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CHOMDU 7

lundi 4 février 2008 - Contacter l'auteur - 2 coms

Chomdu, la suite

Un aut’ père de not’ président, qu’la prof de philo d’la soeur à Polo ell’ dit qu’y s’appelle Tocqueville et qu’est aussi allé en
Amérique parce qu’y l’avait du fric, y disait qu’les ouvriers y devaient aller à l’école parce que « tous les temps ont vu
des travailleurs et des pauvres ; mais ce qui semble particulier au nôtre, c’est l’opinion si répandue de nos jours qu’il
existe quelque part un remède spécifique contre ce mal héréditaire et incurable de la pauvreté et du travail, et qu’avec un
peu de bonne volonté les gouvernants parviendraient aisément à le découvrir. (...).

L’Académie, en posant cette question que je viens d’énoncer, a eu pour but de combattre cette idée fausse. Elle désire, à
cet effet, que les concurrents s’attachent à répandre parmi les classes ouvrières auxquelles ils s’adressent quelques-unes
des notions les plus élémentaires et les plus certaines de l’économie politique, qu’ils leur fassent bien comprendre, par
exemple, ce qu’il y a de permanent et de nécessaire dans les lois économiques qui régissent le taux des salaires ;
pourquoi ces lois, étant en quelque sorte de droit divin, puisqu’elles ressortent de la nature de l’homme et de la structure
même des sociétés, sont placées hors de la portée des révolutions, et comment le gouvernement ne peut pas plus faire
que le salaire s’élève quand la demande de travail diminue, que l’on ne peut empêcher l’eau de se répandre du côté où
penche le verre. » Hic ! Devait pas y avoir qu’d’l’eau dans son verre à çui-là, on dirait m’sieur Marseille qu’lui on connaît
parce qu’y passe à la télé d’not’ président, y dit Djamel en levant sa bière.

Dans les p’tits bourgeois, y continue Polo qu’a d’la suite dans l’idée pour répondre à ma question pas comm’ not’
président qui répond à coté à ses larbins journalistes, y a ceux qui sont dans l’administration qui servent à nous
administrer les décisions qu’not’ président y l’a décidées pour notre bien. « Certes, y dit l’pote Poulantzas, ces
travailleurs salariés sont eux aussi exploités, leur salaire correspond à la reproduction de leur force de travail : ils
« contribuent à diminuer les frais de réalisation de la plus value, en accomplissant en partie du travail non payé », ils se
voient donc extorquer du sur-travail, mais ne sont pas directement exploités d’après le rapport d’exploitation capitaliste
dominant, la création de plus-value. Leur travail ne s’échange contre du capital variable que pour le capitaliste
individuel, alors que, du point de vue du cycle d’ensemble du capital social et de sa reproduction, cette rétribution
constitue une dépense improductive du capital, et fait partie des faux frais de la production capitaliste. » J’savais pas
qu’ma belle soeur ell’était un faux-frais, y râle Fred.

Que l’pote Karl y l’a expliqué qu’« la bureaucratie tient en sa possession l’essence de l’État, l’essence spirituelle de la
société, c’est sa propriété privée. L’essence spirituelle de la bureaucratie c’est le secret, le mystère, gardé dans son sein
grâce à la hiérarchie, et vis-à-vis du monde extérieure grâce à sa nature de corporation fermée. L’esprit politique et
l’opinion publique, dès qu’ils s’expriment, apparaissent comme une trahison, comme une violation de son mystère. Le
principe de son savoir est donc l’autorité, et sa mentalité est le culte de cette autorité. Au sein même de la bureaucratie,
le spiritualisme devient matérialisme sordide, obéissance passive, foi aveugle en l’autorité, pratique machinale sclérosée
de principes, d’opinions et de traditions figés.

Quand au bureaucrate pris individuellement, l’État devient pour lui son terrain privé de chasse aux postes les plus
élevés – c’est le carriérisme. » Dire qu’y l’écrivait ça au XIX° siècle, ell’ dit la mère d’Afid, et qu’c’est pareil aujourd’hui,
sauf qu’avec Internet tu peux mêm’ plus râler au guichet.
« Par certains aspects de leurs fonctions, une grande partie des agents des appareils répressifs et idéologiques d’État
(enseignants, journalistes, assistantes sociales, etc.) participent, ne serait-ce que comme simples exécutants (ce qui les
distinguent des « sommets » bourgeois auxquels ils sont eux-mêmes soumis et subordonnés), aux tâches d’inculcation
idéologique et de répression politique sur les classes dominées, et notamment sur la principale victime, la classe
ouvrière elle-même, même si ces agents ne commandent pas toujours directement à la classe ouvrière » y rajoute l’pote
Poulantzas.

Y’ a aussi le "p’tit bourgeois traditionnel", y dit Djamel qui suit aussi, les p’tits exploiteurs d’eux-mêmes et d’leurs
femmes, c’est pour ça qu’y z’aiment beaucoup la famille, agriculteurs, artisans, commerçants. Qu’ceux-là, on les entend
dans la radio qu’not’ garagiste y l’écoute tout’ la journée, la radio « des vrais gens qui parlent vrais de choses vraies ».
Djamel, ça l’fait rigoler parce qu’y dit qu’ça ressemble aux discussions à la maison quand tout l’monde s’engueule. Y dit
qu’y sont presque tous d’extrême-droite de not’ président ceux qui parlent dans l’émission et qui sont presque tous p’tits
artisans. On dirait qu’c’est génétique chez eux, heureusement qu’on en connaît qui sont mêm’ communistes, qu’y disent.
Des fois j’vois pas trop la différence, quand y parlent des chômeurs par exemple, sauf par rapport à not’ président qui,
lui, les aime tous quand même.

C’est parce qu’y sont souvent tout seul, y dit Fred qui vient d’la campagne, comm’ le paysan sur son tracteur tout’ la
journée qui roumègue sur ces feignasses d’fonctionnaires et sur sa chienne d’vie que c’est même plus un métier d’paysan
d’être l’jardinier d’la nature.

Ouais, mais ceux-là c’est pas des intellos, y dit Fred.
« Je dirai simplement qu’il faut réserver le terme d’intellectuels comme catégorie sociale à un ensemble déterminé de ces
agents, qui remplissent des fonctions sociales spécifiques par rapport à l’élaboration des idéologies de classes. Les
fonctionnaires de l’idéologie, qu’y les appelle, Gramsci », y répond l’pote Poulantzas.

Que l’pote Karl y dit que « nous retrouvons ici la division du travail (...) comme l’une des puissances capitales de
l’histoire. Elle se manifeste aussi dans la classe dominante sous forme de division entre le travail intellectuel et le travail
matériel, si bien que nous aurons deux catégories d’individus à l’intérieur de cette même classe. Les uns seront les
penseurs de cette classe (les idéologues actifs, qui réfléchissent et tirent leur substance principale de l’élaboration de
l’illusion que cette classe se fait sur elle-même), tandis que les autres auront une attitude plus passive et plus réceptive
en face de ces pensées et de ces illusions, parce qu’ils sont, dans la réalité, les membres actifs de cette classe et qu’ils ont
moins de temps pour se faire des illusions et des idées sur leurs propres personnes. À l’intérieur de cette classe, cette
scission peut même aboutir à une certaine opposition et à une certaine hostilité des deux parties en présence. Mais dès
que survient un conflit pratique où la classe tout entière est menacée, cette opposition tombe d’elle-même, tandis que
l’on voit s’envoler l’illusion que les idées dominantes ne seraient pas les idées de la classe dominante et qu’elles auraient
un pouvoir distinct du pouvoir de cette classe ».

C’est vrai qu’c’est pas rose d’être p’tits bourgeois intello. « En fait, ce travail intellectuel est investi de toute une série de
rituels, de savoir-faire, d’éléments « culturel » qui le distinguent de celui de la classe ouvrière, c’est-à-dire du travail
productif au sein du procès de travail matériel, y rajoute l’pote Poulantzas.
Cette symbolisation culturelle est assez connue pour que l’on s’y attarde : elle va de la valorisation classique du « travail
des écritures », des « clercs » en général (savoir écrire et exposer les « idées »), à celle d’un certain usage de la
« parole » (il faut savoir « bien parler » - le beau parler – pour bien vendre et commercialiser les produits – l’ « art de la
vente ») etc., et recoupe finalement les différenciations idéologiques entre la culture générale et le savoir-faire noble
d’une part, le savoir technique (travail manuel) de l’autre.

Toutes choses qui, certes, demandent un certain apprentissage :
apprendre à écrire d’une certaine façon, à parler d’une certaine façon, à s’habiller d’une certaine façon dans le travail
même, à s’insérer dans les moeurs et usages d’une certaine façon. Cette « certaine façon » est toujours l’autre façon, par
rapport oppositionnel à celle de la classe ouvrière : cette façon se donne, en plus, comme propre à un certain « savoirfaire
 » particulier, positivement apprécié par opposition à la classe ouvrière. On sait toujours, ici, ce que les autres (la
classe ouvrière) ne savent pas ou ne pourraient, par tare originelle, savoir, et ce que l’on sait est le « savoir qui compte »,
le « savoir noble », le « vrai savoir » : on est les « intellectuels » des autres (de la classe ouvrière).

En fait, la chose
principale que l’on sait, c’est comment s’ « intellectualiser » par rapport à la classe ouvrière : on sait dans ses pratiques
que l’on est plus « intelligent », que l’on a plus de « personnalité » que la classe ouvrière qui, elle, ne sait qu’être habile.
Et l’on a bien le monopole et le secret de ce « savoir »-là.
Cette division travail intellectuel/travail manuel et ses implications idéologiques atteignent, à un degré inégal et sous
des formes très complexes, l’ensemble de la nouvelle petite bourgeoisie dans ses rapports à la classe ouvrière. Cette
division à des répercussions idéologiques directes et considérables, qui ne sont plus à démontrer, dans la perception
qu’ont de leur propre travail et du travail des « autres » les agents respectifs de la nouvelle petite bourgeoisie et de la
classe ouvrière.

Dans tout le discours (ce qui n’est jamais qu’un indice, mais un indice important) des agents de la
nouvelle petite bourgeoisie, le trait récurrent et principal qui ressort lorsqu’il s’agit pour eux de caractériser leur rapport
à la classe ouvrière, c’est celui d’une distinction de leur travail par rapport au « simple travail manuel », celui qui est
directement situé dans le procès de production matérielle. Ce dernier n’est pas simplement considéré comme un travail
plus pénible, mais comme un travail requérant, dans l’ordre de leur valorisation du travail intellectuel, moins de
« connaissances », moins d’« aptitudes », un travail à qui manque le « je ne sais quoi » qui fait la « qualité » et la
« supériorité intellectuelle », bref la « respectabilité » de leur propre travail, contre lequel on peut par ailleurs fort bien
s’insurger.

Mais la classe ouvrière, dans sa propre perception du « monde des employés et des fonctionnaires »,
introduit, elle aussi, comme élément principal, la distinction travail intellectuel/travail manuel, avec une valorisation de
ce dernier. Tout concourt en fait à montrer que cette division du travail intellectuel/travail manuel persiste à avoir un
rôle propre dans la barrière de classe entre la nouvelle petite-bourgeoisie et la classe ouvrière : relevant elle-même des
rapports idéologiques capitalistes, et d’une politique précise de la bourgeoisie, elle a à son tour des effets considérables
sur la formation de l’idéologie de classe de la nouvelle petite-bourgeoisie. »
T’sais la différence entre un manuel et un intellectuel ? Y d’mande Fred. Le premier y s’lave les mains avant d’aller
pisser, l’autre après... Si tu continues à faire des vannes aussi cons, not’ président y va t’envoyer au pape de l’Opus Déï, y
rigole Polo.

Mêm’ les caissières de m’sieur Leclerc, elles sont pas des ouvrières : « Mais ceci ne doit pas masquer le fait qu’entre une
vendeuse de grand magasin et un ouvrier qualifié il existe une différence décisive, bien que celui-ci puisse sous certains
aspects (salaire notamment) être considéré comme « privilégié » par rapport à celle-là : une différence de classe, l’un
étant ouvrier et l’autre petite-bourgeoise, ceci ayant des effets considérables sur les possibilités d’adoption effective de
positions de classe prolétariennes.

Et, si j’insiste, c’est pour montrer les erreurs de toute une série de conceptions
actuelles de gauche qui, par un certain emploi entièrement idéaliste du terme de « peuple » ou de « masses populaires »,
occultent les clivages de classe, et suivant lesquelles certains agents petits-bourgeois « prolétarisés » présenteraient
actuellement plus de possibilités « révolutionnaires » que certains agents ouvriers, considérés comme appartenant
globalement à l’aristocratie ouvrière (ce qui est pertinemment faux, l’aristocratie ouvrière n’étant pas déterminée par les
seuls critères économiques de l’importance des salaires, etc.). »
Mais les caissières de m’sieur Leclerc, c’est pas un grand magasin, c’est un’ grande surface, y dit Fred qui nous raconte
qu’l’soir de Noël, il est allé faire des courses une heure avant la fermeture, sauf que quand il est rentré, y z’ont décidé
d’avancer la fermeture d’une heure vu qu’y avait presqu’ pas d’clients.

T’aurais vu comment y nous ont mis dehors ! Y
avait tout l’service de sécurité au complet, ça fait du monde qui sont sur l’dos des caissières ! Énervés qu’y z’étaient les
vigiles-rambos, on comprend qu’y z’étaient pressés d’aller au réveillon plus tôt qu’prévu, mais c’est pas un’ raison pour
traiter les gens comm’ du bétail. Pourquoi, d’habitude y te traitent autrement, ô client-roi ? y lui balance Djamel en
s’foutant d’sa gueule.

En plus y font la jalousie entre nous en faisant des p’tites promotions de chef de rayon ou autre pour nous diviser, elle
ajoute la copine à Fred qui y a travaillé. Qu’c’est pour ça qu’c’est dur d’faire un syndicat.

Ouais, c’est quand même "presque" des prolos, y dit Fred.

Oui, mais vu qu’c’est pas des prolos, y dit mon ancien délégué syndical CGT, tous les p’tits bourgeois, même s’y
z’habitent pas les mêm’ zones pavillonnaires, et vu qu’y sont entre les deux pôles d’la guerre, y sont plus ou moins attirés
par l’un des pôles en fonction de la proximité qu’y z’ont des conditions de travail et de vie d’ce pôle.

Qu’c’est pour ça que « compte tenu ainsi de la détermination de classe de la nouvelle petite-bourgeoisie on y découvre
les traits idéologiques principaux suivants :

- un aspect idéologique anticapitaliste mais qui penche fortement vers les illusions réformistes. L’exploitation de cette
nouvelle petite-bourgeoisie est principalement vécue sous la forme du salaire, alors que la structure du mode de
production capitaliste et le rôle, dans l’exploitation, de la propriété, mais aussi de la possession des moyens de
production restent souvent cachés (salariat non productif). Les revendications sont essentiellement liées à la question
des revenus, se concentrant souvent sur une redistribution des revenus par le biais d’une « justice sociale » et d’une
politique « égalitaire » de fiscalité, base constamment récurrente du socialisme petit-bourgeois. Bien qu’hostile à la
« grosse richesse », les agents petits-bourgeois sont par ailleurs souvent attachés au maintien de hiérarchies salariales,
tout en insistant sur la nécessité d’une « rationalisation » plus juste.

On trouve ici la crainte permanente de la prolétarisation, crainte qui s’exprime en résistances à l’égard d’une
transformation révolutionnaire de la société, en raison de l’insécurité vécue au niveau des salaires, et sous la forme du
fétichisme monétaire. Cela, accouplé à l’isolement propre de ces agents dans la concurrence sur le marché du travail
capitaliste et dans les conditions mêmes de travail, agents pour lesquels ne jouent pas la socialisation de procès de
travail (et donc la solidarité de classe) propre à la classe ouvrière directement engagée dans la production, donne lieu
aux formes corporatistes particulières de la lutte syndicale : cet isolement concurrentiel est à la base d’un processus
idéologique complexe qui revêt la figure de l’individualisme petit-bourgeois.

- un aspect de contestation des rapports politiques et idéologiques auxquels ces agents sont soumis, qui penche
fortement non pas vers la subversion de ces rapports, mais vers leur aménagement par la "participation". (...). Cela
s’exprime souvent par des revendications d’une "rationalisation" de la société, qui laisserait le "travail intellectuel"
s’épanouir pleinement sans les "entraves" du profit, bref sous la forme d’un "technocratisme de gauche". On connaît
notamment la forme ambiguë, pour ne citer qu’un exemple, que revêtent les revendications de l’ « autogestion » chez
certains ensembles petits-bourgeois (techniciens par exemple), revendication qui signifient pour eux prendre, sous une
forme nouvelle, la place de la bourgeoisie, alors qu’elles recouvrent, pour la classe ouvrière, le contrôle ouvrier. »

Polo, qu’des fois y lit n’importe quoi, y dit qu’c’est comm’ y raconte m’sieur Rocard, qu’est devenu un ami de not’
président, dans son livre c’qu’y l’a fait avec le PSU, un parti qu’existe pus : « Il était en effet essentiel à mes yeux que le
message principal du mouvement de Mai fût entendu, préservé et, d’une manière ou d’une autre, mis à profit par la
société française. Le comportement de la composante ouvrière du mouvement était d’une clarté aveuglante, et si celui
des étudiants était davantage obscurci par une minorité agitée, sa grande majorité répondait aux mêmes orientations.
Loin de songer à substituer un pouvoir à un autre, ni même à attaquer frontalement les institutions en place,
manifestants et grévistes n’exigeaient en fait rien d’autre que leur place dans la société. Mai 68 fut une colère collective
contre le sentiment de n’être qu’un rouage administratif anonyme. Le mouvement portait en lui une volonté
d’intégration, le refus des hiérarchies par trop pesantes, le souhait de voir fonctionner l’université, l’entreprise et la
société toute entière dans des conditions qui prennent en charge la volonté de participation des étudiants comme des
ouvriers. (...)

Dans l’instant, l’urgence était de donner à ce message une traduction politique forte et claire, qui l’épure de
toute connotation révolutionnariste et en permette l’insertion dans une ligne de transformation sociale et culturelle
énergique. (...). La puissance du déferlement auquel nous venions d’assister m’avait convaincu que la jeunesse de
France, étudiante ou salariée, ne se reconnaissait plus dans les forces politiques traditionnelles mais qu’elle recelait un
potentiel d’enthousiasme et d’énergies de taille à engendrer, s’il était correctement utilisé, la naissance d’un grand
courant politique novateur. La tâche était évidente. Mais le mouvement avait également révélé l’existence d’un risque de
violence représenté par quelques éléments gauchistes, déraisonnables dans leurs analyses, suffisamment irresponsables
dans leur action pour devenir une menace réelle. La lutte contre ce gauchisme, que je jugeais indispensable, ne pouvait
être efficacement menée que depuis le PSU. Je décidai donc de m’enraciner dans mes fonctions de "patron" du PSU
pour conduire ce double combat : tirer du mouvement de Mai une force politique cohérente et réduire le gauchisme. »
Et passer après au PS, y dit Fred. Ça s’passe pareil aujourd’hui. C’est la récup des p’tits bourgeois gauchistes malades
infantiles du communisme avant qu’not’ président y leur impose les mains des CRS-SS dessus la tête pour les guérir.
Autogestion : piège à cons !

Qu’c’est pourquoi l’pote Poulantzas y dit que « le sous-ensemble idéologique petit-bourgeois est un terrain de lutte et un
champ de bataille particulier entre l’idéologie bourgeoise et l’idéologie ouvrière, mais avec l’intervention propre des
éléments spécifiquement petits-bourgeois. Ce terrain de lutte n’est pas un terrain vague : c’est un terrain d’ores et déjà
circonscrit par l’idéologie bourgeoise et par les éléments idéologiques petits-bourgeois. (...). Même lorsque des secteurs
petits-bourgeois adoptent des positions de la classe ouvrière, ils le font souvent en les investissant de leurs pratiques
idéologiques propres. Mais ceci se fait de façon inégale car, pas plus que ce terrain n’est un terrain vague, il n’est un
terrain uniforme, en raison des fractionnements/polarisation qui traversent la petite-bourgeoisie dans sa détermination
de classe : ce qui n’exclut donc pas que des pans entiers de la petite-bourgeoisie non seulement adoptent des positions de
classe de la classe ouvrière, mais qui plus est, puissent se placer sur le terrain même de l’idéologie ouvrière. C’est
notamment un des rôles des organisations révolutionnaires de la classe ouvrière.

Mais tout ceci indique, d’autre part, que les éléments idéologiques spécifiques de la petite-bourgeoisie peuvent, euxaussi,
avoir des effets sur l’idéologie de la classe ouvrière, et ce, en raison de la détermination propre de classe de la
petite-bourgeoisie, de façon particulière, par rapport aux effets spécifiques de l’idéologie bourgeoise. C’est même là le
danger principal qui guette en permanence la classe ouvrière : il peut prendre la forme d’une convergence amalgamée de
ces éléments et de l’idéologie ouvrière, sous la figure notamment du socialisme petit-bourgeois au sein de la classe
ouvrière, mais on sait qu’il avait également revêtu, par le passé, la forme de l’anarcho-syndicalisme et du syndicalisme
révolutionnaire. »

Qu’est-ce qu’y l’a contre les anars, çui-la, y s’nerve Djamel ? Y a pas besoin de tout’s ces phrases, y dit, pour savoir qu’le
p’tit bourgeois y nous prend pour des cons. « Raté ! », comm’ y disaient "les Lascars du LEP électronique" en 1986 : « À
nos justes critiques, vous répondez par la trique ! Vous allez voir...! » ; « Nos ennemis, nous les isolons, nous les
attaquons, nous les détruisons. »

Chomdu 6

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Chomdu 5

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Mots clés : Dazibao / Emploi-chômage / Littérature-Philo-Livres /

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