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"Introduction à l’économie politique" (1907) - Rosa LUXEMBURG - extraits


de : via LL
samedi 21 janvier 2012 - 21h04 - Signaler aux modérateurs

I : QU’EST-CE QUE L’ÉCONOMIE POLITIQUE ?

" (...) Les choses sont toutefois entièrement différentes si nous envisageons n’importe quel phénomène de la vie économique actuelle. Prenons par exemple un des phénomènes les plus remarquables et les plus frappants : la crise commerciale.

Nous avons tous déjà vécu plusieurs grandes crises commerciales et industrielles et nous connaissons par expérience leur déroulement dont Friedrich Engels a donné une description classique :

“ Le commerce s’arrête, les marchés sont encombrés, les produits sont là en quantités si grandes qu’ils sont invendables, l’argent comptant devient invisible, le crédit disparaît, les fabriques s’arrêtent, les masses travailleuses manquent de moyens de subsistance pour avoir produit trop de moyens de subsistance, les faillites succèdent aux faillites, les ventes forcées aux ventes forcées. L’engorgement dure des années, forces productives et produits sont dilapidés et détruits en masse jusqu’à ce que les surplus de marchandises accumulées s’écoulent enfin avec une dépréciation plus ou moins forte, jusqu’à ce que production et échange reprennent peu à peu leur marche. Progressivement, l’allure s’accélère, passe au trot, le trot industriel se fait galop et ce galop augmente à son tour jusqu’au ventre à terre d’un steeple chase complet de l’industrie, du commerce, du crédit et de la spéculation, pour finir, après les sauts les plus périlleux, par se retrouver... dans le fossé du krach. ” [3]

Nous savons tous qu’une telle crise est la terreur de tout pays moderne, et déjà la façon dont l’approche d’une crise s’annonce est significative.

Après quelques années de prospérité et de bonnes affaires, des murmures confus commencent çà et là dans la presse, à la Bourse circulent quelques inquiétantes rumeurs de faillites, puis les signes se font plus précis dans la Presse, la Bourse est de plus en plus inquiète, la Banque d’État augmente le taux d’escompte, c’est-à-dire qu’elle rend plus difficile et limité le crédit, jusqu’à ce que les nouvelles concernant des faillites tombent en averse. Et la crise une fois déclenchée, on se dispute pour savoir qui en est responsable. Les hommes d’affaires en rendent responsables les Banques, par leur refus total de crédit, et les boursiers, par leur rage de spéculation ; les boursiers en rendent les industriels responsables, les industriels incriminent la pénurie de monnaie dans le pays, etc.

Les affaires reprennent-elles enfin, la Bourse, les journaux notent aussitôt avec soulagement les premiers signes d’une amélioration jusqu’à ce que l’espoir, le calme et la sécurité s’instaurent à nouveau pour quelque temps. Ce qu’il y a de plus remarquable dans tout cela, c’est que tous les intéressés, toute la société, considèrent et traitent la crise comme quelque chose qui échappe à la volonté humaine et aux calculs humains, comme un coup du sort dont nous frappe une puissance invisible, comme une épreuve du ciel, à la façon par exemple d’un orage, d’un tremblement de terre ou d’une inondation. Les termes mêmes, dans lesquels les journaux commerciaux ont coutume de rendre compte d’une crise, sont empruntés avec prédilection à ce domaine : “ Le ciel jusqu’ici serein du monde des affaires commence à se couvrir de sombres nuages ” ou, quand il s’agit d’annoncer une brusque hausse du taux de l’escompte, c’est inévitablement sous le titre : “ Signes annonciateurs de la tempête ”, de même que nous lisons ensuite que l’orage se dissipe et que l’horizon s’éclaircit.

Cette façon de s’exprimer reflète autre chose que le manque d’imagination chez les plumitifs du monde des affaires, elle est typique de l’effet curieux, pour ainsi dire naturel, produit par une crise. La société moderne remarque avec effroi l’approche de la crise, elle courbe l’échine en tremblant sous la grêle de ses coups, elle attend la fin de l’épreuve, puis relève la tête, d’abord avec hésitation et incrédulité, puis finalement se retrouve tranquillisée.

Le peuple avait sans doute exactement la même attitude au Moyen Âge face à la famine ou à la peste, ou aujourd’hui le paysan face à un orage ou à la grêle : le même désarroi et la même impuissance face à une dure épreuve. Mais quoique la famine et la peste soient, en dernière analyse, des phénomènes sociaux, ce sont d’abord et immédiatement les résultats de phénomènes naturels : mauvaise récolte, diffusion de germes pathogènes, etc. L’orage est un événement élémentaire de la nature physique et personne ne peut, au moins dans l’état actuel des sciences de la nature et des techniques, provoquer ou empêcher un orage.

Qu’est-ce, en revanche, que la crise moderne  ?

Elle consiste, nous le savons, en ce que trop de marchandises sont produites, qui ne trouvent plus de débouchés, et que, par suite, le commerce et avec lui l’industrie se bloquent. Mais la production de marchandises, leur vente, le commerce, l’industrie…, ce sont là des relations purement humaines. Ce sont les hommes eux-mêmes qui produisent les marchandises, les hommes eux-mêmes qui les achètent, le commerce se pratique d’homme à homme, nous ne trouvons, dans les circonstances qui constituent la crise moderne, pas un seul élément qui serait en dehors de l’activité humaine. Ce qui provoque périodiquement la crise, ce n’est donc rien d’autre que la société humaine.

Et pourtant, nous savons en même temps que la crise est un véritable fléau pour la société moderne, qu’on l’attend avec terreur et qu’on la supporte avec désespoir, que personne ne la veut ni ne la souhaite. En effet, à part quelques spéculateurs en Bourse qui essaient de profiter des crises pour s’enrichir rapidement aux dépens des autres, mais sont souvent pris à leur propre piège, la crise est pour tout le monde un danger, sinon une gêne.

Personne ne veut la crise et pourtant elle vient. Les hommes la créent de leurs propres mains et pourtant ils n’en veulent pour rien au monde. Là, nous avons vraiment une énigme de la vie économique qu’aucun des intéressés ne peut nous expliquer. Le paysan médiéval, sur sa petite parcelle, produisait d’une part ce que voulait et ce dont avait besoin son seigneur féodal, et d’autre part, ce qu’il voulait et ce dont il avait besoin lui-même : du grain et du bétail, des vivres pour lui et sa famille. Le grand propriétaire médiéval faisait produire pour lui ce qu’il voulait et ce dont il avait besoin : du grain et du bétail, de bons vins et des habits fins, des vivres et des objets de luxe pour lui et pour sa cour. La société actuelle produit ce qu’elle ne veut pas et dont elle n’a pas besoin : des crises ; elle produit de temps en temps des moyens de subsistance dont elle n’a pas l’usage, elle souffre périodiquement de famines, alors qu’il y a d’énormes réserves de produits invendus.

Le besoin et la satisfaction, le but et le résultat du travail ne se recouvrent plus, il y a entre eux quelque chose d’obscur, de mystérieux.

Prenons un autre exemple universellement connu, trop connu même, des travailleurs de tous les pays - le chômage.

Le chômage n’est plus, comme la crise, un cataclysme qui s’abat de temps à autre sur la société : il est devenu aujourd’hui, à plus ou moins grande échelle, un phénomène permanent de la vie économique. Les catégories de travailleurs les mieux organisées et les mieux payées, qui tiennent leurs listes de chômeurs, notent une chaîne ininterrompue de chiffres pour chaque année et chaque mois et chaque semaine de l’année : ces chiffres sont soumis à de grandes variations, mais ne disparaissent jamais complètement. L’impuissance de la société actuelle devant le chômage, ce terrible fléau de la classe ouvrière, apparaît toutes les fois que l’ampleur du mal atteint des proportions telles que les organes législatifs sont contraints de s’en occuper. Cela aboutit régulièrement, après de longues discussions, à la décision de procéder à une enquête sur le nombre des chômeurs. On se contente pour l’essentiel de mesurer le niveau atteint par le mal - comme on mesure le niveau de l’eau lors des inondations - et, dans le meilleur des cas, d’atténuer un peu les effets du mal par de faibles palliatifs, sous la forme d’allocations de chômage - en général aux frais des travailleurs non-chômeurs - sans faire la moindre tentative pour éliminer le mal lui-même.

Au début du XIX° siècle, le pasteur anglican Malthus, grand prophète de la bourgeoisie anglaise, avait proclamé avec une réconfortante brutalité :

“ Quiconque naît dans une société déjà surpeuplée n’a - si sa famille ne peut lui fournir les quelques moyens d’existence qu’il est en droit d’exiger d’elle et dans le cas où la société n’a aucun besoin de son travail - aucun droit à la moindre quantité de nourriture et il n’a réellement rien à faire en ce monde. Au grand banquet de la nature, aucune table n’est mise pour lui. La nature lui signifie d’avoir à se retirer et elle exécute rapidement son propre commandement. ” L’actuelle société officielle, avec l’hypocrisie de ses “ réformes sociales ”, réprouve une aussi brutale franchise. Mais en réalité, le prolétaire au chômage est finalement contraint par elle, si elle “ n’a pas besoin de son travail ”, de se “ retirer ” de ce monde, d’une manière ou d’une autre, rapidement ou lentement, ce dont témoignent, pendant toutes les grandes crises, les chiffres concernant l’augmentation des maladies, la mortalité infantile, les crimes contre la propriété. ”

La comparaison même, à laquelle nous avons eu recours, entre le chômage et une inondation, montre que nous sommes en fait moins impuissants devant des événements élémentaires de la nature physique que devant nos propres affaires purement sociales, purement humaines !

Les inondations périodiques qui ravagent au printemps l’est de l’Allemagne ne sont en dernière analyse qu’une conséquence de notre impéritie en matière d’hydrographie. La technique, en son état actuel, donne déjà des moyens suffisants pour protéger l’agriculture de la puissance des eaux et même pour mettre à profit cette puissance ; simplement ces moyens ne peuvent être appliqués qu’à grande échelle, par une organisation rationnelle et cohérente qui devrait transformer toute la région touchée, modifier en conséquence la répartition des terres arables et des prés, construire des digues et des écluses, régulariser le cours des fleuves. Cette grande réforme ne sera évidemment pas entreprise, en partie parce que ni les capitalistes privés ni l’État ne veulent fournir les moyens nécessaires à une telle entreprise, en partie parce qu’elle se heurterait aux droits les plus variés de propriété privée du sol. Mais la société actuelle a déjà en main les moyens de faire face aux dangers des eaux et de dompter l’élément déchaîné, même si elle n’est pas en mesure d’appliquer ces moyens.

En revanche, la société actuelle n’a pas encore inventé de moyens pour lutter contre le chômage. Et pourtant, ce n’est pas un élément, ce n’est pas un phénomène naturel ni une puissance surhumaine, c’est un produit purement humain des conditions économiques.

Et nous voici de nouveau devant une énigme économique, devant un phénomène sur lequel personne ne compte, que personne ne cherche consciemment à provoquer et qui pourtant se répète avec la régularité d’un phénomène naturel, pour ainsi dire pardessus la tête des hommes.(...)

(...) Aujourd’hui, nous ne connaissons plus ni maîtres ni esclaves, ni barons féodaux ni serfs. La liberté et l’égalité devant la loi ont formellement éliminé tous les rapports despotiques, du moins dans les vieux États bourgeois ; on sait que dans les colonies, ce sont bien souvent ces mêmes États qui ont les premiers introduit l’esclavage et le servage. Mais là où la bourgeoisie est chez elle, la seule loi qui préside aux rapports économiques est celle de la libre concurrence. De ce fait, tout plan, toute organisation ont disparu de l’économie. Certes, si nous examinons une entreprise privée isolée, une usine moderne ou un puissant complexe d’usines comme chez Krupp, une entreprise agricole d’Amérique du Nord, nous y trouvons l’organisation la plus rigoureuse, la division du travail la plus poussée, la planification la plus raffinée, basée sur les connaissances scientifiques. Tout y marche à merveille, sous la direction d’une volonté, d’une conscience.

Mais à peine avons-nous franchi les portes de l’usine ou de la “ farm ” que nous nous retrouvons plongés dans le chaos. Tandis que les innombrables pièces détachées - et une entreprise privée actuelle, même la plus gigantesque, n’est qu’une infime parcelle de ces grands ensembles économiques qui s’étendent à toute la terre - tandis donc que les pièces détachées sont organisées rigoureusement, l’ensemble de ce qu’on appelle l’“ économie politique ”, c’est-à-dire l’économie capitaliste mondiale, est complètement inorganisé. Dans l’ensemble qui couvre les océans et les continents, ni plan, ni conscience, ni réglementation ne s’affirme ; des forces aveugles, inconnues, indomptées, jouent avec le destin économique des hommes. Certes, aujourd’hui aussi, un maître tout-puissant gouverne l’humanité qui travaille : c’est le capital. Mais sa forme de gouvernement n’est pas le despotisme, c’est l’anarchie.

C’est elle qui fait que l’économie sociale produit des résultats inattendus et énigmatiques pour les intéressés eux-mêmes, c’est elle qui fait que l’économie sociale est devenue pour nous un phénomène étranger, aliéné, indépendant de nous, dont il nous faut rechercher les lois tout comme nous étudions les phénomènes de la nature extérieure, et recherchons les lois qui régissent la vie du règne végétal et du règne animal, les changements dans l’écorce terrestre et les mouvements des corps célestes. La connaissance scientifique doit découvrir après coup le sens et la règle de l’économie sociale qu’aucun plan conscient ne lui a dictés à l’avance.

On voit maintenant pourquoi il est impossible aux économistes bourgeois de dégager clairement l’essence de leur science, de mettre le doigt sur la plaie de leur ordre social, d’en dénoncer la caducité. Reconnaître que l’anarchie est pour la domination du capital l’élément vital, c’est dans un même souffle prononcer son arrêt de mort, c’est dire que c’est un mort en sursis. On comprend maintenant pourquoi les avocats scientifiques officiels du capitalisme essaient de masquer la réalité par tous les artifices du verbe, de détourner le regard du cœur du problème vers son enveloppe extérieure, à savoir de l’économie mondiale vers l’“ économie nationale ”. Dès le premier pas fait au seuil de la connaissance en économie politique, dès la première question fondamentale sur ce qu’est à proprement parler l’économie politique et ce qu’est son problème fondamental, les voies de la connaissance bourgeoise et de la connaissance prolétarienne divergent aujourd’hui. Dès cette première question, aussi abstraite et indifférente aux luttes sociales du présent qu’elle paraisse à première vue, un lien particulier se noue entre l’économie politique comme science et le prolétariat moderne comme classe révolutionnaire.

(...) Au moment même où le socialisme des anciennes écoles semblait pour toujours enterré sous les barricades de l’insurrection de juin, Marx et Engels fondaient l’idée socialiste sur une assise entièrement nouvelle. Ils ne cherchaient les points d’appui du socialisme ni dans la condamnation morale de l’ordre social existant, ni dans la découverte de projets aussi ingénieux et séduisants que possible pour introduire en contrebande l’égalité sociale dans le régime actuel. Ils se tournèrent vers l’étude des relations économiques dans la société contemporaine. C’est là, dans les lois de l’anarchie capitaliste, que Marx découvrit le véritable levier des aspirations socialistes.

Les classiques français et anglais de l’économie politique avaient découvert les lois selon lesquelles l’économie capitaliste vit et se développe ; un demi-siècle plus tard, Marx reprit leur œuvre exactement là où ils l’avaient arrêtée. Il découvrit à son tour que les lois de l’ordre économique contemporain travaillaient à la propre perte de cet ordre économique en menaçant de plus en plus l’existence de la société par le développement de l’anarchie et par un enchaînement de catastrophes économiques et politiques. Ce sont, comme l’a démontré Marx, les tendances évolutives de la domination du capital qui, parvenues à un certain point de maturation, rendent nécessaire le passage a un mode d’économie consciemment planifiée et organisée par l’ensemble de la société laborieuse, pour que toute la société et toute la civilisation humaine ne sombrent pas dans les convulsions d’une anarchie déchaînée. Le capital lui-même précipite inexorablement l’heure de son destin, en rassemblant en masses toujours plus grandes ses futurs fossoyeurs : les prolétaires ; en s’étendant à tous les pays de la terre, en instaurant une économie mondiale anarchique et en créant ainsi les bases d’un rassemblement du prolétariat de tous les pays en une puissance révolutionnaire mondiale qui balaiera la domination de la classe capitaliste. Le socialisme cessait ainsi d’être un projet, un merveilleux phantasme, ou l’expérience, acquise à la force du poignet par quelques groupes d’ouvriers isolés dans différents pays. Le socialisme, programme commun d’action politique du prolétariat international, est une nécessité historique, parce qu’il est le fruit des tendances évolutives de l’économie capitaliste.

On comprend maintenant pourquoi Marx a situé sa propre doctrine économique en dehors de l’économie politique officielle et l’a appelée “ une critique de l’économie politique ”. Certes, les lois de l’anarchie capitaliste et de sa ruine, telles que Marx les a développées, ne sont que la continuation de l’économie politique telle que les savants bourgeois l’ont créée, mais elles sont une continuation dont les résultats finaux sont en complète contradiction avec les points de départ de ceux-là. La doctrine de Marx est fille de la théorie économique bourgeoise, mais sa naissance a tué la mère. Dans la théorie de Marx, l’économie politique a trouvé son achèvement et sa conclusion. La suite ne peut plus être - à part certains développements de détails de la théorie de Marx - que la transposition de cette théorie dans l’action, c’est-à-dire la lutte du prolétariat international pour réaliser l’ordre économique socialiste. La fin de l’économie politique comme science est une action historique de portée mondiale : la traduction dans la pratique d’une économie mondiale organisée selon un plan. Le dernier chapitre de la doctrine de l’économie politique, c’est la révolution sociale du prolétariat mondial.

Le lien spécifique propre à l’économie politique et à la classe ouvrière moderne est basé sur une réciprocité. Si, d’une part, l’économie politique, telle que Marx l’a développée, est plus que toute autre science le fondement irremplaçable de l’éducation prolétarienne, le prolétariat conscient constitue d’autre part le seul auditeur réceptif et capable de comprendre la théorie économique. Ayant encore sous les yeux les décombres de la vieille société féodale en train de s’effondrer, les Quesnay et Boisguillebert en France, les Adam Smith et Ricardo en Angleterre scrutaient autrefois avec fierté et enthousiasme la jeune société bourgeoise et, forts de leur ferme confiance dans le règne millénaire de la bourgeoisie et dans son harmonie sociale “ naturelle ”, plongeaient sans peur leurs regards d’aigles dans les profondeurs des lois capitalistes.

Depuis lors, la lutte de classe prolétarienne, s’amplifiant toujours plus, et particulièrement pendant l’insurrection de juin 1848 du prolétariat parisien, a détruit la confiance de la société bourgeoise en son caractère divin. Depuis qu’elle a goûté à l’arbre de la connaissance des contradiction modernes entre les classes, elle a horreur de la nudité classique dans laquelle les créateurs de sa propre économie politique avaient autrefois fait apparaître l’univers. N’est-il pas clair aujourd’hui que les porte-parole du prolétariat moderne ont fabriqué leurs armes mortelles à partir de ces découvertes scientifiques ?

De là vient que, depuis des décennies, l’économie politique, non seulement socialiste mais même bourgeoise (dans la mesure où celle-ci était autrefois une vraie science) ne rencontre chez les classes possédantes que des oreilles de sourds. Incapables de comprendre les doctrines de leurs grands ancêtres et encore moins d’accepter la doctrine de Marx qui en est sortie et sonne le glas de la société bourgeoise, nos doctes bourgeois exposent, sous le nom d’économie politique, une bouillie informe faite des résidus de toutes sortes d’idées scientifiques et de confusions intéressées, et de ce fait, ne cherchent nullement à étudier les buts réels du capitalisme, mais visent au contraire à masquer ces buts, pour défendre le capitalisme comme étant le meilleur, le seul, l’éternel ordre social possible.

Oubliée et trahie par la société bourgeoise, l’économie politique scientifique ne cherche plus ses auditeurs que parmi les prolétaires conscients, pour trouver en eux non seulement une compréhension théorique, mais un accomplissement pratique. Le mot célèbre de Lassalle s’applique en premier lieu à l’économie politique :

“ Quand la science et les travailleurs, ces deux pôles opposés de la société, s’étreindront, ils étoufferont dans leurs bras tous les obstacles à la civilisation. ”

"

Source : Marxists.org



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