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Fadela Amara tente d’échapper à la malédiction des plans banlieue
Publie le mercredi 23 janvier 2008 par Open-Publishing1 commentaire
Fadela Amara tente d’échapper à la malédiction des plans banlieue
FRANCE. La remuante secrétaire d’Etat se bat pour obtenir des budgets.
Sylvain Besson, Paris
Mercredi 23 janvier 2008
C’est une malédiction à laquelle aucun gouvernement français n’a échappé depuis 1990. Tous les deux ou trois ans, souvent à la suite d’émeutes, un ministre subalterne annonce un plan destiné à venir en aide aux banlieues. Des immeubles sont rénovés, des millions déversés, mais rien ne change vraiment : le chômage, l’échec scolaire, la culture violente de la rue persistent, jusqu’à la prochaine émeute, au prochain plan.
Fadela Amara, la remuante secrétaire d’Etat à la ville de Nicolas Sarkozy, s’est jurée de sortir de cette spirale infernale. Son projet « Espoir banlieue », présenté mardi à Vaux-en-Velin près de Lyon, n’est pas un « énième plan », selon elle, mais l’amorce d’une dynamique qui sortira les quartiers les plus pauvres de leur isolement. Dans ce but, les aides seront concentrées sur une centaine de sites prioritaires. Des crédits devront être débloqués pour mieux les relier aux transports publics. Les subventions aux associations de quartier seront liées à une exigence de résultat.
Un milliard d’euros
Fadela Amara a aussi annoncé « des dispositifs pour créer plus de 45000 emplois en trois ans » et « réduire le chômage des jeunes de 40% ». Mais pour l’instant, ces promesses restent au stade des déclarations d’intention. D’abord parce que Nicolas Sarkozy doit lui-même détailler sa politique pour les quartiers défavorisés le 8 février prochain - c’est alors, seulement, que le plan « Espoir banlieue » prendra sa forme définitive. Ensuite parce que Fadela Amara doit encore arracher les financements indispensables pour appliquer ses idées.
Le chiffre d’un milliard d’euros a circulé récemment. Un budget non négligeable, mais qu’il faut rapprocher de l’aide de 310 millions d’euros promise il y a quelques jours aux pêcheurs français. Cela fait presque 13000 euros pour chacun des 24000 pêcheurs, alors que les habitants recensés dans les « Zones urbaines sensibles » sont plus de 4,6 millions.
Il reste quelques jours à Fadela Amara pour tenter d’obtenir davantage. Ses atouts sont indéniables : elle connaît le terrain, les habitants des banlieues apprécient son franc-parler, Nicolas Sarkozy la soutient. Mais son cabinet est désorganisé, ses déclarations à l’emporte-pièce dénotent un manque de sens politique, ses relations avec plusieurs ministres sont exécrables. Sa supérieure directe, la ministre du Logement, Christine Boutin, rejette l’idée même d’un plan pour la banlieue : « La logique des « zones » à la base de toutes nos politiques d’aides a dressé des frontières entre les paysages urbains, déclarait-elle dans La Croix du 14 janvier. Ce système a ghettoïsé des territoires. »
Ennemis dans la majorité
Fadela Amara s’est aussi fait beaucoup d’ennemis dans la majorité de droite. Elle a traité Nadine Morano, la porte-parole du parti présidentiel UMP, de « Castafiore » qui « énerve tout le monde ». Elle a trouvé « dégueulasse » les tests ADN pour les candidats au regroupement familial, une mesure pourtant adoptée par le parlement. Début janvier, elle déclarait qu’elle ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy s’il se représente en 2012, mais pour un ou une socialiste, « si le candidat est bon ». Une déclaration risquée : « Si le soutien de Sarkozy lâche, estime le sociologue Sebastian Roché, c’est fini pour elle. »





Messages
1. Fadela Amara tente d’échapper à la malédiction des plans banlieue , 23 janvier 2008, 19:17, par momo11
Nous c’est a fadela amara que l’on veut échapper.En effet les girouettes sont très dangereuses,surtout si un vent de révolte se lève !momo11