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Sarkozy dans l’ombre d’un canard boiteux
Publie le lundi 14 janvier 2008 par Open-Publishing1 commentaire
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Sarkozy dans l’ombre d’un canard boiteux
ÉDITORIAL | 00h05
Agrandir la taille du texte Réduire la taille du texte Imprimer l’article Envoyer par email Réagir sur l’article Recommander PIERRE RUETSCHI | 14 Janvier 2008 | 00h05
Que George Bush et Nicolas Sarkozy aient tous deux choisi le Moyen-Orient et plus particulièrement les pays du Golfe comme première destination pour leurs visites d’Etat 2008 ne tient certes pas du hasard. Non pas qu’ils se rejoignent sur un projet commun, mais ils ont chacun des intérêts économiques, des espoirs de paix, de sécurité et de reconnaissance qui les ont poussés sur la même route.
Le rapprochement, après l’ère de Jacques -Chirac qui a en partie fondé sa politique étrangère sur l’opposition aux Etats-Unis, est évident. Bush et Sarkozy ne sont pas frères pour autant. C’est d’abord en concurrents qu’ils ont débarqué à Riyad, chacun cherchant à s’attirer les bonnes grâces du richissime partenaire wahhabite pour conclure des contrats d’armements ou d’équipements. En matière de trains à grande vitesse et de nucléaire civil, la France a quelques -longueurs d’avance. Mais au-delà de cette -démonstration de savoir-faire technologique, force est de constater que Sarkozy peinera à sortir de l’ombre de George Bush. Un président américain qui s’est rendu dans la région à la fois pour rassurer ses amis du Golfe et pour faire la promotion du nouveau processus de paix engagé à Annapolis. Il promet un accord israélo-palestinien avant la fin de son mandat. A l’image de Bill Clinton en 1999, il mise sur le Moyen-Orient pour laisser une trace dans l’histoire et effacer le désastre irakien.
Nicolas Sarkozy, plus jeune, plus ambitieux encore, aimerait sans doute entamer, plutôt que terminer, son mandat en rendant à la France son influence d’antan au Moyen-Orient. Mais il va se heurter à une réalité géopolitique : la France a perdu son poids et son aura dans la région. L’échec, fin 2007, d’une approche de la Syrie pour sortir le Liban de l’impasse en témoigne.
En d’autres temps, la France aurait pu contribuer à restaurer un dialogue interpalestinien, vital pour renouer les fils d’une paix israélo-palestinienne, fût-elle américaine. Un objectif aujourd’hui hors de portée.
Nicolas Sarkozy, pour une fois, devra se contenter de jouer les seconds rôles derrière un président américain qui, paradoxalement, poursuit au Moyen-Orient la plus prometteuse initiative de son double mandat ; cela alors que George Bush est déjà un « canard boiteux » de fin de règne.





Messages
1. Sarkozy dans l’ombre d’un canard boiteux, 15 janvier 2008, 01:21
La tribune de geneve au pays des merveilles. C’est beau les rêves...Mais ça empêche de voir que les guerres des Etats-Unis suivent les pipelines, que le gouvernement israëlien est également dans une logique de colonisation, et que Sarkozy espère récupérer quelques miettes de la curée en devenant une courroie de transmission servile de leurs interêts.