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Sarkozy : Ce qu’il faut retenir de son intervention télévisée

Publie le jeudi 24 avril 2008 par Open-Publishing
10 commentaires

Avec David Pujadas et Patrick Poivre d’Arvor en maîtres de cérémonie, Nicolas Sarkozy s’est plié au jeu de l’interview télévisée, depuis l’Elysée, où rideaux rouges et lustres étincelants étaient de sortie.

de Sandrine Cochard

Soulignant la nécessité des réformes engagées, le chef de l’Etat a balayé plusieurs thèmes sur lesquels il était attendu. Entre accents gaulliens du président habité par sa fonction, déni de la guerre en Afghanistan et agacements face à la journaliste de France 3, Véronique Auger...

Pouvoir d’achat

« Les prix ont augmenté au moment de l’euro, et c’est un beau mensonge que de le contester, a reconnu le Président, qui a renvoyé aux « cinq milliards d’euros de pouvoir d’achat (...) distribués avec les heures supplémentaires ». Et d’ajouter :« Le problème de la France, c’est qu’on ne travaille pas assez et que, par conséquence, nous n’avons pas assez de croissance et de pouvoir d’achat. »

La relance du pouvoir d’achat passera également par la redistribution des bénéfices engendrés par les entreprises, estime Nicolas Sarkozy. « Je rendrais aux Français du pouvoir d’achat, soit par la baisse des prix, je pense qu’il faut changer la loi Galland, soit grâce à la richesse des entreprises, a-t-il affirmé. Le Premier ministre déposera un texte dans les 15 jours sur l’intéressement : une entreprise qui distribuera ses bénéfices aux salariés paiera moins d’impôts. » Une carotte qui profitera aux salariés des grands groupes. Et les plus précaires ?

Le chef de l’Etat n’a pas l’intention d’enterrer le revenu de solidarité active (RSA), défendu par Martin Hirsch. « Le RSA est une très bonne idée » a-t-il assuré, précisant qu’il serait généralisé, sans doute « l’année prochaine ». Le RSA serait versé aux personnes qui perçoivent entre 1,1 et 1,2 fois le smic. « Nous devons encore nous mettre d’accord avec Martin Hirsch », a néanmoins prévenu le chef de l’Etat.

Autre sujet sensible : les sanctions à l’égard des chômeurs. En plus des mesures déjà engagées, Nicolas Sarkozy propose, qu’à l’avenir, un chômeur soit « obligé d’accepter un emploi représentant 95% de son salaire au bout de trois mois de chômage ». Quant au couac de la carte familles nombreuses de la SNCF, le chef de l’Etat l’a assuré : « C’est l’Etat qui paiera la politique familiale », reconnaissant « une erreur » que « je prends à mon compte, bien sûr ».

Immigration

En pleine période de manifestations de travailleurs sans-papiers, Nicolas Sarkozy s’est voulu ferme, dans la droite ligne de Brice Hortefeux : « Il n’est pas question que nous fassions une régularisation globale, car elle conduit à la catastrophe. » Et de dénoncer le coup médiatique des associations qui ont organisé la manifestation des sans-papiers. « On ne devient pas Français parce qu’on travaille dans la cuisine d’un restaurant, aussi sympathique soit-il. » « Il y a 22% de chômeurs chez les immigrés légaux », a-t-il soutenu, fustigeant les patrons qui affirment devoir passer par les clandestins pour trouver des travailleurs.

Education

Réaffirmant son soutien à Xavier Darcos, « très bon ministre de l’Education », Nicolas Sarkozy est resté sur la même ligne que son ministre : « On maintient les réformes qui permettront les suppressions de poste », a-t-il assuré. « Ce n’est pas en mettant toujours plus de profs qu’on aura des résultats », a-t-il assuré, soulignant les cas d’analphabétisme observés à l’issue de l’école primaire. « Nous avons 1,1 million de personnes à l’Education nationale, nous n’avons pas les résultats à hauteur des moyens engagés », a-t-il jugé, estimant que la France n’a pas « mis en oeuvre les réformes nécessaires. »

Quant aux « couacs » observés dans la majorité, Nicolas Sarkozy a réfuté toute animosité entre lui et son Premier ministre. Réaffirmant sa confiance à François Fillon, il a balayé une éventuelle nomination de Xavier Bertrand à Matignon.

Chine et Tibet

« Je n’ai pas accepté ce qu’il s’est passé au Tibet, j’ai été choqué par ce qu’il s’est passé et je l’ai dit au président chinois », a affirmé Nicolas Sarkozy avant de plaider pour « davantage d’indépendance pour la province du Tibet », sur le modèle de Hong Kong. Mais Nicolas Sarkozy n’appelle pas à l’indépendance de la province. Une indépendance « que même le dalaï-lama ne réclame pas », a-t-il indiqué. Ce qui n’est pas sans rappeler Bernard Kouchner et son « ne soyons pas plus tibétains que les tibétains ». Quant à sa présence à Pékin pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, Nicolas Sarkozy a refusé de se prononcer. « Ce serait bien que sur cette affaire-là, l’Europe s’exprime d’une même voix », a-t-il tout de même souhaité.

Diplomatie

Au sujet de l’Afghanistan :« Ce n’est pas une guerre, nous sommes du côté des Afghans », a-t-il assuré, arguant que les 700 hommes supplémentaires envoyés sur place étaient « une aide pour que l’armée afghane prenne le relais ». Comprendre : pour éviter l’embourbement. Réaffirmant son refus d’intégrer la Turquie dans l’Europe, il a néanmoins souligné que « si la question se pose, je suis prêt à un référendum sur la Turquie ».

Le président français a également renouvelé son soutien à l’initiative d’Hugo Chavez dans l’affaire Betancourt, sur laquelle le chef de l’Etat ne s’est pas étendu. Enfin, il s’est voulu clair envers le Hamas : « En tant que chef d’Etat, je ne dois pas parler au Hamas. Je ne peux pas parler des gens qui ont appelé à rayer Israël de la carte, et je ne peux pas parler avec le président iranien », a-t-il affirmé, soulignant néanmoins qu’il n’y aurait pas d’avenir pour Israël sans la création d’un Etat palestinien sûr.

http://www.20minutes.fr/article/227...

Messages

  • Là il a fait fort le nanoprésident.

    J’espère que ça devient plus clair pour celles et ceux qui n’avaient pas encore bien tout compris.

    Les bonnes âmes qui ont servi de lampistes vont douiller grave. Les patrons des petites PME par exemple. C’est édifiant.

    Je suis hallucinée par les mensonges purs et simples qu’il a débités . A moins que ses collaborateurs soient complètement débiles sur certains sujets.

    Par exemple, lier la question de la régularisation des travailleurs sans papiers avec la question de leur ....naturalisation !!! (ce qu’aucun d’entre eux ne demande et dont il n’est nullement question !!)

    Quant aux mensonges répétés sur l’Iran, les soi disant propos de M. Ahmadinejad sur le REGIME SIONISTE (et non sur Israel), le Hamas (pourtant démocratiquement élu dans des élections organisées par Israel..)tout cela ne laisse rien augurer de bon...pour personne.

    A part les 5OO familles les plus riches de France ,et le capitalisme, auquel le nanoprésident a bel et bien rendu hommage.

    Récitez tous après moi le credo du nanoprésident
    "je crois au capitalisme, à l’économie de marche ét à la concurrence"...

    AAAAAMMMMMEEENNNN

    LL

  • Bon, ben, merci quand’même... Mais on n’a rien raté : une ode au néo-libéralisme deshumanisant - comme c’était attendu - mais pas de couac pour faire rire (il devait avoir un bracelet électronique relié à son Dir’Comm’ qui lui envoyait des décharges en cas de dérapage...).

  • Que de mensonges et de contradictions, par ex. il a dit que les français ne travaillaient pas assez, alors pourquoi il demande aux entreprises de redistribuer les bénéfices acquis ???

    Ensuite quand il aura "réussi" à caser les chômeurs sur les 500 000 emplois disponibles, par ses menaces de radiations, que deviendront les 1 500 000 chômeurs restants ?

    Il a aussi reconnu ses erreurs, mais "promis-juré-craché", il continuera sur cette voie des réformes, car c’est la meilleure, la seule pour lui vaille ! Aïe-aïe-aïe !

    A la fin, il a dit qu’il allait poursuivre ses réformes pour satisfaire les "impatients" !!! Ah bon, mais de qui il parle : du peuple, des salariés ? Ou du MEDEF (tilt) ???? Parce que je doute que le peuple et les salariés soient impatients de voir la sécu hors-jeu, les profs du public à la porte, les facs privatisées et payantes, les bourses sur critères sociaux supprimées, l’APL souquée, les allocs réduites, les chômeurs radiés, les ports complètement privatisés, la retraite repousséeà 41 ans, le smig généralisé quel que soit le niveau d’études, la précarisation du travail à tous les âges, etc...

    Par contre, j’imagine que les "impatients" veulent la suppression du Code du Travail, des syndicats, du smig, des 35 h, des RTT, des vacances, des jours fériés, de la redistribution des bénéfices, des aides sociales, du RMI, des allocs, de la carte "familles nombreuses", des impôts pour la solidarité nationale, de la sécu, de l’école publique....

    et attendent avec "impatience" le coup d’envoi des assurances privées, des retraites par capitalisation, des écoles privées, des facs privées gérées par des entreprises, du communautarisme, des flics derrière chaque citoyen, des caméras partout, une bourse florissante, des résidences cloisonnées, des cliniques privées, le train privé, etc, etc...

    Ah, j’oubliais, de la religion pour le peuple pour qu’il redonne du sens à leur vie, les riches étant dispensés, république laïque oblige ...

     Je ne peux m’empêcher de souligner la tronche vexée de Calvi, pendant que PPDA et Pujadas en parfaits laquais soumis avaient une mine de lécheur-mielleux-mission accomplie.

     Et puis le comble de la vulgarité, un décor de théâtre, avec des rideaux rouges pétants, tendus entre des colonnes aux couleurs dorées, puant le clinquant, les paillettes, derrière lui, comme si la fonction présidentielle, c’était de jouer la comédie devant le peuple ! tiens il me semble que Cécilia son ex-femme avait exprimé ce sentiment désagréable pour elle. Les français apprécieront qu’on ait gaspillé près de 300 000 € pour des nèfles. Ca c’est une insulte pour tous les français qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Ou est la morale ?

  • Quand on écarte les paillettes dont on se gausse tant il reste la politique de sarko. Et cette dernière se suffit à elle-même.

    Sarko c’est la machine à remonter le temps comme dirait Besancenot.

    Le clown ne trouve pas le blé pour son RSA au point d’essayer de le piquer sur d’autres travailleurs pauvres, alors qu’il a filé 30 fois + comme cadeau de bienvenu à ses copains bourgeois qui étaient déjà trop choyés !

    Dehors Sarko !

    • oh oui dehors je suis bien d’accord !!

      mais comment on va faire ?

    • Le clown ne trouve pas le blé pour son RSA au point d’essayer de le piquer sur d’autres travailleurs pauvres, alors qu’il a filé 30 fois + comme cadeau de bienvenu à ses copains bourgeois qui étaient déjà trop choyés !

      J’ai entendu ça ce matin à la radio. Une idée de Wauquet, il me semble ? Il va retirer l’aide à l’emploi, normal plus besoin puisqu’il y a que 500 000 emplois pour 4 fois plus de chômeurs. Les 1,5 millions passant à la trappe !

      En attendant, ça tourne en rond ou en boucle, l’Etat plume les pauvres pour donner à encore plus pauvres. A ce "jeu-là" on n’est pas sorti de l’auberge, la misère ira grandissant. Et pendant ce temps nos riches coulent des jours heureux à s’engraisser sur notre dos !

  • OUuui apparement tout ce passe trèèès bien dans le domaine de l’éducation...sachez selement monsieur le président qu’il y a eu 2 manifestations avec intervention de la police dans mon lycée...pourquoi de telles manifestations ? Car il parait que l’on va se retrouver à 40 par classe l’année prochaine à cause des supressions de postes...et oui votre ministre de l’éducation n’est qu’un menteur quand il a dit que nous étions en moyenne 25 par classe, car en ce moment nous sommes 35 par classe en moyenne...c’est facilement impossible de faire cour dans des stuations pareilles...Ne parlons pas de la supression des filières et autre choses...
    A quand Mai 2008 ?