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Soutien à Siné : l’antisémitisme est une chose qu’il faut cesser de banaliser (video)

samedi 19 juillet 2008

de Ishtar COHEN

L’antisémitisme est aujourd’hui une notion perverse et retorse, que les bien pensants, à commencer par les bien pensants se prétendant juifs, feraient bien de proscrire de leur vocabulaire, ou à tout le moins , à laquelle ils feraient bien de redonner sa juste valeur.

Parce que l’antisémitisme a pris aujourd’hui un sens réducteur, ridicule, antithétique en son sein même. Serait antisémite celui ou celle qui se contente d’énoncer une des qualités d’une personne, celui signale le judaïsme ou la judaïté d’une personne....

Est-ce que le débile mental qui me traite de "sale juive" est un antisémite ?

Et bien ça dépend, mais en soi, ce n’est pas nécessairement être antisémite.

C’est être un gros con. Un gros beauf. Un abruti. Un mal-élevé... Un pauvre type. Qui a cru vous insulter en vous traitant de "sale juif"...

Bien sûr, si, quand on demande au même gros con de préciser sa pensée, sur ce qu’il entend par "sale juive", celui-ci répond, par exemple, "Vous les juifs -traduire "le peuple juif" - vous les juifs, vous êtes tous des profiteurs", là, ça y est, on est dans l’antisémitisme.

Pas parce qu’il dira de moi, juive, que je suis une profiteuse, mais parce qu’il visera implicitement un "peuple juif" et lui attribuera une "qualité" univoque, celle d’être des profiteurs.

Non, l’"antisémitisme" postule en soi, par soi, l’existence d’un "peuple juif", d’une "communauté juive", d’une unicité, d’une linéarité qui n’existe que dans la tête de celles et ceux qui méconnaissent gravement le judaïsme et son histoire.

L’antisémitisme est en pratique exclusivement utilisé pour faire référence à l’hostilité envers les Juifs désignés comme groupe « religieux », « racial » ou « ethnique ».

L’antisémitisme fait nécessairement exister ce qu’il prétend condamner, c’est cela le problème, dans le contexte actuel où, Dieu merci, si jamais il y a des actes contre des juifs, il n’y a plus, pour l’instant, au sens strict d’antisémitisme, (si l’on excepte la conduite même des gouvernements d’Israël qui sont sans doute devenus les premiers antisémites du monde au 21 ème siècle)...

Or, en effet, il n’ y a de "peuple juif", de "race juive" que dans la tête malade d’Hitler et de ses sbires.

Oui, Hitler était antisémite, oui, parce qu’il voyait ce peuple juif et postulait la réalité de son existence à des fins que l’on connait trop bien.

Il n’ y a d’antisémitisme que pour Pharaon, qui "invente" cette notion de "peuple juif" à des fins exclusivement politiques et géo-stratégiques.

Un grand général qui gouverna la France et la libéra de la botte nazie était antisémite, le brave homme, quand il parlait de "ce peuple dominateur et sûr de lui"...

Il n’y a d’antisémitisme que pour ceux qui ont détourné l’Idée d’Israël à des fins purement politiques et idéologiques, en prétendant faire de cet Etat pour les juifs, l’Etat juif du "peuple juif".

Il y a à la rigueur, des peuples juifs, le peuple des juifs, ou des communautés juives.

Historiquement, il y a les "douze tribus d’Israël".

Ce n’est pas "le peuple juif".

Mais il n’y a pas UN peuple juif.

Ce n’est pas parce que les Juifs sont, historiquement, dans le Tanakh, le "peuple choisi", "le peuple élu", qu’on peut déduire de cela l’existence d’un "peuple juif" !

Et encore faut-il savoir de quoi on parle quand on parle de "peuple élu" !

Elu pourquoi ? Pour signer une alliance privilégiée avec Dieu, ce qu’on peut interpréter aussi bien en disant : les Israélites ont choisi Dieu ,que Dieu a choisi les Israélites...

Il y a autant de différences entre un juif du shtettl et un sabra, par exemple, qu’entre un sépharade et un ashkénaze, qu’entre un zoroastre et un shiite, qu’entre un orthodoxe et un protestant !

Faire de la judaïté d’un bundiste ou d’un hassid leur point commun déterminant pour les rejeter ensemble dans "le peuple juif", c’est prêter la main, d’une certaine manière, à tous les massacres et pogroms perpétrés depuis des siècles.

Ce ne sont pas des figures de style.

Alors l’antisémitisme, aujourd’hui particulièrement dévoyé, brandi à tout bout de champ pour abriter les pires lâchetés, les saloperies sionistes, proches de la meilleure idéologie d’extrême droite, d’une bande de capitalistes aussi éloignés qu’on peut l’être du judaïsme (ce n’est pas parce qu’on porte la kippah, qu’on accroche la mezouzah à sa porte, qu’on fait le shabbat, qu’on passe ses vacances à Eilat et qu’on a fait son aliyah, etc... que l’on est "kosher", m...à la fin !).

Il y a mille fois plus de judaïsme, de conformité aux Lois, chez les juifs de la M.O.I. ou chez les militants de Goush Shalom, que chez les Israéliens qui servent aujourd’hui Omert, Sharon et toute sa clique et qui prétendent, défendre le "peuple juif" à travers la tentative blanche, raciste, intolérante et colonisatrice d’Israël en tant que sujet politique, tel qu’on le vit aujourd’hui.

Alors pour conclure sur le cas de Siné, voilà ce qu’il a dit :

« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

Où serait l’antisémitisme là, à part dans la tête de certains journaleux, qui ont cru pouvoir lire (et qui n’osent même pas avouer leur raisonnement) que Siné sous entendait que les juifs étaient nécessairement riches et que pour réussir dans la vie aujourd’hui, il fallait être juif ?

La preuve que c’est cette affirmation qui a prévalu dans la tête des grands pourfendeurs habituels de l’antisémitisme ?

Alain-Gérard Slama, journaliste au Figaro, a appuyé les accusations de Claude Askolovitch envers Siné en ces termes :

« Comme quoi il y a souvent des liens entre la dénonciation de l’argent, des riches, et puis l’antisémitisme ». - ça ne manque pas de sel.

Ce que l’on lit sous la plume de Siné c’est tout autre chose - remplaçons les termes judaïsme et juive, par Islam et musulmane :

"Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir à l’Islam avant d’épouser sa fiancée, musulmane, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !"

Qu’est ce qu’on lit ? Une tirade raciste et islamophobe ? Non.

Et encore plus fort, remplaçons ça par "sport automobile" et "pilote de F1".

"Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au sport automobile avant d’épouser sa fiancée, pilote de F1 et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !"

Que lit-on encore, là ?

En revanche, si Siné avait écrit (mais comment aurait il pu écrire un truc aussi con, lui ?) :

"Ce n’est pas tout : pour faire du chemin dans la vie, ce petit va épouser l’héritière de Darty, qui est évidemment juive, comme chacun s’en doute."

là oui, on aurait été dans l’antisémitisme que dénoncent les journalistes.

Donc, dans la phrase de Siné , on lit exactement ce que MM. Askolovitch, Slama et autres auraient du lire, et que nous avons tous lu ou presque, à savoir que M. Sarkozy-Junior est le même genre d’opportuniste, de carriériste, que son illustre géniteur, prêt à tout et même prêt à se convertir (au judaïsme, à l’Islam, à ce qu’on veut) pour entrer dans une famille de gros capitalistes(j’en profite, "l’anticapitalisme" n’est pas encore un délit), pour faire carrière, tisser des liens des alliances etc...

C’était donc bien une critique politique concernant Jeannot.

Une critique contre le rejeton politique du VRP du Merdef, de la droite, de l’opportunisme communautariste, et nullement une attaque contre Melle Darty, qui après tout, a bien la religion qu’elle veut.

Une critique anticapitaliste aussi, ça oui.

J’ai beau chercher, je ne vois pas où se trouve l’antisémitisme là, à part dans l’interprétation que certains pourraient , de mauvaise foi, en faire...

Siné a donc bien raison de demander à M° Tricaud de coller M. Askolovitch au tribunal pour diffamation, dans la mesure où en effet, l’allégation d’antisémitisme portée contre lui est tellement grave, tellement lourde, mettant Siné au même rang que Hitler ou d’autres Eichmann, qu’elle doit être punie.

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