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La France organisera le premier procès de la dictature chilienne

jeudi 22 février 2007 - Contacter l'auteur - 2 coms
William Bourdon

Le général Augusto Pinochet, décédé en décembre 2006, a échappé à un procès historique. Mais dix-sept membres de sa junte, essentiellement des militaires, ont été renvoyés mercredi 21 février, devant la cour d’assises de Paris pour la disparition de quatre Français entre 1973 et 1975. Ce procès, qui se tiendra au plus tôt en 2008, sera le premier, et peut-être le seul au monde à se pencher sur la dictature chilienne.

Les dix-sept personnes seront jugées par contumace. Elles sont poursuivies pour"arrestations et détentions ou séquestrations sans ordre des autorités constituées", avec la circonstance aggravante qu’elles ont été "accompagnées de tortures ou d’actes de barbarie". Des faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. La juge Sophie Clément, qui a signé l’ordonnance de renvoi, est allée au-delà des réquisitions du parquet de Paris, qui avait réclamé fin janvier le renvoi de quatorze personnes et n’avait retenu les faits de torture que pour l’une des victimes.

Au total, dix-neuf personnes ont été mises en examen dans ce dossier, contre lesquelles des mandats d’arrêt internationaux ont été lancés en 2001 et 2005. Mais deux sont mortes depuis : le général Pinochet et le général Javier Secundo Emilio Palacios Ruhmann, qui avait mené l’attaque contre le palais présidentiel de la Moneda en septembre 1973.

LES ACCUSÉS ONT REFUSÉ DE RÉPONDRE À LA JUSTICE FRANÇAISE

"La mort de Pinochet n’éclipse pas la portée historique et symbolique du futur procès français des autres chefs d’orchestre des violations des droits de l’homme au Chili", a estimé Me William Bourdon, avocat des familles de trois des quatre Français disparus au Chili. Il s’agit de Georges Klein, conseiller de Salvador Allende, arrêté après le suicide du président, de l’ancien prêtre Etienne Pesle, d’Alphonse Chanfreau et de Jean-Yves Claudet-Fernandez, deux membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR).

Parmi les principaux mis en cause figurent le général Manuel Contreras, fondateur de la Dina, la police secrète du régime et Paul Schaefer, 83 ans, fondateur de la Colonie de la dignité, vaste domaine situé dans la cordillère des Andes où ont été séquestrés des opposants politiques. Si les accusés, entendus au Chili, ont, pour la plupart, refusé de s’expliquer devant la justice française, celle-ci dispose des témoignages de prisonniers qui ont survécu et de militaires repentis.

La justice française avait été saisie du sort des disparus en 1998. Elle est compétente pour les crimes commis par un étranger, hors du territoire national, lorsque la victime est française. Les disparitions forcées ne sont pas prescrites tant que les auteurs dissimulent le sort réservé aux disparus.

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Les dix-sept accusés poursuivis pour la disparition de Français au Chili

Voici les noms des dix-sept accusés renvoyés devant la cour d’assises de Paris qui les jugera par contumace pour la disparition de quatre Français au Chili entre 1973 et 1975.

Poursuivi pour les 4 disparus :

- Juan Manuel Guillermo Contreras Sepulveda (général de l’armée de terre en retraite), 77 ans, incarcéré au Chili. Ex-chef de la Dina (Direccion de investigaciones nacionale), la police secrète du régime.

Poursuivis pour la disparition de Georges Klein :

- Herman Julio Brady Roche (général de l’armée de terre en retraite), 86 ans, ex-général de l’armée de terre, commandant en chef de la garnison de Santiago

- Luis Joachim Ramirez Pineda (général d’armée à la retraite), 81 ans, ex-lieutenant-colonel, commandant du régiment d’artillerie de l’armée de terre Tacna qui aurait détenu Klein.

- Rafael Francisco Ahumada Valderrama (Colonel), 62 ans, ex-capitaine soupçonné d’avoir exécuté Klein dans la propriété de Peldehue appartenant au régiment Tacna.

Pour Etienne Pesle :

- Emilio Sandoval Poo (officier de la force aérienne chilienne) 71 ans, ferait partie du groupe de militaires portant l’uniforme de la Fach qui a arrêté Pesle.

- Andres Rigoberto Pacheco Cardenas (colonel de la Force aérienne chilienne à la retraite), 78 ans, ex-commandant de la base de Maquehue (au sud de Temuco) où l’ancien prêtre a été détenu.

Pour Alphonse Chanfreau :

- Pedro Octavio Espinoza Bravo (brigadier général de l’armée de terre en retraite), 74 ans, incarcéré, ex-lieutenant-colonel d’infanterie, N°2 de la Dina. Il aurait fait ses preuves à la tête de la caravane de la mort (commando en hélicoptère de 12 hommes chargé de l’exécution d’opposants)

- Gerardo Ernesto Godoy Garcia (colonel des carabiniers en retraite), 60 ans, ex-sous-lieutenant de l’armée de terre, surnommé "capitaine Manuel", il dirigeait un groupe d’intervention de la Dina, le commando Tucan.

- Osvaldo Enrique Romo Mena, sans profession, 68 ans, incarcéré au Chili, ex-commandant de l’armée de terre, surnommé "Romo le ventru", membre du groupe d’intervention de la Dina qui a arrêté Chanfreau.

- Miguel Krasnoff Martchenko (colonel de l’armée de terre), 61 ans, ex-capitaine de l’armée de terre, il aurait participé à des séances de torture au 38, rue de Londres à Santiago, l’un des centres d’interrogatoire de la Dina surnommé "la maison de la terreur".

- Marcello Luis Moren Brito (colonel de l’armée de terre en retraite), 71 ans, ex-commandant de l’armée de terre affecté à la Dina, il aurait participé à des séances de torture, rue de Londres.

- Basclay Humberto Zapata Reyes (sous-officier de l’armée de terre), 60 ans, ex-sous-officier de l’armée de terre, il se serait vanté d’avoir écrasé les jambes de Chanfreau avec une voiture à la Villa Grimaldi, centre d’interrogatoire de la Dina.

- Paul Schaeffer Schneider, chef de la "colonie de la dignité" rebaptisée "villa Baviera", 85 ans, incarcéré au Chili, ancien nazi qui avait fondé au Chili cette colonie qui a servi de camp de détention.

Pour Jean-Yves Claudet :

- José Octavio Zara Holger (général de l’armée de terre à la retraite), 64 ans, ex-officier de l’armée de terre, il aurait secondé le colonel Contreras pour les activités de la Dina à l’étranger.

- Raul Eduardo Iturriaga Neumann (général de l’armée de terre en retraite), 69 ans. Surnommé "El Chico", il était responsable du département extérieur (service étranger) de la Dina.

- José Osvaldo Riveiro (lieutenant-colonel de l’armée de terre en Argentine à la retraite), 74 ans. Second de la police secrète d’Argentine.

- Enrique Lautaro Arrancibia Clavel, 62 ans, incarcéré en Argentine. Un des premiers agents introduit par la Dina en Argentine.

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Mots clés : Amérique Latine / Sud / Dazibao / Justice-Droit / William Bourdon /

Messages

  • A part les militaires, il y a des civils. Voici le Club des Dix.

    Des idées, Bourdon ?

    JMH

    - Agustín Edwards : Responsable de la censure lors du coup d’État.

    - Jaime Guzmán : Homme de l’ombre qui écrivait, notamment, les discours de Pinochet.

    - Jovino Novoa : Supposé auteur intellectuel de l’assassinat du syndicaliste Tucapel Jiménez.

    - Ricardo García : Supposé auteur intellectuel de l’assassinat de trois militants communistes égorgés en 1985, de deux jeunes femmes brûlées vives, de l’éditeur d’« Analisis » José Carrasco, de l’électricien Felipe Rivera, du publiciste Abraham Muskatblic et de Gastón Vidaurrazága en 1986.

    - Le curé Hasbún : Fervent soutien de Pinochet et de la Colonie Dignidad, crée par Paul Schaefer, ancien caporal-infirmier nazi et pédophile, aujourd’hui en prison. La colonie Dignidad a été un centre de détention et de torture. Pinochet y venait souvent et le chef des Services Secrets Manuel Contreras y chassait. Le « Mamo » Contreras est aussi en prison.

    - Sergio Onofre Jarpa : Fondateur de Rénovation Nationale, extrême-droite pinochetiste à l’origine, responsable de la mort de dizaines de manifestants en mai 1983.

    - Ambrosio Rodríguez : Avocat, défenseur de Pinochet et qui en 1977, aurait joué un rôle dans la disparition de Jacobo Stoulman et Matilde Pessa.

    - Manfredo Mayol : Directeur de Canal 13 et de TVN (Télévision Nationale), chargé notamment de distraire l’opinion avec des fadaises.

    - Ricardo Claro : Chargé de collecter des fonds pour le gouvernement militaire en 1973 et supposé auteur intellectuel de la disparition d’ouvriers d’Elecmétal, entreprise lui appartenant.

    - Sergio Diez : A démenti, devant l’ONU en 1975, l’existence de détenus-disparus.

  • et en 2010 le pemier procès de la dictature Française ,dictature molle certes ,mais

    au combien sournoise et perverse

    oeil de bison

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