Accueil > LA FRANCE "À L’HEURE LIBYENNE"..... Colbien ca coûte ?
LA FRANCE "À L’HEURE LIBYENNE"..... Colbien ca coûte ?
Publie le jeudi 13 décembre 2007 par Open-PublishingLa polémique continue autour de la visite de Kadhafi à Paris
PARIS (Reuters) - La visite de Mouammar Kadhafi en France, qui est passée jeudi dans une phase privée, continue de provoquer des remous.
Les propos du numéro un libyen, mercredi soir, condamnant les attentats meurtriers d’Alger comme le lui avait "vivement" recommandé Nicolas Sarkozy selon l’Elysée, n’ont pas fait taire les polémiques.
"On a assisté à une espèce de circus Kadhafi, à une farce un peu tragique et comique", a déclaré le socialiste Manuel Valls, joignant sa voix au concert de critiques de l’opposition qui a dénoncé cette semaine les honneurs faits à un "dictateur".
"Quand le président de la République se fait traiter de menteur par le colonel Kadhafi sur le fait qu’ils aient ou non traité la question des droits de l’homme, il y a un affront, il y a une humiliation", a estimé le député-maire d’Evry sur RTL.
Mardi, à l’Unesco, le dirigeant libyen avait fait la leçon à la France, invitée à s’occuper mieux de ses immigrés "avant de parler des droits de l’homme".
Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, Nicolas Sarkozy est devenu au fil de la semaine le "dindon de la farce" orchestrée par Mouammar Kadhafi.
Le président français "prétendait rompre avec la Realpolitik, celle, disait-il, ’qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner des contrats.’ Aujourd’hui, les contrats sont devenus ses valeurs", déclare-t-il dans un entretien accordé au journal Le Monde.
"Paria de la communauté internationale, Kadhafi aurait dû être traité comme tel, avec des pincettes, comme un criminel sous haute surveillance", juge pour sa part, également dans Le Monde, l’écrivain Pascal Bruckner. "Faire des affaires n’interdit pas de parler clair aux dictateurs".
LE COÛT DE LA VISITE
Le ton monte également dans les rangs de la majorité après la volée de critiques, de Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des droits de l’homme, à Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, en passant par les ministres Christine Boutin et Bernard Kouchner.
Après avoir boycotté la réception en l’honneur de Mouammar Kadhafi à l’Assemblée nationale, mardi, comme une partie du groupe UMP, Lionnel Luca a écrit au ministre des Affaires étrangères pour lui demander des précisions sur le coût d’une visite de cinq jours.
Rama Yade, qui avait été reçue à l’Elysée lundi après la publication dans Le Parisien d’une interview dans laquelle elle s’offusquait en termes vifs de la présence du colonel Kadhafi à Paris, a défendu les résultats obtenus lors de cette visite.
"Depuis l’arrivée de notre hôte sur le sol français, le président de la République s’est attaché avec constance et réussite à obtenir du chef d’Etat libyen des garanties" dans le domaine des droits de l’homme, a-t-elle dit lors de la séance des questions au gouvernement au Sénat.
Rama Yade n’a précisé quelles garanties avaient ainsi été obtenues du numéro un libyen, qui a justifié mardi dans un entretien télévisé l’absence d’élections dans son pays et dit qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Libye.
La visite officielle s’est achevée mercredi soir après un second entretien entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi au terme duquel le président français ne s’est pas exprimé.
Dans un entretien que publie Le Nouvel Observateur, il se livre à un plaidoyer pro domo de sa Realpolitik. La France, dit-il, est "utile quand elle parle à tout le monde", du numéro un libyen au président syrien Bachar el-Assad.
Jeudi, avant Rama Yade, deux de ses proches collaborateurs sont intervenus pour à nouveau défendre le principe de ce voyage, le premier en France du colonel Kadhafi depuis 34 ans.
"La France a décidé d’accueillir le président Kadhafi et je pense qu’elle a eu raison (...) La France, pour être fidèle à ses valeurs et à ses principes, doit jouer dans le monde un rôle en faveur de la paix. C’est ce qu’elle fait avec la politique libyenne", a déclaré Henri Guaino sur France Inter.
Cependant, prié de dire si Mouammar Kadhafi était un dictateur, Henri Guaino a répondu par l’affirmative avant d’ajouter, "mais il y a beaucoup de dictateurs dans le monde".
LA FRANCE "À L’HEURE LIBYENNE"
De son côté, le secrétaire général de l’Elysée a expliqué que cette visite profitait à toute la communauté internationale. Les contrats signés avec la Libye représentent l’équivalent de 30.000 emplois sur cinq ans, a-t-il fait valoir sur Europe 1.
Claude Guéant a annoncé que Mouammar Kadhafi reviendrait en France en 2008, à Marseille avant l’été, pour une réunion sur le projet d’Union méditerranéenne porté par Nicolas Sarkozy.
Claude Guéant a été par ailleurs longuement auditionné par la commission d’enquête parlementaire sur les conditions de la libération des soignants bulgares, intervenue en juillet, la veille du déplacement à Tripoli de Nicolas Sarkozy.
A ce sujet, le médecin d’origine palestinienne détenu huit ans en Libye avec les cinq infirmières bulgares a déposé plainte à Paris contre Mouammar Kadhafi, cinq militaires libyens et un médecin pour tortures, a annoncé son avocat, François Cantier.
A part une visite du Louvre jeudi après-midi et du château de Versailles vendredi, le programme privé de "Guide de la révolution" pour ses deux derniers jours en France était flou.
"Depuis le début de la semaine, tout le monde est à l’heure libyenne", commente l’un des organisateurs de la conférence de presse du dirigeant libyen, dont la tenue n’st pas confirmée.




