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SNCF : les raisons de la grève des cheminotes et cheminots

mardi 22 novembre 2005 - Contacter l'auteur - 8 coms

de Patrice Bardet

Le gouvernement, la presse dominante, les télévisions présentent la grève des cheminotes et cheminots comme "illégitime et injustifiée, qu’il n’est pas question de privatisation. Ils nous mentent !
Le gouvernement dit que les usagers sont pris en "otage", et évoque à nouveau l’instauration d’un "service minimum". C’est de l’intoxication !

Les cheminotes et cheminots expliquent ci-dessous les raisons de la grève et leurs revendications.
Vous trouverez d’autres éléments plus détaillés sur le site de la
fédération CGT des cheminots

SOLIDARITE !


FEDERATIONS SYNDICALES DES CHEMINOTS CGT - FO - SUD-RAIL - FGAAC

Les cheminotes et Cheminots seront dans l’action à partir du mardi 22 novembre 2005
Pourquoi ?

Quel avenir pour les Services Publics ?

Au moment où le gouvernement, après avoir privatisé AIR FRANCE, FRANCE TELECOM, GDF, SNCM, met en œuvre la privatisation d’EDF et réduit les moyens de fonctionnement de l’ensemble des services publics, une question légitime se pose :quel avenir pour les Service Publics ? Quel avenir pour la SNCF ?

Le but du gouvernement sous couvert de réduction budgétaire est de réduire les services publics à leur plus simple expression pour livrer la manne financière qu’ils représentent aux intérêts privés.

Consciente qu’ils sont un des éléments structurants de l’unité du pays, la population est attachée aux services publics et souhaite qu’ils évoluent pour renforcer leur efficacité. Les déstructurer, les privatiser, c’est engendrer encore plus d’inégalités, d’injustices notamment pour les plus faibles.

Plus que jamais aujourd’hui dans la crise économique et sociale qui traverse le pays, les services publics ont besoin d’être renforcés, développés pour répondre aux attentes de l’ensemble de la société, permettant à tous l’accès aux transports, à la formation, aux soins, à l’éducation, à l’énergie. Pour cela, il faut rompre avec la politique libérale et sortir des critères de rentabilité financière. Il faut réfléchir et décider à partir des besoins des usagers et des populations.

Quel avenir pour le Service Public SNCF ?

Si la stratégie du gouvernement et du patronat poursuit le même but pour l’ensemble des entreprises publiques, la mise en œuvre de la privatisation prend des formes différentes. d’une « sacro-sainte concurrence » leur capital aux intérêts privés, pour d’autres, en faisant entrer ces derniers dans leur gestion (Régie des Transports Marseillais).

Mais toujours, l’ouverture à la concurrence est présentée comme un plus pour les usagers notamment en leur faisant miroiter une baisse des tarifs. Les exemples récents, notamment l’augmentation du prix du gaz, sont là pour démontrer qu’il n’en est rien.
Au contraire, avec la privatisation, les utilisateurs des services publics devront payer plus cher pour un service de moins bonne qualité.

A la SNCF, nous n’avons pas à faire face à une annonce de privatisation directe. Pour autant, celle-ci se prépare et se met en place de manière insidieuse.

En effet, gouvernement et direction de l’entreprise jouent la même partition. Côté gouvernement, en refusant de régler l’endettement ferroviaire dont il est pourtant responsable, il étrangle financièrement la SNCF et la pousse dans la voie de la privatisation. Côté direction de l’entreprise, c’est la mise en œuvre d’un certain nombre de réformes internes qui modifient en profondeur la SNCF et suppriment des milliers d’emplois tous les ans au détriment de la qualité de transport.
Dans le même temps, les directives et règlements Européens pourtant condamnés par le référendum du 29 mai, viennent compléter le processus d’éclatement des Services Publics.
L’ensemble crée les conditions d’une privatisation à court terme. Comme vous, nous refusons un transport ferroviaire à l’Anglaise !
LES CHEMINOTES ET CHEMINOTS ONT DE TOUT TEMPS ETE FIDELES AUX PRINCIPES DU SERVICE PUBLIC TEL QUE : la solidarité et l’égalité de traitements pour les usagers sur tout le territoire, la qualité de service, la sécurité,....ce n’est pas le cas du gouvernement et de la direction SNCF.

Pour les usagers et la population, cela se traduit par :
- un train moins accessible à tous (tarifs, distribution, etc...) ;
- des suppressions de lignes voyageurs (Trains Corails et bientôt certains TER...) ;
- des trafics fret abandonnés (cela représente depuis le 1er janvier 2005 plus de 650000 camions sur les routes de France) ;
- une qualité de service en dégradation ;
- moins de sûreté, d’information, d’accueil ;
- des infrastructures ferroviaires qui se détériorent en hypothéquant la sécurité ;

Des décisions gouvernementales qui en s’appuyant sur les recommandations de l’audit sur les « infrastructures ferroviaires » prévoient de supprimer 11 000 km de lignes comme le montrent les cartes ci-dessous :

11 000 km de lignes menacées

Voilà ce qu’amèneraient les recommandations de cet audit ! Catastrophique pour le service public SNCF, les populations, les cheminots. Il supprimerait la possibilité de développer les trafics de proximité qu’ils soient Fret ou voyageurs. Il raréfierait l’activité économique et l’emploi industriel dans de nombreuses régions déjà sinistrées et abandonnées par d’autres services publics.

C’est inacceptable ! Gouvernement et direction SNCF doivent changer de cap !
Pour mettre en échec ces attaques contre le Service public ferroviaire, les cheminotes et cheminots ont décidé de construire un rapport de forces à hauteur des enjeux posés.
Comme nous avons toujours su le faire, nous nous rassemblerons et ferons front commun.

ENSEMBLE NOUS GAGNERONS !


Paris, le 10 novembre 2005


Droit de grève, faisons respecter nos droits !
Tract commun des Fédérations syndicales CGT - FO - SUD rail - FGAAC (21/11/2005)

A l’approche du mouvement de grève qui débute lundi 21 novembre à 20 heures, la direction utilise tous les moyens de pression pour faire douter les cheminots. Aujourd’hui, ce sont des courriers sur le contenu du préavis ou sur la nature même de celui-ci, demain elle n’hésitera pas à remettre en cause le droit de grève ou à le limiter pour tenter d’intimider les cheminots.

La grève : un droit constitutionnel inaliénable

Le droit de grève est inscrit dans la Constitution Française et l’ensemble des cheminots a toute liberté pour exercer celui-ci. A ce titre, les cheminots, comme la quasi totalité des français, peuvent démarrer et arrêter leur grève quand ils le souhaitent, tant qu’ils restent dans le cadre du préavis. La direction, quant à elle, ressort la lettre d’un ancien Ministre des transports qui, le 16 mars 1964, rappelait au Président du Conseil d’administration de l’époque les modalités devant être respectées par les cheminots qui se mettaient en grève. Pour elle, les cheminots sont dans l’illégalité quand ils n’entrent pas dans la grève à leur première prise de service suivant l’heure du début du préavis. Ce que la direction ne dit pas, c’est que cette lettre faisait surtout référence aux grèves tournantes ou surprises.

La SNCF condamnée à maintes reprises

Par trois fois, le 12 janvier 1999, le 29 février 2000, le 30 avril 2003 la Cour de cassation a rappelé que « dès lors que le préavis a été régulièrement déposé, les salariés, qui sont seuls titulaires du droit de grève, ne sont pas tenus de cesser le travail pendant toute la durée indiquée par le préavis ».

Pour les organisations syndicales CGT, FO, SUD rail et FGAACC, la SNCF résiste abusivement à l’application de ces arrêts de cassation. La direction refuse d’appliquer la jurisprudence en déclarant que seuls sont considérés comme grévistes les cheminots en grève dès leur première prise de service le premier jour du préavis et qu’aucun autre cheminot ayant travaillé ne pourra ensuite venir se joindre au mouvement en cours. Dans sa stratégie d’intimidation, La direction, illégalement, cherche à considérer ces derniers en absence irrégulière.

Les organisations syndicales souhaitent voir les cheminots entrer immédiatement dans la grève pour peser sur la direction afin de faire aboutir vos revendications. Ceci dit, il est évident que tout salarié peut prendre conscience, au cours d’une grève, de l’importance de ce qui se joue et, ainsi, rejoindre le mouvement en cours.

La cour d’appel d’Orléans confirme encore...

Les 6 juillet 2004 et 15 mars 2005, le Conseil de Prud’hommes de Tours a, de nouveau, condamné la SNCF à rétablir les cheminots dans leurs droits, considérant que leur participation au mouvement constituait l’exercice normal du droit de grève. Chaque fois l’argumentaire de la SNCF, qui s’appuie sur la notion de grèves tournantes ou surprises, a été rejeté.

La condamnation de la SNCF a également été confirmée par la Cour d’Appel d’Orléans qui, dans son arrêt du 8 septembre 2005, a déclaré que « les agents sont libres de décider du moment auquel ils se joindront au mouvement en cours, à condition qu’ils restent dans le cadre du préavis. Elle a aussi confirmé que dans cette situation il ne s’agissait pas de grèves tournantes mais plutôt de l’exercice normal du droit de grève ».

En utilisant le mensonge, la sanction, le harcèlement, notre entreprise a donc fait le choix de ne pas respecter la loi pour tenter de réduire le nombre de grévistes. Ces méthodes démontrent bien l’état d’esprit des dirigeants de la SNCF. Son seul objectif est de faire douter les cheminots qui veulent faire grève !

La meilleure réponse à faire à l’entreprise, c’est d’être en grève massivement à partir du 21 novembre à 20H

La CGT, FO, SUD-rail et FGAAC appelant à la grève mettront tout en œuvre :
- Pour que le droit de grève ne fasse l’objet d’aucune remise en cause.
- Pour qu’il y ait la plus grande transparence quant à l’utilisation des agents qui remplacent les grévistes.

Pour conclure, nous mettons en garde la direction SNCF et les directions d’établissements contre toutes les menaces ou les intimidations qu’elles tenteraient de faire peser demain sur les cheminots. Le droit de grève est un droit inaliénable et les organisations syndicales CGT, FO, SUD rail et FGAAC le feront respecter sans concession


Préavis de grève : les 15 revendications

Les fédérations de cheminots CGT, SUD Rail et FO ont assorti leur préavis de grève illimitée et reconductible par 24 heures à compter de lundi 21 novembre au soir d’un catalogue de 15 revendications, auxquelles s’ajoutent celles plus catégorielles de la Fgaac (agents de conduite)

- 1. Arrêt des restructurations qui contribuent à remettre en cause le caractère intégré de la SNCF et le maintien d’une traction unique.
- 2 . Abandon du projet prévoyant la suppression (d’ici 2008) de 2.330 emplois de vendeurs (postes de guichetiers).
- 3. Intégration dans la maison mère de la filiale ID-TGV (location sur internet).
- 4. Arrêt des réorganisations qui visent à mettre en place des établissements par activités (voyageurs, Transilien, fret, TER).
- 5. Maintien de la SNCF comme opérateur exclusif pour l’exploitation des trafics régionaux.
- 6. Maintien et développement des relations ferroviaires transversales et radiales et participation de l’Etat au titre de la péréquation financière.
- 7. Lancment d’un plan de construction-modernisation des infrastructures ferroviaires financé par des fonds publics.
- 8. Conservation par la SNCF du monopole de l’entretien, de l’exploitation et de la gestion de toutes les infrastructures et installations ferroviaires.
- 9. Embauche au statut de 1.000 cheminots supplémentaires pour 2005.
- 10. Arrêt de la précarité et accélération des recrutements des personnels contractuels qui remplissent les conditions statutaires.
- 11. Négociations dans chaque établissement pour déboucher sur des recrutements nécessaires, service par service, métier par métier.
- 12. Arrêt des suppressions d’emplois liées aux restructurations.
- 13. Abandon du projet sur le recrutement de jeunes cadres en CDI de droit privé.
- 14. Revalorisation des salaires et des pensions de retraite.
- 15. Refus de la notation au mérite.


Tract distribué par les chemniotes et cheminots aux usagers

trac usagers 10 11 05
Mots clés : Dazibao / Emploi-chômage / Grêves / Patrice Bardet / Service public / Syndicats / Transports /

Messages

  • Bonjour

    C’est vrai qu’on assiste à une propagande médiatique anti-cheminots. Ce matin sur France-Info, le propagandiste de service reprenait les affirmations de ministre des transports sur ses engagements écrits d’une non- privatisation. Il cite ensuite pendant 15 secondes la CGT. On entend ensuite les arguments du Patron de la SNCF qui affirme que l’audit est bidon. Le propagandiste de service poursuit en beuglant qu’on y comprend rien sur les raisons de la grève, qu’il faudrait chercher ailleurs les véritables raisons de la grève. Belle transition pour donner la parole à un responsable CFDT qui dénonce la grève des cheminots, auxquels il appartient, comme une manipulation élèctoral de la CGT ; il parle de chair à canon utilisé par la CGT. Les cheminots apprécieront.

    Toutefois, sur BFM, la radio des actionnaires, n’a pas pu cacher à son public que si le ministre des transports s’était engagé à écrire qu’il n’y aurait pas de privatisation, BFM, pour rassurer ses actionnaires a quand même indiqué, que le ministre a aussi rappelé qfu’on poursuivrait le financement privé de la SNCF ?

    Bref, au grand public, on dit pas de privatisation. Aux actionnaires, on dit, financement privé de la SNCF.

    Comme quoi, il est toujours très instructif de lire, d’écouter la presse qui s’adresse directement aux seuls initiés du monde capitlaliste.

    Ils veulent briser les cheminots pour briser pour longtemps les classes populaires. Les cheminots ont un taux de syndicalisation qui dépassent largement les moyennes nationales. C’est pour cette raison qu’ils sont fort. Le medef en a la trouille et tente de briser la CGT en lançant tous ses chiens de garde au mollet des cheminots.
    jusquà
    Arrêtons le carnage ! Batton-nous tous ensemble, toutes corporations confondues jusqu’à obtenir l’abrogation des privatisations. Le Medef rit de nos grèves corportatistes car lui, mène une lutte générale et nationale.

    Nous avons été defait en 2003 parce que on a poussé les cheminots à reprendre le travail. il ne faut pas que ça recommence.

    Pour sortir les cheminots de leur isolement face aux chiens de garde, les autres catégories n’attendent qu’un appel à la grève pour se battre contre toutes privatisations, passées, récentes et à venir. Est-ce que nos directions font continuer jusqu’au bout à nous aligner seuls, les uns après les autres, face au medef, son gouvernement et ses médias ?

    Cheminots, battez-vous et contraignez vos directions syndicales à appeler les autres travailleurs. Sinon vous serez défait comme la SNCM, EDF, GDF, RTM. Au diable l’isolement, battons-nous ensemlbe pour faire corps contre la pourriture du Medef et de ses serviteurs.

    Vive la grève des cheminots, vive la grève de tous les travailleurs.

    Mohamed

  • Buffet soutient la grève SNCF car "la privatisation n’est pas un mirage"

    Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a apporté mardi son "soutien aux cheminots en lutte", en affirmant que la privatisation de la SNCF n’était pas "un mirage".

    "La privatisation de la SNCF est en cours dans le fret, ce n’est pas un fantasme, c’est une réalité", a-t-elle déclaré lors d’une rencontre avec la presse, rappelant la libéralisation du rail en Europe.

    Mme Buffet s’en est prise au gouvernement Villepin qui veut faire de ce mouvement "une grève illégale" et au président du groupe UMP à l’Assemblée nationale Bernard Accoyer qui "menace" d’instaurer par la loi un service minimum.

    Elle a dénoncé "les attaques anti-syndicales" du gouvernement, "les coups de force permanents", parlant d’un gouvernement "libéral, populiste et autoritaire".

    Les quatre fédérations de cheminots -CGT, SUD Rail, FO et Fgaac- ont déposé deux préavis de grève illimitée et reconductible par 24 heures à compter de lundi soir pour protester contre une "privatisation rampante" de la société nationale et pour des revendications catégorielles.

    • Opposé à la privatisation, il y a quand même une chose que je n’arrive pas à saisir : pourquoi la revendication d’un véritable service public de proximité et en parfait adéquation avec une politique d’aménagement du territoire n’est jamais mis en avant.
      Il faut bien avouer qu’au-delà de L’Ile-de France, les transports et lignes SNCF sont merdiques sauf... depuis qu’ils ont été laissés à la gestion des régions. Cet état de fait peut être utilisé comme argument contre les syndicats. En défendant le centralisme, ils se tirent une balle dans le pied.

      Yassin

  • Chez HP france, lorsqu’il y a 4000 suppressions d’emploie, tous les médias y vont de leur reportage pour alerter et informer la france.
    A la SNCF, cela fait au moins 10 ans qu’est supprimé AU MOINS 4000 emploies par an ; personne n’en parle, aucun média n’informe qui que ce soit... tout va bien - Pourtant ces emploies supprimés sont autant de chomeurs à payer - Cherchez l’erreur ???
    Guy

  • je me fais pas d’illusion sur la diffusion de ce message mais l’objectivité est peut etre quelque chose de nouveau.

    Je suis cheminot de base, je n’ai pas fait grève le 22 novembre car les syndacats élus par la base comme moi sont complétement déconnectés de la réalité (SNCM, RTM, RATP etc..)

    Nous le voyons dans le taux de gréviste hier à la SNCF et ce jour à la RATP.

    La grève à la SNCF a perturbé le trafic car les conducteurs se sont joint au mouvement sinon le taux de grévistes aurait encore été plus faible. Le taux d’hier était un des plus faible depuis 15 ans !

    de plus, la grève a surtout embêté les gens les plus démunis qui vivent en banlieue et qui ont déjà eu leurs voitures de bruler.

    C’était une grève pour rattraper l’image des syndicats qui ont refusé l’intéressement et les agents de base leur en veulent de n’avoir pas consulté les cheminots (bonjour la démocratie des élus du personnel)

    malheureusement la manoeuvre a échoué, un exemple du désamour pour les syndicats :
    les agents qui travaillent en banlieue dans des petites gares veulent des chèques- déjeuner car ils ne peuvent pas se rendre dans les cantines des grandes gares, les syndicats majoritaires refusent !!! dites- moi ou est l’égalité et la démocratie ?

    Voilà pourquoi la grève a foiré et que notre pays a le taux de syndicalisme le plus bas d’Europe

    • Je suis tout à fait d’accord avec vous en particulier sur le fait qu’il est paradoxal qu’une action syndicale ait comme conséquence d’en rajouter à la souffrance que les salariés subissent déjà dans le travail et les temps de trajet, en particulier en banlieue parisienne. Comment le syndicalisme peut-il se développer dans le privé et les PME si les salariés ont le sentiment que les syndicats ne pèsent jamais (ou mal) les conséquences qu’ils font subir aux plus modestes ? la grève peut être nécessaire, mais elle doit être un recours exceptionnel pour ne pas lasser la population. De ce point de vue, le dernier conflit a été caricatural... Grève illimitée annoncée (et sans doute souhaitée), flop, coup de frein et négociation à la frontière du ridicule... 60 euros obtenus (et non 120 comme les syndicats le prétendent puisqu’il s’agit d’un doublement d’une prime de 60 euros déjà acquise, à comparer à l’intéressement proposé), 0,3% à valoir sur les augmentations 2006, et l’intégration purement symbolique d’une boîte qui appartenait à 100% à la SNCF et qui compte... 8 salariés). Après le fiasco de la SNCM, de Connex Nancy, de RTM aujourd’hui... sans oublier 2003 et les retraites, l’educ. nat. L’accumulation des échec devrait interroger en particulier ceux qui pensent que les syndicats n’ont qu’un outil : la grève. Bien sûr, ils prétendent qu’il n’y sont pour rien ! Que ce sont les patrons et le gouvernements qui sont trop durs et évidemment tous les autres qui les trahissent. Les salariés savent que les patrons ne leur font pas de cadeau et que le gouvernement est à leurs bottes. Raison de plus pour imaginer une autre stratégie consistant à mieux articuler négociation et action pour redonner confiance aux travailleurs. Ne peut on pas imaginer d’autres moyens d’action. Comment font les syndicalistes des autres pays européens. Ils ne font pas souvent grève, mais quand ils le font ils gagnent souvent et signent des compromis positifs sans avoir besoin de maquiller la vérité. Si ça continue le syndicalisme chez nous ne sera plus que le lobbying d’une toute petite partie des salariés complètement corporatistes. Et ailleurs, 70% des salariés, ce sera (c’est peut être déjà) le désert. Mais les corporatistes feront leur bonne action de temps en temps pour montrer qu’ils ont bon coeur... En manifestant avec des associations comme AC ou DAL encore plus marginales qu’elles et uniquement intéressées par la médiatisation (société du spectacle !). Mais j’arrête, je crois que je blasphème.

  • Les cheminots de la SNCF devraient une fois pour tout comprendre qu’il s ont un monopole pour assurer un service public et sa continuité. Je souhaite que ce monopole saute et qu’il y ait une saine concurence, cela leur permettrait de voir un peu les réalités du monde d’aujourd’hui. Ils sont un anachronisme hérité des 30 glorieuses et sont attachés à leurs privilèges. Comment peuvent-ils se plaindre avec une retraite, payée par les autres régimes, avec un départ entre 50 et 55ans ( en Allemagne c’est 65 ans...). Les horaires décalés et être loin de leur famille ne doit pas tout justifier, il y a de nombreux métiers ou souvent c’est plus difficile encore, mais à la différence, ces personnes n’ont pas l’arme absolue de bloquer la France entière.
    Ils se plaignent de leurs salaires, qu’ils viennent voir autre part pour se mettre en phase avec les réalités du monde du travail d’aujourd’hui.
    Nous sommes nombreux à penser qu’ils défendent avant tout leur intérêt personnel et que les usagers et le service ne sont pas leur priorité, mais c’est mieux de le mettre en avant en premier. Le manque du sens du service public me semble patent, quand à la notion de loyauté envers les usagers, avec la façon dont ils nous traitent... on vaut peau balle pour eux.
    La finalité de la SNCF devrait être les usagers, ceux-ci ne sont qu’un levier pour obtenir toujours plus ou pour que rien ne change... .
    Outre l’usage intempestif et systématique de la gréve ( Société Nationale des Gréviste Français), j’ai gardé dans ma mémoire la façon qu’ils ont de participer à la solidarité avec les vieilles personnes... 1minute 30 de travail en plus par jour, de qui se moque t’on. Et leur direction à signer le protocole d’accord...
    Tôt ou tard grâce à l’Europe, d’abord avec le fret puis les voyageurs ils verront poindre la concurrence. Nos chers cheminots seront placés devant le choix d’évoluer ou de disparaître. Mais pas de problème ils feront une grève dure...pour la défense de "leur idée du service public à la Française"

    Jean-Jacques

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