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La révolte discrète du soldat Fillon
Publie le jeudi 13 septembre 2007 par Open-Publishing2 commentaires
Monde
24H, quot suisse
La révolte discrète du soldat Fillon
Le premier ministre tente d’exister face à l’omniprésent Sarkozy. Possible ?
Méchant, le Journal du Dimanche relevait dans sa dernière édition que l’agenda de François Fillon ressemblait à un désert : un ou deux rendez-vous lundi et mardi, avec ses ministres, puis plus rien. Preuve s’il en est de l’état d’abandon dans lequel l’hyperactif président laisse son premier ministre. Depuis, son programme a pris un peu de volume, avec notamment la réception de Jacques Delors, d’un ancien ministre et d’un pasteur. Mais Fillon, c’est peu dire, a du mal à exister face à un chef de l’Etat omniprésent, qui répète à l’envi : « Moi je ne resterai pas les bras croisés. »
A chaque couple exécutif ses modes de fonctionnement, sa répartition des tâches. François Fillon, homme de l’ombre jusque-là, davantage porté par son gaullisme réformateur que par des ambitions personnelles, aurait pu se contenter de ce rôle de simple coordinateur de l’action gouvernementale. Après tout, l’engagement sur tous les fronts de Nicolas Sarkozy le met à l’abri des coups, des revers. Et l’« état de grâce » présidentiel justifie, provisoirement, la surexposition de l’Elysée. Mais la modestie, même chez ce fils de notable sarthois, a des limites.
« Le signal du président »
Dimanche, le premier ministre, réduit au rang de simple « collaborateur » par l’Elysée (lire ci-contre), sort de son silence. Il choisit délibérément un sujet qu’il sait sensible, les retraites des employés des entreprises publiques (les « régimes spéciaux »). Et dégaine. La réforme « est prête, elle est simple à faire », on n’attend que « le signal du président de la République ».
En quelques heures, la formule fait monter aux barricades les syndicats, jusque-là coopératifs avec le nouveau pouvoir, et assombrit du même coup la rentrée sociale. Prié de s’expliquer rapidement sur ses intentions, Sarkozy temporise. Oui, la réforme des régimes spéciaux est nécessaire, mais « un peu de méthode ne nuit pas à la résolution d’un problème ». Traduction : Soldat Fillon, vous auriez mieux fait de vous taire.
Les lieutenants sont partout
Querelle sans importance, alimentée à l’excès par les médias, comme le suggère Daniel Schneidermann dans Libération Oui et non. C’est vrai que le roman des rivalités personnelles éclipse souvent des enjeux plus cruciaux. Après Pompidou-Chaban, Giscard-Chirac, Mitterrand-Rocard et Chirac-Sarkozy, voici Sarkozy-Fillon, éternel remake d’une saga bien française : qui tuera l’autre ?
La situation actuelle, pourtant, est inédite. Dans le dispositif Sarkozy, la place de Matignon n’est pas lisible. Non seulement l’Elysée intervient directement dans toutes les affaires intérieures ? la fusion GDF-Suez, l’éducation, l’avenir de la filière agricole, pour ne citer que les exemples les plus récents ? mais ses lieutenants sont partout. Claude Guéant occupe le terrain médiatique comme aucun secrétaire général de l’Elysée ne l’a fait avant lui. A ses conférences de presse, les ministres serrent les rangs comme s’il s’agissait du... premier ministre. Henri Guaino, la « plume » de Sarkozy, s’exprime aussi sans la moindre gêne, n’hésitant pas à devancer les discours du premier ministre.





Messages
1. La révolte discrète du soldat Fillon, 13 septembre 2007, 12:01
La aussi je vous méfiance, ils ne sont pas idiots ces Sarkrodirlos !
la grenade dégoupillée !!!!
12 septembre 2007 - 01h19 - Posté par 81.**.221.** Bis
Ne serais ce pas une tactique du potentat prélat, il est futé l’agité, une petite annonce en duo prétenduement désobéissant, il lève la barre un peu haut pour tester les biscoteaux des prolos ?
Juste une question ? qu’en pensez vous. La tactique est parfois utilsée dans nos Quartier Mef ! Skapad.
1. La révolte discrète du soldat Fillon, 13 septembre 2007, 19:46
hello,
Entiérement d’accord . La machine médiatique est en marche, tout est calculé :
Mardi : FIllon glisse un mot sur la réforme des retraites, le signal est donné dans les médias, l’information est relayée, amplifiée.
Le soir même, "l’information" fera la une de tous les quotidiens et TV de France avec amples détails, indignation des representants syndicaux et explication biaisée des médies . La caisse de resonnance est lancée .
Mercredi : match de foot France - Ecosse . L’information principale est "enterrée" par l’evenement, elle passe en second plan dans les médias . On baisse un peu le son .
Jeudi : Sarkozy tempére "Un peu d’ordre ne nuit pas la méthode" . Les médias juge l’evenement uniquement sous l’angle du rappel à l’ordre du 1er ministre par Sarkozy alors que celui ci n’a meme pas cité le 1er ministre et ne fait que temperer . On oublie toujours le débat . C’est au tour de l’oppposition de parler mais elle ne se montre pas virulente. Hollande se déclare même pour . On se frotte les mains au gouvernement . Emmanuelli est a peine entendu .
La suite logique c’est : on fait oublier quelque temps l’idée avant de la faire réapparaitre à la une sur un mode "nous allons vous expliquer pourquoi" avec interviews du 1er ministre et de sarkozy, "on travaille en equipe au gouvernement", "on va faire tout ce qu’on peut pour dialoguer avec les partenaires sociaux" (sous entendu "si ils ne le veulent pas on y peut rien" ) .. on parie ?