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CONFERENCE DE PRESSE DU "COMITE CONTRE L’EXTRADITION DE CESARE BATTISTI"

samedi 21 février 2004 - Contacter l'auteur

Dans l’après midi du 19 février, à 14 h 30, au siège de la Ligue des droits de
l’homme de Paris, a eu lieu la conférence de presse organisée par le "Comité contre
l’extradition de Cesare Battisti et des autres Italiens menacés".
La salle était archi pleine, environ quatre vingt personnes étaient présentes,
beaucoup de journalistes, mais aussi des représentants de tous les partis de
la gauche institutionnelle française et des différents collectifs et associations
qui se sont réunis dans le comité contre toutes les extraditions et pour défendre
Cesare Battisti et les autres réfugiés italiens ici à Paris.

Les différents représentants ont exprimé leur soutien et des communiqués ont été lus.
Une forte émotion a traversé la salle quand le nombre de signatures collectées
au bout de quelques jours a été annoncé : presque dix mille signatures, dont à peu
près huit mille en France et deux mille en Italie.

La plupart des questions posées par les journalistes présents, les éclaircissements
et le débat qui ont suivi ont été très pertinents, en pratique ils ont mis en évidence
l’absurdité de l’emprisonnement et la tentative des autorités politiques françaises,
en collaboration manifeste avec les autorités italiennes, de revenir sur la parole
donnée par la France de ne jamais extrader les "réfugiés italiens".

Pour tout dire, certains journalistes, très minoritaires, ont eu une attitude
qui ressemblait fort à de la provocation : ils étaient intéressés au nombre exact
de meurtres et de hold-up présumés plutôt qu’à la situation actuelle de Cesare.

On a rappelé que ce n’est pas la première fois qu’on "tente" d’extrader Cesare,
la dernière fois l’avis du tribunal avait été négatif, mais le "cas" de Paolo
Persichetti, évoqué à plusieurs reprises, met en doute la sincérité de la "parole
donnée", jetant un voile d’incertitude sur le sort des réfugiés politiques italiens
qui, depuis le début des années 80, ont trouvé hospitalité et, pour ainsi dire, "protection" sur
le sol français.

Les raisons juridiques du refus d’extrader Cesare que le tribunal français avait
déjà avancées ont été évoquées, à savoir le climat politique antidémocratique
des années 70 en Italie, un procès comparable à celui d’un tribunal militaire,
des accusations fondées essentiellement sur les témoignages de quelques "repentis",
qui pour sauver leur peau ont allègrement accusé des absents.

En fait, la raison principale qui avait déterminé le refus de l’extradition est
la contumace et donc l’impossibilité pour l’accusé de se défendre et de faire
appel (en Italie, qui est condamné en contumace, c’est-à-dire en son absence,
ne peut pas se pourvoir en appel contre la sentence).

On a rappelé que les accusations dans le procès par contumace à Cesare - qui
s’est déroulé en Italie il y a plus de vingt ans - étaient grotesques : toutes
les "actions" du groupe politique dont il faisait partie lui ont été attribuées.
Par exemple, deux meurtres sur les quatre commis à la même heure dans deux villes
différentes et plus de 65 hold-up... et l’auteur de tout cela serait - à en croire
les actes - Cesare lui-même...

Aujourd’hui le "dossier" de la nouvelle instruction, qui a amené Cesare dans
une cellule de la Santé à Paris, a été demandé à plusieurs reprises et - bien
que la loi le prévoit - il n’est pas encore "arrivé" dans les mains des avocats
de la défense, rendant leur travail difficile...

La sensation de la grande majorité des intervenants à la conférence de presse
est la suivante : les deux gouvernements de droite veulent mettre en pratique
les accords - pas trop secrets - qu’ils ont conclus ces derniers mois, particulièrement
en cette période pré électorale. Les leaders des partis des deux majorités qui
forment actuellement les gouvernements respectifs veulent surfer sur l’onde de
la lutte au terrorisme et démontrer - au nom de la sécurité - leur "efficacité" en
utilisant les réfugiés comme des boucs émissaires, pour donner la sensation que,
bien que les faits soient anciens, la justice ne pardonne pas...

Nous rappelons la différence de traitement aussi bien en France qu’en Italie,
quand il s’agit de Papon, de Juppé, de Léotard, de Chirac ou de Berlusconi, Fini
et compagnie.... Manifestement la justice N’EST PAS EGALE POUR TOUS : on oublie
les uns mais on se souvient parfaitement des autres…

Roberto Ferrario

Lire
le message, lu à la Conférence de presse, du "Comité contre l’extradition de
Cesare Battisti et des autres Italiens menacés"


Photo : les avocats de Cesare, Irène Terrel, Jean-Jacques de Felice et le président de la LDH, Michel Tubiana.

Plus
d’info ici : http://bellaciao.org/fr/extraditions.php

21.02.2004
Collectif Bellaciao

Mots clés : Archives articles de Bellaciao France - 2002-2021 / Cesare Battisti / Dazibao / Extraditions - Exil / Roberto Ferrario /
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