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HAUTES CIMES ET BASSES VALLÉES

mercredi 20 décembre 2006

le Yéti

Té, revoilà notre Yéti de retour vers les cimes ; crotté, pelé, galeux, l’air mauvais.

Alors Yéti, ça s’est passé comment, ce long voyage dans les vallées d’en bas ? T’en fais une bouille.

Ah, ne m’en parlez SURTOUT pas ! Un calvaire ! Jamais vu un bordel pareil ! À croire que le réchauffement de la planète leur a embrasé le ciboulot ! Sont tous à se cogner dessus à qui mieux mieux. Et quand personne ne s’occupe d’eux, trouvent le moyen de faire naufrage tout seul, comme des benêts.

Y a des riches, des pansus, des pleins aux as qui racontent des sornettes incroyables à des gogos qui n’en peuvent mais, et se font arnaquer de première. Des riches pansus qui se font péter le ventre avec des richesses tellement faramineuses qu’ils ne peuvent même plus les digérer. Grandeurs, rots, hoquets et décadence !

Y a des masses molles hébétées aux ventres flasques regardant les riches pansus avec un mol regard d’envie. En grattant des tickets de loterie. Et en glapissant de colère devant une dizaine de tentes de sauvetage plantées sous leurs fenêtres.

Y a aussi des pauvres de chez pauvres aux ventres craquelés de vide, et qui n’ont plus pour se nourrir que des chimères, des fariboles à la mords-moi-le-nœud, des Dieux vengeurs, des croyances placebos qui vont les délivrer de la Vie calamiteuse en les menant à une Mort bienheureuse.

À pleurer, je vous dis !

Mais personne, vraiment personne pour brandir l’étendart de la révolte ???

Parlons-en de leurs révoltes ! Je viens d’une contrée où quelques uns prétendaient précisément à cette révolte. De braves gens pleins de bonnes intentions, mais un peu isolés. "Collectifs unitaires, collectifs unitaires", clamaient-ils pour se rassurrer l’un l’autre sur leur île un tantinet déserte. Ils semblaient pleins de volonté, prêts à en découdre.

Or voici que s’avancent, sauveteurs impromptus que personne ne réclamait, des rafiots du temps passés, gonflés d’importance mais un tantinet brinquebalants, aux planches carrément vermoulues, aux voiles en lambeaux. Bref ! Des épaves fantomatiques ânonnant à qui veut les entendre des "pécéhef, élcéherre, hello vaincra".

Genre le bâteau des pirates dans Astérix le Gaulois ?

Ouille-ouille-ouille, arrête, aigle narquois, je vais encore me prendre une volée de bois vert ! En tout cas, rien n’y fit. Personne ne voulut monter à bord de ces youyous incertains. Les équipages en prirent ombrage, montrèrent ce qui leur restaient de dents. Puis, dit-on, décidèrent de partir seuls en mettant le cap vers des récifs meurtriers sur l’air d’un très ahurissant "We are the champions". Dommage, j’avais quelques bons copains dedans.

Ça ne t’a pas servi de leçon, les autres fois, Yéti ? En 36, t’es descendu en ne jurant que par les congés payés. En 68, tu glorifiais la libération sexuelle. En 1789, t’as failli y laisser ta tête. À chaque fois, tu y as versé toutes les larmes du désespoir.

Désespéré, moi ? Vous voulez rigoler ? Pour dés-espérer, il faut avoir espéré ! Je ne suis JAMAIS désespéré, juste affligé par les constats de carence des basses vallées humaines. Mais il y a heureuseusement toujours quelques lueurs deci delà, un Mandela, quelques frémissements en Amérique du Sud, des potes avec qui trinquer, et des passionarias aux mollets ardents et aux ventres chauds. Vous en voyez beaucoup, vous, des ventres chauds sur ces cimes glacés et désolés ?

Euh, non, ça c’est vrai, les ventres chauds, ça ne court pas trop les sommets. Et l’eau-de-vie d’edelweiss a des relents d’amertune quand on la boit tout seul. Tiens, prends en donc une lampée puisque t’es là. Ho, tu m’entends, Yéti ? Mais où il est passé, ce bougre d’abruti ?

L’est r’descendu.

Messages

  • Nous sommes toujours là , le Yéti... Ce n’est pas parce qu’ils veulent partir seuls que nous allons nous arreter.
    Laissons les dériver sur leurs esquifs brinquebalants et continuons à construire et à mener notre propre barque.

    Alain

  • Je suis un benêt en politique, mais tout de même je me pose des questions, pas très intelligentes je vous l’accorde. Mais tant pis.

    Les collectifs sont bien l’émanation d’un mouvement populaire dans la dymamique du NON au TCE et des grandes manifestations de ces dernières années, non ?

    Il y a bien des gens, des partis, qui se réclament les défenseurs du peuple, non ?

    Ce que le peuple veut, c’est bien rompre avec cette société ultralibérale, non ?

    Pour y arriver, il faut bien que quelqun représente cette aspiration, non ?

    Si ceux qui se réclament du peuple et sont organisés pour cela ne sont pas foutus de s’entendre pour représenter le peuple... Y AURAIT PAS TROMPERIE SUR L’ETIQUETTE PAR HASARD ?

    RC de Toulouse.

    • oh l’autre °°°°°0 z’est p’tete une coque de noix mai au moins nous sommes en mer alors que vs vs faites des ronds dans la piscine et la haut sur la montagne j’salue ma copine la neige et on s’donne renk’art ailleurs bizzzz’°

  • “Jamais vu un bordel pareil ! À croire que le réchauffement de la planète leur a embrasé le ciboulot ! Sont tous à se cogner dessus à qui mieux mieux. Et quand personne ne s’occupe d’eux, trouvent le moyen de faire naufrage tout seul, comme des benêts.”
    Ce constat peut etre generalisé a une grande partie de la population qui ressent et pressent que nous sommes dans un basculement general que plus personne ne maitrise et qui debouche sur un inconnu destabilisant pour tous,de la vie quotidienne aux enjeux de pouvoir.
    Meme les ours des Pyrenees semblent avoir perdu le nord,puisqu’ils n’hibernent plus !!!
    http://news.independent.co.uk/environment/article2091875.ece

  • Félicitations en passant quand même pour les photos ...

    D’ailleurs, Le Yeti, il suffit que tu regardes derrière toi et tu verras que tu n’es pas tout seul.
    Léa.

    • J’aime bien l’abominable homme des neiges car je comprends tout ce qu’il dit. Je suis aussi derrière mais c’est surtout pour l’eau de vie d’édelweiss. Ça manquait à mon cocktail...

      JMH

      NB : Yéti, y a une rivière dans ta vallée. C’est pour savoir si on peut pêcher...

    • Non seulement, JMH, il y a une rivière, mais même mieux : regarde la photo de l’article précédent. Je l’ai prise par chez moi. (J’adore la pêche à la mouche en rivière et la pêche du bar au lancer en mer, pas seulement les jours d’élections sans avenir).

      Pour ce qui est de la photo, elle est tirée du film 2001 l’Odyssée de l’espace, du vieux Kubrick

      Salut à tous et santé aux buveurs d’eau-de-vie ou autres ragaillardissants beuvrages du même tonneau. On en a plutôt besoin après avoir dû se cogner tous ces zébus entartrés pendant toute cette lamentable pré-campagne. Je ne sais pas vous, mais derrière les regrets et l’amertune de cet échec, perle un je ne sais quoi de sentiment de libération. Je sais bien que ça ne va pas nous débarasser tout de suite des sombres canailles qui nous gouvernent, mais bon on a l’habitude depuis le temps. Et merde à tous les sinistres, de droite ou de gauche.

      Le Yéti

    • Yéti,

      J’avais vu l’article et la photo. Mais j’ai un truc fantastique pour toi. Le mari d’une cousine de mon épouse organise à Coihaique, Patagonie chilienne, des séjours de pêche à la mouche. Et les prix sont très raisonnables bien qu’il travaille beaucoup avec des yankees.

      Idéal en janvier-février. Tu veux venir taquiner la truite ? Ça te donnerai des forces pour avril-mai.

      Mais, évidemment, si tu es au RMI, ça va être dur...

      JMH

      NB : Je peux ajouter eau de vie d’édelweiss sur la liste unitaire ?

    • Non, JMH, je ne suis pas au RMI. Honnêtement, je ne fais pas partie de ceux qui sont à plaindre (je parle au niveau financier), mais delà à me payer un week-end en Patagonie, faut étudier...

      Enfin, étudier, pas tellement la peine en fait. Au moment où j’écris ces lignes, j’y suis déjà, en Patagonie ! L’avantage quand on est un Yéti, c’est qu’on peut être exactement là où on décide d’être à la minute où on le décide.

      J’ai une fascination sans nom pour la Patagonie, le Sahel, et tout ce genre de terres brûlées hors de portée du pélerin confit en dévotions de St Jacques de Compostelle.

      Pour l’eau-de-vie d’Edelweiss, tu oublies. Chuis sûr que c’est un attrape-touriste, ou l’invention d’un vieux singe atteint par l’ivresse des cimes. (Par contre, j’ai deux/trois trucs à base de pommes ou de poires qui t’arriment les pieds à la glaise et te font décoller les neurones, je te raconte même pas !)

      Le Yéti

    • Pour la Patagonie, l’offre reste ouverte. La route australe, c’est que du bonheur !

      JMH

    • Quand deux yétis se rencontrent
      qu’est-ce qui s’racontent ? ...

      Léa.

    • Ben, qu’ils ont ont la pêche malgré leur poire car ils sont de bonnes pommes.

  • Au fait, comment démarrent en général les révolutions ? N’est-ce pas souvent le peuple affamé qui descend dans la rue semer le désordre et l’anarchie ?

    Les partis "traditionnels" ne bougeront pas, tant que les citoyens continueront de leur faire confiance. Mais leur crédit est quasiment consommé en totalité.

    Alors peut-être que tous les yétis du monde recommenceront à grimper les sommets pour aller admirer les étoiles et la lune de plus près.

    Intruse

    • ben qu’ils y aill’e et ainsi nous serons enfin tranquille pour l’@n’arch’ie et le joyeux desordre de la grrr e ve et en plus je vs signale que pour se coller au etoiles suffit d’une nuit etoilee d’un espace degage tu t’allonge tu t’oubli’e et z’est plus rigolo qu’au manege le vertige bref j’ prefere les hauteurs de bords de mer a vos sommets de la pensee superieure qui se vautre en pat’ agonie pitoyable