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Quand sarko se la ferme depuis 6 jours .... VUE DE BELGIQUE

Publie le lundi 19 novembre 2007 par Open-Publishing
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Le blog de Bernard Delattre, correspondant de La Libre Belgique

« Une consolation ?

19.11.2007
Un silence
Sixième jour de grève. Et, comme chaque jour, une avalanche de commentaires. Il y en a un, en revanche, qu’on n’entend plus guère. Un qui n’a plus pris la parole depuis six jours. Un dont le silence devient vraiment assourdissant. On veut évidemment parler de Nicolas Sarkozy.

Le Président est toujours à la manœuvre, assurent ses conseillers. Il suit l’évolution de la situation heure par heure, répètent en boucle ses ministres. N’empêche, il se tait. Et n’apparaît plus à la télé. C’est la première fois depuis son élection à l’Elysée, il y a six mois, que Nicolas Sarkozy ne s’est plus exprimé et n’a plus été vu à la télé pendant une aussi longue période – puisque même pendant ses vacances sur son yacht ou aux Etats-Unis, cet été, on n’avait vu que lui.

C’est un dégât collatéral du changement de statut du Président qu’il incarne. Après six jours de grève, des centaines de millions d’euros d’addition sociale et des millions de voyageurs dans le pétrin, n’importe quel chef d’Etat français avant Nicolas Sarkozy n’aurait plus tardé à intervenir publiquement, à prononcer quelques paroles fortes et solennelles, à appeler le pays à la raison et à la conciliation, etc. Mais ce qui aurait fonctionné pour un Président se positionnant au dessus de la mêlée, jouant les arbitres impartiaux, laissant son Premier ministre aller au front, ne marche plus pour un Président qui, en s’impliquant lui-même et à ce point dans la réforme contestée, fait désormais figure de protagoniste principal du conflit en cours. Un Président dont la parole, jugée ultra-partiale, n’est, du coup, plus d’un grand secours pour sortir le pays de la crise.

Il sera intéressant de voir comment les Français jugeront le silence sarkozien de ces derniers jours. Sauront-ils gré au Président de s’être tu et donc de n’avoir pas pris le risque d’être jugé comme jetant de l’huile sur le feu ? Ou, au contraire, s’agaceront-ils du paradoxe de la situation d’un chef d’Etat omniprésent médiatiquement quand tout va bien, mais spectaculairement absent quand dans le pays, les choses commencent à tourner mal ?

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