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REMEMBER - 11 septembre... (video)

dimanche 11 septembre 2011, par P.G


Publie par Bellaciao...

11 Septembre 1973 : LES DERNIÈRES PAROLES DE SALVADOR ALLENDE

Mes amis,

C’est certainement la dernière fois que j’aurai à m’adresser à vous. La force aérienne a bombardé les tours de Radio Portales et de Radio Corporación. Mes paroles ne sont pas marquées d’amertume mais de déception, et seront le châtiment moral de ceux qui ont trahi leur serment : les soldats du Chili, les commandants en chef titulaires et l’amiral Merino, qui s’est promu lui-même, sans oublier Monsieur Mendoza, général perfide qui, hier encore, manifestait sa fidélité et sa loyauté au gouvernement, et aujourd’hui vient de s’autoproclamer directeur général des carabiniers.

Devant ces faits, il n’y a qu’une seule chose que je puisse dire aux travailleurs : je ne démissionnerai pas !

Placé à un tournant historique, je paierai de ma vie la loyauté du peuple. Et je suis certain que la semence déposée dans la conscience digne de milliers et de milliers de Chiliens ne pourra être arrachée pour toujours.

Ils ont la force, ils pourront asservir, mais les processus sociaux ne s’arrêtent avec le crime ni avec la force.

L’histoire nous appartient et ce sont les peuples qui la font.

Travailleurs de ma patrie,

Je tiens à vous remercier de votre loyauté de toujours, de la confiance que vous avez deposée en un homme qui ne fut que l’interprète des grands désirs de justice, qui donna sa parole de respecter la Constitution et la loi, et qui l’a tenue.

Dans cet instant ultime, le dernier où je puisse m’adresser à vous, je vous demande que vous mettiez à profit cette leçon : le capital étranger et l’impérialisme, unis à la réaction, ont créé le climat pour que les forces armées rompent leur tradition, celle que leur enseigna le général Schneider et que réaffirma le commandant Araya, qui tombèrent victimes de la même couche sociale qui, aujourd’hui, attend bien au chaud qu’une main étrangère lui rende le pouvoir pour continuer à défendre ses profits et ses privilèges.

Je m’adresse tout d’abord à la modeste femme de notre terre, à la paysanne qui a cru en nous, à l’ouvrière qui a travaillé plus, à la mère qui a compris de notre préoccupation pour les enfants.

Je m’adresse aux travailleurs des professions libérales qui ont eu une conduite patriotique, à ceux qui ont agi contre la sédition encouragée par les organisations corporatives, ordres de classe qui ne cherchent qu’à défendre les avantages que la société capitaliste n’accorde qu’à une poignée.

Je m’adresse à la jeunesse, à ceux qui chantèrent et communiquèrent leur joie et leur esprit de lutte.

Je m’adresse à l’homme du Chili, à l’ouvrier, au paysan, à l’intellectuel, à tous ceux qui seront persécutés... car dans notre pays le fascisme s’est déjà fait connaître depuis longtemps dans les attentats terroristes, faisant sauter les ponts, coupant les voies ferrées, détruisant les oléoducs et les gazoducs, bénéficiant du silence de ceux qui avaient l’obligation d’assurer la défense... L’histoire les jugera !

Radio Magallanes sera sûrement réduite au silence, et le son tranquille de ma voix n’arrivera plus jusqu’à vous.

Peu importe, vous continuerez à l’entendre, je resterai toujours à vos côtés ; mon souvenir sera au moins celui d’un homme digne qui fut fidèle à la loyauté des travailleurs.

Le peuple doit se défendre, mais pas se sacrifier. Le peuple ne doit pas se laisser cribler ni écraser, mais il ne doit pas non plus se laisser humilier.

Travailleurs de ma patrie,

J’ai crois au Chili et en son destin. D’autres hommes sauront dépasser ce moment gris et amer où la trahison prétend s’imposer. Allez de l’avant et sachez que dans un avenir plus proche que lointain s’ouvriront à nouveau les larges avenues par où s’avancera l’homme libre pour construire une société meilleure.

Vive le Chili ! Vive le peuple ! Vivent les travailleurs !

Celles-ci sont mes dernières paroles.

J’ai la certitude que mon sacrifice ne sera pas inutile ; j’ai la certitude qu’il sera tout au moins une leçon morale pour châtier la félonie, la couardise et la trahison.

Salvador Allende

Le discours qui fut transmis par A.M. Radio Corporacion

Messages

  • comme le fait de rappeller cet autre 11 septembre, nous militants anticapitatistes,
    nous faisons pas le poids,

    déclarons cette journée
    "journée sans média"

    ça nous soulagera

    • Certains associent benoitement lbéralisme poltique et libéralisme économique, assurant que le libéralisme économique garantit le libéralisme politique et la démocratie...

      Le Chili de Pinochet et de la CIA est pour ces idéologues un redoutable contre-exemple : une société de libéralisme économique ET une dictature.

  • Chili : Dernier discours de Salvador Allende à la radio nationale le 11 septembre 1973

    Je paierai de ma vie la défense des principes qui sont chers à cette patrie. La honte tombera sur ceux qui ont trahi leurs convictions, manqué à leur propre parole et se sont tournés vers la doctrine des forces armées.

    Le Peuple doit être vigilant, il ne doit pas se laisser provoquer, ni massacrer, mais il doit défendre ses acquis. Il doit défendre le droit de construire avec son propre travail une vie digne et meilleure. À propos de ceux qui ont soi-disant « autoproclamé » la démocratie, ils ont incité la révolte, et ont d’une façon insensée et douteuse mené le Chili dans le gouffre. Dans l’intérêt suprême du Peuple, au nom de la patrie, je vous exhorte à garder l’espoir. L’Histoire ne s’arrête pas, ni avec la répression, ni avec le crime. C’est une étape à franchir, un moment difficile. Il est possible qu’ils nous écrasent, mais l’avenir appartiendra au Peuple, aux travailleurs. L’humanité avance vers la conquête d’une vie meilleure.

    Compatriotes, il est possible de faire taire les radios, et je prendrai congés de vous. En ce moment des avions sont en train de passer, ils pourraient nous bombarder. Mais sachez que nous sommes là pour montrer que dans ce pays, il y a des hommes qui remplissent leurs fonctions jusqu’au bout. Moi, je le ferai, mandaté par le Peuple et en tant que président conscient de la dignité de ce dont je suis chargé.

    C’est certainement la dernière occasion que j’ai de vous parler. Les forces armées aériennes ont bombardé les antennes de radio. Mes paroles ne sont pas amères mais déçues. Elles sont la punition morale pour ceux qui ont trahi le serment qu’ils ont prêté. Soldat du Chili, Commandant en chef, associé de l’Amiral Merino, et du général Mendosa, qui hier avait manifesté sa solidarité et sa loyauté au gouvernement, et aujourd’hui s’est nommé Commandant Général des armées.

    Face à ces évènements, je peux dire aux travailleurs que je ne renoncerai pas. Dans cette étape historique, je paierai par ma vie ma loyauté au Peuple. Je vous dis que j’ai la certitude que la graine que l’on a confiée au Peuple chilien ne pourra pas être détruite définitivement. Ils ont la force, ils pourront nous asservir, ils mais n’éviteront pas les procès sociaux, ni avec le crime, ni avec la force.

    L’Histoire est à nous, c’est le Peuple qui la fait.

    Travailleurs de ma patrie, je veux vous remercier pour la loyauté dont vous avez toujours fait preuve, de la confiance que vous avez accordé à un homme qui fut le seul interprète du grand désir de justice, qui jure avoir respecté la constitution et la loi. En ce moment crucial, la dernière chose que je voudrais vous dire, c’est que la leçon sera retenue.

    Le capital étranger, l’impérialisme, ont créé le climat qui a cassé les traditions : celles que montrent Scheider et qu’aurait réaffirmé le commandant Araya. C’est de chez lui, avec l’aide étrangère, que celui-ci espérera reconquérir le pouvoir afin de continuer à défendre ses propriétés et ses privilèges.

    Je voudrais m’adresser à la femme simple de notre terre, à la paysanne qui a cru en nous, à l’ouvrière qui a travaillé dur et à la mère qui a toujours bien soigné ses enfants. Je m’adresse aux fonctionnaires, à ceux qui depuis des jours travaillent contre le coup d’État, contre ceux qui ne défendent que les avantages d’une société capitaliste. Je m’adresse à la jeunesse, à ceux qui ont chanté et ont transmis leur gaieté et leur esprit de lutte. Je m’adresse aux Chiliens, ouvriers, paysans, intellectuels, à tous ceux qui seront persécutés parce que dans notre pays le fascisme est présent déjà depuis un moment. Les attentats terroristes faisant sauter des ponts, coupant les voies ferrées, détruisant les oléoducs et gazoducs, face au silence de ceux qui avaient l’obligation d’intervenir. L’Histoire les jugera.

    Ils vont sûrement faire taire radio Magallanes et vous ne pourrez plus entendre le son métallique de ma voix tranquille. Peu importe, vous continuerez à m’écouter, je serai toujours près de vous, vous aurez au moins le souvenir d’un homme digne qui fut loyal avec la patrie. Le Peuple doit se défendre et non pas se sacrifier, il ne doit pas se laisser exterminer et se laisser humilier. Travailleurs : j’ai confiance dans le Chili et dans son destin. D’autres hommes espèrent plutôt le moment gris et amer où la trahison s’imposerait. Allez de l’avant sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues où passera l’homme libre pour construire une société meilleure.

    Vive le Chili, vive le Peuple, vive les travailleurs ! Ce sont mes dernières paroles, j’ai la certitude que le sacrifice ne sera pas vain et qu’au moins surviendra une punition morale pour la lâcheté et la trahison."

    http://www.legrandsoir.info/Chili-Dernier-discours-de-Salvador-Allende-a-la-radio-nationale-le-11-septembre-1973.html

    • 11 Septembre 1973 : LES DERNIÈRES PAROLES DE SALVADOR ALLENDE

      de : Salvador Allende

      samedi 11 septembre 2004 - 13h40

      Mes amis,

      C’est certainement la dernière fois que j’aurai à m’adresser à vous. La force aérienne a bombardé les tours de Radio Portales et de Radio Corporación. Mes paroles ne sont pas marquées d’amertume mais de déception, et seront le châtiment moral de ceux qui ont trahi leur serment : les soldats du Chili, les commandants en chef titulaires et l’amiral Merino, qui s’est promu lui-même, sans oublier Monsieur Mendoza, général perfide qui, hier encore, manifestait sa fidélité et sa loyauté au gouvernement, et aujourd’hui vient de s’autoproclamer directeur général des carabiniers.

      Devant ces faits, il n’y a qu’une seule chose que je puisse dire aux travailleurs : je ne démissionnerai pas !

      Placé à un tournant historique, je paierai de ma vie la loyauté du peuple. Et je suis certain que la semence déposée dans la conscience digne de milliers et de milliers de Chiliens ne pourra être arrachée pour toujours.

      Ils ont la force, ils pourront asservir, mais les processus sociaux ne s’arrêtent avec le crime ni avec la force.

      L’histoire nous appartient et ce sont les peuples qui la font.

      Travailleurs de ma patrie,

      Je tiens à vous remercier de votre loyauté de toujours, de la confiance que vous avez deposée en un homme qui ne fut que l’interprète des grands désirs de justice, qui donna sa parole de respecter la Constitution et la loi, et qui l’a tenue.

      Dans cet instant ultime, le dernier où je puisse m’adresser à vous, je vous demande que vous mettiez à profit cette leçon : le capital étranger et l’impérialisme, unis à la réaction, ont créé le climat pour que les forces armées rompent leur tradition, celle que leur enseigna le général Schneider et que réaffirma le commandant Araya, qui tombèrent victimes de la même couche sociale qui, aujourd’hui, attend bien au chaud qu’une main étrangère lui rende le pouvoir pour continuer à défendre ses profits et ses privilèges.

      Je m’adresse tout d’abord à la modeste femme de notre terre, à la paysanne qui a cru en nous, à l’ouvrière qui a travaillé plus, à la mère qui a compris de notre préoccupation pour les enfants.

      Je m’adresse aux travailleurs des professions libérales qui ont eu une conduite patriotique, à ceux qui ont agi contre la sédition encouragée par les organisations corporatives, ordres de classe qui ne cherchent qu’à défendre les avantages que la société capitaliste n’accorde qu’à une poignée.

      Je m’adresse à la jeunesse, à ceux qui chantèrent et communiquèrent leur joie et leur esprit de lutte.

      Je m’adresse à l’homme du Chili, à l’ouvrier, au paysan, à l’intellectuel, à tous ceux qui seront persécutés... car dans notre pays le fascisme s’est déjà fait connaître depuis longtemps dans les attentats terroristes, faisant sauter les ponts, coupant les voies ferrées, détruisant les oléoducs et les gazoducs, bénéficiant du silence de ceux qui avaient l’obligation d’assurer la défense... L’histoire les jugera !

      Radio Magallanes sera sûrement réduite au silence, et le son tranquille de ma voix n’arrivera plus jusqu’à vous.

      Peu importe, vous continuerez à l’entendre, je resterai toujours à vos côtés ; mon souvenir sera au moins celui d’un homme digne qui fut fidèle à la loyauté des travailleurs.

      Le peuple doit se défendre, mais pas se sacrifier. Le peuple ne doit pas se laisser cribler ni écraser, mais il ne doit pas non plus se laisser humilier.

      Travailleurs de ma patrie,

      J’ai crois au Chili et en son destin. D’autres hommes sauront dépasser ce moment gris et amer où la trahison prétend s’imposer. Allez de l’avant et sachez que dans un avenir plus proche que lointain s’ouvriront à nouveau les larges avenues par où s’avancera l’homme libre pour construire une société meilleure.

      Vive le Chili ! Vive le peuple ! Vivent les travailleurs !

      Celles-ci sont mes dernières paroles.

      J’ai la certitude que mon sacrifice ne sera pas inutile ; j’ai la certitude qu’il sera tout au moins une leçon morale pour châtier la félonie, la couardise et la trahison.

      Salvador Allende

      Le discours qui fut transmis par A.M. Radio Corporacion

      http://bellaciao.org/fr/spip.php?article9431

    • 11 Septembre, 1973 ... 2003

      jeudi 11 septembre 2003 - 21h17

      "Je paierai de ma vie la loyauté du peuple (...). D’autres hommes surmonteront cette période sombre et amère où la trahison prétend s’imposer" ( Salvador Allende )

      A la veille du 30e anniversaire du coup d’Etat militaire du général Augusto Pinochet, qui a renversé Salvador Allende, le président chilien, Ricardo Lagos, a rendu hommage mercredi 10 septembre à son prédecesseur qui s’était suicidé le 11 septembre 1973. OAS_AD(’Middle’) ; Une plaque portant son nom a été inaugurée dans le salon Independencia où Allende, premier président marxiste arrivé au pouvoir par les urnes, se tira une balle dans la tête avec le fusil d’assaut AK-47 que lui avait offert Fidel Castro.

      La cérémonie était présidée par Ricardo Lagos, deuxième président socialiste de l’histoire du Chili, en présence de la veuve de Salvador Allende, Hortensia Bussi, leurs filles Isabel et Carmen ainsi que le chanteur-compositeur Silvio Rodriguez et l’ex-président du Nicaragua Daniel Ortega. Elle s’est déroulée sans incident mais des carabiniers ont fait exploser un paquet suspect déposé près d’un monument à la mémoire d’Allende, situé en face du palais présidentiel de la Moneda, suscitant un peu de remous dans l’assistance.

      "Salvador Allende fut un homme politique qui aimait son pays, croyait dans la démocratie, cherchait à promouvoir les changements sociaux et consacrait sa vie aux plus pauvres", a déclaré Isabel Allende, présidente de la Chambre des députés. Le président Lagos ne s’est pas exprimé lors de la présentation de la plaque, portant l’effigie de l’ancien président et la devise : "Maîtres de nos propres destins". Au nom du gouvernement, le ministre de l’intérieur, José Miguel Insulza, a rappelé le "sacrifice clair et conscient" d’Allende le matin du 11 septembre 1973. Peu avant de mourir, Allende avait lancé un dernier message radiodiffusé, entré dans l’histoire : "Je paierai de ma vie la loyauté du peuple (...). D’autres hommes surmonteront cette période sombre et amère où la trahison prétend s’imposer".

      La fille d’Allende a souhaité que "plus jamais" ne se produisent au Chili les violations des droits de l’homme perpétrées par le régime militaire qui firent plus de 3 000 morts et des dizaines de milliers de disparus. Interrogée par des journalistes, sa mère a déploré pour sa part que "le Chili soit un pays pas encore réconcilié" où "la démocratie reste limitée". Après des décennies de silence, le Chili s’est enfin plongé ces dernières semaines dans un travail douloureux d’introspection collective sur le régime Allende (1970-1973) et les années de plomb de la dictature militaire.

      La victoire posthume de Salvador Allende sur le général Pinochet

      "Nous ne nous sommes pas rendu compte à l’époque que toute l’histoire passait par Salvador Allende, que l’histoire, c’était lui." La réflexion sous forme de regret, si ce n’est d’autocritique, est de Patricio Guzman, qui achève à Paris un long métrage documentaire sur le président chilien renversé par le général Augusto Pinochet. Patricio Guzman est l’auteur d’un monument du cinéma militant des années 1970, La Bataille du Chili, une passionnante trilogie - trois fois une heure et demie - qui retrace les riches heures du gouvernement d’Unité populaire (UP) et la marche inéluctable vers le coup d’Etat. OAS_AD(’Middle’) ; "A l’époque, je voulais montrer les visages anonymes, les milliers de sympathisants et militants engagés dans la tourmente politique", rappelle le réalisateur, fier de pouvoir présenter bientôt en salles un portrait chaleureux du président déchu. Aucune chaîne publique française n’a soutenu ce Salvador Allende, produit par Jacques Bidou avec des partenaires belges et espagnols. "Allende était un parlementaire classique, raconte Patricio Guzman, mais il n’avait pas froid aux yeux. Il était capable à la fois du petit geste susceptible de nouer un lien affectif avec ses électeurs et du grand geste de portée historique. C’est lui qui a bâti l’UP avec de l’énergie et de l’humour. Au pouvoir, c’est lui qui maintenait l’unité des sept partis de l’UP. Il y avait une distance abyssale entre Allende et les autres dirigeants. Le 11 septembre 1973, nous sommes devenus orphelins."

      Le cinéaste chilien rappelle la vitalité de Salvador Allende, sillonnant le pays au cours de ses campagnes électorales : ""J’ai 65 ans, bien vécus", disait Allende, sans reculer devant le sous-entendu machiste." Le documentaire aborde pour la première fois "la grande histoire d’amour" avec sa secrétaire Miria Contreras, "Payita", qui resta au palais présidentiel de la Moneda jusqu’au dénouement. Le suicide du président interpelle toujours les proches et les militants. Un de ses amis le regrette devant la caméra, car il aurait préféré un Salvador Allende vivant, pouvant prendre la tête de la résistance.

      "Sa sépulture est devenue un lieu de pèlerinage", précise Patricio Guzman. La personne chargée de l’entretien amène à la fondation Salvador-Allende, installée dans le vieux Santiago, les nombreuses lettres laissées par les fidèles. Pourtant, "la dictature a essayé de broyer toute trace d’Allende. La gigantesque machine de la diffamation a fonctionné d’emblée, de manière brutale. Si la mémoire d’Allende est restée vivante, elle a été confinée dans l’intimité des foyers. La jeunesse respecte l’intégrité symbolisée par sa mort, mais n’en connaît pas les antécédents. Il n’y a toujours pas de véritable biographie d’Allende, avec une recherche auprès de témoins et de sources diverses, à l’anglo-saxonne", soupire le réalisateur.

      La fondation Salvador-Allende, dirigée par sa fille Isabel Allende, présidente de la Chambre des députés (à ne pas confondre avec son homonyme, la romancière, nièce du président de la République), "expose dans une belle demeure les tableaux réunis par l’exil chilien, mais ne présente guère d’informations biographiques ou politiques", critique Patricio Guzman. Avec une certaine désolation, le réalisateur du Cas Pinochet souligne la "mentalité andine, bolivienne, renfermée", des Chiliens : "Il faut être discret, retenu, il faudrait oublier pour ne pas être qualifié de rétrograde." "Le Chili est une île entourée de montagnes", selon Patricio Guzman. Jadis raillé pour son "socialisme de vin et d’empanadas", le moindre mérite de Salvador Allende n’aura pas été de mettre en branle tout un peuple et d’en partager les rêves avec le reste du monde. Paulo A. Paranagua

      Multiples hommages aux victimes de la dictature chilienne

      "Le plus dur, c’était les cris des femmes, les tortures, jour et nuit", raconte Patricio Negro, un des survivants de Villa Grimaldi, à Santiago, le principal centre de détention clandestine et de torture de la dictature du général Augusto Pinochet. Prisonnier pendant cent jours avec sa femme et ses enfants, Patricio montre la maquette reproduisant les cellules de 1 m2, où étaient entassés les détenus, la salle où ils étaient torturés et le château d’eau où ils étaient conduits avant d’être exécutés, les yeux bandés en permanence. OAS_AD(’Middle’) ;

      4 500 personnes y ont été torturées, 228 y ont disparu et 18 y ont été exécutées, dont un adolescent de 16 ans.

      Dimanche 7 septembre, la visite guidée de Villa Grimaldi est un des nombreux hommages rendus aux victimes de la dictature à la veille du 30e anniversaire du coup d’Etat qui renversa le gouvernement socialiste de Salvador Allende et instaura, de 1973 à 1990, un régime qui fit plus de 3 000 morts et disparus. Quelque 500 personnes ont participé à l’émouvante cérémonie, parmi lesquelles d’anciennes victimes, des parents de disparus en larmes, et Pedro Guerrero, un ancien colonel à la retraite de l’armée de l’air, arrêté et torturé avec une centaine d’autres officiers accusés de "trahison à la patrie", pour s’être opposés au coup d’Etat.

      Pour la première fois depuis trente ans, cet anniversaire a motivé un spectaculaire déploiement médiatique, avec des centaines de programmes de radio et de télévision, des articles dans toute la presse, consacrés au renversement d’un gouvernement démocratique. Alors que certains redoutent des incidents violents, le jeudi 11 septembre, le concert organisé, samedi, dans le stade national de Santiago en hommage à Salvador Allende et aux victimes de la dictature, devant quelque 40 000 personnes, a été un moment de grande ferveur. La veille, un autre concert avait réuni plus de 30 000 personnes avec la participation de nombreux artistes étrangers, dont le Cubain Silvio Rodriguez et Gilberto Gil, ministre brésilien de la culture. Symbole de la terreur, le stade avait accueilli près de 12 000 détenus au lendemain du coup d’Etat.

      D’après un sondage publié début septembre, la majorité des Chiliens - 67,5 % - se montrent peu intéressés par cette commémoration. L’enquête menée par la fondation Futur, dirigée par le président du parti de droite Rénovation nationale, Sebastian Pinera, montre cependant que 82,8 % des Chiliens ont pris connaissance de l’importante couverture des médias. La moitié des personnes interrogées estiment avoir pris connaissance de nouveaux éléments d’opinion, notamment 73 % des jeunes, âgés de 18 à 24 ans. Cette soif d’histoire de la jeunesse chilienne est soulignée par de nombreux analystes, qui l’attribuent à l’arrestation du général Pinochet à Londres en 1998, à son retour polémique au Chili en mars 2000 et aux progrès accomplis par la justice chilienne dans les enquêtes sur les crimes pendant la dictature. Cette page tragique de l’histoire continue de diviser les Chiliens. La commémoration a entraîné des frictions au sein de la coalition de centre-gauche au pouvoir, bien que le président Ricardo Lagos eût précisé qu’il ne s’agissait pas d’un hommage à Salvador Allende mais d’un geste ayant "un sens républicain". La plupart des parlementaires de la Démocratie chrétienne (membre de la coalition gouvernementale) ont refusé de participer à un quelconque hommage à l’ex-président socialiste, auquel leur formation était opposée, tout comme les partis de droite.

      Le président Lagos a prévu un hommage privé, le 10 septembre, au palais présidentiel de la Moneda, en présence de la famille Allende. Le lendemain aura lieu la réouverture de la porte d’entrée qu’utilisait l’ex-président et par laquelle son cadavre fut retiré de la Moneda, après son suicide. Le palais présidentiel, fortement endommagé par les bombardements des putschistes, avait été reconstruit par le régime militaire, qui avait muré cette entrée. Pour leur part, plusieurs membres de l’association des familles de détenus ou disparus ont entamé une grève de la faim contre toute mesure d’amnistie pour les anciens tortionnaires que pourrait prendre le président Lagos. Christine Legrand

      http://bellaciao.org/fr/spip.php?article2907

  • Bravo pour cette Pensée et cet hommage posthume à un grand homme de coeur de la carrure de Mandéla.

    Malédiction éternelle à ces mêmes tueurs (la CIA)que le Ché

  • J’avais presque 20 ans et j’en ai pleuré de rage ... Je n’ai pas oublié et je n’oublierai jamais !!! Et ... "Nous irons réveiller Allende " (Léo Ferré)

  • Merci à BELLACIAO pour cet anniversaire inoubliable de l’assassinat de Salvador ALLENDE. Une petite fenêtre à la chape de plomb dictatoriale de nos médias audios-visuels officiels "grand public" plus que jamais : menteurs et censeurs ! C’est ça aussi la violence des "Bobos" ! Ce sont eux les violents qui se démasquent la crise aidant, alors qu’ils osent accuser encore les Révolutionnaires d’être des violents ! Mais on savait depuis la tragédie de la Commune de Paris de 1871 !!! Non ! Président ALLENDE les Humanistes ne meurent jamais, ils sont encore plus grands morts que de leur vivant ! L’histoire a toujours fait et fera encore se lever des Hommes et des femmes courageux, contre l’injustice , l’ignorance, la misére ! VENCEREMOS !