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un art. dévastateur sur opinion U.E. sur sarkocircus

Publie le vendredi 25 janvier 2008 par Open-Publishing
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Mise à jour : 25/01/2008 9:04:16
Dévastateur

Nul ne saurait nier qu’au Luxembourg, on est en pleine terre francophone.
dfonck mfL tageblatt.lu

Le vécu du vingtième siècle de notre pays en témoigne largement, ainsi que celui d’ailleurs de notre journal, littéralement né francophile, républicain et laïc en 1913.
Vivre au Grand-Duché, pays à la croisée de tant d’autres, toujours soucieux de préserver une équidistance avec ses grands voisins, pionnier de la pensée européenne, signifie occuper un poste d’observation privilégié. D’autant que les kiosques comptent parmi les mieux fournis en termes de journaux étrangers et que l’écoute des chaînes de télévision étrangères fait partie du vécu de chacun. Le multilinguisme obligatoire est de ce fait un atout supplémentaire.
Les Luxembourgeois, du moins le plus grand nombre, ont pour la France une affection particulière. On observe ce qui se passe chez nos voisins, leur vie politique nous intéresse et nous concerne à plus forte raison que notre creuset commun est l’Europe, une Union européenne qui ne serait pas ce qu’elle est si la France n’avait joué le rôle qui fut le sien, du général de Gaulle à Jacques Chirac en passant par Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand.
Grande nation ou non, moyens financiers ou non, la France de par sa politique étrangère volontariste, son statut particulier au sein de l’OTAN, sa force de frappe et ses liens particuliers avec l’Afrique et le monde arabe (sans Giscard il n’y aurait pas eu de déclaration de Venise) a (heureusement) forgé l’identité politique européenne, souvent au grand dam de ses partenaires.

La France qui ...

... vous parle à travers ma bouche, disait à Bruxelles et Luxembourg Maurice Schumann, cette France est, hélas ! en perdition. L’Hexagone rentre dans le rang, se banalise, pis, devient un sujet de franche rigolade et, c’en est à pleurer, seuls les Français l’ignorent ... encore.
Ils ont une vision franco-française de l’Europe et, surtout, de leur pays et leur presse est ainsi faite qu’elle juge à partir d’un centre du monde qui ne dépasse jamais la petite ceinture de Paris.
Qu’on y discute des sondages qui baissent et qui montent : très bien. Qu’on ignore du tout au tout ce qui se dit et s’écrit à l’étranger, là où l’influence peut être réelle ou devenir caduque, est terrible. Or, ce qui s’y passe est littéralement dévastateur. En Allemagne, l’autre partenaire du „moteur“ de l’UE, en Belgique, en Italie, etc.
Il suffisait de lire, mot pour mot – car chaque mot comptait – le dossier publié par le Spiegel, hebdomadaire sérieux si tant est, sur „L’affaire d’Etat“ et l’appréciation de l’Allemagne sur l’évolution politique en France. Après lecture, tout est dit. Croire que le Spiegel ne représen-terait que lui même, serait une erreur incommensurable. Car s’il en est arrivé là, c’est que les femmes et hommes politiques allemands au plus haut niveau ne cachent plus leurs sentiments, expriment leurs opinions et ont tiré un trait sur ce qui fut. Une traduction littérale par le Quay d’Orsay du texte en question serait quasiment un devoir moral ...
Soyons francs : chez nous non plus, on ne tergiverse plus. La „rupture“ est commentée et on fait part des retombées que le „sarko circus“ aura sur l’ensemble de la classe politique européenne avec le discrédit général qui en résultera.
Que faire ?
Voilà la question la plus débattue, si possible en l’absence des Français pour éviter de froisser leur amour propre.
Quoi ?
On ne peut pas s’immiscer dans la vie d’une grande et vieille démocratie, fût-elle sur le point de se transformer en monarchie élective caricaturale. Difficile aussi, sans heurter, de donner des leçons à un peuple fier, impatient, vif, sûr de lui et de ses choix, car convaincu d’être encore autosuffisant.
Le président que la France s’est donné est un homme intelligent assurément. Ses convictions en politique étrangère nuisent à l’image de la France et son comportement personnel, lui, un personnage public éminent, ridiculise son beau pays et en fait, avec une vitesse de supersonique, un acteur mineur sur l’échiquier international

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