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De la friture entre Amara et Boutin

Publie le lundi 14 janvier 2008 par Open-Publishing

de Marie DESNOS

A une semaine de la présentation par Fadela Amara du plan "Egalité des chances", la ministre de la Ville, Christine Boutin, a dit ne pas croire à l’efficacité de ce plan pour les banlieues. Ce qui n’est pas pour arranger des relations que l’on dit déjà tendues entre les deux collaboratrices. Même si la ministre a affirmé, lundi matin, s’entendre "très bien" avec sa secrétaire d’Etat.

Les différences entre Christine Boutin et Fadela Amara se font une fois de plus ressentir. (Reuters)Les différences entre Christine Boutin et Fadela Amara se font une fois de plus ressentir.

De l’eau dans le gaz au ministère de la Ville ? On dit les relations plutôt houleuses entre la ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin, et sa secrétaire d’Etat, Fadela Amara. Celles-ci ne devraient pas aller en s’améliorant. Car outre le manque d’atomes crochus, les deux collaboratrices ne s’entendent pas non plus sur les grandes lignes de leur politique. La dernière rixe en date concerne le nouveau plan pour les banlieues, dont Fadela Amara doit présenter les principaux enjeux, le 22 janvier, à Vaulx-en-Velin dans le Rhône. Christine Boutin est plutôt pessimiste quant à l’efficacité de ce plan.

"Le plan ’Egalité des chances’ de Fadela Amara est centré sur les banlieues. Moi, je crois en la réponse beaucoup plus globale d’une nouvelle politique de la ville", a-t-elle déclaré dans un entretien paru lundi dans La Croix. "On ne résoudra pas les problèmes des quartiers par un énième plan qui se résumerait à leur donner encore plus de moyens, mais par le désenclavement physique, culturel, psychologique, économique des quartiers, en recréant du lien entre tous les espaces de la ville", a-t-elle ajouté, rappelant que "des milliards d’euros ont été versés depuis plus de trente ans".

"Nous sommes complémentaires"

Selon la ministre, "ce ne sont pas forcément des moyens supplémentaires qui seront nécessaires, mais une meilleure distribution des fonds" - devenue "beaucoup trop compliquée" - et "l’implication de tous les ministères". Elle préconise par ailleurs de faire "confiance aux élus locaux" et de donner "enfin aux maires la maîtrise des choix des dépenses".

Tout en soulignant qu’elle laissera à la fondatrice de Ni putes, ni soumises la "responsabilité" de présenter ses conclusions, Christine Boutin a néanmoins assuré q
Il faut reconnaître qu’elle a été confrontée à une tâche très difficile, a-t-elle également concédé, mais je lui ai donné la liberté qu’elle demandait de gérer personnellement ce dossier".
A tel point qu’interrogée sur la question lundi matin sur France Inter, la ministre a semblé ne pas être vraiment au courant des mesures qu’il contient.

Quant à ses relations avec sa secrétaire d’Etat, connue pour son franc-parler et sa ligne politique plutôt à gauche, Christine Boutin a soutenu qu’il n’y avait "aucun problème" entre elles deux. "Nous nous entendons très bien. Nous sommes complémentaires, nous avons une forte personnalité et j’aime beaucoup Fadela Amara", a-t-elle affirmé. Entente cordiale ou faux-semblant, les deux femmes n’ont de toutes manières pas d’autre choix que de composer avec leurs différences.

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