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Le petit Roi et sa basse-cour

Publie le mercredi 27 février 2008 par Open-Publishing
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Naboléon Sarko
18 Janvier 2008 | Chroniques parues dans GHI, suisse

Le petit Roi et sa basse-cour

Il fut un temps où, pour disserter sur la politique de la France, les observateurs patentés, les experts en tous genres, les analystes diplômés de l’Université de Tolochenaz et les grands patrons d’Instituts de mes deux, consultaient les pages du « Monde », du « Figaro » ou encore de « Libé ». Il est amusant de voir aujourd’hui lesdits spécialistes, savants de la chose publique et internationale, cherchant leurs informations dans « Gala », « Paris-Match » ou « Voici » ; savoureux de les voir se fendre d’éditos sur Cécilia, l’ex, qui présente son président de mari comme un « sauteur », ou sur le président lui-même qui, dans l’intimité, traitait sa compagne de « conne » !

Allez donc déceler les intentions françaises en matière de politique européenne, dans les rumeurs sur les capacités sexuelles du nain-président ! Comment juger du bilan présidentiel alors que se joue au sommet de la République un vaudeville de deuxième zone ? Comment trouver dans ce mélange de « Top Model » et de « Star Acedemy », les indications sur l’avenir économique de l’Hexagone ?

Et si encore il n’y avait que la rupture avec l’ex-Madame Jacques Martin…
A présent, il faut se farcir la suite de cette série B française, la nouvelle conquête du « sauteur », Miss Carla Bruni, mangeuse d’hommes et chanteuse. Un rebondissement qui fait passer ce feuilleton de la mauvaise « sitcom » au film amateur sur un mariage de Province, où toute la famille veut être sur la photo officielle ! Soit dans l’ordre Mme Bruni mère, Bruni fiston, papa Bruni, le père naturel de Carla, la belle-mère de celle-ci (qui dit en avoir marre des mariages !), et le reste du troupeau qu’on ne devrait pas manquer de découvrir cette semaine !
Voilà à quoi se résument aujourd’hui la « grandeur » et la politique de la France : les caprices matrimoniaux d’un enfant gâté de Neuilly !

Après De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand et Chirac, il y a un comme un trou béant, un grand vide qu’on devine sans fond. La France, qui jouait si souvent de la grosse caisse dans le concert international, va devoir à présent se contenter d’une modeste flûte. Ce qui n’est pas une mauvaise nouvelle pour ses alliés européens, tant il est vrai qu’on a toujours besoin d’un plus petit que soi…

(Chronique parue dans GHI le 16 janvier 2008)

Messages

  • Il n’y a pas de trou béant. Seulement une France qui est en train de retrouver sa véritable place après avoir fait illusion sur la scène internationale depuis la fin de la seconde guerre mondiale d’abord grâce à son empire colonial, ensuite par son rôle de moteur de l’Europe avec l’Allemagne.
    Il est symptomatique que ce soient les (lointains) héritiers de De Gaulle et "d’une certaine idée de la France" qui semblent aujourd’hui courrir, avec toujours quelques longueurs de retard, après l’Italie berlusconienne. Dans le style Ubu et Bling-bling.
    L’influence internationale de la France se situe désormais derrière celle de l’Italie et de l’Espagne et est trés sérieusement menacée par la Pologne. Pour ne parler que des nations Européennes. Parce que si l’on commence à regarder du côté de l’Inde ou du Brésil...les déclinologues ont encore de beaux jours devant eux.