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Mélenchon vire...C’est bien...

vendredi 28 août 2009

...C’est bien mais, si l’on considère qu’en bonne politique-autrement-de-gauche, on joue carte sur table, eh bien il faut mettre en évidence l’inflexion du discours du responsable national du PG : il parle désormais d’un « paquet régionales-présidentielle-législatives » pour qu’il y ait « deux offres politiques à gauche en 2012" (http://www.liberation.fr/politiques/0101587405-melenchon-ne-participera-pas-a-cette-mascarade).

Où est le virage se demanderont certains inattentifs ? Eh bien, souvenons-nous de la toute récente campagne des européennes où face à l’exigence du NPA d’une alliance anticapitaliste durable, au moins jusqu’aux régionales, JLM et sa camarade communiste MGB jugeaient qu’à chaque jour suffisait sa peine et que donc on ne parlerait ni des régionales ni d’autres échéances politiques. C’est d’ailleurs ce refus de l’unité dans la durée par le Front de Gauche qui avait rendu impossible l’unité aux européennes proposée par le NPA.

La proposition de celui-ci jugée alors exorbitante est visiblement devenue d’actualité : elle a pris le nom de "paquet". On ne dira pas que le NPA a eu raison trop tôt, seulement que JLM a mis un peu de temps à se rendre à l’idée (pourtant élémentaire) que l’autre gauche devait se structurer sur la durée. Il lui restera, pour vraiment oeuvrer à l’émergence d’un pôle combatif de radicalité, 1/ à clarifier sa position sur la participation à des exécutifs régionaux avec un PS dont il dit lui-même tout le mal qu’il faut penser 2/ à engager son parti sur un soutien plus marqué aux salariés en lutte et donc à cesser de déclarer sa confiance acritique aux responsables syndicaux nationaux qui ont mené les mobilisations à l’impasse que l’on sait (voir ses toutes récentes déclarations à France Inter).

Alors pour nous résumer : JLM, comme MGB, et, derrière ces deux noms, je vise toute une série de politiques ayant participé ou participant encore à des exécutifs pas franchement anticapitalistes (exemple les communistes alliés à Georges Frêche en Languedoc-Roussillon), tous ces gens donc, qui se déclarent pour la rupture tout en gardant des scories "continuistes", doivent susciter chez nous beaucoup de méfiance : ils peuvent virer mais, face à un parti, comme le NPA, plus jeune et inexpérimenté que ne le croient ceux qui le réduisent à un ersatz de l’ex-LCR, on a bien vu comment ils ont su manoeuvrer pour transférer sur lui la responsabilité de la division à gauche du PS aux européennes.

Alors, que les moulinets rhétoriques de JLM ne nous fassent pas oublier que la girouette tourne : en ce moment dans le bon sens mais le problème avec les girouettes c’est que c’est le vent qui les fait bouger. A gauche du PS, l’anticapitalisme a besoin de garder le cap sur la base de la clarté programmatique et cela ce ne peut pas être du vent. Concrètement faisons savoir à JLM and Co que l’on a bien pris note du changement d’orientation et qu’il reste à finir le parcours qui mène à une indépendance vis-à-vis du PS, véritable gage d’une rupture avec le capitalisme. Il faut donc se défaire de la politique-girouette !

Antoine (NPA 34)

Messages

  • A tous ceux qui sont tombés à bras raccourcis sur le NPA, ce vilain petit canard sectaire, il serait bon qu’ils se posent au moins la question suivante : En définitive est-ce que le NPA n’avait pas raison de poser la condition d’accord durable ?

    Certes ce n’était pas populaire face à la magie du mot Unité et des espoirs qu’il suscite de ne pas participer un FDG qui ne voyait pas plus loin que le bout du nez de l’élection Européenne.

    Mais est-ce être sectaire que de ne pas tomber dans l’opportunisme électoraliste ?

    Il reste maintenant à rattraper le temps perdu, car Sarkosy, lui, n’a pas perdu de temps depuis les Européennes.

  • Le NPA vire, lui aussi.
    On a bien vu que l’union paie plus que la volonté de vouloir se compter.
    Donc le NPA se rapproche de Mélenchon.
    Son argument d’une ligne politique claire était du pipeau... Au second tour il appelle à des fusions techniques de listes. Tu parles, que c’est lisible.
    Chacun doit balayer devant sa porte. Le Bureau Politique du NPA doit admettre son erreur aux européennes, avant que les nouveaux adhérents ne se mettent à partir en masse.
    Alors, on pourra avoir des listes anticapitalistes pur jus, et effectivement, des élus qui devront agir et voter en toute indépendance du PS... Car au second tour, faudra bien fusionner avec le PS, non ?

    • Si des adhérents du NPA devaient partir, ce ne serait pas parce que le NPA refuserait l’unité avec le PG et le PC, mais plutôt le contraire : une union de circonstance, non durable et fluctuante.
      Pour ma part, j’ai bien noté que le PG avait évolué, donnant raison à posteriori au NPA sur les européennes. J’espère que le PG tiendra bon et qu’il ne retournera pas dans le giron du PS via le PCF.
      Maintenant, on attend aussi des militants du PCF qu’ils évoluent comme Mélanchon et qu’ils obtiennent au sein de leur parti la majorité pour une union durable avec le NPA et le PG.

    • Où est le virage du NPA ? Dans une discussion la précision est la bienvenue : le NPA proposait aux européennes l’union durable au moins jusqu’aux régionales. PG-PC avaient refusé. Aujourd’hui le PG propose un "paquet" jusqu’à la présidentielle de 2012. Le NPA, en continuité avec sa proposition des européennes, est pour. C’est comme ça et ce n’est donc pas la peine de sortir le balai pour nettoyer devant la porte du NPA. C’est bien en revanche que Mélenchon ait ouvert le placard de l’union durable qu’il avait fermé à double tour en mai-juin !

      Reste à être précis sur le contenu de cette "union à paquet" et sur la question du rapport au PS, ce qui n’est pas encore gagné. Les fusions techniques, c’est très lisible quand on étudie sur le terrain ce qui se passe, comme à Montpellier (http://bellaciao.org/fr/spip.php?article89802).

      A part ça, le supposé départ en masse des militants du NPA, la sanction qu’aurait subie le NPA pour un, là aussi, supposé refus d’unité de sa part, etc., c’est de la politique-media. Elle n’a rien à faire dans les discussions militantes (on ne va quand même pas jouer à se poser la question du flux-reflux des militants du PG, non ?). Notons simplement que l’université d’été du NPA a battu des records d’affluence (comparaison avec les précédentes de la LCR). Mais, même cela, ce n’est pas un indicateur plus décisif que ça. Et je ne ferai pas de comparaison avec l’université ou les journées d’étude du PG.

      Alors les listes anticapitalistes "pur jus" dont tu parles, on y va. Mais pour cela il faudra éviter les erreurs, pour le coup cela est peu-être même insuffisant comme qualificatif, du Front de Gauche qui n’avait, lui-même, pas été ... durable à la municipale de Perpignan ou à Hénin-Beaumont ! Sans parler de la visite de Mélenchon chez Sarko après les européennes (http://bellaciao.org/fr/spip.php ?article87471%20et%20http ://bellaciao.org/fr/spip.php?article87566 et http://bellaciao.org/fr/spip.php?article87566)

      Unitairement dans la clarté anticapitaliste

      Antoine (NPA 34)

    • Le pipeau, ce serait de se prévaloir d’une gauche anticapitaliste unitaire et de valider la politique des directions confédérales qui se préparent à une rentrée du même tonneau que le premier semestre des "journées d’action" sans perspective. D’autant que les régionales coïncideront avec une nouvelle attaque décisive sur l’âge de la retraite.
      De quoi pèseront les régionales si les travailleurs se voient imposés un âge légal de retraite à 65 ou 67 ans ?
      Qui peut croire qu’ils iront voter en masse pour des listes gauche radicale même unitaire sur la base d’une nouvelle défaite sociale.
      Mélenchon va aussi devoir trancher là-dessus : la ligne Thibault-Chérèque ou la ligne unité/coordination/centralisation des luttes pour gagner.
      Pour le NPA, les choses sont claires : retour aux 37,5 années de cotisation, retraite à 60 ans, 75 % du dernier salaire pour pension.

  • IL FAUT PAS OUBLIER QUE MELENCHON A GAGNE DEJA LA PREMIERE MANCHE A BESANCENOT DANS LES URNES, IL A DEJA EU RAISON, MAINTENANT ON EFFACE TOUT ET ON RECOMENCE, ET JE PARIE ENCORE SUR LUI POUR RAMASSER LA MISE, CEST LUI LE CHAMPION DE LA GAUCHE QUI PEUT REUSSIR A LIER LE PAQUET "L’AUTRE GAUCHE" NPA ALTERNATIFS PCF... POUR OBLIGUER LE PS A NE PAS SE RENIER, DONC MELECNCHON C’ET BIEN, MEME TRES BIEN

    • Réponse à AUGUSTO PRIETO

      Melenchon qui rend visite à Sarko dans les conditions que l’on sait, qui dit sa confiance absolue en Thibault-Chérèque, qui découvre après coup les vertus de l’unité durable...on a les champions que l’on peut !

      Quant à la victoire aux européennes du FdG au détriment du NPA ...il faut avoir la foi du charbonnier pour y croire. Décidément à gauche du PS certains ont du mal à faire/penser la gauche autrement...autrement qu’avec la foi en un messie. Un messie qui boitille politiquement !

      Antoine (Montpellier)

    • Il me semble que le score du NPA-LO est légèrement supérieur à celui du PC-PG.
      On peut plutôt parler de match nul.

    • Oui NPA + LO c’était plus de voix que le front de gauche.

      Mais bien plus c’est surtout sur la composition sociale de l’électorat Front de gauche qu’il y a un énorme problème. Très mobilisé, (seuls 20% de leurs proches se sont abstenus ou ont voté ailleurs, alors que l’essentiel de l’électorat NPA s’est abstenu), donc pas loin du maximum de ses possibilités, il a été très excentré de la classe ouvrière, bref un mix Bobo, retraités et quelques segments très étroits dans une partie de la fonction publique.

      Bref, sur les Européennes les deux électorats ont été franchement différents.

      Mais au fond c’est bien l’attitude par rapport à la question de l’unité des travailleurs en lutte, comment les mobiliser pour bloquer le patronat et passer à l’offensive qui doit jouer.

      Les élections sont souvent prises avec l’espérance d’un coup de baguette magique qui contourne la lutte des classes réelles.

      Ca ne marche jamais .

      Tout accord électoral doit se faire avec cet arrière plan : cela aide-t-il la mobilisation et l’organisation des travailleurs et de la jeunesse ou pas ?

    • AH BON, NPA ET LO ENSEMBLE AUX EUROPEENES ?
      BRAVO !!!
      J’ AURAIS BEAUCOUP AIME,
      UN DEBUT DE RASSEMBLEMENT AURAIT QUI EU PLUS DE GEULE .
      EN POLITIQUE 1+1=MAS QUE 2,
      CE’NEST PAS LE CAS, DOMMAGE,
      MAIS CE QUI COMPTE C’EST LA DINAMIQUE,
      NPA A COMENCE A 10 IL A FINI...
      FDG A GRANDI...
      CE QUE JE DIS, C’EST QUE CELA
      C’EST DEJA DU PASSE,
      MAINTENANT FAUT VOIR LE COUP SUIVANT,
      PASSER DEVANT LA DEUXIEME GAUCHE, LES POST MODERNES,
      RENOUER AVEC LA TRADITION CLASIQUE, ACTUALISER,
      ROMPRE AVEC LE NEOPOSITIVISME DU PRODUCTIVISME,
      FAIRE AVANCER DES PROPOSITIONS CONCRETES,
      DONER DU CONTENU AUX ALLIANCES,
      CONFIRMER LE DESISTEMENT REPUBLICAIN,
      EMPECHER LA VOLONTE DE MARGINALSATION DU NPA
      DANS LES DEUX SENS,
      RASSURER LES ELUS PC DU BIEN FONDE DE LA DEMARCHE....
      BON,
      POUR CE QUI CONCERNE LA PERSONE,
      REGARDEZ MELENCHON SUR DAILYMOTION DANS FRANCE INTER,
      ET FAITES VOUS VOUS MEME UNE OPINION

    • 1) le NPA n’a jamais fait 10%

      2) Tu ne réfléchis pas , c’est mauvais, quand j’additionnais les deux scores, LO et NPA c’est parce quelqu"un en faisait la remarque et je confirme , le front de gauche a fait moins que les révolutionnaires.

      Le rapprochement existe de fait dans les luttes ouvrières où le NPA est souvent sur la même longueur d’onde que LO par bien des aspects (pas tous,mais), alors qu’avec le PC s’est plus compliqué ce dernier n’y étant plus beaucoup. Qauind au parti de gauche c’est une terre de mission.

      3) La composition sociale du front de gauche est très mauvaise et sans avenir, sauf très important changement de ligne politique, ca ne se fera pas comme ça.

      4) Cette composition reconnue par le PCF d’une façon alambiquée dans l’huma en glissant un sociologue invité montre une sortie de la classe ouvrière de l’électorat du PCF , même avec un morceau du PS avec eux. Et ça ce n’est que l’aspect public. La direction du parti dispose de longue date de la capacité d’évaluer finement un score électoral. Au delà du fait d’amuser la galerie dans des courses poursuites sectaires, le PCf n’est plus dans la classe ouvrière sauf dans des endroits très limités et dans des segments très étroits de celle-ci ainsi que dans des couches âgées de la population.

      5) cette analyse ne donne aucun blanc seing au NPA mais confirme que ce dernier parti, en ayant mené une campagne que peu de temps avant le vote et ayant été un peu trop bisounours avec le front de gauche a un soutien qui est plus populaire, moins bobo, moins âgé que le front de gauche.

      6) Ce qu’on peut en tirer c’est que le front de gauche n’a pas mordu sur la classe ouvrière, a très peu existé dans les travailleurs du privé. ce qui signifie que le Parti de gauche si il veut exister à gauche à un énorme travail à faire auprès des travailleurs.
      A un point qu’il n’imagine pas... Si il veut servir à quelque chose du moins.

      Même dans l’optique d’une volonté réformiste le Parti de gauche si il veut exister un certain temps doit aller beaucoup plus à gauche qui ne le fait et arrêter les caresses dans le sens du poil de nomenclaturas qui se bougent trop lentement, organisent mal et mènent à l’échec.

      Quand au PCF , son langage est souvent incompréhensible, d’autant plus qu’il avance comme d’hab en crabe sans faire de critiques courageuses de son orientation .

      On ne sait plus pour quoi le PC se bat, il est en vide stratégique. Il n’arrive pas à sortir de l’ornière où l’a mené la gestion capitaliste avec le PS et les Verts.

  • Il est regrettable que l’un des enjeux électoral des Européennes du FDG se soit concentré sur faire plus que le NPA, et que cette petite gué-guerre niveau cour de récréation ait reléguer au second plan la nécessité impérieuse de construire durablement un force politique qui sans ambiguïté et sans concessions s’attaque non seulement au personnel politique de droite, mais surtout à leurs employeurs : les capitalistes.

    Il est regrettable que Mélenchon, malgré son changement de cap sur la nécessité d’un engagement sur la durée, continue de faire référence aux résultats électoraux pour rendre responsable le NPA de la présence de députés d’extrême-droite.
    Cet argument est d’autant plus ignominieux, qu’il pourrait l’adresser à toutes les autres listes en présence en leur reprochant de ne pas avoir fait un score plus élevé pour barrer la route à l’extrême-droite. D’autant plus qu’on ne peut savoir ce que vaut électoralement le PG seul, pour le NPA on le sait , c’est 5% au Présidentielles et confirmé aux Européennes.

    En clair il faut que Mélenchon se contente de parler pour le PG et n’entretienne plus la confusion entre PG et FDG, car au jour d’aujourd’hui le FDG est une coquille vide.
    Une coquille dont les initiateurs ne semblent plus vouloir y mettre la même chose.

    La différence entre le PG et le NPA n’est pas tant sur les propositions avancées que sur l’attente pour le PG de la décision du PC.

  • Antoine, je pense que tu te trompes lourdement ici.

    Non seulement le PG n’a pas changé d’un iota sa position (la proposition d’alliance jusqu’en 2012 avait déjà été faite en janvier 2009), mais tu escamotes sérieusement ce qu’était la proposition d’alliance du NPA.

    Celle-ci se basait sur trois axes :
    - un contenu politique anticapitaliste précis, en rupture avec le système
    - un lien avec les luttes sociales et écologiques
    - une indépendance durable par rapport au PS

    Or c’est précisément sur ces trois points qu’il y a problème :
    - le PG veut un programme antilibéral/keynésien plutôt qu’anticapitaliste
    - le PG considère que les luttes sont l’apanage exclusif des syndicats et que les partis doivent se contenter exclusivement des questions institutionnelles
    - le PG veut cogérer les institutions avec le PS

    La durabilité dans tout ça, tu admettras que tout le monde s’en fout.

    La déclaration NPA-PG du 30 juin était du pipeau total. Chaque parti explique qu’il n’est absolument pas d’accord avec l’autre, mais que ça n’est pas un obstacle pour une alliance, manière de jouer à "plus unitaire que moi tu meurs".
    En l’occurrence, c’est bien le NPA qui a lâché sur ses principes pour signer cette déclaration.

    L’ennui c’est que c’est servir la soupe à Mélenchon, qui a absolument besoin du NPA (comme il a utilisé le PCF pour les européennes) afin de se préparer son tremplin pour 2012.

    Je pense que la direction du NPA s’est faite rouler dans la farine, et qu’elle a plutôt intérêt à se reprendre !

    • La durabilité c’est effectivement une connerie quand elle n’est pas ancrée dans ce qui compte, l’aide à l’organisation de la résistance des travailleurs.

    • Réponse à 90.**.169.***

      Tu poses un vrai problème concernant l’orientation du PG : sa volonté de rupture est-elle capitalocompatible ?

      A l’heure actuelle, en particulier avant le congrès de fondation proprement dit de ce parti, la réponse à cette question est indécidable.

      Mais l’important est, à mes yeux, que les militants du PG s’engagent dans un processus de mobilisation politique et sociale autour d’axes comme l’interdiction des licenciements, la défense des services publics, la taxation accentuée du capital, l’augmentation des salaires, la nationalisation sous contrôle ouvrier des entreprises clés, la lutte antinucléaire, la régularisation des sans-papiers, etc. Il n’y a rien de proprement anticapitaliste dans ces actions mais c’est en marchant que se forgent l’alternative et la rupture. Ces engagements sociopolitiques joints à une affirmation de rupture politique avec le PS, sans rien garantir sur la volonté de sortir du capitalisme, sont la condition nécessaire quoique non suffisante pour que cette sortie reste l’horizon de l’union.

      Tous les énoncés ci-dessus à forte portée sociale, inclus dans un programme politique, à côté des mesures institutionnelles (proportionnelle intégrale, non cumul des mandats, etc.) pourraient bousculer les tentations du républicanisme social cher à Mélenchon. Mais, au fond JLM, on s’en fout un peu. Ce sont tous les gens des milieux populaires qui se reconnaissent en lui qu’il faut gagner à l’anticapitalisme. Et, dans cette perspective, notre rapport à JLM loin de lui servir la soupe, revient à le mettre en porte-à-faux par rapport à sa volonté de garder le contact avec un PC très "union de la gauche" tout en se revendiquant de la radicalité.

      Le positionnement du NPA pendant les européennes, que les esprits superficiels ou rusés ont qualifié de sectaire, révèle aujourd’hui son efficacité politique : JLM a beau faire dans le discours tonitruant, c’est bien un rapprochement vers l’unité durable chère au NPA qu’il est en train d’opérer. Il ne peut bien sûr pas le crier sur les toits mais nous devons, nous, ne pas nous tromper, et bien déceler et mettre en exergue la contorsion politique à laquelle se livre actuellement le bonhomme.

      Et de ce point de vue c’est bien toi, 90.**.169.***, qui commets une erreur en te laissant impressionner par le bagout de JLM : d’abord tu as tort de penser que l’unité durable était une proposition sérieuse du FdG. En dehors des vagues discours sur la nécessité de s’unir pour longtemps, le refus par le FdG de mettre au centre de la campagne européenne une référence à une unité indépendante du PS aux régionales de 2010 a été patent ! Et la base pour décréter que le NPA était diviseur !

      Pour le reste, je renvoie à la déclaration NPA-PG de juin que tu lis de manière très réductrice :

      http://www.npa2009.org/content/d%C3%A9claration-commune-du-npa-et-du-pg-apr%C3%A8s-leur-rencontre-du-3006

      On y voit que le NPA ne s’aligne pas sur le PG même si, inévitablement, les points d’accord restent relevés, et à ce stade c’est inévitable, de façon assez vague. On dira seulement que le "paquet" proposé par JLM est déjà un premier élément de décantation qui, contrairement à ce que tu penses, ne rapproche pas le PG du PS mais du NPA sans que celui-ci renie son orientation de rupture.

      Antoine

    • Antoine
      .../....Mais, au fond JLM, on s’en fout un peu. Ce sont tous les gens des milieux populaires qui se reconnaissent en lui qu’il faut gagner à l’anticapitalisme. Et, dans cette perspective, notre rapport à JLM loin de lui servir la soupe, revient à le mettre en porte-à-faux par rapport à sa volonté de garder le contact avec un PC très "union de la gauche" tout en se revendiquant de la radicalité.../...

      Petite remarque en passant, les enquêtes de sorties d’urnes aux présidentielles montrent un impact très limité du front de gauche dans les catégories populaires (du moins l’électorat est beaucoup moins populaire que celui du NPA).Et Melenchon n’était qu’une petite partie de ce front. Le parti de gauche a absorbé pour l’instant un mélange de frange bobo et de politiques recyclés évitant en partie le travail de terrain de transformation réelle du monde (construire des mobilisations, se syndiquer, développer la résistance dans le secteur privé, ...).

      Il faut remettre donc les choses à leur place.

      L’unité populaire et l’unité des travailleurs ne sont pas l’unité des PC, NPA, PdG et LO, même de très loin.

      La question qui se pose est bien est-ce que l’unité d’une partie de ces organisations peut servir à la mobilisation, la détermination et à l’unité des travailleurs ?

      C’est de cela qu’il faut convaincre le Parti de Gauche, qu’il fasse l’effort d’un point de vue opportuniste ou d’un point de vue sincère. A vrai dire on s’en fout. On accordera la bénéfice du doute là dessus sur la sincérité (pourquoi suspicieux ? parce que le passé...).

      Et cette attitude, aider à la détermination face au capital, à la mobilisation, à l’unité des travailleurs , à se doter d’outils organisationnels, indépendants des processus électoraux, la classe populaire, est à rechercher vis à vis des autres organisations. LO, PCF, Alternatifs de toutes espèces, libertaires, etc.

      Il faut les convaincre d’aller à la classe, vous savez, cette chose qui fait 80% de la population active, pas seulement dans une petite faction.

      Mais il faut être lucide d’où ils partent et cesser des mythes sur la réalité sociale de cette partie là de la gauche (je mets dans le même sac PC et PdG pour l’instant dans le propos).

      La réalité c’est que nous sommes "tout nus" , il n’y a pas beaucoup de forces militantes organisées qui sont audibles dans la classe populaire.

      Là où est le vrai enjeu dans notre société.

    • Ta précision, Copas, est bienvenue.

      Je crois en effet, comme toi, que l’impact du PG, comme, du reste, du FdG (PC compris donc), dans les classes populaires, est très limité. Mon dernier commentaire est allé sur ce sujet trop vite.

      Il n’en reste pas moins que les gens qui tournent autour du FdG (je ne suis pas sûr, au passage, que la part des bobos soit aussi importante que tu le dis), en particulier des cadres politiques et syndicaux, doivent être gagnés à l’anticapitalisme radical (je ne développe pas aujourd’hui ce que j’entends précisément par cela).

      Ils doivent donc bénéficier d’une attention relative de notre part, étant entendu que l’axe de notre démarche reste de faire sortir de l’abstentionnisme les secteurs populaires et jeunes qui ont fait défaut, aux dernières élections, au NPA plus particulièrement. Ce défaut d’appui au NPA ne relevant bien évidemment pas de cette sanction que le FdG, et JLM plus particulièrement, aiment marteler comme le prix qu’aurait payé le NPA pour son pseudorefus d’unité.

      En résumé, je te suis, Copas, sur le recentrage que tu proposes. L’unité avec le PG et le reste du FdG n’a de sens que dans ce rapport privilégié que nous devons avoir aux couches sociales que ceux-ci ne captent pas ou plus.

      Antoine (NPA 34)

    • Ils doivent donc bénéficier d’une attention relative de notre part, étant entendu que l’axe de notre démarche reste de faire sortir de l’abstentionnisme les secteurs populaires et jeunes qui ont fait défaut, aux dernières élections, au NPA plus particulièrement. Ce défaut d’appui au NPA ne relevant bien évidemment pas de cette sanction que le FdG, et JLM plus particulièrement, aiment marteler comme le prix qu’aurait payé le NPA pour son pseudo refus d’unité.

      Ben non, nous n’y sommes pas encore exactement.

      Pardonnes-moi, mais ce qui est recherché ce n’est pas de faire de l’axe d’une politique que les gens votent pour le NPA, ou pour tout autre parti d’ailleurs.

      Mais c’est bien de constituer un sujet politique indépendant de la démocratie limitée bourgeoise et d’aider à créer un sujet de la classe ouvrière au sens large, également indépendant de cette démocratie limitée.

      C’est la puissance, l’unité, la détermination et l’organisation des travailleurs qui peut faire reculer la bourgeoisie, les élections sont là dedans une incursion dans un des secteurs utiles de la politique.

      Un parti se bat pour créer les conditions, pour essayer de convaincre les autres travailleurs de cela.

      Et donc également de gagner d’autres courants à la nécessité de cela.

      Donc, si le PdG et le PCF, comme d’autres courants pourraient être utiles c’est à condition de comprendre cet enjeu qui n’est pas électoraliste (où, si on le veut, les élections sont une des conséquences).

      C’est de cela qu’il faut les convaincre, de l’importance de cela, de l’importance de se battre pour un objectif qui n’est pas électoraliste . Et en passant de convaincre une partie du NPA de cela.

      Le rapport de force ne se crée pas dans des élections, mais dans l’organisation des travailleurs et du peuple, dans les combats que ceux-ci peuvent mener.

      L’affaiblissement du mouvement ouvrier (au sens large) est le principal problème de la gauche, de celui-ci dépend une foultitude de choses, y compris électorales.

      Aboutir à l’autogestion généralisée dans cette société ne sera pas la conclusion d’une bataille électorale. Une élection peut en être un des symptômes mais pas le cœur.

      Du moins ça ne s’est jamais vu.

      En attendant un tel aboutissement pour lequel il ne faut pas taire qu’on se bat , le quotidien est bien, aux travers des batailles sociales et du travail de conviction pour doter notre classe des outils organisationnels de résistance de se rendre compte qu’il n’y aura pas de victoire électorale, jamais, qui ne se construise sur une défaite sur le terrain improprement appelé social.

      Il faut convaincre la gauche, qui le veut du moins, de l’impérieuse nécessité de se consacrer de toute son âme à cette tâche de réorganisation démocratique de la classe exploitée.

      Il n’y a rien de plus urgent.

    • Là pour le coup, Copas, tu ne me comprends pas.

      Quand je traite de l’accord durable avec le PG et le reste du FdG, je suis bien évidemment sur le terrain électoral, celui des régionales. Se situer sur ce terrain n’est pas automatiquement être électoraliste. Vouloir faire sortir les secteurs populaires de leur abstentionnisme, en visant à les faire voter, oui, oui, voter, NPA, ce n’est pas de l’électoralisme. C’est tout simplement travailler , comme tout bon révolutionnaire, à faire des élections un enjeu de classe.

      Et relis bien l’ensemble de mes contributions sur le sujet qui nous occupe depuis hier et tu verras que je subordonne le travail électoral à la mobilisation sociale.

      Je dis bien clairement que c’est d’abord sur ce terrain-là que je veux amener les gens du PG pour donner du sens au travail proprement électoral que nous pourrions partager.

      Pour le dire autrement, puisqu’il semble y avoir méprise, l’axe, je maintiens le mot, de notre démarche électorale (1) reste bien d’amener les abstentionnistes à voter pour un parti, le NPA, qui inscrit l’interdiction des licenciements, les réquisitions d’usines, la grève générale, etc. au coeur de son programme : il doit bien y avoir, et tu le sais parfaitement, un appel à voter pour un parti, voire des partis, qui voient la rupture et la sortie du capitalisme par la porte du social. D’ailleurs la campagne européenne du NPA, avec tous ses défauts, a eu la qualité de rester calée sur la question sociale.

      Une bonne défaite de la droite peut conforter la gauche molle (peu probable dans l’immédiat) comme elle peut favoriser la radicalité sociale (pas gagné, c’est le moins que l’on puisse dire !). On pourrait envisager, même si les livres d’histoire ne sont pas spécialement probants sur le sujet, qu’une révolution sociale démarre d’une victoire électorale ou prenne appui sur elle. Il n’y a pas, en la matière, de sacralisation de référents historiques. De ce point de vue ton "Du moins ça ne s’est jamais vu." me laisse très perplexe. J’ai envie de te répondre : et alors ? Le socialisme du XXI e siècle ne sera probablement pas la répétition, et, au fond, ce serait heureux, du socialisme du XXe siècle. Nous ne devons pas négliger le passé mais trop de révolutionnaires, encore aujourd’hui, en sont prisonniers. Le syndrome d’octobre travaille trop en exclusivité dans leur esprit. L’inverse existe aussi : du passé ils font tellement table rase qu’ils en oublient l’essentiel, le renversement du capitalisme !

      Mais j’imagine que de cela tu en es persuadé.

      Pour conclure, l’autonomie politique des salariés passe par une combinaison d’expériences de grèves et de manifestations avec des batailles politiques dont celles qui se déroulent aux élections. Travaillons à politiser le social et à "socialiser" le politique en gardant le cap du primat du social. C’est dans ce sens que le NPA doit construire l’unité avec le PG, le PC, etc. C’est dans ce sens aussi que nous devons convaincre les abstentionnistes politiques, qui parfois, trop souvent, sont aussi des abstentionnistes sociaux, de faire grève et ... de voter !

      Antoine

      (1) distinguons "l’axe d’une démarche électorale" de "l’axe électoral d’une démarche politique". Ce n’est que dans le 2e cas que toute la démarche politique peut se retrouver subordonnée aux élections et en être donc électoraliste. Ce n’est bien entendu pas là le choix politique que je fais.

  • Dans toutes les analyses ou opinions que l’on peut avoir aujourd’hui sur le PG, il ne faut pas oublier que le PG ne se résume pas à Mélenchon et que ce parti n’a pas encore fait son congrès programmatique, et que les adhérents PG vont peser sur ce Congrès et que bien souvent leur adhésion à ce parti a été surtout motivé par la construction d’un FDG en s’appuyant sur la perspective électorale européenne.

    Mais une fois cette élection passée, le FDG est en veilleuse. Et construire un FDG n’est pas un programme en soi. Il va bien falloir que le PG dépasse le seul aspect stratégique.

    Le PG s’est construit par le haut (c’est plus rapide, juste une annonce au journal de 20 heures), mais il y a un moment où la base va devoir valider ou non le programme du PG représenté par Mélenchon.

    Alors seulement on pourra confronter les programmes

    Reste donc à savoir si l’existence politique du PG peut-être indépendante d’un FDG, en clair indépendante des atermoiements du PC.

  • Mélenchon vient doucétement sur le proposition initiale du NPA.

    Par contre MGB (sur Europe 1) ne soutient pas la proposition de durabilité de Mélenchon et déclare qu’elle ne veut pas d’un Fdg qui se résume à un tête à tête avec les mêmes protagonistes, qu’il faut élargir à d’autres forces et ne cite qu’une seule organisation : le PS !!!!

    Bon çà a le mérite d’être clair.

    Que ceux qui ont passé leurs temps à traiter le NPA de sectaire car il ne voulait pas se contenter de faire un coup électoral, lèvent le doigt...

    ...Bon vous pouvez rebaisser le doigt...et avec ce même doigt envoyer un mail à Mélenchon pour qu’il poursuive ses contacts avec le NPA .

  • Pour ceux qui avait encore un doute sur la conception d’un FDG vu par le PC, et bien maintenant c’est clair : MGB veut élargir le FDG...mais pas jusqu’au Modem (ouf !).

    Donc le concept FDG ce n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle mouture de ’l’Union de la gauche" ou de "La gauche plurielle".

    Le PG peut continuer à faire comme si il n’avait pas compris la position de la direction du PCF, mais bon, seuls les faits tranchent et il serait temps que Mélenchon à son tour tranche. D’autant plus que nombre de membres du PC ne semblent pas partager la position de MGB.

    Les conditions pour un Front de Gauche anticapitalistes durable et indépendant du PS commencent à être réunies.