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Sarkozy tente de freiner sa chute brutale dans les sondages

Publie le mardi 22 janvier 2008 par Open-Publishing
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INTERNATIONAL
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Sarkozy tente de freiner sa chute brutale dans les sondages

FRANCE. Le président retourne sur le terrain afin de mieux expliquer ses réformes.

Sylvain Besson, Paris
Mardi 22 janvier 2008

Les partisans de Nicolas Sarkozy se sont donné le mot : l’actuelle chute du président français dans les sondages était « prévisible » et n’a rien de tragique. « Ce n’est pas inquiétant, les choses vont se stabiliser », estime Manuel Aeschlimann, chargé du suivi de l’opinion pour le parti présidentiel UMP.

« Phase d’explication »

Lundi, une nouvelle étude - la cinquième en moins d’une semaine - est venue confirmer le désamour du public : selon un sondage OpinionWay pour le journal gratuit Metro, Nicolas Sarkozy perd sept points et ne recueille plus que 48% d’opinions favorables. « Ça reste acceptable pour un président qui agit », juge Manuel Aeschlimann. En ajoutant tout de même : « Il faut qu’il soit un peu moins surexposé, pas seulement sur sa vie privée mais en général. »

Car au-delà des déclarations rassurantes, la baisse des derniers jours préoccupe l’entourage du président et son parti. Selon nos informations, une réunion entre Nicolas Sarkozy et de hauts responsables de l’UMP, la semaine dernière, a permis d’évoquer cette question : le chef de l’Etat ne devrait-il pas se mettre un peu en retrait, pour son propre bien ? « Mais il a sa nature, on ne peut pas le mettre sous l’éteignoir, commente une source proche du parti. Il veut continuer à être très présent. »

Loin de se faire discret, Nicolas Sarkozy entend donc multiplier les déplacements sur le terrain. « Les Français sont en faveur des réformes, mais ils veulent comprendre ce qu’on est en train de faire », précise son conseiller en communication Franck Louvrier.

Cette « phase d’explication » a débuté vendredi dernier à Sens, au sud-est de Paris, lors d’une visite sur un chantier. Devant les ouvriers, Nicolas Sarkozy a vanté, en simplifiant au maximum, les bienfaits de sa mesure clé, la détaxation des heures supplémentaires : « Depuis octobre, vous avez bien vu que sur la feuille de paie, ça augmente ! », a-t-il affirmé, d’autant que l’argent ainsi gagné « reste dans la poche à la fin du mois ».

Stratège de l’UMP irrité

Le message semble être passé. Encore faut-il qu’il soit martelé assez souvent, et avec assez de force, pour laisser sa marque dans l’opinion. Mais entre-temps, Nicolas Sarkozy est déjà passé à autre chose. Lundi, il était en région parisienne pour vanter ses résultats en matière de sécurité. Le sujet doit aussi être abordé ce mardi lors d’un déplacement dans le Sud-Ouest. Le but, selon Le Monde, est de reconquérir l’électorat âgé, où le président a perdu beaucoup de terrain. Mais ce changement de thématique - du pouvoir d’achat à l’insécurité - irrite un stratège de l’UMP : « Un thème chasse l’autre, il y a des prises de position sur plein de choses, mais pas de travail de communication en profondeur. »

Les sondeurs s’accordent sur un point : s’il veut enrayer sa baisse dans les sondages, Nicolas Sarkozy aurait intérêt à ne pas trop exhiber sa nouvelle compagne, Carla Bruni, qui indisposerait l’électorat conservateur. Pour l’heure, on ignore si l’ancien mannequin accompagnera le chef de l’Etat dans son voyage officiel en Inde, du 24 au 27 janvier.

Les ennuis du président réjouissent l’opposition socialiste. Dimanche, Ségolène Royal a estimé que « neuf mois à peine après son élection, Sarkozy est installé dans une ambiance de fin de règne ». Mais, dans une tribune publiée le 15 janvier par Libération, l’ancien premier ministre Michel Rocard mettait ses camarades en garde contre toute joie prématurée : quels que soient les sondages, « il n’y a aucun moyen connu de mettre en cause l’ultra-domination de Sarkozy sur la France avant les élections présidentielle et législatives de 2012 ».

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