Commission européenne. Le contrôle réalisé sur l’activité de Sofiprotéol montre, selon la Cour « un dispositif d’intervention à la légalité douteuse ».
Selon Greenpeace, près de deux tiers des produits vendus par le groupe sont contaminés à l’hexane. Par exemple :
Huiles Isio 4 Lesieur
Huiles Coeur de Tournesol Lesieur
Le beurre gastronomique doux Président
Le beurre tendre demi-sel Elle & Vire
Le beurre moulé doux Paysan Breton
Cuisses de poulet Monoprix
Lait infantile Blédina de 1 à 3 ans
Lait infantile Gallia de 1 à 3 ans
Lait infantile en poudre Blédina de 6 à 12 mois
Lait demi-écrémé Lactel
Lait demi-écrémé Délisse – Marque Repère de Leclerc.
Selon Greenpeace, l’hexane peut être dangereux pour notre santé : ce solvant est reconnu comme toxique pour le système nerveux, comme potentiel perturbateur endocrinien et est suspecté d’être reprotoxique. Il est d’ailleurs classé comme substance CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) par l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques).
L’hexane est particulièrement rentable : Avril extrait environ 97 % de l’huile de la graine, contre 89 % en recourant à l’extraction mécanique (sans hexane).
Donc, pour Arnaud Rousseau, il ne faut pas faire vague, ne pas s’opposer à la politique du boy de Rothschild, affaiblir l’agro-industrie française et favoriser sa chère industrie brésilienne.
Ici, le journaliste Hugo Clément nous explique l’élevage intensif, cher à la FNSEA.
Sur la photo ci-dessous, on observe que les poulets disposent d’un espace inférieur à la surface d’une feuille A4. Ils ne voient jamais le soleil et ne picorent jamais dans les prés.
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