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Usager.e.s et grévistes, nous avons les mêmes intérêts :
 la défense d’un service public de qualité au service du public

vendredi 20 avril 2018, par via Ch DELARUE

Usager.e.s et grévistes, nous avons les mêmes intérêts :
 la défense d’un service public de qualité au service du public !

par
Collectif des usager.e.s pour les services publics et solidaires des grévistes


XX

A Rennes, la grève des postier.e.s dure depuis de longues semaines maintenant. Ces postières et ces postiers ne se battent pas seulement pour des conditions de travail dignes mais aussi dans l’intérêt des usager.e.s. De la même manière, à la SNCF, les cheminot.e.s qui sont entré.e.s en grève depuis le 3 avril ne se battent pas seulement pour leur statut mais pour des transports publics de qualité.

Certes, en tant qu’usager.e.s nous sommes touché.e.s par ces grèves : nous ne recevons pas notre courrier chaque jour, nos déplacements sont plus difficiles. Pourtant, nous tenons à apporter notre soutien plein et entier à celles et ceux qui luttent et connaissent des fins de mois difficiles. Leur combat est aussi le nôtre.

S’il existe aujourd’hui dans ce pays des services publics (l’école publique, la santé, …) c’est parce qu’hier des travailleur.euse.s et des usager.e.s se sont battu.e.s ensemble. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est au saccage systématique de ce qui a été construit et arraché de haute lutte. Le gouvernement s’en prend aux cheminot.e.s aujourd’hui, demain il s’attaquera à tous nos conquis sociaux !

Opposer de manière grossière les usager.e.s qui subiraient les grèves à ceux qui les mènent est absurde. Entendre en boucle dans les médias des témoignages d’usager.e.s instrumentalisés contre les grévistes est insupportable.

Les vrais responsables des grèves et de leurs conséquences sont ceux qui pensent les services publics en termes de rentabilité, qui voient les usager.e.s comme des client.e.s. Ils veulent s’accaparer les entreprises publiques pour engraisser les actionnaires.

Nous, usager.e.s, ce qui nous met en colère au quotidien, ce ne sont pas les grèves, mais la baisse des effectifs dans les bureaux de poste, dans les hôpitaux… C’est l’abandon des petites lignes ferroviaires, comme celle de Châteaubriant, et la disparition du frêt, à l’heure où l’écologie devrait être une priorité, un enjeu majeur pour la santé. C’est la fermeture des maternités, le manque de profs dans les écoles… C’est l’ouverture à la concurrence de l’énergie, des transports, de la poste. C’est de voir facturer aux personnes âgées le dialogue avec leur factrice ou leur facteur. C’est de voir les hôpitaux proposer aux patient.e.s des délais différents selon leur capacité à payer directement leurs soins. C’est d’être obligé.e de faire les démarches administratives en ligne sans avoir à faire à un être humain.

Le service public est notre bien commun, 
défendons-le contre la logique du profit !

XXX

Rejoignez-nous ! Nos prochaines rendez-vous : 
Dimanche 22 avril à 18h : distribution de tract dans la gare de Rennes (rdv devant la boutique du Stade Rennais)
 Mercredi 25 avril à 18h : réunion de rue sur l’esplanade Charles de Gaulle
Et pour soutenir financièrement les grévistes d’Ille et Vilaine et d’ailleurs, il existe des cagnottes en ligne.

Collectif des usager.e.s pour les services publics et solidaires des grévistes


Pour nous contacter : usagers.solidaires35 aJp gmail.com

Messages

  • Organiser et augmenter les droits des usagers du service public | Le Club de Mediapart

    https://blogs.mediapart.fr/christian-delarue/blog/260418/organiser-et-augmenter-les-droits-des-usagers-du-service-public

    A l’heure de la convergence des luttes par en-bas, lors d’un débat animé par ATTAC 35, j’ai eu l’occasion de soumettre hier soir au débat, au nom de Convergence des SP (cf site et Manifeste des SP), ce point (condensé ici, sans les exemples et les problèmes). Il y a besoin de reprendre certains débats car la doxa médiatique les a effacé. A travers les débats issus des luttes de nouveaux arguments émergent et sont appropriés plus largement.

    Puisqu’il existe sur Rennes un collectif des usagers solidaires des grévistes qui explique, à raison, que "l’usager du SP n’est pas un client", il faut ajouter qu’il y a deux rapports sociaux à distinguer

    I - Deux rapports sociaux a distinguer.

    - L’usager est une personne inscrite dans un rapport social spécifique, différent de celui du client

    - Le client est face aux marchés des biens et services et ce faisant inscrit dans un rapport de solvabilité-insolvabilité . De façon sommaire on dira que le riche achète tout le pauvre rien. Et derrière le système capitaliste produira "tout plus le reste » pour le riche et rien pour le pauvre, laissé au bon vouloir du secteur caritatif religieux ou non.

    On ne saurait ni confondre ni relativiser ces deux rapports sociaux. Ce serait faire comme si le capitalisme (et ses logiques marchandes et d’appropriation privée) avait recouvert toute la société dans son ensemble. Ce qui est en cours certes. Mais le service public dans sa logique profonde, non pervertie par le capitalisme s’y oppose. Il porte satisfaction des droits pour tous et toutes.

    L’usager a des droits et des obligations mais la tendance est à lui imposer beaucoup d’obligations et il ne voit pas ses droits face aux structures.
    Il y a besoin d’organiser les usagers face aux directions des SP et face aux gouvernements (dé)organisateurs des SP : marchandisation et mise en concurrence.

    II - L’usager bénéficie d’une prestation hors du marché.

    Elle est soit gratuite soit tarifée.

    La tarification quoique monétaire n’a rien à voir avec le marché.

    Elle peut être chère, opaque (informatisation) et bureaucratiquement organisée et il convient de s’organiser et lutter contre ces aspects par la démocratisation et la socialisation.

    III - Deux aspects de l’usager comme rapport social mérite examen et soutien.

    - Socialement tout usager même insolvable doit pouvoir disposer d’un droit d’accès aux biens et services sans surcout à égalité de droit. Avec les service public les pauvres et les modestes bénéficient des prestations offertes aux riches via le marché. Il ne s’agit pas d’une liste restreinte et de prestations bas de gamme.

    - Territorialement, un usager éloigné du centre ville - loin en campagne et isolé - a droit aux mêmes prestations qu’un usager situé au centre-ville.

    Face à la marchandisation des SP il convient de maintenir une diversité des SP dans les divers champs de production de biens et services. Partout ou il y a besoin social il doit y avoir service public.

    NB : En outre il convient de se préoccuper de ce que fait la « main droite de l’Etat » , c’est une autre intervention (cf texte récent).

    Christian Delarue
    Convergence SP Rennes