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Sarkozy s’offre une séance d’autojustification

Publie le mardi 8 janvier 2008 par Open-Publishing
2 commentaires

Sarkozy s’offre une séance d’autojustification
Mis en ligne le 08/01/2008 libre belgique

Nicolas Sarkozy a défendu mardi son projet controversé de "politique de civilisation", en ouverture de sa première conférence de presse depuis son élection en mai. Il a ouvertement répondu à la question d’une journaliste sur sa relation avec Carla Bruni qu’il qualifie de "très sérieuse".
Il "assume" son prochain mariage avec Carla Bruni, son train de vie, la visite de Kadhafi et même ses "erreurs" : en baisse dans les sondages, Nicolas Sarkozy s’est offert mardi avec sa première grande conférence de presse une longue séance d’autojustification, se contentant de maigres annonces sur les OGM, l’audiovisuel public, et presque rien sur le pouvoir d’achat.

"J’assume". C’était le mot-clé de cette séance de deux heures et huit minutes devant 600 journalistes massés dans la salle des fêtes de l’Elysée. A commencer par l’exposition publique de sa vie privée. Deux mois et demi après son divorce d’avec Cécilia, Nicolas Sarkozy a confirmé son prochain mariage avec le mannequin Carla Bruni. Il s’agirait d’une première pour un président en exercice depuis 1958.

"Vous l’avez compris, c’est du sérieux", a-t-il glissé dès la deuxième question, revendiquant "le droit au bonheur". Le mystère reste entier sur la date à laquelle ils convoleront en justes noces : "Il y a de fortes chances que vous l’appreniez quand ce sera déjà fait", a-t-il éludé, alors que le "JDD" évoquait le 8 ou 9 février.

Après avoir fait la "une" des magazines people avec sa nouvelle dame de coeur à Disneyland mi-décembre, en Egypte à Noël, puis lors d’une escapade à Pétra en Jordanie ce week-end, il a expliqué qu’il voulait rompre avec "l’hypocrisie" et le "mensonge" de ses prédécesseurs, dans une allusion à Mazarine, fille cachée de François Mitterrand. "Avec Carla, nous avons décidé de ne pas mentir" et "d’assumer".

Même justification sur son train de vie jugé luxueux ou le prêt d’un jet privé par l’homme d’affaires Vincent Bolloré. "Qu’est-ce qu’on préfère ? Que je me déplace aux frais du contribuable français et que je fasse venir une seconde famille dans un autre avion ?", a rétorqué celui que certains surnomment "le président bling-bling". Quant à la hausse de son salaire, "je suis un homme honnête", a-t-il juré. Alors que les résultats de ses premières réformes tardent à se faire sentir, celui qui avait promis d’être "le président du pouvoir d’achat" s’est vigoureusement défendu de trahir ses engagements. "Je n’ai pas menti pendant la campagne, je n’ai pas menti depuis", s’est-il exclamé, "je ne triche pas, je ne truque pas". "Nous aurons des résultats", a-t-il certifié, usant cette fois du futur et non plus du conditionnel, comme il l’avait fait le 31 décembre.

S’il a de nouveau concédé des "erreurs", Nicolas Sarkozy a en revanche assumé pleinement la visite du colonel Kadhafi en décembre, moquant un "charivari un peu ridicule". Idem sur ses félicitations controversées à Vladimir Poutine -"homme politique le plus populaire de Russie"- après la victoire de son parti aux législatives. Et tant pis s’il trébuche dans les sondages en ce début d’année : "Je ne m’imagine pas passer cinq ans à 70% de popularité".

Ceux qui attendaient des annonces sont restés sur leur faim. Sur le pouvoir d’achat, préoccupation première des Français, il a certes proposé d’étendre les mécanismes de participation à tous les salariés et de les doubler, voire tripler. Mais il a surtout reconnu que ses marges de manoeuvre sont quasiment nulles : "Le seul objet d’un président de la République serait de dire : ’voilà de combien va augmenter le Smic’ et de vider les caisses ?", a-t-il relevé.

Les seules annonces ont concerné les OGM, sur lesquels il s’est dit prêt à activer la clause de sauvegarde, l’audiovisuel public, qui ne diffuserait plus de publicité, ou la Constitution, dont le préambule serait retouché. Il a surtout fait un aveu de taille sur les 35 heures, admettant enfin que, "oui", il voudrait les supprimer en 2008. Le 29 novembre, il avait pourtant salué un "acquis social". Ceux qui attendaient qu’il fixe un cap seront également déçus. Nicolas Sarkozy a consacré presque la moitié du temps -54 minutes- à tenter de donner corps à son concept de "politique de civilisation", sans donner aucun calendrier sur ses réformes de 2008.

Les plus rassurés seront peut-être les ministres et François Fillon, cité à maintes reprises. Nicolas Sarkozy a assuré qu’ils n’étaient "pas en sursis" et a écarté un remaniement rapide. A deux mois des municipales, rendez-vous toujours "complexe", le président a promis qu’il s’engagerait personnellement dans la campagne.

Très à l’aise dans cet exercice qu’il affectionne, le chef de l’Etat s’est laissé aller à quelques traits d’humour, étrillant au passage son prédécesseur. Comme lorsqu’il s’est défendu d’être un monarque : "Monarchie, ça veut dire héréditaire. Vous croyez donc que je suis le fils illégitime de Jacques Chirac qui m’a mis sur un trône ?".

Messages

  • "Le seul objet d’un président de la République serait de dire : ’voilà de combien va augmenter le Smic’ et de vider les caisses ?", a-t-il relevé

    .

    Oui, c’est sur que le paquet fiscal a bien aidé à remplir les caisses....
    JE SUIS EN COLERE

    père noël

  • A Laurent Joffrin, directeur des rédactions de Libération auquel le chef de l’Etat donne la parole en insistant, l’air de dire - ‘quand même, c’est monsieur Joffrin’ -, et qui lui parle de personnalisation du pouvoir, avant d’employer le mot monarchie élective, il lance : "Monarchie ça veut dire héréditaire. Vous croyez que je suis donc le fils illégitime de Jacques Chirac qui m’a mis sur un trône ?"

    Monarchie ne veut pas dire héréditaire. Cela veut seulement dire "le pouvoir" "seul" !